Main dans la main

Main dans la main

 
 
 
 


Octobre 2019


«Que tes œuvres sont belles, que tes œuvres sont grandes ! »

*    *    *    *    *    *    *    *    *    *

Il me semble que c’est « mon Christ » pendu au mur de mon bureau, qui m’a suggéré le dernier dimanche du mois de septembre d’entrer « main-dans-la-main » dans la « morte-saison », en chantant ce refrain admiratif et enthousiaste. Avec cette conviction profonde que toi, moi et tous les autres, NOUS SOMMES, chacun, chacune, une de ces œuvres « belles et grandes », quel que soit l’état dans lequel nous nous trouvons : vieux, malade ou handicapé… ou jeune, rayonnant de santé dans un corps parfait !... C’est un des fondements de notre foi en ce Dieu que nous appelons Créateur et Père.

Voici, comment lui, il le chante :


« Que MES œuvres sont belles,   que MES œuvres sont grandes !

   Tout homme est une histoire sacrée,   tout homme est à MON image ! »


Je n’invente rien, et je ne veux pas du tout vous consoler et vous réconforter par des « belles paroles ». Ce chant d’admiration s’enracine dans les premières Paroles de la Bible.

Il alluma d’abord « la lumière » pour qu’apparaissent à nos yeux toutes des « œuvres belles et grandes ».               

             « Que la lumière soit ! »                 Et la lumière fut !

Puis la « séparation des eaux » pour que puisse apparaître la terre ferme et faire place aux plantes, aux arbres… aux animaux. Et comme couronnement :

" Dieu créa l’homme à son image,  à l’image de Dieu il le créa, HOMME et FEMME il le créa ! Dieu vit ce qu’il avait fait :

              VOILA, C’ETAIT TRES BON ! »

 

Il suffit de « sauter le pas » : de croire de tout son cœur que moi (toi et tous les autres), je suis une de ces créatures, du matin au soir et du soir au matin : aux yeux de notre Dieu, JE SUIS UNE ŒUVRE BELLE ET GRANDE ! Moi, toi… ET TOUT HOMME !

Rappelons-nous toujours les Paroles de Saint Jean :

« Dieu est amour.  Et voici ce qu’est l’amour :

ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés

et qui a envoyé son Fils »…


    pour nous révéler cet Amour !

Nous l’avons chanté de tout cœur, ce dernier dimanche de septembre :

« Ton amour nous a façonnés,

tirés du ventre de la terre ! »

C’était au cours d’une célébration eucharistique particulière qui rassemblait, dans les premiers bancs, une bonne vingtaine de porte-drapeaux, et , derrière eux, des enfants et parents pour la première « messe de famille » de l’année sur le thème de la PAIX. Avec les uns nous avons regardé en arrière vers un passé mutilé, ravagé par des guerres… qui débordent sur notre présent et le menacent. Avec les autres, les enfants et leurs parents, nous avons, avec les yeux d’une certaine Greta Thunberg, regardé vers l’avant, vers l’avenir qui n’est pas rose…

Mais malgré ces deux regards, nous avons chanté :

« Que tes œuvres sont belles et grandes

Tout homme EST UNE HISTOIRE SACREE ! »

Notre regard ne change en rien le REGARD DE DIEU et nos actions ne parviennent pas à rompre le « MAIN-dans-la-main » !

« Tout homme EST une histoire sacrée ! »

 

« INDICATIF PRESENT ! »… depuis la naissance et pour toute éternité ! Encore une Parole de Saint Jean (dont nous devrions nous souvenir le matin quand nous nous réveillons, ou toute la nuit quand la douleur nous a empêché(e) de dormir) :

« Mes bien-aimés, voyez comme est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu : - ET NOUS LE SOMMES ! »

Ce chant de joie, de confiance que nous avons chanté ce dimanche-là avec les enfants et les porte-drapeaux, nous redit la même Bonne Nouvelle :

« Ton amour nous a façonnés

   Tirés du ventre de la terre ! »

 

Le danger de ce « passé composé », c’est de croire – quand ça va mal d’une façon ou d’une autre – que Dieu nous abandonne, nous laisse tomber ! (Vous connaissez la formule de ce soupçon : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu au vu de ce qui m’arrive !? ») Dieu ne « nous a pas façonné une bonne fois pour toutes » !... il nous « façonne » à tout instant ! Saint Paul disait aux païens athéniens :

« C’est en lui que NOUS AVONS LA VIE, LE MOUVEMENT ET L’ETRE ! »

Et même notre péché ne parvient pas à détourner Dieu le Père de nous. Encore Saint Paul : « C’est alors que nous étions pécheurs que Dieu a envoyé son Fils ! » Les Evangiles nous le montrent présent partout auprès de ceux qui souffrent…, et des pécheurs !

« MAIN-dans-la-main », n’est pas la dénomination de ce feuillet, à tout hasard : il est la REALITE de notre quotidien.  J’aime le redire (l’enfoncer dans nos têtes comme on enfonce un clou) avec ces paroles du pape François :

« Jésus-Christ T’aime, il a donné sa vie pour TE sauver, et maintenant il est vivant à TES côtés chaque jour pour T’éclairer, pour TE fortifier, pour TE libérer ! »

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

« augmente en nous, augmente en moi

la foi » en ton amour

pour moi, et pour tous…,

ton amour de Père, pour chacun, chacune.

Tu nous as dit par ton prophète :

« Une femme peut-elle oublier son petit,

abandonner le fruit de ses entrailles ?

Même si elle le pouvait,

moi je ne t’abandonnerai jamais ! »

Ton prophète parlait au peuple,

ton Fils est venu nous parler

à chacun, chacune de nous :

l’aveugle, le lépreux, le paralytique…

la Samaritaine, l’adultère, Marie-Madeleine…

« Augmente en moi la foi en ton amour,

quoi qu’il m’arrive…

de jour et de nuit…

révèle-moi, fais-moi sentir ta présence ! »

Ton Fils nous a rejoints

jusque dans ces moments, ces heures…,

où nous nous sentons « abandonnés ».

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Mais tu étais là,

tu es là quand moi je crie vers toi,

quand nous crions…

Tu l’as ressuscité, tu lui as redonné vie,

pour qu’il aille retrouver ses amis

et leur dire : « La paix soit avec vous. »

« IL ÉTAIT LA AU MILIEU D’EUX ! »

« Augmente en moi, augmente en nous

la foi » que tu es toujours là,

surtout aux moments, aux heures

où nous nous sentons abandonnés,

Vous êtes toujours là,

le Père, le Fils et le Saint Esprit. Amen.

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Septembre 2019


« … Et Jérémie s’enfonça dans la boue ! »

(Au chapitre 38 de son Livre)

* * * * * * * * * *


Une histoire tragique pour ce grand prophète !... qui, comme tout bon prophète, dérangeait un certain nombre de gens. Ils l’ont fait arrêter et jeter dans une citerne… où il n’y avait plus d’eau mais bien de la boue… dans laquelle Jérémie s’enfonçait peu à peu… Ne vous imaginez pas la scène : c’est trop horrible. Heureusement, un certain Ebed-Mélek eut pitié de lui et, sur l’ordre du roi Sédécias, il parvint à le sauver…


Pourquoi vous parler de cette tragédie ? Parce que notre Mère la Sainte Eglise nous l’a fait lire dans le monde entier, dans presque toutes les langues de la terre, le week-end du 17 au 18 août (quelques jours après l’Assomption de Marie). Or le lundi nous avons célébré l’Eucharistie dans une maison de repos !...


Est-ce l’Esprit-Saint qui m’a inspiré de me mettre à la place du prophète Jérémie ? … et de dire aux locataires de cette « maison », que moi aussi je suis en train « de m’enfoncer », non pas dans la boue d’une citerne, mais dans le « grand âge », dans la vieillesse…, irrémé-diable-ment ! Je ne pourrai pas y échapper par mes propres forces ; comme Jérémie, j’ai besoin d’un Sauveur pour m’assurer un avenir. Parmi vous, d’autres se sentent « enfoncé(e)s » dans une maladie, un handicap… depuis longtemps…, pour longtemps… et peut-être pour toujours… Il nous faut un sauveur, une MAIN qui nous saisisse par la main… pour nous en sortir…


Dans l’Evangile de ce même week-end Jésus disait – lui aussi dans le monde entier - :

« Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! »


Un FEU et un BAPTEME !


J’ai compris que ce FEU, c’est l’AMOUR. L’amour d’un Dieu qui a aimé son peuple pendant tout un Ancien Testament, et qui a fini par envoyer son propre Fils ! pour montrer qu’il nous aimait chacun, chacune, et particulièrement les personnes « qui s’enfoncent » dans l’une ou l’autre boue : les lépreux, les paralytiques…, les samaritaines, les Marie-Madeleine… (il y avait encore très peu de gens « enfoncés », comme moi, dans le grand âge…)


NOUS SOMMES AIMES ! du matin au soir et du soir au matin (quand nous ne parvenons pas à dormir). Le Ebed-Mélek qui a sauvé le prophète Jérémie, pour nous, c’est le Fils de Dieu lui-même.


Je viens de baptiser un petit Tiago, qui vient de « s’enfoncer » dans l’amour de ses parents. Sa maman avait choisi ces Paroles de Saint Jean :

« Dieu est Amour ! Et voici ce qu’est l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime d’expiation pour nos péchés ! »


Et voilà son « BAPTEME » !


Le Fils de Dieu a accepté de « s’enfoncer » jusqu’au cœur de notre mort ! Même «  », nous ne serons plus seuls. La mort n’est plus une fin de vie, une impasse. Il l’a dit : « Je suis LE CHEMIN, la Vérité et LA VIE ! Dans la maison de mon Père, je vais vous préparer une place car je veux que là où je suis, vous soyez vous aussi ! »

Notre « main » dans sa « MAIN ».


Le 26 août dernier, - dans le monde entier – Saint Paul a ré-exprimé sa joie au sujet de la foi qui s’est répandue chez les Thessaloniciens. Ceux-ci ont cru un certain temps que Jésus reviendrait dans sa gloire… de leur vivant… Nous, nous l’attendons toujours, mais avec cette assurance « qu’il est là au cœur de notre vie… et de notre mort, POUR NOUS FAIRE VIVRE ! »


« À tout moment, écrit Saint Paul, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous, en faisant mémoire de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que VOTRE FOI est active, que VOTRE CHARITE se donne de la peine, que VOTRE ESPERANCE tient bon en notre Seigneur Jésus-Christ, en présence deDieunotre Père. »Est-ce qu’on en parle encore, de ces « trois sœurs », est-ce qu’on les fait connaître à nos enfants qui commencent à vivre, dans un monde de plus en plus compliqué. Ces « trois vertus » parmi toutes les autres (la bonté, la compassion, la tempérance…). Elles sont particulières, ces trois-là, car elles sont « THEOLOGALES », elles sont comme le sang qui coule dans les veines du « main dans la MAIN ». Les athées (pour ne parler que d’eux) ne les connaissent pas : la FOI, l’ESPERANCE et la CHARITE. Quand ils « s’enfoncent » d’une façon ou d’une autre, ils ne croient pas qu’il y ait (pour eux aussi) ce QUELQU’UN qui les aime et qui est prêt à les aider. Quand leur vie s’en va vers la fin, ils ne croient pas que QUELQU’UN les attend, et avec lui tout un monde qu’il a connu et aimé. Il est capable d’aimer, capable de bonté, de compassion, de tempérance…, mais il ne croit pas qu’il y a au cœur de sa vie QUELQU’UN qui est la source de l’amour… !Saint Paul a écrit : « Je vis…, mais non ! ce n’est pas moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ! »

L’athée ne prie pas : « Notre Père ! », ni « Je vous salue Marie, prie pour moi, maintenant et à l’heure de ma mort ! »

PRIERE DU MOIS 


Dieu notre Père

je te rends grâce en mon nom

et au nom de tous les hommes

pour ton amour, ta présence dans nos vies.
Tu es venu trouver ton serviteur Moïse :

« J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple,

et JE SUIS DESCENDU pour le libérer ! »

Puis tu as envoyé Jésus, ton propre Fils,

qui nous a révélé ton amour de Père

non seulement pour un peuple,

mais pour chacun, chacune de nous.

Fais grandir dans nos cœurs

la FOI en ton amour de Père, 

qui nous a donné la vie,

et qui nous aime tels que nous sommes

d’un amour gratuit

que nous ne devons pas mériter.
Ton Fils est surtout allé

vers ceux qui « s’enfonçaient »

dans la maladie, dans le mal,

pour les relever, les renvoyer à la joie de vivre.

Par sa mort et par sa Résurrection,

il nous invite à garder vivante

l’ESPERANCE qui nous assure un avenir,

qui nous dit que la « vraie vie » est devant nous !

Qu’elle nous soutienne surtout aux jours

où nous nous sentons tenté(e)s par le désespoir.

Mais surtout, Père,

fais-nous « sentir » ta présence ;

que ton amour devienne en nous

source de force et de persévérance

au cœur de nos souffrances,

mais aussi source de cette CHARITE,

qui ouvre nos cœurs à la souffrance des autres

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Aout 2019


« Un jour…, quelque part…,

Jésus était en prière. » (St Luc)

* * * * * * * * * *


C’est une Parole pour vous, pour toi qui lis… ; « un jour » « n’importe quand, « quelque part » « n’importe où », comme Lui, tu peux « être en prière » ! Le « MAIN dans la main », n’est pas le titre de ce feuillet mensuel, c’est un moment fort de ta vie ; si tu veux bien. LUI, il veut bien, n’importe quand, n’importe où…

Dans mon homélie, j’ai invité quelques dames vénérables, habituées à « être -en-prière ». Germaine, dans une maison de repos, fière de me montrer son « paquet de prières » quotidiennes.

Ma mère aussi, sur l’appui de fenêtre, à côté de son fauteuil, avait à portée de main, son petit paquet. A mon étonnement, elle m’a dit un jour qu’ « elle était trop fatiguée pour prier » ! Sans doute voulait-elle dire qu’elle était trop fatiguée pour venir à bout de « tout ce paquet » qui s’était accumulé depuis des années ; Dieu ne s’est sûrement pas fatigué d’être auprès d’elle…

Et puis Marie, dans une autre maison de repos. Les aides-soignantes la déposaient chaque matin dans son fauteuil « quotidien », la télévision ne servait que de bruit de fond… « Dites-moi, Marie, qu’est-ce qui se passe dans ta tête pendant les longues heures d’une journée ? » Après un moment de silence : « Je prie ! »…, tout simplement !

Encore une autre de ces dames ? Mathilde ; comme le laboureur de la fable, sentant sa fin prochaine, elle avait demandé de vivre le sacrement des malades. Quand j’en avais fini avec « mes » prières, elle m’a demandé :  « Est-ce que maintenant je peux dire « les miennes » ? Alors là ! il y en avait aussi tout un paquet ! Elle avait la réputation de prier beaucoup pour les autres…

Je pense encore à Marcelle qui emportait dans son lit un chapelet fluorescent pour le retrouver à tout moment de la nuit… Toutes ces dames « étaient souvent en prière. »

Quand les disciples ont vu leur Jésus qui « était en prière », ils lui ont demandé :« Apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »

Ils ne lui demandaient pas de leur apprendre des « formules de prières ». Comme tout bon juif, ils devaient en connaître toute une série. Les psaumes, par exemple : il y en a 150 !...

Non mais !... « Comment ETRE EN PRIERE ? » J’ai pensé (j’espère ne pas vous scandaliser !) à Georges Brassens qui a chanté « les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics » : ils n’ont pas tant besoin de paroles, de formules ; l’amour qui les unit fait qu’ils sont l’un DANS l’autre…

Nous n’avons pas à chercher Dieu « dans les cieux » : il est « toujours là au cœur de nos vies, pour nous faire vivre ! »

Le Jésus de Saint Luc, d’ailleurs, répond à ses disciples :

« Quand vous priez, dites : Père ! » Tout simplement…

Et laissez monter dans votre cœur ce refrain : 

« Trouver dans ma vie ta présence,

   Tenir une lampe allumée,

   Choisir avec toi la confiance, 

   Aimer et se savoir aimé ! »

Mais… je ne suis pas Jésus !

… pour « être en prière » !

Saint Jean, dès le début de son Evangile disait de lui : 

« Au commencement était le Verbe,

  et le Verbe était tourné vers Dieu, 

  et le Verbe était Dieu.

  Il était au commencement tourné vers Dieu… »

Et Saint Luc raconte que dès l’âge de douze ans, il « s’est égaré » au Temple,

et a répondu à ses parents qui, tout angoissés, l’ont cherché partout :

« Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »

Mais, à part cette escapade au Temple, Jésus a vécu à Nazareth une vie « d’homme », depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte, une vie de famille, de village, de travail…, pour nous dire que « tout ce qui est humain, est divin ! » Nous venons encore de le chanter dans une de nos communautés :

« Tout homme est une histoire sacrée,

l’homme est à l’image de Dieu ! »

Mais Saint Jean nous a dit aussi, dès le début de son Evangile :

« LE VERBE S’EST FAIT CHAIR ! »

Si nous ne lui connaissons pas une de nos maladies, nous découvrons dans toute sa vie publique sa compassion pour les malades, les pauvres, les exclus… Et son Père, à la fin de sa vie, ne l’a pas préservé de la violence des hommes, de leurs tortures ; ni du sentiment de l’avoir abandonné !

« Père, si c’est possible, que cette coupe passe loin de moi !... »

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Sur la croix, il a rejoint pour toujours, pour aujourd’hui, tous ceux qui trouvent « leur vie trop longue » dans les maisons de repos, ceux qui sont, à vie, accablés par un handicap, atteints d’une maladie grave, irréversible…, et qui se sentent abandonnés, qui n’ont plus le courage de la prière…

Que vous puissiez, que tu puisses croire ou retrouver la foi « qu’un jour = toujours, quelque part = n’importe où », il est là au cœur de ta vie, de ta souffrance pour te faire vivre ! »

PRIERE DU MOIS 


Dieu tout-puissant,

tu as envoyé ton Fils sur notre terre,

pour nous révéler

que nous pouvons t’appeler « PÈRE ! »

tout simplement…

Et cette Bonne Nouvelle de ton amour

s’est répandue dans le monde entier.
Du matin au soir, du soir au matin,

je peux me tourner vers toi :

tu es toujours à mon écoute.
Par ton Fils tu nous as dit,

et tu nous redis, à chacun, chacune :

« Toi, quand tu pries,

entre dans ta chambre la plus retirée,

et adresse ta prière à ton Père,

qui est là dans le secret. Et ton Père qui voit dans le secret,

te le rendras. » Père,augmente en moi…, en nous

la foi en cette Parole d’amour ;

qu’elle se fasse entendre dans mon cœur, 

surtout à ces moments, le jour, la nuit,

où la souffrance, du corps ou du cœur,

prend le dessus…

et que je me sens seul(e), abandonné(e),

comme ton Fils, là-haut sur la croix…

Fais-nous croire, fais-nous comprendre

que tu l’as laissé pousser ce cri :

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

pour nous dire à nous tous,

aujourd’hui, demain, après-demain,

que jamais tu ne nous abandonneras ! 

« Une mère peut-elle abandonner son petit,

oublier de fruit de ses entrailles ?

Même si elle le pouvait?"

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Juillet 2019


«Le Seigneur trouva qu’Abraham était JUSTE ! » * * * * * * * * * * Partout dans le monde, en cette fin du mois de juin – le mercredi 26 exactement – cette Parole est proclamée dans le monde entier, dans presque toutes les langues de la terre !

J’aime bien la redire, cette formule, depuis quelques temps, parce que c’est in-ouï, incroyable, merveilleux ; parce que je me sens concerné, comme tous ceux qui l’ont entendue au cours de la célébration eucharistique, au cours de la messe. C’est pour cela que je l’ai choisie comme la Parole du mois de juillet pour vous qui peut-être n’avez pas eu l’occasion de l’entendre : elle a été écrite et pour moi et pour vous. Elle exprime d’une autre façon le MAIN-dans-la-main entre Dieu et Abraham.

Saint Paul écrira – beaucoup plus tard, et après la venue du Fils de ce

« Seigneur » sur la terre – qu’Abraham EST NOTRE PERE DANS LA FOI ! Il suffit de croire ! de faire confiance en ce Dieu, quoi qu’il m’arrive, qui que je sois, quoi que je fasse. Il suffit, envers et contre tout de RESTER A-JUSTE à ce « Seigneur », qui a envoyé son Fils pour nous dire que nous pouvons désormais l’appeler :

« Notre Père ! » « Je crois en Dieu, mon Père, tout-puissant ! »

Sa « toute-puissance » - qui pourrait me faire peur – est celle d’un PERE, dont nous sommes les enfants, d’un bout du monde à l’autre.


« Mes biens aimés,

voyez comme est grand,

l’amour dont le Père nous a comblés :

il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu,

- ET NOUS LE SOMMES ! » (Saint Jean)

« Nous » les hommes !


Voici une autre PAROLE, écrite en 2018 par

un Père dominicain irlandais (Timothy Radcliffe) qui nous parle de cet

« amour du Père » :

« Pensez à la personne que vous trouvez la plus détestable et la plus odieuse. Le fait qu’une telle personne existe EST LA PREUVE QUE DIEU L’AIME. Si Dieu ne l’aimait pas, elle n’existerait pas…

Dieu n’aime pas l’humanité en général, un peu comme on dirait de quelqu’un qu’il aime le whisky ou les Canadiens.

Un tel amour serait froid et vide.

Dieu se complaît en chacun de nous sur un mode unique et non repérable. Il se délecte de la manière dont vous marchez, de la courbe de votre cou et de l’écho de votre rire. »

Elle est un peu longue, cette citation, mais n’est-ce pas un cadeau que je vous fais ?

Pourquoi le catéchisme de mon enfance ne m’a-t-il pas parlé de cet amour ?

Alors il s’agit tout simplement de « s’a-juster », comme Abraham, de se laisser aimer ! Oh ! ce n’est pas toujours facile quand on est handicapé, malade ou tout simplement vieux… Pour Abraham non plus, à qui ce Dieu d’amour a demandé de « quitter son pays et la maison de son père », de lui « offrir Isaac, son fils unique » !...


