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Cras-Avernas


Bref historique

 

Il semble – mais sans certitude aucune – que le village relevait de l’Abbaye de Saint-Trond. Par contre, il est sûr qu’au 11e siècle, Cras-Avernas appartenait à l’abbaye de Saint-Laurent à Liège, et se situait sous la protection du Prince-Evêque de Liège. 

Parmi les innombrables guerres que se livraient les potentats, une terrible bataille eut lieu en 1213 entre le Duc de Brabant et le Prince-Evêque de Liège. Elle se situa entre Houtain-l’Evêque et Montenaken, dans la campagne de Steppes (actuellement territoire situé à Cras-Avernas). Les Liégeois remportèrent la victoire sur les Brabançons le 13 octobre 1213. Selon la légende, les Liégeois, qui étaient les moins puissants, auraient eu l’inspiration d’aller chercher la statue de Notre-Dame de Steppes, qui appartenait à la commune de Montenaken, et de l’amener sur le champ de bataille. Dès qu’elle y fut installée, le soleil se mit à projeter du côté des Brabançons une telle luminosité que les rayons aveuglèrent les soldats au point qu’ils durent déposer leurs armes. 

Pendant la période espagnole, la seigneurie de Cras-Avernas, qui appartenait toujours à l’Abbaye Saint-Laurent, fut vendue à des seigneurs laïques. 

Sous le régime français, l’Ordre teutonique, un ordre militaire, possédait une ferme à Cras-Avernas, ferme importante pour l’époque puisqu’elle exploitait 87 hectares. Elle s’appelait la "Ferme du Grand Commandeur" parce qu’elle relevait directement du Grand Commandeur de l’Ordre (qui résidait lui-même près de Hasselt). Cette ferme fut vendue à la famille Wauthier en 1801. 

En 1851, Ferdinant Wauthier adjoignit une sucrerie à la ferme. Cette fabrique de sucre de betterave était une des toutes premières en Belgique, elle fut le point de départ de l’évolution importante de la culture de la betterave sucrière dans la région. La sucrerie fut transférée en 1881 à Gingelom pour d’évidentes raisons économiques (en particulier la présence du chemin de fer).

 

Croquis panoramique

 

Situé à l'extrême nord de l'entité hannutoise et de la Province de Liège, Cras-Avernas est aujourd'hui séparé du pays flamand, tout proche, par une autoroute et une voie de chemin de fer à grande vitesse entre Bruxelles et Liège. C'est un village peu vallonné, au riche passé historique dont témoignent d'anciennes fermes. L'agriculture reste une activité traditionnelle, mais le village est également le siège de plusieurs petites et moyennes entreprises. 

Aujourd’hui, la limite entre Cras-Avernas et ses voisins flamands est clairement délimitée par l’autoroute et la ligne de chemin de fer, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Jusque dans les années 60, la paroisse dépendait du Doyenné de Landen, le village dépendait du canton électoral de Landen, et il fallait aussi se rendre à Landen pour les démarches en rapport avec certaines taxes. 

Pourquoi appelle-t-on les habitants de Cras-Avernas les "Abaronais" ? Deux thèses s’affrontent. Pour la première, il s’agirait d’une altération orthographique: en 1676 Cras-Avernas fut érigée au rang de "baronnie". Il est plausible que les habitants des villages voisins appelaient le village "la Baronnie", ce qui, phonétiquement, pouvait donc s’interpréter comme "l’Abaronie". Quant à la seconde interprétation, elle fait remonter l’origine de l’appellation au vieux wallon, où le mot "abarone" désignait un étendard ou une bannière. Les Abaronais étaient peut-être des porteurs de bannières – l’église recèle d’ailleurs encore aujourd’hui plusieurs belles bannières anciennes, dont l’une représente la Vierge et l’autre le calice surmonté d’une hostie.

 

L'église

 

Anciennement, Cras-Avernas dépendait, comme Poucet et Trognée, du prieuré de Bertrée, qui était l’église principale ("église entière"). C’était encore le cas en 1748. 

Le premier bâtiment affecté au service de la paroisse était une modeste chapelle en bois construite sur l’emplacement de l’église actuelle. Il n’en subsiste plus rien, si ce n’est la porte. Elle ne comptait que trois fenêtres, et l’entrée se situait rue Isidore Fumal. En 1852 on entreprit la construction d’une église, qui n’était pas beaucoup plus grande que la chapelle. C’est à l’initiative du curé Strengnart qu’ont eu lieu les travaux d’agrandissement de l’édifice, en 1899-1900. 

Des réparations ont été effectuées en 1942 au clocher, dont une partie était dangereusement inclinée, et en 1948 aux vitraux, qui avaient été endommagés par une bombe volante en 1944. 

L’édifice comporte trois nefs d’égale hauteur, un chœur polygonal avec une sacristie dans le même axe et un clocher en façade. Il est construit en brique et pierre calcaire. 

L’église de Cras-Avernas est dédiée à Saint-Laurent, ce qui est logique puisque la paroisse dépendait de l’Abbaye de Saint-Laurent à Liège. Saint-Laurent était le premier des sept diacres au service de l’Eglise romaine. Il refusa de remettre les biens de l’Eglise au Préfet de Rome, et fut condamné à mort. 

Outre le maître-autel, elle comprend deux autels secondaires, l’un à gauche dédié à la Sainte Vierge, et l’autre à droite dédié à Saint-Laurent. 

Toutes les fenêtres sont pourvues de vitraux. A l’intérieur de l’église, on peut admirer plusieurs peintures et des statues.


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