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Message du Père Vandormael





 

                                                                                                            Avril 2O2O

Confiné ...

Les semaines de confinement se succèdent. Ce que nous vivons, personne n'aurait pu l'imaginer. Une telle situation chez nous en Belgique ? En Europe ... et sur toute la Planète ? Non, ce n'est pas le scénario d'un film catastrophe ou d'un roman de science-fiction. C'est notre réalité depuis ce mois de mars.

Et la vie nous met sous les yeux, autant de beautés, d'humour et de solidarité que de peurs, d'angoisses et de révoltes.

Comme vous, je vis à un autre rythme. J'ai plus de temps pour lire, écrire, téléphoner. Quelques rares sorties, pour faire des courses, donner un coup de main ou aller prier au cimetière avec des familles en deuil. L'occasion aussi de faire un tri et un grand nettoyage de printemps.

                                               ... vous me manquez !

Comme vous me manquez, vous, la famille, les proches, les amis, les paroissiens, les élèves, les collègues ! Dans ce temps de vide où tout est plus lent, voilà que je me rends compte de toute la place que vous occupez dans ma vie. A force de courir après le temps, même si je le "savais", j'ai l'impression que je le ressens aujourd'hui d'une manière toute particulière. Oui, vous me manquez. Comme je serai heureux de vous revoir et pas seulement de vous entendre ou de vous lire. Comme je serai heureux de vous saluer, de vous serrer la main ou de vous faire la bise ... et pour les plus proches de vous serrer dans mes bras. Oui, vous me manquez.

                                                           ... Lui ne manque pas !

Et pourtant, chaque jour qui passe,  vous êtes là, tous et toutes, dans le silence de ma prière. Vous me manquez mais je ne peux vous oublier lorsque je me mets en présence de Celui que ne manque jamais. On pourrait le croire silencieux, absent, impuissant. Et pourtant, je le crois, il ne manque jamais. Il es le Roc, la Lumière. "Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde" (Mt 28, 20).  

Il nous accompagne dans ces moments difficiles et douloureux. Et tous ensemble, nous en sortirons. Ce sera notre Pâque (passage) à chacun. On croit qu'il n'y aura pas de Semaine Sainte cette année ... on se trompe. Le beau texte de méditation qui nous a été transmis nous montre tout le contraire ...

Oui, vous me manquez. Je ne vous oublie pas. Lui non plus ne nous oublie pas. Il nous aide à faire notre passage, à traverser ce temps d'épreuve.

Bonne semaine sainte à tous ! Et à très bientôt ...

Père Pierre Vandormael

 

 

 

 

 

 

                               Qui a dit qu'il n'y aura pas de Semaine Sainte ?

N'avez-vous pas vu l'immense procession de personnes, sans tunique, ni ceinture, ni capuche, testées positives du coronavirus ?

Ne voyez-vous pas la Via Crucis du personnel soignant remonter le Calvaire de la pandémie,débordant de force et l'angoisse de ne pas pouvoir tenir bon au coeur ?

Celui qui dit que le Nazaréen ne sortira pas pour cette Semaine Sainte, n'a pas vu les médecins en blouse blanche et au coeur sensible qui portent la croix de douleur des personnes touchées ?

Ne voyez-vous pas autant de scientifiques, transpirer sang et eau, comme à Gethsémani, pour trouver un traitement tel un vaccin ?

Ne dites pas que Jésus ne passe pas dans les rues cette année, alors qu'il y a tant de gensqui doivent travailler pour apporter nourriture et médicaments à tout le monde ?

N'avez-vous pas vu le nombre de Cyrénéens s'offrir d'une manière ou l'autre de porter les lourdes croix ?

Ne voyez-vous pas combien de personnes , des Véroniques,sont exposées à l'infection pour essuyer le visage des personnes touchées ?

Qui a dit que Jésus ne tombait pas à terre à chaque fois que nous entendons le chiffre froid de nouvelles victimes ?

N'est-ce pas autant de maisons de repos, remplies de personnes âgées aux facteurs à risque les plus élevés et de leurs soignants, qui vivent la Passion ?

N'est-ce pas comme une Couronne d'épines pour les enfants qui doivent vivre cette crise enfermés, sans trop comprendre et sans courir dans les parcs et les rues ?

Ne se sentent-ils pas injustement condamnés : les écoles, les universités et tant demagasins obligés de fermer ?

Tous les pays du monde, ne sont-ils pas frappés, flagellés, par le fléau de ce virus ?

Ne sont-ils pas comme Ponce Pilate qui se lave les mains, ls dirigeants qui cherchent simplement à tirer un avantage politique de la situation ?

Ne souffrent-elles pas, impuissantes comme les disciples sans le Maître, autant de famillesconfinées à la maison, beaucoup avec des problèmes, ne sachant pas comment et quand tout finira ?

Le visage douloureux de Marie, ne se reflète-t-il pas dans celui de tant de mères et de membres de famille, souffrant de la mort- en plus à distance- d'un être cher ?

N'est-elle pas comme le dépouillement d'un vêtement, l'angoisse de tant de familles et de petites entreprises qui voient leurs économies s'évanouir ?

L'agonie de Jésus n'est-elle pas liée au manque de respirateurs dans les unités de soins intensifs de tant de pays ?

Ne dites pas : pas de Semaine Sainte, ne le dites pas, car le Drame de la Passion n'a sûrement presque jamais été aussi réel et authentique.

                                                              Traduit de l'espagnol, écrit par Miquel-Angel Ferrès


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