Je me dis que cela ne doit pas être toujours facile pour Dieu de rester

« ajusté à moi », de m’aimer… Puis je me rassure : « Lui, il a sacrifié son Fils unique pour moi… et pour tous les autres : lui il restera toujours AJUSTE à nous !... »


« Seigneur, comment vais-je savoir… ? » (Abraham)

Eh oui ! c’est tellement facile de dire ou d’écrire :

« Quoiqu’il t’arrive Dieu t’aime ! »


Je n’ai pas pu m’empêcher de transcrire comment Dieu, ce jour-là

a répondu à Abraham.

« Le Seigneur lui dit :

« Prends une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. »

Abraham (qui connaît le rituel) prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux.

Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abraham les chassa.

Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abraham, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui.

Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses…

Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux…

Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abraham ! » (Genèse 15)

… avec Abraham, avec toi, moi et tous les autres !

Il suffit de croire ! de s’AJUSTER à la Parole de Dieu.

Heureusement, qu’entretemps, Dieu a « rendu les choses plus faciles » !


C’est son Fils, avant d’entrer dans la souffrance et la mort…,

pour nous assurer qu’il est AVEC NOUS dans nos souffrances, et même dans notre mort, qui a pris du pain, il l’a béni et il a dit :


« Prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous ».


Pouvait-il « s’ajuster » plus profondément à chacun(e) de nous ?

Et il a dit encore : « J’étais malade, et tu es venu me visiter ».

Chaque visite, chaque rencontre devient ainsi signe de la présence de ce Dieu d’Abraham, de Dieu « Notre Père » !


PRIERE DU MOIS


Père très bon,

tu as envoyé ton Fils sur notre terre

pour révéler à tous les hommes

que nous pouvons t’appeler :


« Notre Père ! »,

que tous nous sommes tes enfants.


Tu as demandé à Abraham

de « quitter son pays, la maison de son père,

pour aller vers un pays que tu lui montrerais ».

Tu l’as invité à te faire confiance

à remettre sa vie entre tes mains.


Enracine et fais grandir dans mon coeur

la même foi, la même confiance

en ta présence, au coeur de ma vie.

Donne-nous le courage, la force

de « quitter » nos idées, nos doutes…,

l’impression que tu es absent

de nos souffrances quotidiennes

que tu n’écoutes pas nos prières…


Jésus, ton Fils, pendant sa vie publique

n’a pas cessé de montrer sa compassion

pour ceux qui souffraient dans leur corps,

ceux qui se sentaient mal-aimés, rejetés…


« Venez à moi, vous qui peinez

sous le poids du fardeau,

et moi je vous procurerai le repos. »

Marie, sa mère, était là, au pied de sa croix,

et elle n’a pas cessé d’apparaître sur la terre,

pour garder vivante en nous

cette « certitude de foi » d’Abraham

que jamais nous ne sommes abandonnés,

que vous êtes là avec nous

dans nos « orages », dans nos « tempêtes »,

« pour nous faire vivre ! »

Amen.



Juin 2019


« IL S’ELEVA…, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux ! » * * * * * * * * * * Rappelez-vous, le mois dernier :

c’était le « plongeon de Pierre » ; le plongeon définitif dans son amour pour son Jésus.

Lui aussi a fini par être crucifié…

« Se jeter à l’eau du côté de ce Jésus, ce n’est pas pour se noyer, mais pour « s’élever » avec lui, pour l’ASCENSION. »

J’aime ces « gros mots » de notre religion (pour Marie, ce sera l’ASSOMPTION), qui ne disent pas immédiatement « ce qu’ils veulent dire »…

Il faut prendre le temps pour « creuser », ou prendre le casse-noisettes (a conseillé le Père Varillon) pour « voir ce qu’il y a dedans… On reproche à l’Eglise de parler un langage que les gens ne comprennent pas.

Or la « religion » nous « relie » au divin, donc à ce qui est invisible, à ce qui nous dépasse, à ce qui est tout autre !... Le « divin » n’est pas à ras-de-terre, sinon il ne serait qu’humain, à notre niveau, un bien de consommation parmi d’autres. Le divin – heureusement – veut nous élever, nous « ascensionner » à son niveau ou nous entraîner à sa profondeur… Mais ce que notre « religion » - à nous - a de particulier et de bouleversant, c’est que le divin est venu nous rejoindre au coeur de l’humain ; ce qui a donné le « gros mot » : INCARNATION : « Le verbe s’est fait chair ! »… par amour !

Pouvait-il se rendre plus proche de nous ? Un véritable « MAIN-dans-la main » !

Et cette MAIN est allée jusqu’à toucher le lépreux, avec de la salive elle a lavé les yeux de l’aveugle, elle a pris la main du paraplégique pour le remettre en route…

Si ce n’est pas « de l’ascension » ! Tout comme lorsqu’il nous a dit que nous pouvons appeler son Père « NOTRE PERE » : me voilà enfant de Dieu !... et toi aussi, et tous les autres.

Cela ne se voit pas avec mes yeux de chair ; pour cela il faut prendre le temps de creuser, ou utiliser le casse-noisettes ; il faut sortir du bruit pour entrer dans le silence

(…de la maladie ?)…

Jésus, le Fils de Dieu… devenu fils de charpentier a eu des difficultés pour transmettre aux simples humains son message divin.

Alors il leur a parlé, comme à des enfants, avec des paraboles et avec des images.

❖ Le Semeur : « Tu n’es pas bêtement là, par hasard. il y a un semeur qui est sorti pour te semer ! »…

❖ La Vigne : « Tu en es le sarment. Si le sang est la sève qui fait vivre ton corps mortel,

celle de la vigne te rend immortel. »

❖ Le Berger : « Tu n’es pas créé pour cet individualisme ambiant, ce m’enfoutisme (qui tue, qui viole…) mais pour la « communion »…

et il y a un berger qui a donné sa vie pour toi, qui sait ce que souffrir veut dire, et mourir… »

Ces paroles sentent très fort l’ASCENSION, et ce MAIN-dans-la-main qui nous réjouit dans notre solitude…

❖ « Je suis le chemin » : là où il n’y a plus de chemin, c’est l’impasse…

❖ « Je suis la porte » : là où il n’y a pas de porte, c’est la prison…

❖ « Je suis la lumière » : là où il n’y a pas de lumière, c’est la nuit…

❖ « Je suis le pain de vie… et le vin de la fête…

Toutes ces images sont du côté du « haut » et non pas du « bas », elles sont ascensionnelles du côté de la vie, de l’amour, du bonheur…

Pierre l’avait renié : « Jésus ? connais pas ! » ; mais depuis son « plongeon » il a trouvé en lui la force jusque « sur sa croix » !...« IL S’ELEVA… ! » L’Ascension n’est pas du tout un déplacement dans l’espace, du côté des nuages. Il a simplement disparu aux yeux de ses disciples, pour être là au coeur de la vie de tout ceux qui accueilleraient la Bonne Nouvelle qu’ils proclameraient dans le monde entier :

la mort n’est pas la fin de notre vie, mais l’ouverture, le passage (« la Pâque ») vers un avenir de bonheur sans fin. « La femme ne met pas au monde au-dessus d’une tombe ! », comme le dit – nécessairement – l’athée. Elle met au monde pour la VIE ETERNELLE ! Cet avenir ne dépend pas de notre foi, mais il est un don gratuit de Dieu à TOUS les hommes. Accueillons une bonne fois pour toutes cette Parole de Saint Jean :

« Dieu est AMOUR ! et voici ce qu’est l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés, et qui a envoyé son Fils… POUR NOUS LES HOMMES ET POUR NOTRE SALUT ! Heureux ceux et celles qui parmi vous ont le bonheur de communier régulièrement au Corps du Christ ! C’est vivre fondamentalement un geste d’Ascension : nous devenons, ce que nous recevons : le Corps du Christ ressuscité !

C’est bien concrètement la réalisation du MAIN-dans-la-main !, SA main dans MA main ! (Ce n’est pas un simple « geste pieux » !) Voici la prière du prêtre avant la Consécration : « SANCTIFIE ce pain et ce vin, ils deviendront pour nous le Corps et le Sang de ton Fils ressuscité ! » L’ASCENSION, c’est moins une vérité à croire, qu’une RELATION A VIVRE dans le quotidien de notre vie. Tant que j’aurai de la voix, je chanterai et je ferai chanter : « Tu es là au coeur de nos vies, et c’est toi qui nous fais vivre ; tu es là au coeur de nos vies, BIEN VIVANT, Ô JESUS CHRIST ! » L’ASCENSION, c’est au coeur de ma vie que cela se passe : un constant MAIN-dans-la-main : la sienne qui tient la mienne et qui ne la lâchera jamais ! (… et là où est le Ressuscité, là aussi sont tous nos défunts ! Que de mains !)


PRIERE DU MOIS

Père très bon,

un jour de notre histoire

tu as voulu donner un visage humain

à ta bonté pour nous les hommes ;

tu as voulu te donner des mains,

pour nous toucher, pour nous relever…

Tu as envoyé ton propre Fils,

vivre notre vie, notre quotidien d’homme.

Il a été heureux d’être enfant,

jeune, adulte…

Il a appris le métier de son père,

et vécu, pendant trente années

une vie de village, tout simplement.

Il nous a montré à nos yeux de foi

que ce qui est vraiment humain est déjà divin !

Ta parole de créateur est devenue visible :

tu nous a créés à ton image

et à ta ressemblance !

Mais s’il a partagé nos joies humaines,

il a surtout révélé ta compassion

pour tous ceux qui souffrent,

dans leur coeur et aussi dans leur corps.

Par amour pour nous les hommes,

il a fini par entrer dans nos souffrances,

et jusqu’au coeur de notre mort !

Mais « pour nous les hommes et pour notre salut »

tu lui as rendu la vie et l’a accueilli chez toi.

Père très bon,

augmente en nous la foi en ton amour,

cette certitude qu’il est là

avec moi, avec nous

surtout en ces moments, où comme lui,

là-haut sur la croix,

nous nous sentons abandonnés…

Augmente en nous la foi dans ce

MAIN-dans-la-main ! Amen


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Mai 2019


Le plongeon de Pierre

* * * * * * * * * *

Quelle affaire ! le printemps ! Ou bien trop d’eau…, ou trop peu ! J’ai jeté un regard en arrière : 1998. La télévision et les gens se plaignaient : « Trop de pluie, trop d’humidité, trop d’eau ! » Et cette année ?... de nouveau trop peu, comme l’année dernière ?...

Ah ! cette eau ! Elle est à la fois vie et mort ! Même le bon Dieu semble avoir des problèmes avec l’eau, qui est dans sa main comme une arme à double tranchant. La Bible, d’un bout à l’autre, nous raconte des histoires d’eau, des « hauts et des bas » du bonheur et du malheur que l’eau apporte à tout un peuple, à toute une région…

Aujourd’hui je voudrais vous parler d’un petit évènement aquatique qui s’est passé il y a deux mille ans. Je veux vous parler du PLONGEON DE SAINT PIERRE.

Jésus avait été crucifié, efficacement ! Le vide s’était fait autour de lui dans la trahison, le reniement, la peur. Un rêve inouï, merveilleux, incroyable s’était terminé en cauchemar.

Et voilà que !... Ce sont d’abord des femmes qui prétendent que ce n’est pas fini ; elles disent même : « IL EST VIVANT ! » Et puis toutes ces apparitions que racontent les Evangiles…

Comme celle-ci, au bord du lac, ce lieu de la première rencontre. Pierre a décidé de retourner à la pêche… avec ses compagnons. C’est comme tirer un trait de plume sur les trois années palpitantes qu’ils viennent de vivre. « Tournons la page », dit-il. Non ?!...


Et voilà que !... Comme il y a trois ans, un inconnu se montre sur le rivage du lac, sur le rivage de sa vie quotidienne, avec le même appel, avec le même SIGNE : une pêche miraculeuse, là où il n’y avait pas de poissons ! Pas de doute : « C’EST LE SEIGNEUR ! »


Alors Pierre se jette à l’eau…, mais non pas sans avoir passé un vêtement… Pierre plonge !... définitivement ? Jésus a dû murmurer dans sa barbe : « Enfin ! Allons-nous pouvoir réaliser de grandes choses ? »…


SE JETER A L’EAU ! La vie peut nous le demander dans les petites et surtout les grandes décisions. Se marier…, mettre un enfant au monde, … choisir un métier, … construire une maison. Il faut se jeter à l’eau tant de fois !


Et quand vient la maladie et le grand âge ! Si notre cœur reste accroché au passé, à ce temps où nous étions capables de tant de choses, nous nous rendons doublement malade : physiquement et MORALEMENT. Arrive le moment où, avec courage, il faut se jeter à l’eau : « Je suis malade » ou « je suis vieux » ! Non pas nous résigner, mais, debout, affronter notre réalité ; je sais depuis quelques années de quoi je parle…


Mais jamais je n’oserais vous demander de vous jeter ainsi à l’eau, s’il n’y avait pas sur le bord de votre quotidien le Ressuscité, qui vous


dit : « Je suis là, je sais ce que souffrir veut dire. Donne-moi la main ! »

« Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. » C’est à cause de cette Parole que je peux, humblement, vous demander d’imiter Pierre, qui a plongé et qui ne l’a jamais regretté…

« Il passa un vêtement…

et se jeta à l’eau. »

Mais Jésus va le « déshabiller », comme ils l’ont fait avec lui, lors de la 10ème station du Chemin de Croix :

« Les soldats prirent les vêtements de Jésus, dont ils firent quatre parts, une pour chaque soldat, et la tunique. Cette tunique était sans couture, tissée d’une pièce, de haut en bas. Ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas. Mais tirons au sort qui l’aura. »

Sur la croix, il n’y a plus que son corps meurtri, mais totalement donné, par amour pour toi, moi et tous les autres…

Jésus va « déshabiller » Pierre, de tout ce qui l’enferme sur lui-même, le plonger dans cet amour dont lui-même nous aime.

Jésus dit à Simon Pierre :

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? »

Il lui répondit :

Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »

Jésus lui dit :

« Sois le berger de mes agneaux. »

Il lui dit une deuxième fois :

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? »

Il lui répondit :

« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais, je t’aime. »

Jésus lui dit :

« Sois le pasteur de mes brebis. »

Il lui dit pour la troisième fois :

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? »

Pierre fut peiné, parce que la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? »

Il lui répond :

« Seigneur, toi tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. »

Jésus lui dit :

« Sois le berger de mes brebis. »

La maladie, la vieillesse, un handicap… peut me renfermer sur moi-même, couper toute ouverture sur les autres. Ma souffrance n’en sera encore que plus grande. J’espère que ce même Jésus parviendra à me « déshabiller », comme Pierre, à me donner un cœur de « berger », un cœur qui ne cesse d’aimer… !

PRIERE DU MOIS

Père très bon,


tu as tellement aimé le monde,

que tu as donné ton Fils unique,

pour  donner part à la vie éternelle !

Garde éveillée dans mon cœur,

dans nos cœurs,

la foi que « ce monde » que tu aimes,

c’est chacun, chacune de nous !...

du matin au soir, du soir au matin.

Personne ne peut échapper aux bras de ton Fils

étendus, cloués sur la croix

jusqu’au cœur de la mort,

de notre mort… !

Il sera là, bien vivant, pour nous dire : LA PAIX SOIT AVEC VOUS !...

« Une mère peut-elle abandonner son petit,

oublier le fruit de ses entrailles ?

Même si elle le pouvait,

moi je ne t’oublierai jamais ! »

Que ton Esprit me donne le courage

de « me jeter à l’eau » comme Pierre

de me « plonger » dans ton amour,

pour que je devienne « berger »,

source de compassion et d’amitié

pour « les brebis » qui m’entourent,

qui me soignent, ou qui, comme moi,

ont besoin de « bons bergers »…* * * * * *

Marie, tu étais là au pied de la croix,

plongée avec ton Fils dans la souffrance.
Il a pensé à moi, à nous,

en nous confiant à ton amour :

« Sainte Marie, mère de Dieu et notre mère,

prie pour nous, enfants du Père,

maintenant et à l’heure de notre mort.


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Avril 2019

« Regardez « cet autre » figuier » ! (Jésus)

* * * * * * * * * *

C’était « en fin de l’année liturgique » 2018, quand les évangélistes nous rappellent les catastrophes qui mettront fin à notre monde – qu’ils croyaient d’ailleurs vivre eux-mêmes de leur vivant. C’est alors que Jésus leur a dit :

« Regardez le figuier ! laissez-vous instruire par lui : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche ! »

Je vous ai écrit ce mois-là : « Bien sûr : nous ne sommes ni des arbres, ni des arbustes ; mais l’image de ce figuier nous invite à garder dans nos cœurs, envers et contre tout, une « fondamentale » ESPERANCE ! »

Actuellement, au train où vont « les choses », à la manière dont nous traitons notre terre, 2000 ans après les Evangiles, la peur de cette catastrophe se répand. Un signe qui ne trompe pas : ce sont ces enfants, toujours plus nombreux, qui se répandent dans les rues pour nous rappeler « qu’il s’agit de LEUR avenir… » ! qui réclament un « main-dans-la-main » de tous les hommes pour sauver cette terre sur laquelle nous vivons. Notre Dieu, lui, ne retirera jamais sa main :

« Aimez-vous les uns les autres, comme moi je vous aime !, s’il vous plaît ! »

Il n’y a pas de figuier chez nous ; mais un tas d’autres arbres, des arbustes, des fleurs… qui annoncent le printemps, qui nous invitent à l’ESPERANCE.

Et voilà que l’Evangile du week-end du 23 au 24 mars – dans le monde entier et presque dans toutes les langues de la terre -, Jésus nous parle d’un autre figuier. Il est planté dans une vigne ! La parabole raconte que le propriétaire vient pour la troisième année pour récolter des figues : pas une seule figue.

« Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ! » « L’euthanasie » arboricole !...

Mais le jardinier n’est pas d’accord : « Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas. »

Dans notre société hyper-performante, productive, efficace…, nous courons le risque de ce figuier… parce que nous avons perdu le travail, à cause de la maladie, d’un handicap, de la vieillesse,… Au lieu de « porter des fruits », nous « épuisons » le sol : le danger : que nous nous sentions nous-mêmes inutiles, de trop… ; que notre main ne sert plus à rien dans le « main-dans-la-main » général…

Stop !

Prenons conscience d’abord que nous ne sommes pas des figuiers ! Ces fruits que « les autres mains » attendent de nous, ce ne sont pas des figues !... Mais de l’amour, de l’amitié,… Avouons, avouez que « de ce côté-là » tout reste possible…, tant que le cœur bat, la main peut se serrer, faire signe, les yeux peuvent sourire, les oreilles écouter…

“ La terre produisit des arbres : troisième jour ! »

A propos de cette parabole du figuier, Monseigneur Aupetit, archevêque de Paris, dans son homélie, nous a rappelé brièvement, mais fermement que c’est Dieu qui a planté ce figuier… que je suis, que tu es… chômeur-se, malade, handicapé(e), vieux ou vieille. Mieux : c’est Dieu qui « me plante » du matin au soir, et du soir au matin. « JE SUIS AIME(E), PUISQUE J’EXISTE », qui que je sois, quoi que je fasse, quoi qu’il m’arrive ! Je suis toujours – et toi aussi – dans la main de Dieu qui « EST AMOUR », a écrit Saint Jean. Et il a ajouté :

« Voici ce qu’est l’Amour :

ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu,

c’est lui qui nous a aimés !...

et qui nous a envoyé son Fils ! »

Je n’arrêterai jamais de faire chanter ces deux refrains qui sont le fondement de notre foi, le fondement de notre vie (même de ceux qui n’ont pas la foi, ou qui disent l’avoir perdue) :

« Tu es là au cœur de ma vie,

  et c’est toi qui me fais vivre ! »

… et l’autre :

« Trouver dans ma vie ta présence

Tenir une lampe allumée,

Choisir avec toi la confiance

AIMER et SE SAVOIR AIME ! »

Monseigneur Aupetit ajouta :

« …et c’est le Christ qui est le jardinier ! »

Il n’est pas venu « couper les arbres » que son Père a planté, mais pour « bêcher autour et y mettre du fumier ».

Je pense à Matthieu, le collecteur d’impôts devenu apôtre, à Zachée, bien sûr, à la Samaritaine, à l’adultère, à Marie-Madeleine, à Pierre qui l’a renié trois fois, au « bon larron »… à tous ces malades qu’il a guéris.

Le monde dans lequel nous vivons, regarde « à ras de terre » ; il faudrait lui ré-apprendre à « creuser » pour redécouvrir cet Amour dont Dieu nous aime !  

PRIERE DU MOIS


Père très bon, grave dans ma mémoire,

dans notre mémoire cette image du FIGUIER !

Qu’à chaque printemps il fasse renaître

l’ESPERANCE, cette certitude de foi,

que quoiqu’il m’arrive,

aussi rude que soit « l’hiver » dans ma vie,

il y a un avenir…

un avenir enraciné pour toujours

dans ton amour de Père pour moi ton enfant.

La certitude de foi

que tu as envoyé ton Fils

pour révéler à tous les hommes cet amour.

« Le Verbe s’est fait chair,

il s’est fait homme,

et il a habité parmi nous ! »

Il est venu nous rejoindre dans nos souffrances,

pour me dire, quand je me sens comme ce FIGUIER,

inutile…, parce qu’il ne porte pas de fruits

comme un poids pour les autres

« qui épuise le sol… ! leur sol ! »

pour me dire : « JE SUIS LA pour te faire vivre ! »

Tu es venu nous rejoindre dans notre péché

pour me dire : « JE SUIS LA pour te pardonner ! »

Tu es venu pour nous rejoindre

jusqu’au cœur de notre mort,

pour nous emmener avec toi chez ton Père,

que nous pouvons appeler « Notre Père » !

Ton Père, qui est aussi Notre Père,

n’attend pas que nous l’aimions

pour t’envoyer nous raconter

cette histoire de FIGUIERS

… que nous sommes, plantés par le Père,

et dont toi, le Fils, est le jardinier !

Oui, grave dans nos cœurs cette image du FIGUIER !


