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Crehen

1. La paroisse 

L'église est dédiée à sainte GERTRUDE, ce qui révèle une fondation ancienne. La paroisse dépendait du chapitre de Saint-Lambert, la cathédrale de Liège, qui y exerçait les droits seigneuriaux, à l'exception de la justice qui était rendue par un avoué (laïc) qui relevait du duc de Barbant. Le chapitre de chanoines et chanoinesses de Nivelles, fondation carolingienne, y percevait les dîmes. Il est possible que la paroisse remonte à la période carolingienne mais à un moment mal précisé, elle est réduite au rang de chapelle, dépendante de l'église de Thisnes. On y administrait cependant les sacrements dès le XVIIème siècle.

2. L'église 
a. Le bâtiment 

L'église actuelle a été construite dans la première moitié du XIXème siècle en remplacement d'une église plus ancienne. Elle est en briques, couverte d'ardoises et de style néoclassique. À l'extérieur, des monuments funéraires : une dalle en pierre ornée d'un calice : curé Philippus MALCORPS (1665) ; deux croix       funéraires : Mélanie Justine Joseph LEGROS (1851) et sa sœur Justine T(hérèse) J(ulie) (1875, épouse de Louis J. Galand (Christ en croix, pierre et marbre blanc) et Daniel Grégoire VERLAINE (1853), époux de Catherine Ruelle (pierre) Le plan de l'église est très simple : 

  • une tour flanquée d'annexés en façade ;
  • une nef de 5 travées, séparée des bas-côtés par des colonnes toscanes; 
  • un chevet semi-circulaire aveugle.

 b. Le mobilier

Le contraste est grand entre l'aspect modeste de l'extérieur de l'église et le luxe de la décoration intérieure, dû au riche mobilier en chêne, réalisé pour la plus grande partie par l'ébéniste de Saint-Trond, Corneille Jansen vers 1860-1865.

  • Le maître-autel (1860) est particulièrement imposant : un tabernacle orné de 1'AGNEAU DE L'APOCALYPSE, le trône d'exposition avec un haut-relief représentant le REPAS DU CHRIST AVEC LES PÈLERINS D'EMMAUS et sur les côtés des trophée mêlant objets du culte et Instruments de la Passion, deux anges tenant une croix et un calice. Le fronton en forme de niche contient les statues de l'apparition de NOTRE-DAME à La Salette avec les deux enfants, MÉLANIE et MAXIMIN. De part et d'autre, Sainte Barbe et saint Roch, 2 statues de style baroque, école liégeoise, début XVIIème siècle. 
  • Les autels latéraux, sont surmontés d'un retable à niche et ailerons, avec un fronton en forme de Delta mystique avec Œil de Dieu et surmonté d'un Ange tenant me Monogramme du Christ, le tabernacle représente le Sacré-Cœur ; Les autels sont dédiés à sainte GERTRUDE (droite) et NOTRE-DAME (gauche) 
  • Dans des niches, trois statues sont dues aux ateliers Mayer de Munich vers 1870 : le SACRÉ-CŒUR DE JÉSUS, le SACRÉ-CŒUR DE MARIE, saint JOSEPH ET L'ENFANT JÉSUS qui ont aussi réalisés celle de saint FRANÇOIS D'ASSISE (aujourd'hui, dans le fond, au mur de gauche) qui se trouvait dans la niche où est actuellement sain- te THÉRÈSE DE L'ENFANT JÉSUS.
  • Les lambris du chœur, en chêne, sont ornés de bustes en haut-relief : à gauche, saint PAUL, saint AUGUSTIN et saint GRÉGOIRE LE GRAND ; à droite, saint AMBROISE, saint JÉRÔME et saint PIERRE.
  • Le banc de communion est, comme le reste des boiseries du chœur, de style néo- classique (début XIXème siècle), formé de panneaux ornés de symboles des Vertus Théologales et d'objets du culte (Missel, Couronne, Sceptre, Chapelet, Croix, Cierge).
  • Le chemin de croix date du XIXème siècle : 14 panneaux encadrés de bois sculpté et peint.
  • La chaire de vérité est du même ébéniste que l'autel. La cuve porte des bustes en haut-relief : le CHRIST SAUVEUR tenant le globe et bénissant, et des évangélistes (MARC, Luc, JEAN ET MATHIEU (sur la porte)) ; le dossier est décoré des Tables de la Loi et des symboles des Vertus Théologales avec ailerons en tête d'ange ; l'abat-voix est surmonté d'un Ange portant la Croix. Le départ de la rampe est orné d'une tête d'angelot.
  • Les confessionnaux en chêne, datés de 1865, sont ornés d'un buste de saint PIERRE et d'un buste de           MARIE-MADELEINE, deux repentis célèbres de l'Évangile.
  • Les autres statue
  • Sainte GERTRUDE de Nivelles (confondue avec sainte Brigitte), milieu du XVIème siècle ; 
  • saint ANTOINE, ermite, fin XIXe siècle - 
  • Le tableau (début XVIIIème siècle), une huile sur toile dans un cadre en bois doré, représente la communion de sainte THÉRÈSE D'AVILA. 
  • Le jubé et les orgues, sont de style néoclassique, Les orgues ont été réalisées par Clerinx de Saint-Trond (1853) et ont été restaurées par Verschueren de Tongresen 1979. 
  • Les vitraux ont été posés par Crikx de Bruxelles vers 1923. Ils représentent : 