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Mars 2019

« Par-donnez, s’il vous plaît ! » (Jésus)

*    *    *    *    *    *    *    *    *    *

Il n’y a que notre Dieu qui, par son Fils, peut formuler une telle demande, une telle exigence à cet être « humain » que nous sommes, qui puisse nous faire confiance, nous croire capables de « par-donner », alors que notre histoire « humaine », depuis le début (Caïn et Abel), aujourd’hui et pour longtemps encore, sans doute (!?), est et sera marquée par des divisions, du terrorisme, des guerres à n’en plus finir…

En ce dernier week-end du mois de février, il a osé dire, dans le monde entier :

« Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. A celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue ! »

Il a osé dire « ça »…

Il l’a osé parce que le Dieu auquel nous croyons EST AMOUR. C’est Saint Jean qui nous l’a dit. Et j’aime bien citer le Père François Varillon (décédé dans les années ’70) qui, en quelque sorte, a renforcé cette Bonne Nouvelle :

« Dieu N’est QU’amour ! »

Et nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de ce « Dieu-là ». Dans deux de mes paroisses, ils avaient choisi comme chant d’entrée : 

« Que tes œuvres sont belles,

                   que tes œuvres sont grandes…

  Ton amour nous a façonnés

                   tirés du ventre de la terre.

   TOUT HOMME est une histoire sacrée :

   L’HOMME EST A L’IMAGE DE DIEU ! »

Celui qui gifle, et celui qui reçoit la gifle !

En Dieu, la JUSTICE (nous dit le Père Varillon) est un attribut, une qualité de l’amour. Il n’est pas amour ET justice : il n’est qu’amour, un amour qui JUSTIFIE, qui « REND JUSTE », qui PARDONNE

Notre Dieu, c’est ce Père qui attend son cadet, qui a rompu tout lien avec lui (« donne-moi mon héritage ! »), jusqu’à ce qu’il revienne, qui court au devant de lui pour l’accueillir, et qui lui fait la fête…

Qui, par la voix de son Fils, renvoie à la vie, cette adultère que la Loi condamnait à la lapidation…

Qui dit à celui que nous appelons « le bon larron », mais qui selon la Loi méritait sans doute d’être crucifié : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans mon Royaume ! »

Qui dit à Pierre : « Pais mes agneaux ! pais mes brebis ! » alors qu’il l’a renié trois fois, au moment où il aurait eu tant besoin de sa présence, de son amitié !...

Dans la Préface de la deuxième Prière eucharistique nous prions ou nous chantons :

« Nous te rendons grâce

   par ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ.

  C’est lui que tu nous as envoyé

  comme REDEMPTEUR (pour le PARDON)

  et comme SAUVEUR (pour la RESURRECTION)… »

Il est venu pour rétablir le MAIN DANS LA MAIN rompu par « le péché » ou par « la mort », ce MAIN DANS LA MAIN entre nous les « humains », et entre nous et Lui, ce Dieu d’amour que nous appelons NOTRE PERE, car tous nous sommes ses enfants !

« C’est toi le Dieu qui nous a fait,

qui nous a pétris de la terre.

  TOUT HOMME EST UNE HISTOIRE SACREE !

 

Quelqu’un a écrit que celui qui a pleuré le plus, quand le jeune fils est revenu, tout piteux à la maison, c’est le père ! La joie du « pardon donné », du « MAIN DANS LA MAIN » retrouvé !

Au cours de ma présence parmi vous (une trentaine d’années) j’ai reçu l’un ou l’autre témoignage de cette même joie, retrouvée après de longues années de séparation, des années « perdues ».

On entend parfois des moqueries au sujet de cette « gifle donnée… et de l’autre joue tendue ». Mais quelle est l’alternative ? entre individus ou entre pays ? Il suffit de regarder ce qui se passe dans le pays de Jésus, depuis des dizaines d’années.

« Œil pour œil, dent pour dent »

« Tu me cognes, je te cogne ! »

Et actuellement, dans nos pays riches, il y a une arme facile et efficace, même entre les mains de nos enfants…

Jésus n’a jamais dit qu’il était facile de pardonner, voire même possible ! Il y a de ces blessures…, il y a des refus de recevoir le pardon…

Mais aux yeux de Jésus – « qui est l’image parfaite du Dieu invisible » a dit Saint Paul – qui sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme, mon refus du pardon blesse aussi mon cœur, le « handicape ». Quand il me demande de pardonner à celui qui m’a « giflé », c’est qu’il veut aussi ME LIBERER. Il souffre de me voir m’enfermer dans ma rancœur, pour ne pas dire ma haine… ; il veut que je retrouve la joie du MAIN DANS LA MAIN.

La maladie qui nous frappe, ou le grand âge qui survient, est peut-être un temps propice pour penser à renouer des liens qui sont rompus, mais qui, quand ils existaient, étaient source de joie, de bonheur… Après avoir « donné », parvenir à « par-donner »…

« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »

Le Père me répond :

« N’oublie pas que je te pardonne,

  Avant que tu ne m’aies offensé !

Fais de même, sans réserve ! »

 

PRIÈRE DU MOIS

Père très bon,

tu serais heureux de voir tous les hommes

sur notre terre vivre… heureux

comme les enfants d’une même famille,

comme tes enfants !

Tout ce qui les divise,

tout ce qui les oppose les uns aux autres

blesse ton cœur, te rend malheureux.

Avec tous les hommes, en leur nom,

je te demande pardon.

Je te demande pardon aussi

 pour toutes les fois où moi-même

je blesse ou même brise cette paix

avec ceux qui vivent avec moi.

Père,

ton Fils nous a révélé

que tu es un Dieu de miséricorde :

ton cœur ne « se refroidit » pas

quand nous ne vivons pas

selon le commandement

qu’il nous a donné :

« Aimez-vous les uns les autres,

comme je vous ai aimés ! »

Tu es un Dieu qui donne et pardonne.

Nous te confions toutes les personnes

qui ont été blessées dans leur vie

et éprouvent des difficultés pour pardonner.

Que ton Esprit, qui les habite,

réchauffe leur cœur et les éclaire :

le pardon est source de libération

et source de bonheur…

Qu’il nous aide à vivre cette prière

que Jésus nous a laissée :

« Pardonne-nous nos offenses,

   comme nous pardonnons

    à ceux qui nous ont offensés. » Amen.

 

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Février 2019 

« Dieu, ne nous laisse-t-il pas tomber ? »

* * * * * * * * * *

Vieux, cloué à son fauteuil roulant, pratiquement sans parenté et sourd… J’ai pensé à Marie, ces quelques femmes et à ce disciple, restés là, au pied de la croix, quand il a crié :

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ! »

Je ne veux pas me donner « un beau rôle » !... mais voilà : j’y ai pensé… et surtout, j’ai senti leur impuissance et mon impuissance. Des paroles ?... il ne les aurait même pas entendues, et que valent « nos » paroles ? Même un évêque a écrit quelque part « qu’il vaudrait mieux nous taire devant la souffrance ! »…

Je suis simplement resté là – non pas debout, comme si j’allais partir, mais assis. Un regret : de ne pas avoir fait un geste, celui du main dans la main…

C’est pour cela qu’il est venu lui-même, le Fils de Dieu, et il nous a rejoint jusque dans ce désespoir : « Père, pour quoi m’as-tu abandonné ? »

Alors il a pu ajouter :

« Tout est accompli ! Entre tes mains je remets mon esprit ! »

Nos paroles, même les paroles des prophètes… n’étaient que des paroles impuissantes. Il a fallu que le VERBE, LA PAROLE se fasse chair pour nous rassurer : « Non, jamais je ne vous laisserai tomber ! »


Le dernier week-end de janvier et ce premier week-end de février, Jésus, dans le monde entier et dans presque toutes les langues de la terre nous dit :

« Aujourd’hui, s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre. »

Et voici ce passage du prophète Isaïe :

« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. »


AUJOURD’HUI S’ACCOMPLIT CETTE PAROLE !


Quand il est sorti de son Nazareth, il est allé rejoindre « ceux-là », rejoindre l’homme dans toutes ses « pauvretés ». Quand il est reparti vers son Père, ils étaient aussi nombreux qu’avant, et ils se sont multipliés au fur et à mesure que les hommes se sont multipliés…, ces « pauvres »…

Ce qui est changé, c’est ce qu’expriment ces deux refrains que je ne cesserai jamais de chanter et de faire chanter : « Tu es là au cœur de nos vieset c’est toi qui nous fais vivre ! »

et

« Trouver dans ma vie ta présence,

Tenir une lampe allumée,

Choisir avec toi la confiance,

Aimer et se savoir aimé. »

Bien sûr : c’est une question de foi ! Et le drame, c’est que nous nous détournions de cette foi, à cause de nos souffrances. Quand Jésus a dit :

« Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? », il n’y avait pas de reproche dans sa voix ni de menace !..., rien

que de l’angoisse, de la tristesse, la peur que nous nous sentions abandonnés… alors QU’IL EST LA !... « dans nos fêtes, ET DANS NOS TEMPÊTES ! »


« AUJOURD’HUI ! »

…c’est lui, Jésus, qui nous l’a dit une première fois, et qui nous le redit d’une année à l’autre. C’est bouleversant !...

Cette Parole bouleverse tout : cet AUJOURD’HUI, c’était hier, ce sera demain : une Parole qui nous fait exister et nous donne un avenir, qui que nous soyons, quoi qu’il nous arrive, quoi que nous fassions…

Car c’est une PAROLE D’AMOUR !

« Voici ce qu’est l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, C’EST LUI QUI NOUS A AIME, et qui nous a envoyé son Fils… » ! (St Jean)

Son Fils qui, un jour que ses disciples lui ont demandé de leur apprendre à prier, leur a dit :

« Quand vous priez, dites tout simplement : « NOTRE PERE » ! »

Et nous voilà, nous les hommes, ENFANTS DE DIEU, de son Père !

Il suffit de le croire… non pas de le mériter : c’est bouleversant !

Bouleversant comme l’histoire de ce « Père qui avait deux fils » ! Tous les deux, chacun à son tour et pour des raisons personnelles, a « claqué la porte » de la maison de son père, rompu sa relation filiale.

Mais le Père est resté- le temps qu’il a fallu – sur le pas de la porte d’entrée pour le cadet, et – le temps qu’il a fallu – derrière la porte arrière, pour attendre l’aîné !

« Et ils se mirent à festoyer ! : tu étais mort, tu es vivant, revenu dans l’AUJOURD’HUI de mon amour… qui est plus fort que ton passé, que tout ce qui peut t’arriver ! »

Cet « AUJOURD’HUI » a tout bouleversé jusque là-haut sur la croix !« Jésus, souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton Royaume ! »

« En vérité, je te le dis, AUJOURD’HUI tu seras avec moi dans le paradis ! »

Pas étonnant que notre pape François envoie dire à tout le monde AUJOURD’HUI :

« Jésus-Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer. »


PRIERE DU MOIS


Père très bon,

tu sais qu’il nous arrive

de douter de ton amour, de ta présence,

quand la douleur, quand la souffrance

nous tient et perdure,quand notre âge avance

et nous impose de plus en plus ses limites…

Tu sais qu’il m’arrive de croire

que tu n’entends pas,

que tu n’écoutes pas mes prières !...

Que ton Esprit d’amour

que tu as envoyé sur notre terre,

et qui habite au cœur de notre vie,

garde vivante en nous l’espérance,

la certitude de foi que jamais

tu ne me laisseras tomber !

Qu’il réveille toujours en nous

le souvenir de ton Fils Jésus

que tu as envoyé pour nous rejoindre

au cœur de nos souffrances

et jusqu’au cœur de notre mort.

C’est lui qui nous a dit, qui nous redit

que nous pouvons t’appeler : « NOTRE PÈRE ! »

Père, je crois en toi, en ton amour ais augmente en nous la foi.

Amen.

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Janvier 2019

Marie Joseph  Jésus

Un merveilleux « Main-dans-la-Main ». « MERVEILLEUX », dans ce sens qu’il a fait et fera toujours merveille : Marie et Joseph nous font toujours cadeau de leur « enfant Jésus ». « Le Verbe s’est fait chair ! » a écrit Saint Jean. Il s’est fait UNIVERSEL ! Personne n’est oublié : quand il a grandi, c’est vers les « exclus » qu’il est allé et qu’il va toujours…, et parmi eux, particulièrement, les malades.


C’est dans cet esprit, c’est pour continuer cette mission que « ce feuillet » est né en 1991. Une visiteuse de malades m’a regardé et m’a dit : « Il faudrait un feuillet qui facilite et renforce les liens entre la visiteuse, le visiteur et les malades visité(e)s : un « main-dans-la-main » ! C’était prévu pour notre doyenné ; mais depuis lors il n’arrête pas de se répandre… ; parmi les dernières destinations nouvelles : Bruxelles… et Kinshasa. Je l’écris sur une feuille-brouillon, et une « main bien-heureuse » assure la mise en page et surtout la « mise-en-images »… Voilà pour le « nombrilisme »…

Mais « la main » qui compte, c’est la TIENNE ET LA VOTRE ! La prière, à la dernière page, passe du « je » au « nous », et revient du « nous » au « je ». TU N’ES PAS SEUL DANS TA SOUFFRANCE. Chaque mois cette prière te rappelle qu’il y a un tas de gens qui prient pour toi, et que tu pries pour un tas de gens ! Et cette prière, bien sûr, vous relie à Dieu, NOTRE PERE !


Ce week-end, dans le monde entier, nous fêtons la SAINTE FAMILLE. Bien sûr : c’est d’abord Marie Joseph

Jésus

NOUS,

toi, moi et tous les autres !


Dès l’âge de douze ans, il leur échappe, à Marie et à Joseph (qui, au fond, s’y attendaient… tôt ou tard).

« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être CHEZ MON PERE ? »


Quand il aura grandi et quitté Nazareth, « un jour, quelque part, il était en prière. » Ça devait être impressionnant de « le voir prier ». Ses disciples priaient aussi, récitaient sûrement les psaumes…mais prier comme Jésus !!!...

  • « Apprends-nous à prier ! »

  • « Quand vous priez, dites tout simplement : « NOTRE PERE » !... »

Nous autres aussi (toi aussi) nous pouvons entrer en prière, n’importe quand, n’importe où… Pour Jésus, « la sainte famille », c’est nous les hommes ; et il s’est senti tout particulièrement « chez lui » auprès de ceux qui souffraient dans leur corps ou dans leur cœur. Et c’est toujours ainsi aujourd’hui ! « Je serai là, avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde » ! C’est lui qui l’a dit :

« Trouver dans vie ta présence

  Tenir une lampe allumée

  Choisir avec toi la confiance

  Aimer et se savoir aimé ! »

La sainte famille : c’est nous !


Non pas, si « saint » veut dire « vertueux ». Nous n’allons quand même pas dire ni chanter que « Dieu est trois fois vertueux ! »

Dieu est trois fois saint ; dans mes oreilles, cela veut dire : il est AUTRE, le TOUT AUTREEN MIEUX…, en amour ; « IL EST AMOUR », nous a dit Saint Jean.

Or ce Dieu « a tant aimé le monde (c’est nous !) qu’il a envoyé son Fils. » Et son Fils est venu parmi nous – « alors que nous étions pécheurs » (et donc pas vertueux), a dit Saint Paul – et, comme je viens de le rappeler : il nous a dit que nous pouvons appeler son Père : « Notre Père ! »

Ce qui a fait écrire Saint Jean (la deuxième lecture de la Fête de la Sainte Famille) :

« Mes bien aimé(e)s,

voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – ET NOUS LE SOMMES !...

Dès maintenant nous sommes enfants de Dieu,

mais ce que nous serons,

n’a pas encore été manifesté.

Nous le savons :

quand cela sera manifesté,

nous lui serons semblables

car nous le verrons tel qu’il est ! » (I Jn3,1-2)

Voilà les Paroles qu’ils auraient dû nous faire apprendre par cœur (sous peine de punition !) quand nous étions petits, quand nous étions enfants, pour qu’elles nous accompagnent, nous soutiennent, nous comblent de joie au cours de toutes les heures de vie, les lumineuses et les sombres.

Et non pas cette question n°24 du Catéchisme (édition 1954 !) pour la 4ème année primaire :

« Qu’est-ce que Dieu ? (=Dieu, c’est quoi ?)

  Dieu est un pur esprit, infiniment parfait, Créateur et souverain maître du ciel et de la terre, origine et fin de toutes choses. »

Pourtant Jésus avait dit à ses disciples : « Quand vous priez, dites tout simplement : « NOTRE PERE ! »

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

nous te rendons grâce de tout cœur

parce que tu nous as envoyé ton Fils

pour nous révéler que « TU ES AMOUR »,

que tu es NOTRE PÈRE,

et que, tous, nous sommes tes enfants.

Dans ses paroles et dans ses actes

nous avons découvert et nous découvrons toujours

cet Amour sans limite, dont tu nous aimes,

un amour plein de COMPASSION

pour tous ceux qui souffrent.
Il est né dans la pauvreté d’une étable,

et a connu, tout petit, le sort des émigrés ;

pendant trente ans, il a vécu dans la simplicité

notre vie d’homme :

la vie d’enfant, de jeune, d’adulte…

la vie de famille, de village, de travail,

pour confirmer la Parole de Créateur :

« que tout cela est très bon ! »

Quand il s’est mis en route

à la rencontre des hommes, à notre rencontre,

il est allé vers ceux qui souffraient

d’une façon ou d’une autre !...

Père, je crois qu’il est aussi avec moi

aux heures sombres de ma vie.

Que ton Esprit, que tu nous as donné,

nous anime à prendre cette main

qu’il nous tend pour nous remettre debout,

pour me remettre en route…

Sainte Marie, mère de Dieu et notre mère,

Saint Joseph, époux fidèle de Marie,

priez pour moi, priez pour nous

ENFANTS DE DIEU

maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen.

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Décembre 2018

« Regardez le figuier ! » (Jésus)

           

Permettez-moi, en cette fin d’année, où le quotidien a pris une couleur jaune, mêlée de noir parfois, où persistent des bruits et des menaces de guerre, où le flot des émigrés ne tarit pas…, permettez-moi de chercher des étincelles d’ESPERANCE du côté de ce Jésus, dont normalement nous fêtons la naissance à la fin de ce mois, mais dont il est moins question que de Saint Nicolas et du Père Noël…, qui nous maintiennent à ras-de-terre…

 

Notre mère la Sainte Eglise a jugé bon de nous rappeler chaque année que notre monde a une fin… catastrophique : « le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus de sa clarté, les étoiles tomberont du ciel ! »… Et quand, au cœur de ces catastrophes, elle nous invite à fêter le Christ-Roi, elle nous le fait rencontrer devant Pilate qui va le livrer à la flagellation, au couronnement d’épines et le condamner à mort…

 

Pas gai, tout ça, pas encourageant d’autant plus que ce « feuillet mensuel » veut être un « main-dans-la-main » avec les personnes dont la vie, le quotidien est ébranlé par un handicap, la maladie, la vieillesse…

 

Mais justement !... C’est pour CELA qu’il est né dans une étable, dans la précarité de l’émigré, la faiblesse d’un enfant…, le Fils de Dieu.

« IL ES LA, AU CŒUR DE NOS VIES,

POUR NOUS FAIRE VIVRE ! »

            Au cœur de ces récits de catastrophes – au cœur des menaces qui pèsent actuellement sur notre terre et de nos difficultés personnelles, il nous dit :

« VEILLEZ, ET PRIEZ EN TOUT TEMPS ! : JE SUIS LA ! » 

            Parole de DIEU !

 

            Il est présent pour toujours, il a « tout le temps, pour nous, pour toi, pour moi et pour tous les autres, croyants-pratiquants, non-pratiquants… et incroyants… ou d’une autre religion…

 

            « Je crois en UN SEUL Dieu, le PERE tout-puissant ! » Sa « toute-puissance » est celle de son amour paternel : vous vous rendez compte ! et vous, vous êtes son enfant, toi tu es son enfant !

 

            « Priez en tout temps ! » Cela ne veut pas dire qu’il faut réciter constamment des « formules de prière ». Tant mieux si vous en avez, pour vous adresser à Dieu, à Marie, à Sainte Rita ou à d’autres saints… Ma mère, un jour, m’a dit qu’elle était trop malade pour prier ! J’ai compris : pour réciter ses formules de prière. Mais toute sa vie était « ouverture à Dieu », à cette présence paternelle. Prier, c’est parler mais aussi écouter, faire silence dans la confiance d’être aimé… « Si vous ne devenez pas comme des enfants… » disait Jésus, l’enfant qui joue d’un côté alors que la maman vaque d’un autre côté aux travaux de ménage. Mais l’un et l’autre sont « en éveil » à la présence de l’autre…

 

            Comme Jésus !

 

            « Un jour, quelque part, Jésus était en prière » : n’importe quand, n’importe où, en présence l’un avec l’autre, le Père et le Fils !... Dieu et toi !...

 

  …et regardez le figuier ! » (Jésus)

 

Que de fois Jésus n’a-t-il pas cherché dans la nature des images pour nous rassurer, nous réconforter, pour nous révéler la Bonne Nouvelle de l’amour dont nous sommes aimés.

« Je suis le bon Pasteur, disait-il, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Je donne ma vie pour mes brebis ! »

 

Et il a en tête les Paroles du prophète Ezéchiel :

« Moi-même je ferai paître mon troupeau. La bête perdue je la chercherai, celle qui sera écartée, je la ferai revenir ; celle qui aura une patte cassée, je lui ferai un bandage, la malade je la fortifierai… ! »

 

Notre Dieu ne nous aime pas « sur le tas » : son amour, sa sollicitude est pour chacun, chacune de nous.

Ainsi au milieu de nos détresses, quelles qu’elles soient, il nous invite à « regarder le figuier ». Je n’ai jamais vu de figuier ; mais dans mon jardin il y a assez d’arbres et d’arbustes qui pour le moment entrent dans la « mort », mais qui renaîtront au printemps.

 

Bien sûr : nous ne sommes ni des arbres, ni des arbustes ; mais cette image du figuier nous invite à garder dans nos cœurs, envers et contre tout, une « fondamentale » ESPERANCE !

 

« VEILLEZ, ET PRIEZ » : cette Parole est comme une « porte ouverte » dans notre vie, du matin au soir et du soir au matin. Il nous l’a dite, cette Parole, avec une certaine angoisse dans sa voix, avec la peur que nous nous enfermions dans ce qui nous fait souffrir. Tous les Evangiles nous montrent la compassion de Jésus pour ceux qui souffrent d’une façon ou d’une autre. Rappelons-nous toujours cette rencontre avec Bartimée, l’aveugle, assis au bord de la route et qui crie « au secours ! » Et l’évangéliste dit : « JESUS S’ARRETE ! »… pour toi, pour moi et tous les autres !

PRIERE DU MOIS

Père très bon, 

au début de ce temps de l’Avent,

qui annonce et prépare

sa venue sur notre terre,

ton Fils Jésus nous invite

à « veiller et à prier ! »

Il nous rappelle que, jamais,

nous ne sommes seuls, abandonnés,

surtout pas au cœurs de nos souffrances

du corps ou du cœur.

S’il nous demande de « veiller toujours »,

c’est que toujours il est en éveil ;

s’il nous demande de prier

c’est que toujours il est à notre écoute.

« Je suis LA PORTE pour mes brebis »,

une PORTE toujours ouverte !

Que ton Esprit fasse grandir en nous

LA CONFIANCE en ton amour,

la force et le courage aussi,

de prier, de crier vers toi

quand le doute, le découragement

risque de nous enfermer sur nous-mêmes.

Grave dans mon esprit, dans mon cœur,

cette parabole du figuier :

« Dès que ses branches deviennent tendres,

disait Jésus,

et que sortent les feuilles

vous savez que l’été est proche ! »

Tu es là, avec nous, au cœur de notre vie,

pour garder vivante l’ESPERANCE.

Tu nous as dit par le prophète :

« Une maman peut-elle abandonner son enfant ?

Même si elle le pouvait,

MOI JE NE T’ABANDONNERAI JAMAIS ! » 

Merci, Père très bon !

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Novembre 2018

« Jésus s’arrête ! » (Saint Marc)

           

Vous ne m’en voudrez sans doute pas si je vous fais rencontrer ce mois-ci l’aveugle BARTIMEE : il me semble que ce n’est pas la première fois dans l’histoire de « Main dans la Main » qui a commencé en 1991. Entretemps j’ai acquis l’âge où l’on commence à radoter, à se répéter et davantage à oublier…

 

Mais comme Jésus sortait de Jéricho entouré d’une grande foule, le week-end du 27 au 28 octobre, et que l’aveugle Bartimée était de nouveau « assis au bord du chemin… et mendiait »…, j’ai pensé à vous.

 

(Entre parenthèse : dans la première lecture il est aussi question d’un aveugle en compagnie d’un boiteux, noyés au milieu de la foule qui revient de l’exil, et, par la voix du prophète Jérémie, Dieu leur fait savoir : « Je suis un père pour Israël, Ephraïm est mon fils aîné ! »)

 

Notre aveugle, lui, n’est pas dans la foule plutôt joyeuse qui entoure Jésus. Il est au fond quelqu’un « qui n’existe pas » ; il n’a pas de prénom : c’est le fils de Timée. Aveugle, il est tout juste bon pour être déposé au bord d’un chemin pour mendier. Pire : c’est un pécheur ! A propos d’un aveugle-né, les disciples de Jésus lui demanderont : « Qui a péché : ses parents ou lui-même !? » Sa réponse : « Ni lui, ni ses parents ! Mais pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui ! »

 

Quand Bartimée apprend que c’est Jésus qui passe, il se met à crier, plein d’espérance : « Fils de David, prends pitié de moi ! »


Et c’est le miracle : « JESUS S’ARRETE ! » Au cœur du brouhaha de la foule, il a entendu le cri de « celui-qui-n’existe-pas ! »

Un jour j’ai eu la chance (!) de célébrer la messe dans une Maison de repos située au bord d’une grand route où passe et repasse le flot des voitures, où passe et repasse la vie

 

Par cette « messe » Jésus S’EST ARRETE auprès de ces « vieilles » personnes – définitivement au bord fu chemin, au bord de la vie… ; dans un « mouroir », comme il leur arrive de dire…

 

Par sa PAROLE et surtout par son GESTE DU PAIN, il s’est approché de chacun, chacune pour se donner, pour lui donner SA VIE !

 

Voilà le miracle : Jésus s’arrête pour manifester l’amour de son Père pour chacun, chacune de nous. C’est ce que nous appelons « messe », ce mot passe-partout qui en réalité est RENCONTRE… entre vous et Lui. Car cet Evangile n’est pas une vieille histoire : c’est votre histoire : « IL EST LA AU CŒUR DE VIE, POUR VOUS FAIRE VIVRE ! »

 

Le dialogue entre l’aveugle Bartimée et Jésus peut paraître étonnant, ridicule :

-        « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

-        « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »

 

Evidemment !

 

            Mais il suffit de mettre l’accent sur le « TU » de la question, et le « JE » de la réponse. C’est un véritable bouleversement, une re-naissance pour le fils de Timée ; il faudrait le baptiser… et l’appeler… « Charles ».

 

-       « Bartimée, dis-moi un peu CE QUE TOI TU VEUX : quelle est TON espérance ? Jusqu’ici ce sont les autres qui « veulent » et décident à ta place ! » 


-       « Fais que JE vois : ce sont toujours les autres qui voient à ma place ! »

 

Par ce « Main dans la Main » aussi Jésus S’ARRETE… pour TE donner la main !

« VA, TA FOI T’A SAUVE ! »

 

Voici cette RENCONTRE entre Jésus et Bartimée, cet Evangile qui est Bonne Nouvelle pour tous ceux qui l’entendent, qui le lisent. Il a été mis par écrit pour TOI !

Pour toutes les personnes qui se sentent « sur le bord de la vie » à cause d’un handicap, de la maladie, de la vieillesse…, ou d’une rupture…

 

Il ne fera sans doute pas de miracle, du côté « du corps ou du cœur » mais IL EST LA QUAND NOUS CRIONS VERS LUI.

 

Evangile de Jésus Christ selon Saint Marc (10,46b-52)

 

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau,bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.


PRIERE DU MOIS

Père très bon,

je le reconnais : il y a des jours

où « j’ai difficile » à t’appeler « Père »,

à croire en ta bonté… pour MOI !

Ces jours-là je suis comme Bartimée :

je me sens « au bord du chemin »,

au bord de « la vie »

qui « passe et repasse » autour de MOI

aujourd’hui, demain, après-demain…,

mendiant d’un jour, mendiant toujours !

Que ton Esprit qui m’habite

me garde de m’enfermer sur moi-même,

dans ma désespérance…

Qu’il réveille en moi le cri de Bartimée :

« Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! »

Il doit m’entendre, me comprendre,

lui qui a connu le même détresse

là-haut sur la croix, quand il a crié :

« Père pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Que ton Esprit réveille en moi la confiance,

 et le courage de te dire comme lui :

« Père, entre tes mains je remets ma vie ! »

Qu’il ouvre mes yeux « aveugles »,

aveuglés par la douleur, la solitude,

pour reconnaître dans la présence

de toutes les personnes qui m’entourent,

qui me soignent et me visitent,

la présence de ton Fils

qui s’arrête pour me demander… à MOI

« Que veux-tu que je fasse pour TOI ? »

Qu’il réveille et augmente

en MOI et en nous tous

qui nous sentons « au bord du chemin »,

la foi en ton amour

de Père , de Fils et de Saint Esprit.

Amen.

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Octobre 2018

« Mystères lumineux. »           

Et si, en ce mois d’octobre, où la lumière se fait plus rare, le matin et le soir…, et si nous prenions la main de Marie pour accompagner son Fils dans quelques-uns de ses « mystères lumineux » !? En « ronronnant comme un chat-dans-sa-béatitude » une dizaine de chapelet, nous pourrions méditer ces « mystères » dont le pape Jean-Paul II nous a fait le cadeau.

Si vous avez l’habitude de la prière du chapelet, vous avez accompagné Jésus pendant son enfance, vous étiez avec lui depuis son agonie jusque sur la croix ; puis vous êtes ressuscité avec lui, vous l’avez vu monter au ciel et vous avez reçu le don de l’Esprit-Saint… Tout ce cheminement à la main de Marie, qui a rejoint son Fils dans son Assomption, et que nous aimons « couronner reine », elle qui s’appelait « la servante du Seigneur » et donc aussi « notre » servante…

Il y avait un trou, un grand et important trou dans ce cheminement : la « vie publique » de Jésus ! Qu’avait-il donc fait pour nous, pendant ces trois années que nous l’avons laissé vivre, parmi nous et pour nous ?

Si nous parlons de « mystères », il ne s’agit pas du tout de « secrets » ! Bien au contraire : si Dieu s’est fait homme en Jésus de Nazareth, c’est pour se révéler à nous, pour nous montrer « humainement » combien il nous aime, chacun, chacune, depuis notre naissance jusque dans notre mort, dans nos joies et dans nos souffrances… Mais puisque son amour est « divin », puisque c’est Dieu qui m’aime, « cela » dépasse mon entendement ! C’est tellement inattendu, immérité, transfigurant… en un mot…, tellement mystérieux : « qui que je sois, quoi que je fasse, 

quoi qu’il m’arrive !... JE SUIS AIME(E) par Dieu ! »

Proclamons ce mystère de la foi !


v    Marie nous emmène, pour commencer, au Jourdain, pour vivre le BAPTEME DE JESUS, son fils. Etonnant, même aux yeux de Jean-Baptiste : « C’est toi qui devrais me baptiser ! » Mais le plus important – pour nous – c’est que « l’Esprit Saint descendit sur lui comme une colombe, et une voix vint du ciel : « Tu es mon Fils, moi aujourd’hui je t’ai engendré ! » (Saint Luc)

Ils sont là tous les trois : le Père, le Fils et le Saint-Esprit… le DIEU D’AMOUR pour me dire à moi, à toi et à tous les autres que nous sommes ses enfants ! Que c’est lumineux ! Même pour ceux qui ne sont pas baptisés… (ou qui ne prient pas le chapelet) « Le Verbe s’est fait chair ! pour NOUS LES HOMMES et pour notre salut, il descendit du ciel ! »… Il n’y avait pas encore de chrétiens, des catholiques en ce temps-là… Méditez !...

 

v    Marie nous emmène avec elle à CANA : son fils a été invité à un mariage. Il va nous faire un premier SIGNE : changer 600 litres d’eau en vin de première qualité ! Oubliez les blagues, les moqueries que cet évènement a suscitées… Méditez sur le SIGNE : sous sa main, tout ce qui est humain devient divin ! Les Pères de l’Eglise d’Orient disaient que « Dieu s’est fait homme, pour que l’homme devienne Dieu ! »

Et si « l’humain » est malade, handicapé, vieilli…, il ne faut pas désespérer : Celui qui sait changer de l’eau en vin, sait aussi ressusciter des morts…

 

v    Cette Bonne Nouvelle, il fallait la faire connaître dans le monde entier. C’est pour cela, très vite, Jésus s’est choisi des disciples ; il les a instruits, formés pour les ENVOYER dans le monde entier avec cette MISSION : « De toutes les nations faites des disciples. »…des hommes qui acceptent de vivre « main-dans-la-main » !...

Nous sommes tous et toutes envoyés, jeunes ou vieux, en bonne santé ou malades… avec cette Bonne Nouvelle à communiquer à celui qui est à côté de nous :

« Jésus t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant, il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer ! » (le pape François)

 

v    Jésus dans le quatrième mystère nous emmène avec lui sur la montagne, en compagnie de Pierre, Jacques et Jean : c‘est le sommet !de ce pèlerinage lumineux :

« JESUS EST TRANSFIGURE ! »

            Pierre n’y a vu d’abord qu’un merveilleux spectacle et a voulu construire trois tentes pour le faire durer : une pour Jésus, une pour Moïse et une pour Elie qui étaient venus le rejoindre. Lui et ses compagnons étaient prêts à rester dans le froid et le vent : pourvu que ça dure !

            Mais ce n’était pas un spectacle…, mais la révélation de « notre avenir », à nous les hommes : nous sommes créés pour la TRANSFIGURATION, « l’eau » de notre vie d’enfants des hommes sera changée « en vin » de la vie des enfants de Dieu ! Qui que nous soyons, quoi qu’il nous arrive, quoi que nous ayons fait : c’est le sommet des « mystères lumineux » !

 

v    Pour que toute cette lumière nous illumine dès maintenant, pour la rendre présente jusqu’au cœur de notre vie, Jésus, avant d’entrer dans sa mort, nous a laissé le geste du pain et du vin, l’EUCHARISTIE. « Prenez et mangez, ceci est mon corps, prenez et buvez, ceci est mon sang » ! Carrément !

v     

« Tu es vraiment là

au cœur de nos vies

pour nous faire vivre ! »

 

            Le temps de la récitation d’un chapelet, à la main de Marie, nous redécouvrons ces « mystères » : le Baptême de Jésus, les Noces de Cana, l’envoi en mission des apôtres, la Transfiguration et le don de l’Eucharistie ; ils sont lumière dans notre Main-dans-la-Main avec notre Dieu ! 

PRIERE DU MOIS

Père,nous te rendons grâce

parce que tu as envoyé ton Fils

sur notre terre pour nous rejoindre

jusque dans notre quotidien.

Né de Marie de Nazareth,

il a vécu comme nous une vie d’homme,

l’enfance, l’adolescence…

Il a appris le métier de son père Joseph,

et pendant trente ans, il a été heureux

de partager les joies d’une vie de village.

Mais il a accepté aussi

de nous rejoindre dans nos souffrances,

il a connu la peur de la mort,

il a fini par mourir… pour nous !

Car il est venu apporter « la lumière »

là où notre vie se change en ténèbres !

par la maladie, les handicaps,

par la vieillesse… ou nos divisions…

En lui, tout ce qui est vraiment humain,

a reçu une dimension divine ;

enfants des hommes

nous sommes devenus tes enfants.

Et pour les jours noirs

où nous sommes découragés, désespérés,

il est venu pour nous préparer un avenir,

un avenir de lumière, de bonheur.

Oui, Père, nous te rendons grâce !

*          *          *          *          *          *          *

Marie, à toi aussi, nous te disons merci !

tu as mis au monde ton Fils

et tu l’as accompagné fidèlement

au cours de toute sa vie.

Mets dans nos cœurs ton courage de vivre,

et cette ESPERANCE

qui t’a fait tenir debout au pied de sa croix. Amen.

******************************

Septembre 2018

« A qui irions-nous ? » (Pierre)           

Oui, c’est la réponse de Saint Pierre à la question que Jésus posait à ses apôtres (et qu’il pose à nous aussi, au fond de notre cœur, « quand ça va mal ». Non ?) :

-        « Voulez-vous partir vous aussi ? »

-        « A qui irions-nous ? Tu as les Paroles de la vie éternelle ! »

 

Rendons-nous compte de ce que dit Pierre (qui pour nous est le premier pape !) : Ce Jésus peut nous donner la VIE ETERNELLE ! On a envie de dire : « Qui ne serait pas intéressé par cette Parole ? » Mais déjà ce jour-là, « beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de le suivre ! »

 

Revenons à cette journée historique, VITALE, pour toi, moi et tous les autres. C’est Saint Jean qui nous la raconte au chapitre 6 de son Evangile. 

Elle commence, cette journée, de façon spectaculaire. Jésus s’est retiré avec ses disciples dans la montagne…, mais la foule l’a suivi. C’est Jésus qui les a vu venir, et sa première réaction ?... non pas : « Je vais leur faire une belle homélie ! », mais « Où trouver du pain pour leur donner à manger !! » Ils sont 5000(!) hommes (Saint Mathieu ajoute : « sans compter les femmes et les enfants ») 

Il va les nourrir avec « cinq pains d’orge et deux poissons » ; et il en restera douze paniers !...

Est-ce étonnant qu’ils ont voulu en faire leur roi ?... étonnant que Jésus se soit sauvé devant eux ? Quand ils l’ont retrouvé, il a mis les « choses » au point :

« Vous me cherchez, non parce que vous avez vu des SIGNES, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans laVIE ETERNELLE ! » 

C’est déjà dur à entendre, pour des gens qui ne mangent pas tous les jours à leur faim !... 

Pauvre Jésus ! comment leur… nous faire comprendre cette Bonne Nouvelle de la VIE ETERNELLE ? Pauvre prêtre qui doit l’annoncer dans une Maison de repos, au pied du lit d’un(e)grand(e)malade ?... Où trouver les mots … ?

 

Ce jour-là, à Capharnaüm, il n’y est pas allé par quatre chemins !

« JE SUIS le pain de vie, descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ! » 

Plus fort encore : « Le pain que je donnerai, c’est MA CHAIR !... Celui qui mange ma chair et boit mon sang, A LA VIE ETERNELLE ; et moi je le ressusciterai au dernier jour ! »

 

« Cette parole est rude ! qui peut l’entendre ? » Est-ce étonnant que beaucoup de disciples aient cessé de la suivre ?... etque nos églises se vident ? surtout dans nos pays !


«LA VIE ETERNELLE »

*          *          *          *          *          *          *          *          *          *

            Restons au ras des mots : c’est une vie « qui dure toujours », même au-delà de la mort ; une vie qui n’a pas de fin ! Pour l’athée, elle n’existe tout simplement pas : la femme met au monde au-dessus d’une tombe ! l’enfant naît pour mourir ! il arrive même que des mères tuent leurs petits… pour les « libérer » de cette vie-ci…

                        Une vie éternelle, qui dure toujours, au ras des mots, fait naître la question : « Que va-t-on faire pendant tout ce temps-là ?... du matin au soir, du soir au matin ?... » Dire qu’il n’y a plus ni temps, ni espace…, c’est inimaginable, tant qu’on y vit (dans l’espace et le temps)…

            De toute façon, la VIE ETERNELLE, ce serait après la mort ! On verra bien !... 

            Mais non !!! 

            La « vie éternelle », c’est pour maintenant, c’est la « vie-que-nous-vivons » depuis la naissance et pour toujours ! C’est pour cela que le Fils de Dieu s’est fait homme (non pas chrétien, ni catholique), pour que « l’homme devienne Dieu » (disaient les Pères de l’Eglise) ; ou, si vous préférez : « enfants de Dieu ! » Saint Paul a dit aux païens athéniens : « C’est en Dieu- le Dieu révélé par Jésus – que « nous avons la vie, le mouvement et l’être » !

            Ce que confirme le chapitre 6 de Saint Jean sur le pain de vie, et qui reçoit une expression visible dans la Communion au pain eucharistique : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui ! » 

            Ce que nous confirme ce refrain « usé » que je ne cesserai jamais de vous répéter : « Tu es là au cœur de nos vies, et c’est toi qui nous fais vivre ! »…aujourd’hui, demain et pour les siècles des siècles !     

PRIERE DU MOIS

Père très bon, 

nous te rendons grâce pour Jésus,

pour ton Fils que tu nous as envoyé

pour vivre notre vie d’homme,

pour partager nos joies et nos souffrances,

partager même notre mort,

pour la vaincre,

afin que rien ne puisse nous séparer

ni de toi, Père,

ni les uns des autres.

En lui tu nous as confirmé

que « tout homme est une histoire sacrée »

créé à ton image, à ta ressemblance ;

qu’en lui, tout homme a un avenir,

que la mort n’est qu’un passage

pour aller te rejoindre,

et nous retrouver tous

dans un même amour, un même bonheur.

Il nous l’a dit :

« Je suis le vrai chemin vers la vie !

Dans la maison de mon Père

il y a beaucoup de demeures,

JE VAIS VOUS PREPARER UNE PLACE,

je veux que là où je suis,

vous soyez vous aussi ! »

Père très bon,

au cœur de mes souffrances,

que ces Paroles viennent me rejoindre,

me réconforter, d’un jour à l’autre ;

qu’elles me redisent ton amour de Père,

et enracinent dans mon cœur

une invincible ESPERANCE,

dans mon cœur et le cœur

de tous ceux qui souffrent comme moi ! 

Amen.

***************************

Août 2018

« Je me sens inutile ! »

N’est-elle pas terrible, cette parole, que l’on entend parfois, dans les maisons de repos, les cliniques ou à la maison quand le grand âge, un handicap ou la maladie vient clouer quelqu’un au lit, au fauteuil, renfermer dans une de ces « maisons » ? Je viens encore de l’entendre au téléphone : la voix d’une personne que j’ai connue qui « bougeait », active, dévouée…

Plus terrible encore quand elle dit : « Je me sens « de trop » ! »… quand elle devient la « vraie réalité » et que l’entourage, la famille… vous le fait sentir… ; quand l’argent s’en mêle…

En face de cette parole, on reste muet, j’ai envie de dire, en écho : « Je me sens impuissant ! » J’ai en mémoire le mot d’un évêque, je crois, qui écrivait : « En face de la souffrance, il vaudrait mieux se taire ! »

Se taire ???...ne plus « prêcher » aux funérailles ? rester « assis là », muet, sans exprimer au moins sa « com-passion », dire que l’on prend part ?...

Comme Dieu !

Le voici qui parle à Moïse, dans leur rencontre au buisson ardent :

« J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple, j’ai entendu ses cris de détresses : je suis descendu pour le délivrer ! »

Mieux : il a fini par envoyer son propre Fils : SA PAROLE S’EST FAITE CHAIR !

Voici un flash : un jour Jésus sort de Jéricho, entouré par une foule de gens. Un aveugle, Bartimée, est assis au bord de la route, pour mendier (sa seule « utilité ! »). Il se met à crier : « Jésus, Fils de David, prends pitié de moi ! » Au cœur du brouhaha de la foule, Jésus a entendu sa voix !

Jésus s’arrête !

Faites-le venir !

Que veux-TU que je fasse pour toi ? 

Fais que JE vois !

Retrouve la vue : ta foi t’a sauvé !