    • à droite, du chœur vers le fond, 

  • Sainte THÉRÈSE DE L'ENFANT JÉSUS 
  • Saint MÉDARD 
  • Notre-DAME DE LOURDES 
  • Sainte GERTRUDE 
  • Sainte JEANNE D'ARC, avec la mention : La Paroisse de Crehen à ses héros : "Oscar Callut, Xavier Praillet, Ferdinand Landrain 

• à gauche, du chœur vers le fond, 

  • Saint FRANÇOIS XAVIER 
  • Saint LAMBERT 
  • SACRÉ-CŒUR 
  • Saint GUY 
  • Saint JOSEPH
  • Les fonts baptismaux en pierre sont du XIXème siècle.
  • La sacristie contient une belle armoire en chêne, du XVIIIème ou début XIXe siècle.
  • L'église possède de beaux objets de culte souvent en argent parfois dorés pour la plupart des XVIIIème et XIXème siècles et de riches ornements liturgiques du XIXe siècle.

 

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    1. GERTRUDE (626-659) appartient à la puissante famille des Maires du Palais carolingiens. Elle est la fille de Pépin de Landen et de Ide. À la mort de Pépin, Ide fonde à Nivelles, à l'instigation de saint Amand, Pévangélisateur de nos régions sous les Mérovingiens, deux monastères (hommes et femmes) dont l'un est dirigé par sa fille Gertrude. Celle-ci meurt à Nivelles à l'âge de 33 ans des suites des privations de sa vie trop ascétique et est immédiatement l'objet d'un culte populaire. Les monastères sont transformés plus tard en chapitres nobles de chanoines et chanoinesses et l'église de l'abbaye devient collégiale. Les églises qui dépendent du chapitre sont souvent dédiées à sainte Gertrude ou rebaptisées en son honneur. 

    2. Le patrimoine monumental de la Belgique, Wallonie, 18 2, Liège, arrondissement de Waremme, Hannut, Crehen, pp. 347-348. 

    3. On sait que le gros œuvre était terminé en 1840. 

    4. BOLLY J.-l, Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique, province de Liège, canton de Hannut, IRPA, Bruxelles, 1977, pp. 37-40. 

    5. La Salette (France, Isère) : la Vierge, «la Belle Dame» y est apparue à deux jeunes bergers, MÉLANIE CALVAT (14 ans) et MAXJMIN GIRAUD (11 ans), dans un alpage en 1846. Le 19 septembre 1851, Mgr de Bruillard, évêque de Grenble déclare que l'apparition est considérée comme authen- tique. Le culte se répand rapidement. L'artiste qui travaille à Crehen, ou ses commanditaires, se sont donc inspirés d'un fait tout récent. 

    6. AUGUSTIN (354-430, évêque d'Hippone, en Tunisie ; fête le 28 août), GRÉGOIRE LE GRAND (540- 604, pape ; fête le 3 septembre), AMBROISE (330/340-397) archevêque de Milan ; fête le 7 décembre), JÉRÔME (347-420, traducteur de la Bible du Grec en Latin (Vulgate), fête le 30 sep- tembre) sont des Pères et Docteurs de l'Église. Ils sont souvent représentés ensemble à partir du XVII? siècle. 

    7. La Foi, l'Espérance et la Charité (ancre, calice, croix). 

    8. ANTOINE LE GRAND (251-353), anachorète égyptien, est considéré comme le fondateur du mou- vement monastique. Souvent représenté avec un cochon (parfois aussi avec un lion, selon les diffé- rentes légendes hagiographiques), il est prié en Hesbaye pour les animaux de ferme et en particu- lier pour les cochons. Fête le 17 janvier. 

    9. Orgues de Wallonie, in Inventaires thématiques. Ministère de la Région wallonne, Namur, 1997, Arr. de Waremme, Crehen, pp. 28-29.

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