Bartimée, ne faudrait-il pas le nommer « patron des personnes qui se sentent inutiles ? »

Il s’appelle « Bar-Timée » : ce qui veut dire « fils de Timée » ! Il n’a même pas de prénom, il est un poids pour sa famille, et la question se pose : « Qui a péché : lui ou ses parents ? » Sa seule « utilité » : mendier l’aide des passants…

Vous me direz : « Quel chançard ! Jésus lui a rendu la vue ! Moi, il ne va pas me guérir, me rajeunir !... »

Mais le vrai miracle n’est pas là, mais dans le fait QUE JESUS S’ARRETE ! Il est entouré de « fans », il n’a nul besoin de ce « pauvre type ». Mais il a entendu sa voix, et il n’y a plus que lui qui compte ! Pour Jésus, il est QUELQU’UN, il est UNIQUE !

« Dis-moi, un peu, ce que TOI TU VEUX ! Jusqu’ici ce sont toujours les autres décident à ta place ! »

« Fais que JE vois. Jusqu’ici, ce sont toujours les autres qui voient, qui regardent à ma place ! »

« Ce qui te sauve c’est que tu crois en toi-même, que tu prennes confiance en toi-même ! »

Un jour j’ai pu célébrer l’Eucharistie à LA TONNELLE, une maison de repos au bord de la route entre Hannut et Landen, et de l’autoroute, avec le récit de cette rencontre entre Jésus et Bartimée : Jésus s’est arrêté dans le quotidien de « ces gens qui parfois sont tentés de se sentir inutiles ».


« Des profondeurs je crie vers toi… » 
* * * * * * * * *
… comme Bartimée, quand je me sens « inutile ».

… comme Jésus, là-haut sur la croix : « Père pourquoi m’as-tu abandonné ? » Il a parcouru son pays en faisant du bien ; et voilà que tout s’arrête, brutalement… « Père, entre tes mains je remets mon esprit ! »

« Je suis là au cœur de ta vie… même quand tu te sens « inutile » - je connais cela : ils m’ont cloué sur une croix – je suis là pour te faire vivre ! »

Il nous fait vivre, en nous rappelant que notre vie ne se réduit pas à cette « inutilité ». La voix au téléphone a derrière elle plus de nonante années de générosité, de dévouement, de partage…

« Quiconque donne à boire, ne serait-ce qu’un verre d’eau fraîche à l’un de ces petits, je vous le déclare, il ne perdra pas sa récompense ! » a dit Jésus. La croix n’occupe pas toute la place dans notre cœur…

Sa croix, en réalité, ouvre pour nous un avenir de paix et de joie, et le temps des retrouvailles !

« Pour nous les hommes et pour notre salut – pour notre avenir – il descendit du ciel… », il descendit jusqu’au fond de nos solitudes, de notre « inutilité ». Mais c’était pour ressusciter et revenir nous rejoindre pour nous dire : « La Paix soit avec vous… avec toi ! »

« Main dans la main » n’est pas le simple en-tête de ce feuillet mensuel, il est l’expression de notre réalité profonde. Il faudrait l’écrire
« Ma main dans TA MAIN » !

Ma main dans la main de Dieu, depuis ma naissance et pour toujours. Je peux comprendre les non-croyants qui nous disent parfois : « Vous avez de la chance de croire ! »

Je n’ose pas écrire le mot affreux, décourageant dont on désigne parfois les Maisons de repos ; elles sont en réalité les « antichambres » de la vraie vie ! Avant d’être crucifié, il nous a dit : « Confiance ! je suis le chemin, la vérité et la vie ! »
PRIERE DU MOIS 
Père très bon, 

Merci de nous avoir envoyé ton Fils,
pour nous rencontrer, nous les hommes,
dans nos heures de joies,
mais aussi dans nos heures de souffrances.
Par ses paroles et ses gestes de guérison,
il nous a révélé ta « com-passion » : 
quand nous souffrons,
tu souffres avec nous ;
quand je me sens seul, abandonné,
tu es quand même là,
présent avec tout ton amour.
« Je serai là, avec vous, nous a-t-il dit,
tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »
Père, augmente en moi, en nous,
la foi en cette Parole.
Surtout en ces moments de découragement,
où je me sens « inutile »… « de trop »,
où j’aimerais autant
que tu me prennes auprès de toi !
Qu’en ces heures de solitude
ton Esprit, que tu nous a donné,
réveille en nous le courage de vivre,
le courage de me sentir solidaire
avec ton Fils, cloué sur la croix,
« pour nous les hommes et notre salut »… 
et avec lui, solidaire avec tous ceux
qui souffrent comme moi,
et peut-être plus que moi…
Surtout, Père, garde vivante dans nos cœurs,
l’ESPERANCE !... Cette certitude de foi 
que tous, nous sommes en route
vers un avenir de lumière et de paix !

Amen. 




Juillet 2018

« Passons sur l’autre rive ! »   (Jésus)

Le onzième dimanche après Pâques, Jésus est venu « s’embarquer » dans notre vie. Vous trouverez le récit de cet « embarquement » à l’intérieur – comme au cœur – de ce Main dans la Main. Cette Bonne Nouvelle nous a fait chanter, bien sûr :

« Tu es là au cœur de nos vies,

et c’est toi qui nous fais vivre ! »

Nous étions presqu’une centaine de pèlerins près d’une « Grotte de Lourdes » dans une de nos communautés. Et le signe concret de sa présence dans notre « barque » c’était le sacrement des malades…

Ce petit Evangile est à l’image de notre vie humaine concrète, et de notre vie de foi. Naître dans ce monde, c’est « s’embarquer », monter dans la barque-de-la-vie pour la traversée « vers l’autre rive ». Vivre sur cette terre, notre vie, ce n’est pas marcher sur une route asphaltée, bétonnée…, mais « voguer sur l’eau d’un lac », avec des temps d’accalmie, de bonheur…, et des temps de tempêtes, de peur, d’angoisse. La maladie, la vieillesse – et je sais de plus en plus de quoi je parle – sont plutôt du côté de « la tempête » !

Dans ce que nous appelons les « Maisons de repos », celui-ci est plutôt forcé, après une longue vie active ; le repos du corps, qui n’en peut plus, mais non pas de l’esprit, du cœur, qui connaît des moments d’incompréhension, de révolte… Et ce qui est vrai de la vieillesse, est vrai aussi de la maladie, d’un handicap, d’un accident… qui vient interrompre la traversée paisible de la vie…

Avec cette impression que « Jésus dort sur son coussin à l’arrière de notre barque » ! L’Evangile répond à cette impression : « Ils emmenèrent Jésus comme il était dans la barque ! » IL EST LÀ avec nous, du matin au soir, et du soir au matin ; il est « descendu du ciel » pour nous rejoindre jusque dans « nos enfers » !

S’il dort ce jour-là, c’est qu’il est vraiment fatigué à cause de l’engagement envers ceux qui souffrent d’une façon ou d’une autre…

S’il dort, c’est qu’il nous fait confiance, à nous les hommes ; il nous laisse vivre librement notre vie : il se dit, qu’avec nous, il ne risque rien, nous qu’il appelle non plus « serviteurs », mais « amis ». Il sait qu’un ami, nous pouvons le réveiller quand nous voulons !

Un ami, un vrai, …reste fidèle même au cœur des tempêtes. C’est ce que se disent les fiancés, le jour de leur mariage :

« Je promets de rester fidèle, dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour t’aimer tous les jours de la vie ! »

Je sais que c’est facile à écrire…, et à dire ; mais parfois (souvent ?) difficile à vivre, d’un jour à l’autre, d’une nuit à l’autre, d’une année à l’autre…

Mais ce qui est sûr, c’est que Jésus a vécu sa fidélité jusqu’au bout, jusqu’au don de sa vie, fidèle à sa Parole : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ! » IL EST LÀ dans la barque de notre vie, pour nous emmener, avec lui « sur l’autre rive ! »

« Maître, cela ne te fait rien ? » 
(nous, les disciples)
* * * * * * * * *
Toute la journée,
Jésus avait parlé à la foule.
Le soir venu, Jésus dit à ses disciples :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, 
comme il était,
dans la barque,
et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière.
Les disciples le réveillent et lui disent :
« Maître, nous sommes perdus ;
cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? »
PRIERE DU MOIS 
Père très bon, 
du temps de l’esclavage de ton peuple en Egypte,
« tu as entendu son cri,
tu as vu sa misère »,
et tu as envoyé ton serviteur Moïse
pour le délivrer.
Tu es un Dieu de compassion et d’amour,
d’un amour tellement compatissant
que tu as envoyé ton propre Fils !
Il a connu notre joie de vivre,
il a aimé avec un cœur humain ;
mais il a entendu aussi les cris
de ceux qui souffraient,
il a vu la misère des opprimés, des exclus,
et IL S’EST ARRETE
pour un aveugle, un lépreux, un paralytique,
pour le guérir et le renvoyer
à cette joie de vivre…
En lui, tu nous as révélé ta présence 
auprès de chacun, chacune de nous. 
Père très bon,
fais grandir ma foi en ta présence,
surtout à cette heure
qui peut durer des heures,
où je me sens abandonné(e)
comme ton Fils, là-haut sur la croix.
Que ton Esprit réveille en nous
cette foi qu’IL EST LA
« embarqué » une fois pour toutes
dans nos vies, dans notre quotidien
pour nous consoler et nous réconforter
et garder vivante en nous l’espérance,
que nous sommes en route
quoiqu’il arrive,
« vers cette autre rive ! » Amen. 

Juin 2018

Vous rappelez-vous le message du mois de mai ?

« Je suis…, j’existe…, je suis là pour toi !... qui que tu sois, quoi qu’il t’arrive, quoi que tu fasses : JE SUIS LA ! »

Le « médaillon », en tête de cette page, je viens de le recevoir en cadeau, un petit chef d’œuvre d’un artisan du bois.

Je pense que beaucoup d’entre vous – à la maison, en clinique, en maison de repos – n’ont pas pu vivre « liturgiquement » cette présence de Dieu, à travers les Fêtes qui viennent de s’égrener au cours de ce joli mois. Or ces Fêtes proclament cette présence « au cœur de nos vies ! »

Quand nous regardons Jésus, au cours de la trentaine d’années de vie que nous l’avons laissé vivre parmi nous les hommes, nous le trouvons, non pas surtout à Jérusalem, du côté du Temple ou du palais royal…, mais bien dans un « bled » d’une province assez malfamée, y vivant une simple vie de famille et d’ouvrier ; puis, dans « sa vie publique », c’est du côté des pauvres, des malades, des exclus… que nous le rencontrons le plus souvent…

Or, pour « être présent au cœur de « nos » vies, deux mille ans après, il fallait qu’il parte. Il l’a dit lui-même.

« C’est votre avantage que je m’en aille, en effet, si je ne pars pas, l’Esprit ne viendra pas à vous…, pour vous conduire vers la vérité toute entière. »

Le jeudi 10 mai, nous avons donc fêté son départ ; mais moins de quinze jours après, le dimanche 20 mai, sa promesse s’est réalisée : l’Esprit est venu et il est définitivement là, non pas « sur » nous, mais « en » nous ! Nous pouvons lui chanter le même refrain :

« Tu es là au cœur de nos vies,

et c’est toi qui nous fais vivre…

bien vivant, O SAINT ESPRIT ! »

Il faut reconnaître que nous n’avons pas grandi, nous « les vieux » avec le Saint Esprit ; il était plutôt de ceux que l’on a appelé « l’EGLISE ». Pour nous il se contentait d’être « la troisième personne de la Sainte Trinité » du catéchisme…

Il est vrai aussi que l’Esprit est discret, insaisissable, inimaginable ; Jésus le comparait au vent :

« Le vent souffle OU IL VEUT, et TU entends sa voix, mais TU ne sais pas d’où il vient, ni où il va. Ainsi en est-il de QUICONQUE qui est né de l’Esprit ! »

« QUICONQUE! » c’est chacun, chacune de vous… qui lisez cette Parole de Jésus. Vous n’êtes jamais seul(e), du matin au soir, du soir au matin. Pour toi, moi et tous les autres, le PERE est allé jusqu’à nous donner son FILS, qui, lui, nous donne son ESPRIT !

Nous venons de célébrer et la Pentecôte et la Fête de la Sainte Trinité. Ce qui est sûr, c’est un bon Esprit qui nous est donné. Le « vent », lui, peut se faire, tempête, ouragan, cyclone… Pas le Saint Esprit : il SE VIT, il fait vivre, il rend heureux… Pensons à une famille, une équipe, un lieu de travail,… où règne un « bon esprit »…

Et le « gros mot » de TRINITE, te dit tout simplement : 

« TU ES AIME(E) ! »

 « Prenez et mangez…

prenez et buvez ! » (Jésus)

Allons « liturgiquement » plus loin ; entrons au mois de juin. Le premier dimanche de ce mois, nous célébrons « LE CORPS ET LE SANG de Jésus », la FETE-DIEU.

(Entre parenthèse (belge) : L’origine de cette Fête remonte au XIIIème siècle. Une religieuse de Liège, Julienne de Cornillon (1192-1258), en a eu l’intuition après avoir eu la vision d’une lune incomplète. Elle y reconnaît l’Eglise, à laquelle il manque selon elle une fête pour célébrer le corps et le sang de Jésus)

Je me demande si Jésus lui-même n’était pas à l’origine de cette vision. Lui, « le Verbe qui s’est fait chair », lui qui s’est fait homme a fait l’expérience de la symbolique des « repas de famille ». Ce moment qui rassemble ses membres dispersés, qui renforce les liens entre eux, et refait les forces pour repartir vers la tâche d’un chacun… ; qui, si l’esprit est bon, est source de joie !

Jésus savait, par expérience, que nous avons besoin de SIGNES pour nous apprivoiser, « créer des liens ».

« Regarde ! dit le renard. Tu vois là-bas les champs de blé ? Je ne mange pas le pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé… ! »

Il nous donne son ESPRIT, mais qui est « comme le vent… » ; tandis que le pain et le vin, nous pouvons le prendre en main, le manger et le boire ! Un geste de COMMUNION (uni  union  communion !) qui dit bien « qu’IL EST LA au cœur de nos vies pour nous faire vivre ! »

Est-ce étonnant que le vendredi 8 juin, dans le monde entier, nous dirons, nous chanterons que Jésus a vraiment pour nous un SACRE CŒUR !

PRIERE DU MOIS 
Père très bon, 
nous te rendons grâce de tout cœur,
parce que tu nous a révélé
par la venue de ton Fils
et par le don de ton Esprit,
que ta « TOUTE PUISSANCE »
est celle de ton amour,
de ton cœur de Père !
Tu as envoyé ton ange Gabriel,
pour nous annoncer cette Bonne Nouvelle.
A Zacharie, au temple,
à Marie, dans sa maison à Nazareth,
il a commencé par dire :
« Sois sans crainte, Zacharie,
sois sans crainte, Marie ! »
Ton Fils n’est pas venu nous menacer d’enfer, 
mais pour nous en libérer.
Là-haut sur la croix il t’a demandé 
de pardonner à ceux qui le crucifiaient,
et il emmener avec lui le « bon larron »
qui lui demandait de se souvenir
dans son Royaume…
« C’est alors que nous étions pécheurs,
nous a dit Saint Paul,
que tu as envoyé ton Fils ! »
Nous pouvons vraiment t’appeler « Père »
et chasser de nos cœurs toute peur.
Mais « ne nous laisse pas entrer en tentation »,
la tentation de l’indifférence, de laisser-aller.
Que ton Esprit qui nous habite,
nous anime à répondre à ton amour par notre amour
à l’exemple de Zacharie et de Marie, 
et ainsi nous faire vivre la joie de chanter :
« Mon âme exalte le Seigneur, exulte
mon cœur en Dieu, mon Sauveur ! »       Amen. 


Mai 2018

“JE SUIS… le bon Pasteur ! » (Jésus)

* * * * * * * * * *    *    *    *    *    *    *    *    *    *

« Je suis…, j’existe…, je suis là pour toi !... qui que tu sois, quoi qu’il t’arrive, quoi que tu fasses : JE SUIS LA ! »

Dès le début de son Evangile, Saint Jean nous dit : « LE VERBE S’EST FAIT CHAIR ! »… ce que nous avons chanté pendant des siècles en latin :

« ET HOMO FACTUS EST »

Il s’est fait homme…

Il s’est fait homme pour nous rejoindre dans tout ce que nous vivons, nos joies et nos souffrances, et – sans pécher lui-même – jusqu’au cœur de notre péché… pour le pardonner.

« Je suis…, j’existe vraiment…, je suis là pour toi ! »

Une Parole à répéter, quand vous vous sentez seul(e), abandonné, comme lui, là-haut sur la croix ; il s’est accroché au mot « Père » !... pourquoi m’as-tu abandonné ? » Le Père ne l’avait pas abandonné, mais, par amour pour nous, il a voulu qu’il nous rejoigne jusqu’au cœur de nos solitudes, de nos désespoirs, de notre mort…

… pour nous dire cet autre « JE SUIS…, je suis là :

« Je suis le chemin, la vérité et la vie !... là où tu crois être dans une impasse, buter contre un mur : je suis là ! »

Et même si nous, nous fermons « définitivement » la porte… « J’ai prié, j’ai prié, j’ai prié…, mais « ça » n’a pas changé ! »

Sa Parole, non plus, ne change pas : « Je me tiens à ta porte, et je frappe ; si tu m’ouvres, j’entre et je prends mon repas avec toi ! »

Certain(e)s d’entre vous me diraient sans doute que je les « assomme » avec ces belles Paroles, cette « certitude de foi », que même je les « culpabilise »… Si vous êtes cloué à votre fauteuil, à votre lit, si une maladie, un handicap vous fait souffrir quotidiennement, vous isole…, je pourrais bien comprendre que vous me disiez : « Arrêtez votre bavardage !... il me fait plus de mal que de bien !... »

Mais ces Paroles, il les a dites, lui Jésus, quand il est venu nous rejoindre, nous les hommes, au cœur de toutes nos souffrances.

« Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos ! »

Notre Dieu n’est pas Celui du vieux catéchisme qui posait la question aux enfants de quatrième primaire : « Qu’est-ce que Dieu ? (= Dieu c’est quoi ?) »

« Dieu est un pur esprit, infiniment parfait, Créateur et souverain Maître du ciel et de la terre, origine et fin de toutes choses ! »

Ce « pur esprit » a envoyé son propre Fils pour se faire proche de nous. Et en ces dimanches de Pâques, celui-ci nous a redit – et cela dans le monde entier : « Je suis le bon Pasteur, la vigne… » et j’y ai ajouté les autres « JE SUIS … la lumière, le pain de vie, le chemin, la vérité, la vie, la porte, la RESURRECTION !... »

Voilà Celui qui frappe à votre porte, et qui aimerait tant que vous le laissiez entrer…, pour un « Main dans la main » réconfortant !


« Je suis là… pour TOI ! » (Jésus)

* * * * * * * * *    *    *    *    *    *    *

Si tu le laisses entrer, il te dira aussi : « Toi, tu es là…, tu existes pour moi et pour les autres !... même si « tu es cloué à ton fauteuil, à ton lit, si une maladie, un handicap te fait souffrir quotidiennement, t’isole… » : « Tu es là pour moi et pour les autres ! »

Qui n’a pas fait l’expérience, en allant visiter un(e) « malade » d’être accueilli par un beau sourire et un joyeux : « Comment ça va ? » Et nous voilà piégé, « condamné » à donner de « nos » nouvelles, bonnes et mauvaises, réconforté, consolé par le « malade » que nous visitons. Et ça nous fait du bien ! … non !?

Et ça lui fait du bien !... non !?... de pouvoir faire du bien ; d’être « bon pasteur » pour nous « la brebis » qui venons le visiter, nous greffer, le temps d’une visite, sur lui comme un sarment sur « une vigne » ; le malade devient « lumière », nous montre par son optimisme qu’il y a toujours « un chemin », une « porte » ouverte sur un avenir, une possible « résurrection »…

La plus grande souffrance – surtout dans les maisons de repos – ce n’est pas la vieillesse, la maladie, le handicap… ; mais de se sentir inutile, de trop, après, la plupart du temps, une vie pleine de services et de liens d’amitié.

Heureux-ses les malades qui, au cœur de leur souffrance restent optimistes, parviennent à sauvegarder la générosité de leur cœur, le courage du sourire et de la compassion…

Heureux-ses les malades qui puisent dans leur foi l’assurance qu’ils sont aimé(e)s par ce Père qui a envoyé son Fils pour nous rejoindre, justement, dans nos souffrances et jusque dans notre mort.

« Je suis là pour toi… et toi, tu es là pour moi ! »

PRIERE DU MOIS 
Père très bon, 
je te rends grâce, avec tous les autres,
de nous avoir envoyé ton Fils
pour nous révéler ton amour, 
ton amour de « Dieu le Père »
pour nous tes enfants !
Saint Jean, dans le monde entier,
dans presque toutes les langues de la terre,
vient de nous redire cette Bonne Nouvelle :
« Bien-aimés,
voyez quel grand amour
nous a donné le Père
pour que nous soyons appelés enfants de Dieu
- ET NOUS LE SOMMES ! »
Là-haut sur la croix,
quand il n’en pouvait plus de souffrir, 
il a crié : « Père ! »
Que ton Esprit d’amour que tu nous as donné,
à moi et à tous les autres,
nous anime à pousser vers toi
ce même cri : « Père ! »
quand « nous n’en pouvons plus de souffrir »,
quand le temps me semble long…
quand je vois que mes proches
souffrent de ma souffrance…
quand…
Oui ! que ton Esprit réveille en nous
toutes ces paraboles, ces images
que ton Fils nous a données
pour nous dire, à moi et à tous les autres, 
« que TU ES…, que TU EXISTES vraiment,
que TU ES LA pour chacun(e) de nous ! »
Amen. 


Avril 2018

“Il est ressuscité !!! »

* * * * * * * * * *

Ça change tout, radicalement (à la racine de notre être), sur terre et dans le ciel ! Il suffit de le croire !

« Nous sommes ressuscités ! » (St Paul)

C’est dit d’une façon abrupte, brutale (si vous voulez) !... moi, c’est voulu !... en face de tous ces doutes-sans-réflexion, ces haussements d’épaules devant « ces histoires de curés », ces histoires à dormir debout…, surtout dans notre occident « chrétien » qui a annoncé cette Bonne Nouvelle inouïe dans le monde entier, et qui a tendance à la ranger maintenant dans un tiroir, au fond du grenier. C’est tellement facile « de ne plus croire » ; il suffit de le « dire » à son voisin, sa voisine…, à monsieur le curé. Y croire, c’est une autre affaire : il faut en « vivre » dans le quotidien…, mais c’est pour la joie, une merveilleuse espérance, plus forte que la mort ! (point d’exclamation… qui vient du fond du cœur).

La Parole est claire, simple, directe :

« Pour nous (« tous ») les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel…, et s’est fait homme. Crucifié sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau ; il ressuscita le troisième jour… et il remonta au ciel ! »

Pour nous les hommes, toi, moi et tous les autres ! Il suffit de le croire !

Si non, me voilà « condamné à mort » ! (point d’exclamation) ; ma mère m’aura « mis au monde au-dessus d’une tombe », comme l’a dit l’athée ; ou alors je survis « dans les arbres, les feuillages, les rivières… » ou dans les souvenirs…, qui finiront par s’estomper, par mourir… Voilà (ou d’autres variantes) ce qu’ils croient, les hommes qui ne croient pas que Jésus est ressuscité !

Pourquoi je crois, moi ? C’est parce que j’ai eu la chance de naître et de grandir dans cette foi, et que je n’ai pas encore eu de doutes : grâce à Dieu !

C’est parce qu’il m’a été donné de devenir prêtre, avec cette tâche fondamentale, merveilleuse d’annoncer aux gens QU’IL EST RESSUSCITE !

Depuis plus de cinquante ans ils viennent chez moi avec leurs défunt(e)s et un choix de Paroles non-bibliques « qui font parler » celui, celle qui vient de les quitter…

Avec des Paroles bibliques du Ressuscité comme celle-ci : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ! » Là où la mort apparaît comme une impasse, comme un mur, il y a un chemin, et C’EST QUELQU’UN qui est passé par là et qui nous prend par la main.

Pour aller où ? « Vers la maison de mon Père où il y a beaucoup de demeures ». Cette maison du Père, ce n’est pas un grand bâtiment : c’est là, qu’enfin et définitivement JE SERAI CHEZ MOI !... et toi aussi et tous les autres. Car, il l’a dit, avant de partir : « Je vais vous préparer une place ! » à chacun(e)… pour les retrouvailles : « Je veux que là où je suis, vous soyez vous aussi ! »

C’est la logique, la grâce du MAIN DANS LA MAIN avec notre Père, qui s’est révélé en Jésus Christ.

Il suffit de le croire !

  

 « Je suis ressuscité ! »

* * * * * * * * *

Saint Paul vient de le redire dans le monde entier, dans presque toutes les langues de la terre :

« Vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu… si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en-haut ! »

Paul n’a pas connu Jésus de Nazareth, en chair et en os, il n’a rencontré que le RESSUSCITE. Ce qui lui a fait dire : « Si le Christ n’est pas ressuscité, nous sommes les plus à plaindre des hommes ! » Ce qui, 2000 ans après, fait un tas de gens à plaindre !... La multitude des autres est-elle heureuse pour autant ?... Saint Paul a aimé utiliser le « PASSE COMPOSE » de conjugaison, qui sont en fait des « PRESENTS » (des « cadeaux » actuels).

En voici un de ces cadeaux. Je me suis permis de changer les « nous » en « tu », pour un main-dans-la-main personnel.

« A cause du grand amour dont IL T’A AIME(E), tu étais mort(e) par suite de tes fautes, IL T’A DONNE LA VIE AVEC LE CHRIST » !

« C’est par grâce QUE TU ES SAUVE(E). Avec lui TU ES RESSUSCITE(E) et IL T’A FAIT SIEGER AUX CIEUX, dans le Christ Jésus ! »

« C’est bien par grâce que TU ES SAUVE(E) !...

… par le moyen DE TA FOI ! »

IL SUFFIT DE CROIRE !!!

« Cela ne vient pas de toi : C’EST LE DON DE DIEU ! »

« CELA NE VIENT PAS DE TES ACTES : personne ne peut en tirer orgueil » !

PRIERE DU MOIS 
Père très bon, 
avec toutes les personnes
hommes, femmes et enfants
qui dans le monde entier
ont célébré dans une grande joie
la Résurrection de ton Fils Jésus,
je te rends grâce de tout mon cœur !
Même si dans le quotidien de ma vie,
je suis encore en route
sur « mon chemin de croix »,
oui…, je te rends grâce :
parce que tu as ressuscité ton Fils
qui lui aussi a crié vers toi
au cœur de ses souffrances, de sa solitude…,
tu as mis dans ma vie
une grande ESPERANCE,
cette « certitude de foi »
qu’au cœur de mon cheminement,
 il y a cette LUMIERE de Résurrection :
que le Ressuscité est là au cœur de ma vie
pour me faire vivre,
me faire vivre moi et tous les autres
même ceux qui ne te connaissent pas,
qui ne croient pas ou plus en Lui…
Il continue à nous dire :
« Venez à moi vous qui peinez
sous le poids du fardeau
et moi, je vous procurerai le repos ! » 
Père, que ton Esprit, répandu dans l’univers,
qui est présent en tout homme,
fasse grandir cette ESPERANCE
dont notre monde a tant besoin,
ce « main-dans-la-main »,
pour lui donner un avenir…,
toi qui nous aimes pour les siècles des siècles. Amen. 


Mars 2018

“La quatrième tentation ! »

* * * * * * * * * *    *    *

Nous sommes donc en route, avec Jésus, vers Jérusalem. C’est la route de l’amour, du « don de la vie » pour lui et pour nous.

« Tu aimeras ton Dieu,

Ton prochain et toi-même ! »

Le Mercredi des cendres Jésus nous a donné les « recettes » de cet amour :

« Jeûner : j’ai faim de toi…

   Prier : je te parle, je t’écoute

   Faire l’aumône : je partage tout avec toi. »

C’est avec ce programme qu’il nous a emmené avec lui au désert, où le diable (celui qui met la division entre nous) a tout essayé pour nous détourner du chemin vers… les autres.

« Tu as faim et tu sais faire des miracles ! Change donc ces pierres en pain ! »

« Tu peux compter sur la protection des anges ! Jette-toi en bas du temple ! On t’applaudira ! »

« Si tu mets genoux à terre, je te donne toutes les richesses de ce monde ! »

Jésus a résisté, par amour pour son Père, par amour pour nous, parce qu’il nous a dit que nous pouvons appeler son Père : « Notre Père » ! »

Mais Jésus n’a pas connu la « quatrième tentation ». Il est mort trop jeune, et de son temps la moyenne d’âge était de 25 à 40 ans. A part Syméon et Anne, lors de sa Présentation au Temple, il ne semble pas avoir rencontré beaucoup de « vieux et de vieilles ».

C’est lors des célébrations eucharistiques dans les Maisons de repos que j’ai découvert cette « quatrième tentation » : celle des personnes âgées, dans de grosses maisons, avec un minimum de personnel.

La tentation de ne plus se sentir « aimable », au point de ne plus s’aimer soi-même ; d’être inutile, d’être de trop… ; de n’avoir d’autre avenir que la mort…

Que leur répondre ? comment les réconforter ? Qu’aurait fait Jésus ? Comment les aurait-il consolés ?...

Le dimanche avant le Temps du Carême, Jésus a été interpelé par un lépreux : « Si tu veux, tu peux me purifier ! » Saint Marc écrit :

« Jésus, saisi de compassion, étendit la main, et le toucha !... et dit : « Je le veux, sois purifié ! »

Mais pouvait-il guérir tous les lépreux, tous les aveugles, tous les paralytiques ? … En tous cas, cette rencontre avec le lépreux révèle la compassion de Dieu (« je souffre avec vous ! ») pour tous ceux qui souffrent.

« JE SUIS AIME ! » que je sois malade, vieux ! vieille !..., pécheur…, « JE SUIS AIME » !

Un jour, après une soirée de guérisons, dans la maison de Pierre à Capharnaüm, Jésus s’est retiré dans un endroit désert pour prier. Pierre s’est mis à sa recherche, pour d’autres malades qui l’attendaient. Jésus lui a dit : « Allons ailleurs, allons dans les villes et les villages annoncer la Bonne Nouvelle : car C’EST POUR CELA QUE JE SUIS SORTI ! »

Non pas pour guérir tous les malades, supprimer le mal qui leur arrive, le mal qu’ils font… mais pour leur dire et leur redire que mon Père les aime et compatit à leurs souffrances, envers et contre tout.

« Il étendit la main et le toucha ! »

En Jésus le « Main dans la Main » avec notre Dieu « s’est fait chair ! »

 « Il fut transfiguré devant eux ! »

* * * * * * * * *    *    *    *    *    *    *

Nous, nous vivons toujours dans ce « désert », nous y passons toute notre vie, en lutte aux tentations du « diable » qui veut briser le « Main dans la Main » entre nous et avec Dieu. Et comme les « Syméon et les Anne » se multiplient et deviennent de plus en plus âgés, la « quatrième tentation » se multiplie en même temps. Le « monde », pour y mettre fin, propose l’euthanasie…

Jésus, en revenant du désert, où il a résisté au diable en restant fidèle à son Père, nous a emmené avec lui là-haut sur la montagne. 

       « Il fut transfiguré devant… nous ! » écrit Saint Marc.

De plus Moïse et Elie sont venus pour s’entretenir avec lui. Moïse qui avait libéré le peuple de l’esclavage en Egypte, Elie qui avait bataillé pour sa fidélité en face du paganisme de la reine Jezabel…

Pierre croit assister à un beau spectacle « sons et lumières » ; il voudrait que ça dure et est prêt à dresser trois tentes…

Mais en se montrant « transfiguré » et en conversation avec Moïse et Elie qui étaient morts depuis longtemps, Jésus nous a annoncé « sa résurrection des morts »… pour nous les hommes et pour notre salut. Il a triomphé aussi de la « quatrième tentation ». Les maisons de repos ne sont pas des « mouroirs », mais l’antichambre du main-dans-la-main définitif avec Dieu, la vieillesse n’est pas la fin de la vie mais le cheminement – long et pénible parfois…, souvent ? – vers la transfiguration !

Le vieux Syméon a pris l’enfant dans ses bras et a dit :

« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole, car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples… » !

PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 
tu as envoyé ton Fils sur notre terre
pour nous révéler ton amour,
qui se fait compassion pour tous ceux qui souffrent.
Je crois à cette Bonne Nouvelle, 
je veux y croire de tout mon cœur.
Mais il y a des jours, Père,
où je me sens abandonné(e),
des jours où ma souffrance prend le dessus…
Et comme ton Fils, là-haut sur la croix,
j’ai envie de crier :
« Père, pourquooi m’as-tu abandonné(e) ? » 
…des jours où je suis trop « malade »
pour prier, où les mots me manquent
pour t’appeler à mon secours…
Et pourtant nous avons entendu parler
de toutes ces rencontres de ton Fils
avec les malades de son temps,
de ses paroles et de ses gestes
pour réconforter ceux qui se sentaient
exclus, découragés, abandonnés…
Que ton Esprit Saint
que tu as répandu sur toute la terre,
et dans nos cœurs,
continue à crier en nous « abba, Père ! »
qu’il réveille en nous l’espérance
et la certitude de foi, que jamais tu ne nous abandonnes.
Qu’il nous anime, nous encourage,
aux heures les plus noires de notre vie,
à prendre la main de ton Fils,
et que ce main-dans-la-main
me « transfigure »,
me ramène vers la lumière,
moi et tous ceux qui, comme moi,
connaissent des heures de ténèbres. Amen. 

Février 2018

« Tu n’es jamais seul !... jamais ! »

* * * * * * * * * *    *    *    *    *    *    *

Comme chaque année, nous allons « entrer en carême »…, être invités à « faire crème », à participer au « carême de partage ». Le premier mercredi de ce TEMPS SACRE va nous rappeler – froidement ? – que « nous sommes poussière et que nous retournerons en poussière ! » (au fond de nous-mêmes, nous le savons bien…)

Mais ce TEMPS (6 semaines) est surtout SACRE, parce qu’il se propose à nous chaque année comme le temps d’un MAIN DANS LA MAIN réconfortant, vivifiant… ; et « Dieu sait ! » que nous en avons besoin…

Le Temps de Noël était celui de ce « nouveau-né, emmailloté dans des langes et couché dans une crèche » : un temps TOUCHANT. Mais voilà qu’il a grandi l’enfant et il va nous faire découvrir qu’il « est venu pour nous les hommes et pour notre salut ». Comme le disait Saint Jean :

« LE VERBE S’EST FAIT CHAIR ! »

Il nous prend par la main, et nous emmène d’abord avec lui dans le désert pour… résister aux tentations jusque dans notre quotidien… surtout occidental : utiliser nos dons pour nous-mêmes, pour nos « faims » à nous ; mettre l’amour de Dieu… au service de notre gloriole, et genoux à terre devant « celui-qui-divise » pour être celui « qui domine »…

Il ne lâche pas notre main, pour nous emmener avec lui, là-haut, sur la montagne… pour se montrer « TRANSFIGURE », en conversation avec Moïse et Elie… qui sont toujours vivants !... Non pas pour assister à un spectacle « sons-et-lumières » mais pour nous inviter à jeter un regard sur NOTRE avenir de LUMIERE… Nous ne « retournerons donc pas en poussière », et nos défunts – comme Moïse et Elie – sont déjà dans cette LUMIERE !...

Mais « il faut » que Jésus descende d’abord de cette montagne, qu’il poursuive son chemin vers le mont Sion, vers le Golgotha… « Il faut » (c’est un mot des Evangiles) qu’il ne lâche pas notre main, pour nous accompagner jusqu’au cœur de nos souffrances, jusqu’au cœur de notre mort !

Il dira aux prêtres et aux pharisiens : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai ! » Avec cette précision fondamentale : le temple dont il parlait, C’ETAIT SON CORPS !... et mon corps, le tien et celui de tous les autres… Voilà ce qu’il fera avec « cette poussière »…, comme au Temps de la Création…

« Dieu a tant aimé le monde, qu’il a envoyé son propre Fils ». Son « Fils » c’est Jésus, et le « monde » c’est encore toi, moi et tous les autres… C’est pour nous qu’il a crié, là-haut sur la croix : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ! »

Depuis ce cri, nous le savons, nous pouvons croire que lorsque nous nous sentons abandonné(e), NOUS NE LE SOMMES PLUS, puisqu’IL EST LA désormais au cœur de cet abandon, qui nous fait si mal, qui nous fait désespérer.

« Tu n’es jamais seul !... jamais ! »

Le TEMPS DU CAREME est pour chacun(e) de nous, d’une année à l’autre, ce TEMPS SACRE de ce MAIN DANS LA MAIN !


« … la divine douceur »

* * * * * * * * *

Je n’ai pas inventé cette « expression » ; elle m’a été « donnée »… à moi et à un tas d’autres gens qui souffrent de maladie, d’un handicap, de la vieillesse – elle nous à été donnée par un prêtre, Maurice Bellet, après un séjour long et douloureux dans un hôpital.

Ses notes sont devenues – heureusement – un petit livre :

« L’EPREUVE

ou le tout petit livre

de la divine douceur. »

Un petit livre qui ne se résume pas, mais qui témoigne, humblement, mais avec assurance, qui ne veut pas donner des « idées sur », mais qui vit, d’un bout à l’autre, la présence de cette « divine douceur »…

« Tu n’es plus jamais seul !... jamais ! »

Je sais, et j’ai peur que cette Parole puisse blesser certain(e)s d’entre vous : elle est si facile à écrire… quand je ne souffre pas, et que je n’ai pas mal constamment, … quand je ne me sens pas esseulé, abandonné…

Mais ce n’est pas ma Parole, mais la sienne !... 

Un jour Jésus avait passé toute la soirée à guérir des malades, à chasser des démons. Le matin, levé avant les autres, il s’est retiré dans la solitude pour prier. Quand Pierre est venu le chercher – il y avait de nouveau foule chez lui – il lui a dit :

« ALLONS AILLEURS ! dans les villages voisins, afin que là aussi JE PROCLAME L’EVANGILE…, CAR C’EST POUR CELA QUE JE SUIS SORTI ! »

Il n’est pas « sorti » pour guérir l’un ou l’autre malade, mais pour révéler la présence de « la divine douceur » auprès de tous les hommes qui souffrent… et qui meurent !

PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 
tu nous as tant aimés,
tu nous aimes tant, nous les hommes,
que tu as envoyé ton propre Fils,
se « faire chair » de notre chair,
jusqu’au cœur de nos souffrances,
au cœur de notre mort !
En lui, toujours et partout, 
tu as voulu te rendre présent
dans nos vies,
toi « la divine douceur »…
C’est notre foi qui nous le dit,
mais… ce n’est pas toujours la mienne.
Il y a des jours, il y a des nuits,
où, comme ton Fils, j’ai envie de crier :
« Père, pourquoi m’as-tu abandonné(e) ? »
et, comme lui, je ne peux que te dire :
« Entre tes mains je remets mon esprit, 
je remets ma vie ! »
Père, je crois !...
mais ces jours-là, ces nuits-là,
viens au secours de ma foi !
Père, je joins ma prière à celle 
de tous ceux qui prient
pour nos sœurs et nos frères,
qui ne croient pas, qui ne croient plus
en ton amour, en ta présence.
A travers l’amitié de tous ceux 
qui les entourent et les aident,
fais-leur signe !...
toi qui as envoyé ton Fils nous dire : 
« Tout ce que vous faites
au moindre des miens,
c’est à moi que vous le faites ! »
Amen. 


Janvier 2018

“Le Verbe s'est fait chair!” 

(Saint Jean)

* * * * * * * * * *

Vous préférez sans doute la version de Saint Luc, qui fait naître Jésus, petit enfant, dans une étable à Bethléem entouré de Marie et de Joseph, un âne et un bœuf, des bergers et des moutons… Il faut retenir les deux versions, des deux mains!... car elles disent cette Bonne Nouvelle incroyable que DIEU S'EST FAIT HOMME !... “Chair “ ou “enfant”, c'est le même message pour toi, moi et tous les autres. Les Pères de l’Eglise orientale ont très tôt osé dire :

« Dieu s’est fait homme, pour que l’homme devienne Dieu ! »

ou pour le dire d’une façon plus « adoucie », plus près de la crèche : « Dieu s’est fait enfant des hommes pour que nous devenions enfants de Dieu ! » Saint Jean dans sa Première Lettre ajoute : « ET NOUS LE SOMMES ! »… toi, moi et tous les autres, quelle que soit notre foi, notre état de santé ou notre âge…

« LE VERBE S’EST FAIT CHAIR ! »

Pas possible pour le grand philosophe grec Platon, qui a vécu quelques siècles avant Jésus-Christ… ; ou plutôt pas supportable : le spirituel mêlé au corporel ! On n’a pas l’idée de mêler l’eau et le feu !... si ce n’est pour éteindre le feu… ! A moins que ce soit pour avoir de l’eau chaude !

Notre Mère la Sainte Eglise a plutôt suivi Platon que Saint Jean : elle a fait de nous un corps animé d’une âme, une âme prisonnière du corps. Ce corps il nous fallait le dominer, le soumettre, le flageller au besoin… ; ce corps destiné à la mort, pour libérer l’âme qui va au ciel…

Un jour, une Julia « sentant sa fin prochaine » m’a demandé : « Est-ce vrai ce que les curés nous ont raconté ? Qu’est-ce que c’est qu’une âme ? » La question était pleine d’angoisse : elle qui pendant une longue vie avait été « Julia », voilà qu’elle allait devenir « une âme » !...

En nous le « spirituel » est intimement mêlé au « corporel » ; nous n’avons pas un corps ET une âme, nous sommes notre corps ; le corps est l’expression (par nos sens, nos membres) de notre … esprit ! Le feu s’est mêlé à l’eau et l’eau est devenue « eau chaude » (pour le dire d’une façon quelque peu simpliste)…

Le Verbe de Dieu n’a pas hésité à entrer dans notre chair. L’enfant qui est né à Noël a vécu notre vie d’homme jusqu’au cœur de notre mort… et il est ressuscité ! La fête de Noël porte en germe la fête de Pâques, « pour nous les hommes et pour notre salut », pour toi, moi et tous les autres…

Un autre souvenir, d’une Marthe, lors d’une réunion de « vie montante » : « J’ai été heureuse de pouvoir dire « je » pendant toute ma vie, comme enfant, adolescente, jeune, adulte… et maintenant encore que je suis octogénaire ! »

Question : « Pourquoi vous arrêtez-vous, Madame ? »

Entretemps elle (non pas son âme) est partie du côté du Ressuscité, et elle continue à dire « JE » !

Ne soyez donc pas inquiet(e)s !

 « Vous trouverez un nouveau-né ! » (Saint Luc)

* * * * * * * * *    *    *    *    *

C’est le même, ce « nouveau-né » de Luc et le « Verbe fait chair » de Jean. Ne nous gênons pas de continuer à croire à cette histoire incroyable : un ange vient demander à une jeune fille vierge de mettre au monde un enfant par la puissance de l’Esprit Saint !!!

Cette histoire nous apprend que ce Dieu – « à qui rien n’est impossible », disait l’ange – que ce Dieu croit en nous les hommes, et nous aime, au point de venir nous rejoindre sur notre terre…

Au point de naître comme nous, de se faire enfant, aimé par des parents, au cœur d’une famille, d’un village… de province, d’y apprendre et d’exercer le métier de son père.

Il a tellement aimé cette vie de famille, de village, de travail… qu’il est resté vivre une trentaine d’années à Nazareth !... lui qui venait sauver le monde ! En fait, c’est là qu’il a commencé par nous sauver, toi, moi et tous les autres, croyants ou non-croyants : notre vie humaine qui nous est donnée à vivre a reçu en lui une dimension divine. C’est ce que nous chantons dans ce refrain :

« Celui qui aime est né de Dieu,

celui qui aime est fils de Dieu,

car Dieu est amour

et l’amour est Dieu ! »

Le Fils de Dieu, pendant trente ans a fait l’expérience de… l’amour de son Père, à travers l’amour des hommes. Alors il s’est mis en route pour nous dire à nous les hommes :

« Appelez Dieu « abba-papa » ! Laissez-vous donc aimer comme le font les enfants ! Dans l’amour de ceux qui nous entourent, vous aident, vous soignent, reconnaissez l’amour de mon Père ! Et ce que vous faites au moindre des miens, c’est à moi que vous le faites ! »

PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 
parfois, je l’avoue, nous l’avouons,
il nous est difficile de t’appeler ainsi ;
autour de nous, des sœurs et des frères
ne croient plus en ta bonté…
Mais la Fête de Noël
sur toute la terre,
la fête de la naissance de ton Fils,
et sa vie au milieu de nous,
avec nous !... vient de nous rappeler
que tu connais nos joies,
mais aussi nos souffrances,
du côté du cœur, du côté du corps.
« Venez à moi, nous a-t-il dit,
vous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos. »
Père, que l’Esprit que tu nous as donné,
fasse résonner dans nos cœur
cette Parole,
surtout quand le courage nous manque,
quand nous doutons de nous-mêmes, 
quand nous doutons de ton amour… ;
qu’Il nous anime à saisir la main
que tu nous as tendue en ton Fils
et que tu ne cesses jamais de nous tendre.
* * * * * *
Marie ! merci pour ce « oui »
que tu as dit à l’ange,
et d’avoir donné naissance
à ce « Dieu qui sauve », à ce Jésus
qui est toujours là,
au cœur de notre vie,
pour nous soutenir, nous encourager,
pour nous faire VIVRE,
« maintenant et à l’heure de notre mort. » Amen. 


Décembre 2017

« Veillez ! »

(Jésus)

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Au moment où je vous écris, nous sommes en route vers ce que nous appelons « le TEMPS DE L’AVENT ». Liturgiquement – dans les lectures des célébrations eucharistiques quotidiennes – ce cheminement n’est pas très gai : il y règne une atmosphère de fin du monde, faite de guerres, de famines, de cataclysmes. Même du merveilleux Temple de Jérusalem « il ne restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit ! » C’est Jésus lui-même qui nous l’a redit, ce matin : nous étions une dizaine à être assis tranquillement autour d’une table, tous d’un certain âge, l’un(e) ou l’autre d’un âge certain… pour célébrer sa RESURRECTION !

Dimanche prochain – premier dimanche de l’Avent – il nous avertira, dans le monde entier : 

« Prenez garde : vous ne savez pas quand ce sera le moment ! …quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ! »

Attention ! ne vous y méprenez pas : je ne vous écris pas tout cela pour vous faire peur ! Bien au contraire !

Le « Temps de l’Avent » est un Temps liturgique que nous célébrons chaque année, quatre dimanches durant, et qui débouche sur cet événement, cet AVENEMENT inattendu, merveilleux : la naissance d’un enfant.

Je voudrais vous rejoindre là où vous vivez, dans une clinique, une maison de repos, à la maison… pour vous dire que c’est toujours « le Temps de l’Avent ». Dans le dernier Livre de la Bible – l’Apocalypse – il y a ce merveilleux « flash » sur un visiteur :   

« Voici que je me tiens à la porte et je frappe.

   Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte,

   j’entrerai chez lui,

   et je prendrai le repas avec lui,

   et lui avec moi ! »

Et ce Livre se termine par cette autre Parole :

« Amen ! viens Seigneur Jésus ! »

Ces Paroles sont pour chacun(e) de nous, toi, moi et tous les autres… et tous les jours. Quand Jésus, au début de cette page nous disait « VEILLEZ ! », ce n’était pas du tout pour nous faire peur ! C’est lui qui craint que nous ne l’entendions pas frapper à notre porte, ou que nous ne lui disions pas :«Entre !»

Je vais célébrer ce Temps de l’Avent dans des églises de plus en plus vides. Ce « Main-dans-la-main » est un cadeau que Dieu m’a fait un jour, quand une Mademoiselle Denise, visiteuse de malades, a eu l’idée de ce feuillet de contact entre vous, ceux et celles qui viennent vous visiter ; c’était en 1991 !

Oui ! c’est toujours le « Temps de l’Avent », d’un bout de l’année à l’autre. C’est tous les jours que nous pouvons chanter, main dans la main : 

« Tu es là au cœur de ma/nos vies,

et c’est toi qui me/nous fais vivre…

bien vivant, ô Jésus-Christ ! »


 « Veillez !... joyeux dans l’ESPERANCE ! » 

* * * * * * * * *    *

Vous connaissez sans doute la petit « conte des quatre bougies », qui se prête bien pour l’animation d’une célébration avec des enfants.  Pendant que quelqu’un ra-conte le conte, un(e) enfant souffle sur la flamme des bougies qui s’éteignent… une, deux, trois…, sauf la quatrième qui survit, qui reste allumée ; si bien que, grâce à elle, l’enfant peut rallumer les trois autres…

Rallumer l’AMOUR, qui peut s’éteindre, qui peut mourir… Notre pape François ne parle-t-il pas de la « mondialisation de l’indifférence » ?...

Avec l’amour, meurt la FOI, la CONFIANCE, qui est comme « l’huile dans les rouages », qui permet de vivre les uns avec les autres…, et d’être heureux ensemble…

Et s’en va la PAIX, laissant la porte ouverte à nos petites et grandes guerres…

Mais quelle est donc cette quatrième bougie ? qui ne meurt pas et qui peut redonner vie à ses trois amies ?

Serait-ce l’ESPOIR ? …qui est « attente confiante », nous dit le dictionnaire. Mais lui aussi est mortel et peut s’éteindre. « Il n’y a plus d’espoir », se dit d’une personne qui va mourir, dit le même dictionnaire… !

Mais il y a l’ESPERANCE !!! Il y a NOEL, cet enfant dans une crèche, qui vient rallumer nos trois bougies ! C’est Dieu lui-même qui se fait homme, qui vient vivre notre vie et notre mort. En lui, la quatrième bougie s’est éteinte un moment pour se rallumer pour toujours ! …pour toi, moi et tous les autres !...

Le même dictionnaire nous dit que « l’ESPERANCE est la vertu théologale par laquelle on attend de Dieu la grâce et LA VIE ETERNELLE ! »

Veillez donc, joyeux dans cette Espérance, nous sommes en route vers un merveilleux « Main dans la Main » et, au bout de ce mois, nous nous souhaiterons « une joyeuse Fête de Noël », avec plein de bougies allumées ! 

PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 

je te rends grâce de tout mon cœur
avec toutes les personnes,
celles qui sont malades, handicapées, âgées…
avec celles qui les entourent
qui les soignent ou les visitent…
et qui par ce Main dans la Main mensuel
forment comme une grande famille,
depuis de si longues années…
Toi, Père, tu les connais toutes,
chacun, chacune par son nom,
tu es avec nous, de tout ton amour,
dans nos joies et nos souffrances.
Pendant ce Temps de l’Avent
que tu nous donnes à vivre,
renforce et fais grandir dans nos cœurs,
la LUMIERE DE L’ESPERANCE ;
cette lumière qui ne s’éteint jamais,
parce que tu as voulu
que ton Fils vienne nous rejoindre
jusque dans les heures les plus noires de la vie,
jusqu’au cœur de notre mort !
Qu’elle rallume toujours LA LUMIERE DE LA FOI
surtout aux heures, comme ton Fils sur la croix,
où je me sens abandonné(e), désespéré(e)…
Marie, en ce Temps de l’Avent,
augmente en nous cette JOIE DANS L’ESPERANCE,
qui t’a menée de Nazareth à Bethléem,
et jusqu’au pied de la Croix. 
Ce jour-là ton Fils a confié tous les hommes
à ton amour de mère :
notre monde a tellement besoin
de paix, de confiance et d’amour,
de « main dans la main » !

Amen.



Novembre 2017

« Rendez à César ce qui est César,

… ET A DIEU CE QUI EST A DIEU ! » (Jésus)

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C’est facile de savoir ce qu’il faut rendre à César : une pièce de denier, avec une inscription et son image. (Actuellement l’Etat sait bien ce que nous devons lui rendre, et ne manque pas de nous le prendre…)

Mais à Dieu ? que devons-nous rendre à Dieu ?

Je crois que la Bible, dès la première page, répond à cette question, de la même manière :

« Dieu créa l’homme à son image,

à son image il le créa,

homme et femme il le créa. »

Le « denier », marqué à l’effigie de César, l’homme – toi et moi et tous les autres – créés à « l’effigie » de Dieu. C’est la « Déclaration fondamentale des droits de l’homme, de tout homme » ; elle est enracinée dans la volonté de notre Créateur, et non pas dans un « accord », datant de 1948 !!!, après un demi-siècle de massacres, entre un certain nombre de nations, plus ou moins unies, mais non pas reconnu ni respecté par tous…

« Touche pas à l’homme », dit notre Dieu, sinon pour lui faire du bien. Car tout ce que vous faites au moindre des miens, c’est à moi que vous le faites… en bien… et en mal ! » Nous le chantons régulièrement :

« C’est toi le Dieu qui nous a faits,

Qui nous a pétris de la terre.

Ton amour nous a façonnés

Tirés du ventre de la terre.

Tu as mis en nous ton Esprit,

Nous tenons debout sur la terre.

TOUT HOMME EST UNE HISTOIRE SACREE,

L’HOMME EST A L’IMAGE DE DIEU ! »

Si vous connaissez ce merveilleux chant, n’hésitez pas à le chantonner, à le laisser chanter dans votre tête, votre cœur, même « si vous ne tenez plus debout sur vos deux jambes » !...

Mais dès les premières pages de la Bible, ça tourne mal :

« Dieu dit à Caïn :

- Où est ton frère Abel ?

- Je ne sais pas ! Suis-je le gardien de mon frère ?

- Qu’as-tu fait ? Ecoute le sang de ton frère crier vers moi du sol ! »

Or la tuerie n’a jamais cessé sur la terre – pour le pouvoir, pour l’argent – et si nous regardons ce qui se passe actuellement, elle – la tuerie – a encore un bel avenir devant elle…

Et puis il y a la maladie, les handicaps, la vieillesse… et la mort !

Est-ce étonnant que beaucoup d’entre nous ne parviennent plus à croire « en un Dieu, Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre » ?

Si nous sommes créés à l’image d’un Dieu d’amour, que nous pouvons appeler Père ; si nous sommes pour lui « une histoire sacrée », pourquoi toutes ces souffrances, ces injustices…, pourquoi la mort ?

Moi, je n’ai pas la réponse à ces questions… sinon…

JESUS-CHRIST !


 « Et le Verbe s’est fait chair » ! 

* * * * * * * * *

Voilà la Bonne Nouvelle, la réponse du Dieu en qui nous croyons, qui EST AMOUR. Il n’a jamais désespéré de l’homme, de toi, de moi, ni de tous les autres, quoi qu’il nous arrive, quoi que nous fassions : en Jésus IL S’EST FAIT HOMME, pour nous révéler, plus que jamais que TOUT HOMME, à ses yeux, EST UNE HISTOIRE SACREE ! Il est venu nous rejoindre dans nos joies et nos souffrances, jusqu’au cœur de la mort ! … excepté ce que nous appelons « le péché » : tout ce qui n’est pas AMOUR !

« Dieu a tant aimé le monde, nous dit Saint Jean, qu’il a donné son propre Fils ! », qui, lui, a dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ! » Il l’a donnée, même pour ceux qui l’ont livré à la mort : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! »

Le sommet de cette Bonne Nouvelle, c’est que cette mort n’est pas la fin de l’histoire d’amour entre Dieu et nous les hommes. Au contraire : elle est son aboutissement. En acceptant de mourir, Jésus nous entraîne avec lui dans sa Résurrection.

« Au moment de passer de ce monde à son Père, Jésus disait à nous ses disciples : « Je suis le chemin vers la vraie vie, le chemin qui mène vers la Maison de mon Père où un e place est préparée pour vous, où vous vous trouverez « chez vous » avec tous les autres ! »

C’est cet avenir que nous venons de fêter : la TOUSSAINT. Moi, dans une église au milieu d’un cimetière, avec « les statues » de ceux que nous appelons « les Saints », toutes les personnes qui « reposent » dans les tombes, et nous les enfants de Dieu « que nous sommes » (nous dit encore Saint Jean), tous des saints dans une même Communion d’amour !...

Jésus est venu NOUS RENDRE A SON PERE, toi, moi et tous les autres…

PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 

que ton Esprit que tu nous as envoyé,

qui nous habite, jour et nuit,

qui fait de nous « tes enfants »,

augmente en nous la foi en ton amour, 

la foi que, malgré tout ce qui m’arrive

JE SUIS AIME(E) !...

que pour toi je suis, et je serai toujours,

une HISTOIRE SACREE !

Que malgré nos manques d’amour,

nos doutes ou notre indifférence,

toi tu es et tu resteras toujours,

pour moi et pour les autres,

ce PÈRE TRES BON !

Aux moments les plus difficiles

ces moments, où comme ton Fils,

nous avons envie de crier :

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné(e) ? » 

que ton Esprit d’amour

nous donne la force de cette autre Parole :

« Père, entre tes mains, je mets ma vie ! »

C’est pour cela qu’il est venu, ton Fils,

dans nos joies, dans nos fêtes,

mais surtout dans nos souffrances

dans tout ce qui nous éloigne de toi.

Il est toujours à notre recherche,

pour nous ramener vers toi,

pour NOUS RENDRE A TOI…

Et il sera à l’heure de ma mort,

avec Marie, sa mère,

qui était avec lui, au pied de sa croix.

Oui, Père très bon,

que ton Esprit augmente en nous la foi,

la foi en ton amour !

Amen.



Octobre 2017

« Allez-vous aussi 

               travailler à ma vigne ! » (Jésus)

* * * * * * * * * *

Parole de Jésus provenant de sa « parabole des ouvriers de la dernière heure ». Vous rappelez-vous ? Ce propriétaire qui, tout au long de la journée, s’en va trouver des ouvriers pour sa vigne, sur la place du marché ; et qui pour finir donne le même salaire à tous : autant à ceux de la dernière qu’à ceux de la première heure. 

Le 24 septembre dernier, Jésus est reparti sur tous les « marchés » du monde (notre pape François dirait : « jusqu’à la périphérie ! ») avec le même appel : « Allez-vous aussi travailler à ma vigne ! »

J’ai relayé son appel au cours des célébrations eucharistiques, et le lundi 25, dans une Maison de repos ! Aussi j’ai commencé mon homélie par cette question :

« Est-ce que nous nous sentons encore concerné(e)s par cette question, à notre âge, dans notre état de santé ? Quelle serait pour nous cette « vigne » et ce « travail » que Jésus attends de nous ? Où est cette vigne ? »

Depuis notre jeunesse, n’avons-nous pas l’habitude de localiser les « choses », les endroits où se vit « le religieux » et « le « reste » ? A commencer par l’au-delà de la vie : le ciel au-dessus de nos têtes, l’enfer en-dessous de nos pieds, le purgatoire quelque part entre les deux … et les limbes …

« Travailler à la vigne » consiste donc à éviter d’aller en enfer, d’arriver au ciel, tout en sachant qu’il faudra sans doute passer par le purgatoire (« mon » transfiguratoire). Quant aux limbes, elles ont été supprimées, sans faire trop de bruit, sous le pape Benoît XVI au grand bonheur des enfants morts sans baptême…

Ici, sur terre, le « croyant –pratiquant » va à la messe, jadis il se confessait régulièrement, allait au salut du Saint Sacrement, faisait baptiser ses enfants, se mariait et enterrait ses morts à l’église, participait à l’une ou l’autre procession ou pèlerinage… Pour le « croyant-non-pratiquant », ce « travail à la vigne » varie de l’un à l’autre…

Pour les deux « catégories », c’était un peu comme s’il y avait d’un côté la vie de famille, de travail, de loisir…, et de l’autre côté le temps consacré à la religion…

Je ne sais pas si vous êtes d’accord avec cette description quelque peu caricaturale de notre vie ?! Je pense, j’espère que non !...

La « vigne du Seigneur » dans laquelle Jésus nous invite à travailler, c’est tout simplement NOTRE VIE, depuis la naissance jusqu’à la mort (« de la première à la dernière heure »), du matin au soir et du soir au matin, en tout temps et en tout lieu…

Comme Jésus qui, pour nous sauver, a vécu pendant trente ans dans un bled de province une vie de famille, de village, de travail et de loisirs… Il nous a révélé que « vivre, c’est aimer, et aimer c’est vivre » !...


« Dieu qui nous appelle à vivre… ! » 

* * * * * * * * *

Ce lundi 25, à la Maison de repos, nous avons commencé à célébrer l’Eucharistie (la rencontre avec le Christ ressuscité) avec ce refrain. Je « leur » ai dit dès le début et répété avant la bénédiction finale : « Vous pouvez chanter ce refrain à tous les instants de votre vie ! » Quelle Bonne Nouvelle !

Saint Paul, ce même week-end, dans le monde entier, avait proclamé : « Pour moi, vivre c’est le Christ ! » Lui qui avait dit aux païens athéniens : « C’est en Dieu que nous avons la vie, le mouvement et l’être ! »

La vigne dans laquelle je suis appelé à travailler, c’est NOTRE VIE… LES UNS AVEC LES AUTRES, tous les autres. Il y a cette autre Parabole de la vigne, dans laquelle Jésus nous dit : « JE SUIS LA VIGNE, VOUS ETES LES SARMENTS ! » Cette vigne-là est vivante, - non pas moribonde et donc inutile – si les sarments (que nous sommes) portent des fruits. La vigne, c’est ma-vie-avec-les-autres, quel que soit mon âge, mon état de santé : « vivre, c’est le Christ, pendant trente ans à Nazareth, et là-haut sur la croix ! »

Pour Dieu il n’est jamais trop tard ; que ce soit tôt le matin ou tard le soir, au début de ma vie ou à la fin, c’est toujours le même salaire : SON AMOUR POUR MOI ! Il est le « Dieu de l’aujourd’hui, du MAIN-TENANT !... le Dieu-qui-me-tient-la-main, qui est là au cœur de notre vie pour nous faire vivre. Lui ne cesse jamais de « travailler dans « ma » vigne, dans ma vie, il ne cesse jamais de m’aimer ». Il a sans doute répondu à Paul : « Et pour moi, vivre c’est toi ! »

A KATEO, l’évêque de Le Mans disait que Dieu ne nous posera pas la question, à l’heure de notre mort :

« Est-ce que tu as aimé… mais, vas-tu enfin te laisser aimer ! »  


PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 

je veux te rendre grâce, te dire merci,

avec tous les hommes de la terre,

qui en Jésus ton Fils,

sont devenus mes sœurs et mes frères, 

qui avec moi pourraient t’appeler

« Notre Père ! »

Je veux te dire merci,

car « c’est toi qui nous appelles à vivre,

c’est en toi que nous avons

la vie, le mouvement et l’être ! »

Que ton Esprit, qui nous habite,

me donne, à moi et à tous les autres,

la force de te dire « J’aime la vie ! »,

même si elle n’est pas belle.

Car il y a des heures, il y a des jours,

où la vie est dure à vivre,

qu’elle devienne même un poids

dont on voudrait se débarasser !...

Comme pour ton Fils, là-haut sur la croix,

quand il a crié vers toi :

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné !? »

En ces moments…, ces heures difficiles, 

réveille en moi, réveille en nous

cette foi qui, envers et contre tout,

me fait croire que c’est toi

qui m’appelle à vivre !...

cette force, qui me fera dire, avec ton Fils :

« Père, entre tes mains

je remets ma vie ! »

Marie, mère de Jésus et notre mère,

tu étais là au pied de la croix,

Notre Dame des douleurs,

mais aussi Notre Dame de l’espérance :

garde vivante dans nos cœurs

cette même ESPERANCE. Amen.



SEPTEMBRE 2017

« Pour vous…, pour TOI, qui suis-je ? » (Jésus)

* * * * * * * * * *    *    *    *    *

Ce dernier week-end du mois d’août, Jésus a posé cette question à ses disciples, (aux « croyants pratiquants »), dans le monde entier. J’aime croire qu’il y avait dans sa voix à la fois de l’anxiété et de l’espérance : qu’est-ce que j’allais lui répondre ?... et toi ? J’avais même l’impression que lui-même se posait la question : « Pour vous, QUI SUIS-JE ? » Il venait de rencontrer, en terre païenne, une femme qui, par sa persévérance, son humilité, et surtout par sa foi, l’avait en quelque sorte forcé à guérir sa fille malade.

- « Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ! on ne donne pas le pain des enfants aux petits chiens ! »

- « Mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! »

- « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »

C’est comme une « conversion » de Jésus, une ouverture vers tous les hommes, vers toi, moi et tous les autres !... Oui ! sa question se pose à nous aussi :

« Pour toi, qui suis-je ? »

A chacun(e) de donner SA réponse : personne ne peut répondre à ma place.

Et ne nous cachons pas derrière la réponse, spontanée et fracassante de Pierre : « Tu es le Christ,

le Fils du Dieu vivant ! »

Ce serait trop facile, surtout quand nous faisons partie de ceux qu’on appelle « les malades »… Quand Jésus parlera de souffrance et de mort, Pierre ne sera pas d’accord : « Pas ça ! »… Et – heureusement – Jésus traitera Pierre de Satan (de diable, de celui qui divise) alors que Jésus est venu nous rejoindre jusqu’au cœur de notre mort…, pour un « MAIN DANS LA MAIN » sans limite…

Pierre, le reniera « son Christ, son Fils de Dieu », il ne sera pas là, au pied de sa croix ! Plus tard, quand l’Esprit l’aura saisi dans tout son être, il retrouvera sa foi, et il sera fidèle à ce « Main dans la main » jusque dans sa mort, sur une croix, comme Jésus…

Jésus, lui, n’a pas renié Pierre, même au cœur de ses lâchetés, de ses faiblesses : 

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ! »

L’Eglise, qui est cette « famille de chrétiens » dans laquelle un jeune couple, par le baptême, voulait faire entrer son premier enfant. A cause des « valeurs »…, que nous appelons tout simplement « Main dans la Main », entre nous et avec Dieu, entre nous, parce qu’avec Dieu…

Heureux ceux qui, parmi vous, peuvent régulièrement Communier au corps de ce Christ, Fils de Dieu. Ils (Elles) ont ainsi l’occasion bien concrète de répondre à sa question : en ouvrant tout simplement la main, en l’accueillant avec un « Amen » qui vient du fond de leur cœur !

« Vraiment, comme le disait Pierre, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » 


« JE SUIS POUR VOUS ! » 

(Jésus)

* * * * *   * * * * *

Je lui ai – carrément – retourné la question !

Pour toi, qui sommes-nous ? »

Par toute sa vie sur la terre, par tout son être, il nous répond : 

« JE SUIS POUR VOUS ! »

Il faudrait rassembler et relire tous les « JE SUIS » que Jésus a dit dans l’Evangile de Saint Jean, qu’il dit – constamment – à chacun(e) de nous.

« Je suis la lumière ! »… même quand tu es dans les ténèbres…

« Je suis la porte ! »… même quand tu te sens enfermé(e) dans ta « maladie »…

« Je suis le chemin ! »… même quand tu crois que ta vie est arrivée dans une impasse, dans la solitude, chez toi, à la maison, en maison de repos, à la clinique…

« JE SUIS POUR VOUS, POUR TOI ! »

Il nous a vraiment rejoint jusqu’au cœur de nos souffrances, de notre solitude.

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Christian Bobin écrit :

« Cette parole du Christ est la parole la plus amoureuse qui soit… Elle est le cœur de l’amour… ; elle est aussi la seule preuve de l’existence de Dieu : on ne s’adresse pas ainsi au néant. On ne fait pas de reproche au vide. »

Si vous vous sentez abandonné(e) par Dieu lui-même, s’il vous plaît (vous dit Jésus, là-haut sur la croix), n’hésitez pas à le lui dire, à le lui crier !

Mais avant ce cri, il nous avait dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie… ». Ce chemin nous mène vers la maison de son Père, où il nous prépare une place pour les retrouvailles, avec lui et tous les autres. Il est vraiment POUR NOUS jusqu’au bout…

PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 
tu as envoyé ton Fils sur notre terre, 
pour nous montrer
combien tu es proche de nous et nous aimes.
Quand il est « retourné » chez toi, 
il nous a dit :
« Je serai avec vous, tous les jours,
jusqu’à la fin du monde ! »
Augmente en nous, augmente en moi la foi
« qu’il es là, au cœur de ma vie,
qu’il est là pour me faire vivre ! »
A moi aussi, il pose la question :
« Dis-moi, pour toi, qui suis-je ? »
Oui, Père, aide-moi à croire, envers et contre tout,
quand la souffrance, quelle qu’elle soit,
me plonge dans la solitude,
aide-moi à croire QUE TU ES LA,
comme tu l’étais là-haut sur la croix,
quand ton Fils se sentait abandonné !
« Je suis venu, disait-il,
non pas pour être servi, mais pour servir ! »
C’est le dernier service qu’il nous a rendu :
ce cri : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Il savait, lui, au plus profond de son être,
que toi, tu n’abandonneras jamais ton enfant !
Je suis ton enfant, nous sommes tes enfants.
Ton Fils nous l’a dit :
« Quand vous priez, dites : « Notre Père » !
* * * * * * *
Marie, tu étais là au pied de la croix,
tu as entendu le cri de ton enfant.
Tu es aussi avec nous, avec moi, 
au pied de « nos croix »,
Mère de Dieu et mère de nous, les hommes.
Avec « vous », nous ne sommes jamais seuls !
Amen.


AOUT 2017

« Le semeur est sorti pour semer ! »


Voilà une « des Bonnes Nouvelles » que  Jésus nous a rappelé au cœur de cet été. Accueillons- là de tout cœur ! Ce semeur n’est pas rentré chez lui : il n’a pas semé une bonne fois pour toutes : « Je serai avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde ! » Pour semer quelle semence ?

Quelle semence ? Le prophète Isaïe nous disait le même jour que c’est la PAROLE  DE DIEU… « qui sort de sa bouche, et qui ne reviendra pas sans avoir rempli sa mission ! »

En fait, cette PAROLE, c’est QUELQU’UN ! Saint Jean nous l’a dit : « Le VERBE (la Parole) s’est fait chair et il habite parmi nous ! » Et que dit cette Parole, à nous les hommes ? Il suffit d’écouter et de regarder vivre ce QUELQU’UN que nous appelons Jésus-Christ. Par tout son être il nous révèle QU’IL NOUS AIME, toi, moi et tous les autres ; que cet amour vient te rejoindre là où tu vis, dans l’état où tu te trouves… Et cet amour n’a pas de limite. Il le disait : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ! » Il l’a donnée, sa vie ; et il nous a laissé le « geste du pain » pour nous montrer qu’il continue à nous la donner… si nous voulons bien la recevoir, L’accueillir…

« Le semeur est sorti pour semer », et il n’est toujours pas rentré. Quel que soit le terrain « que je suis » : bord de chemin, terre pleine de ronces ou de pierrailles…

Dieu n’est pas un gros naïf, qui ne connaîtrait pas le terrain sur lequel il envoie son Fils semer la semence (ses paroles d’amour). Saint Paul disait : « C’est alors que nous étions pécheurs (!) que Dieu a envoyé son Fils ! »

Le Père ne l’a pas envoyé pour voir si j’étais aimable, mais pour me révéler que je suis aimé(e) ! C’est le message que notre pape nous envoie annoncer à la périphérie (qui peut être notre voisin(e) dans le village, la clinique ou la maison de repos) : « Jésus-Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer ! »

Il est à la fois le SEMEUR et la SEMENCE. C’est une histoire d’amour entre lui, toi, moi et tous les autres !

Pour le côté « non-aimable » de notre vie, il a « semé » d’autres paraboles. Celles de la brebis qui s’est perdue et qu’il s’est mis à chercher ; celle du « fils prodigue » qui a claqué la porte de la maison de son père pour chercher son bonheur ailleurs… Chaque fois, « cela » s’est terminé dans la joie et la fête des retrouvailles ! Et une de ses dernières semences, là-haut sur la croix : « Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! »… en crucifiant Celui qui ne fait que nous aimer ! 


« Le semeur est sorti… » !


Ne vivons-nous pas notre relation avec notre Dieu comme s’il était rentré dans son ciel, chez lui ? ou qu’il n’est là que lorsque nous nous tournons vers lui dans la prière ? Là…, mais bien silencieux !

Il faut abandonner une bonne fois pour toutes l’idée que le ciel est au-dessus de nos têtes ! C’était une conception normale, au temps de Jésus, puisque le firmament était une voûte solide, à laquelle étaient fixées les étoiles ; au-dessus de laquelle il y avait de l’eau qui de temps en temps tombait en pluie… Que les dieux… et notre Dieu habitaient de ce côté-là… ; que Jésus, en nous quittant, est monté là-haut et un nuage l’a caché aux yeux de ses disciples. Il nous aussi appris à nous adresser à « Notre Père qui es aux cieux ! » C’était normal en ce temps-là. Mais nous, nous savons qu’au-dessus de nos têtes c’est l’immense ESPACE, rempli de galaxies innombrables, qui sont en expansion interminable…

Le CIEL EST EN NOUS, en chacun, chacune de nous.

« Tu es là au cœur de nos vies et c’est toi qui nous fait vivre ! » Ce n’est pas un refrain ; en langage ancien, c’est « un dogme ! »

Le semeur est au cœur de notre vie, et il sème du matin au soir et du soir au matin (puisqu’il nous aime) et comme le semeur, il ne regarde pas en arrière, mais en avant et se réjouit de voir se lever sa semence en nous… dont le fruit sera, un jour, VIE ETERNELLE !


PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 

avec tous les autres que relie

ce « Main dans la Main »,

je te rends grâce de tout mon cœur

parce qu’en ton Fils Jésus

tu t’es rendu proche de moi,

proche de nous, de tous les hommes.

En lui nous pouvons t’appeler :

EMMANUEL !

…Dieu-avec-nous.

Bien sûr, il y a des jours dans notre vie

où tu nous sembles lointain,

absent, indifférent à nos prières !

Notre souffrance, notre solitude…

prend le dessus, et nous domine ces jours-là…

Donne-moi, donne-nous

de nous souvenir alors des autres jours

où nous étions sûrs de ta présence,

où tu nous as aidés

à garder vivante dans notre cœur

l’espérance, cette assurance

que jamais tu ne nous oublieras ! 

Ton Fils, lui aussi, a connu

ces heures noires, là-haut, sur la croix,

et il a crié vers toi : 

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ! »

Mais il a fini

par « remettre son esprit entre tes mains ». 

Que ses Paroles de réconfort

qu’il est venu semer sur notre terre

germent dans nos cœurs et portent leurs fruits :

qu’elles renforcent ce « Main dans la Main »

qu’il est venu nouer avec nous,

pour tous les jours de notre vie.

Amen.




JUILLET 2017

« Mon joug est facile à porter

et mon fardeau léger. »

(Parole du « Sacré Cœur »)

* * * * * * * * * *

C’est lui qui l’a dit, Jésus, ce n’est pas moi. Il l’a encore redit au milieu de ce mois de juin, dans le monde entier, dans presque toutes les langues des hommes, en sa Fête de son Sacré Cœur :

« Venez à moi, vous qui peinez sous le fardeau, et moi je vous procurerai le repos ! »

Son « joug » à lui est donc « facile à porter », et son fardeau « léger » !.... 

Je sais que « en ce temps-là quand Jésus parlait à ses disciples », il voulait parler de « la Loi de Dieu écrite et orale » et du « légalisme juif » qui l’imposait sans merci au peuple. Cela se lit, en note, au chapitre 11, verset 30 de l’Evangile de Saint Matthieu. Mais entretemps – et ce « temps » dure depuis 2000 ans – ces Paroles nous servent à réconforter ceux qui souffrent de maladie, de vieillesse ou d’autres maux… ou à leur « faire la morale » (« Ne te laisse pas aller ! confie ta souffrance à Jésus, il t’aidera ! »)… Quand notre Mère la Sainte Eglise nous propose ces Paroles pour la Fête du Sacré Cœur, elle ne pense plus « au légalisme juif »…

« Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos ! »

Tout d’abord, il sait de quoi il parle : « peiner sous le poids du fardeau » !... et de rester seul pour le porter. Au jardin de Gethsémani, il a crié d’abord vers son Père : « Abba, Père, à toi tout est possible, écarte de moi cette coupe ! » Puis il est retourné trois fois du côté de ses disciples, pour chercher de l’aide : « Simon, tu dors ! Tu n’as pas eu la force de veiller une heure ! »… Et sur la croix : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »…

Il a mis tout son Sacré Cœur dans cette invitation : «  Vous qui peinez sous le fardeau, venez à moi. » Parce qu’il est vraiment le Fils du Père. Quand son peuple souffrait en Egypte, il est allé trouver Moïse pour l’envoyer chez pharaon.

« J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte. J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs ; oui je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer ! »

Prenez le temps pour vous imaginer notre Dieu, avec ces quatre verbes que je viens de souligner…, prenez le temps pour les relire…, et dites-vous : « C’est pour moi qu’il est descendu, en Jésus, son Fils…, et qu’il est là, au cœur de ma vie, dans mes fêtes, mais aussi dans mes tempêtes, dans mes voyages, mais aussi dans mes orages.

C’est « LUI » qui a dit : « VENEZ A MOI », et qui au cours de sa vie sur la terre a montré sa sollicitude pour les malades, les exclus… et qui nous demande de nous faire « tout petits » comme les enfants qui font confiance à leur maman et à leur papa, même lorsqu’ils souffrent…



« Trouver dans ma vie ta présence ! »

* * * * *   * * * * *

Qu’est-ce que « les visiteuses, les visiteurs de malades », peuvent se sentir impuissants lors de certaines de leurs visites !... dans les cliniques, les maisons de repos, à la maison…, dans ces rencontres avec « la » souffrance qui est là visible, audible…, et qui restera là quand ils s’en iront ; … parfois honteusement, avec l’impression de trahir, d’abandonner la personne visitée… Ils ont donné de leur temps, ils se sont assis, ont écouté, tenu la main… prié…, donné la Communion…

Il leur reste à faire confiance à la Parole de ce Dieu qui s’est révélé, à Moïse, et surtout en son Fils Jésus. 

« Père, Jésus…, Marie…, je dois m’en aller maintenant. A toi !... »

S’accrocher, faire confiance, à ce petit conte, qui traverse régulièrement nos lectures.

Les  pas dans le sable.

Un jour, un homme arriva au Paradis et demanda à Dieu s’il pouvait voir toute sa vie, aussi bien les joies que les moments difficiles. Et Dieu le lui accorda.

Il lui fit voir toute sa vie, comme si elle se trouvait projetée le long d’une plage de sable. Et lui, l’homme, se promenait le long de cette plage.

L’homme vit que tout au long du chemin il y avait quatre empreintes de pas sur le sable, les siennes et celles de Dieu. Mais dans les moments difficiles, il n’y en avait plus que deux. Très surpris et même peiné, il dit à Dieu :

- « Je vois que c’est justement dans les moments difficiles que tu m’as laissé seul… »

- « Mais non, lui répondit Dieu, dans les moments difficiles, il y avait seulement les traces de mes pas à moi, parce qu’alors, je te portais dans mes bras… »


PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 

ton Fils, avant de nous quitter,

nous a rassurés :

« Moi, je suis avec vous tous les jours,

jusqu’à la fin des temps ! » 

Père j’aime croire que Jésus pensait

à chacun, chacune de nous ;

qu’il nous a promis

qu’il ne partirait jamais en vacances

que d’un jour à l’autre,

du matin au soir et du soir au matin,

nous pourrions compter sur sa présence,

« au cœur de nos vies pour nous faire vivre ! »

- - - - - - -

Seigneur Jésus,

augmente en moi, augmente en nous

la foi en ta présence…

la foi en ta Parole :

« Prenez sur vous mon joug,

car je suis doux et humble de cœur,

et vous trouverez le repos de vos âmes. »

Au cours de ta vie sur notre terre,

tu t’arrêtais quand quelqu’un criait

au bord de ton chemin,

un aveugle, un lépreux, un paralytique…

Que ton Esprit qui nous habite

nous donne le courage, la force

de croire que tu es vraiment là

à côté de moi, à côté de nous,

quand nous avons l’impression

que tu n’es pas là !...

Donne-moi de croire vraiment

que tu vois ma misère,

que tu entends mes cris, 

que tu connais mes angoisses

et que tu descends pour être avec moi. 

Amen

*    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *

JUIN 2017

« Tu es aimé(e)

… et capable d’aimer ! »

Jésus ne l’a pas dit ainsi, textuellement, mais n’est-ce pas le cœur de son message… et de son action ? Et le Père Créateur ne nous a-t-il pas fait signe, en nous munissant de deux mains, l’une pour donner, l’autre pour recevoir ?

Le mois de juin est le MOIS DE L’AMOUR : de l’Amour de Dieu pour nous, qui nous invite et nous rend capable d’aimer à notre tour :

« Aimez-vous les uns les autres, comme moi je vous ai aimé(e)s ! »

Nous pouvons « dater » cet amour reçu et donné !

Le 4 juin, Fête de la Pentecôte, Jésus revient vers ses disciples (que nous sommes) pour nous dire : « LA PAIX SOIT AVEC VOUS ! » Rendons-nous compte : il revient de la mort, une mort atroce, où, à part quelques femmes (dont sa mère) et un seul de ses disciples, tous l’avaient abandonné ! Or, lui, il nous dit : « LA PAIX SOIT AVEC VOUS, AVEC TOI ! » Et cette paix rejoint chacun(e) comme ces « langues de feu qui se sont posées sur chacun d’eux ». C’est la paix que lui seul peut nous donner, la PAIX DU RESSUSCITE. Elle nous dit cette Bonne Nouvelle, inattendue, incroyable : ON REVIENT DE LA MORT ! Elle n’est pas une porte qui « se ferme », mais une porte qui « s’ouvre »… sur l’ascension au ciel (25 mai).

Puis il souffle sur nous : « RECEVEZ L’ESPRIT SAINT ! » C’est ce qu’il y a de plus beau que les parents peuvent donner à leurs enfants : « un bon esprit » ! L’Esprit que Dieu le Père nous donne par son Fils, est, bien sûr l’ESPRIT D’AMOUR. Il n’y a pas deux « ESPRITS », l’un pour les clercs, l’autre pour les laïques, il n’y a pas deux « AMOURS »… !

« Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire/de ton amour ! » Donc « nous pataugeons » dedans. Il suffit d’ouvrir notre cœur, notre vie à cette présence permanente !

« Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai le repas avec lui et lui avec moi. » (Apocalypse, 3, 20) 

Au cœur de la maladie, au cœur de la vieillesse, dans la solitude de la maison, une chambre de clinique ou de la maison de repos, nous pouvons avoir l’impression d’être abandonné (et sans doute que certain(e)s le sont vraiment). Mais pas de Dieu !!! Nous sommes uniques, toi, moi et tous les autres !

 « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit ? cesse-t-elle de chérir le fils de ses entrailles ? Même s’il s’en trouvait une pour l’oublier,

MOI, JE NE T’OUBLIERAI PAS ! »

N’oubliez jamais, n’oublie jamais ce « symbolisme » de la main- pour-recevoir que Dieu t’a donnée, n’oublie jamais, envers et contre tout, que tu es aimé(e) !

… mais la « main-pour-donner » ?

Quand on est pauvre, malade, vieux…, la plus grande souffrance n’est-ce pas « qu’on n’attend plus rien de nous » ?

Voici la plainte d’une femme pauvre :

« On vient chez nous, pas pour nous, car les riches qui nous aident le font simplement pour aller sans remords à leurs plaisirs. Ils nous jettent une miette avant d’aller dépenser une fortune pour leurs plaisirs, pour leurs plaisirs ne soient pas empoisonnés par l’idée qu’ils nous ont laissé crever ! Mais personne ne vient chez nous avec le sentiment que chez nous ils pourraient trouver une maison, ils pourraient rencontrer une amitié. Pour tous ces riches, nous n’avons pas d’âme, nous n’existons pas, nous sommes simplement un organisme affamé, gênant, qu’il faut bien entretenir pour n’avoir pas le remords d’un crime commis. Mais personne ne nous aime, personne ne s’arrête chez nous avec le sentiment que nous aussi nous aurions quelque chose à donner. » Maurice Zundel

Pensons au regard de Jésus sur la veuve qui n’avait mis que quelques piécettes dans le tronc à la porte du Temple : « Elle a donné plus que les autres : elle a donné tout ce qu’elle avait pour vivre ! »

PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 

tu as envoyé ton Fils sur notre terre

pour nous révéler ton vrai visage,

ton visage de DIEU D’AMOUR,

Père, Fils et Esprit Saint.

Il nous a rejoint, chacun, chacune,

jusqu’au cœur de notre mort, 

pour la vaincre

afin qu’elle ne puisse pas nous séparer

de toi, ni les uns des autres.

Donne-moi, donne-nous

de l’entendre frapper à la porte

de notre vie, de notre cœur,

et d’accueillir la paix qu’il vient nous donner.

« Je serai avec vous, tous les jours,

nous a-t-il dit,

jusqu’à la fin du monde. »

Au cœur de l’indifférence qui nous entoure,

garde vivante dans nos cœurs

la foi en ton amour, en ta présence.

Comme tu l’as dit aux disciples,

tu me dis à moi aussi,

et à tous ceux qui se sentent seuls,

pauvres, inutiles, abandonnés… :

« Comme mon Père m’a anvoyé,

moi aussi je vous envoie ! »

Toi, Père, tu ne cesseras jamais

de croire en moi,

en cette « main-pour-donner »,

ne fut-ce qu’une parole d’amitié,

un sourire… une prière…

En ton Fils Jésus, tu nous as révélé

que tu as un « Sacré Cœur,

qui ne se fatiguera jamais de nous aimer.

Alléluia !


*    *     *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *


MAI 2017

« Heureux celui qui croit… ! »


C’est la Parole du Ressuscité à Thomas : « Heureux celui qui croit, sans avoir vu ! » Sa Parole pour nous, qui vivons ce « Main dans la Main » avec lui… ; certain(e)s d’entre nous (la plupart ?) depuis le début de notre vie !... . Avec cet assurance que Dieu, que je peux appeler « Mon Père », veut que je sois HEUREUX !... envers et contre tout !...

Il a envoyé son Fils pour nous le dire, pour le dire à tous les hommes, du passé, du présent et de l’avenir…

D’abord, là-haut sur la montagne, dans sa « déclaration gouvernementale », que nous appelons – heureusement ! – les BEATITUDES.

« Heureux les pauvres de cœurs ! »

Les cœurs qui restent ouverts, accueillants, bienveillants… Des cœurs « QUI CROIENT » !... envers et contre tout.

Qui « font confiance » à un avenir, quoiqu’il arrive ; « confiance » aux personnes qui les entourent, qui croisent leur route… Un homme peut-il être heureux sur cette terre, enfermé sur lui-même, sans  vivre cette « confiance » ? Les BEATITUDES que Jésus nous propose à vivre, nous tracent le chemin pour être heureux sur la terre ; elles nous incitent à la douceur, la compassion, au pardon, à vivre selon la justice et au service de la paix.

« Heureux ceux qui croient… ! »

Jésus a dit cette Parole… lorsqu’il est revenu de la mort !

Il n’a pas aimé la souffrance, il ne l’a sûrement pas cherchée :

« Père que cette coupe s’éloigne de moi ! »

Mais il a gardé cette « confiance », il continué à croire en nous les hommes ! « Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ! »

… et sa confiance en son Père :

« Père, entre tes mains je remets mon esprit. »

Il a eu raison ! Quand il est revenu vers nous les hommes, après avoir vécu des « atrocités », il nous a dit – trois fois : « LA PAIX SOIT AVEC VOUS !  Je suis passé « par là », et j’en reviens ! »

Le bonheur qu’il nous a souhaité là-haut sur la montagne, c’était pour notre vie sur la terre ; il nous faisait « confiance » en chacun, chacune pour prendre notre vie en main et la vivre dans le bonheur.

Mais déjà les BEATITUDES portaient en elles des promesses d’avenir :

« Heureux les pauvres de cœur,

le Royaume des cieux est eux…

 … ils seront consolés, rassasiés, 

ils verront Dieu ! »

Quand « le disciple-que-Jésus-aimait » est arrivé au tombeau… vide, IL VIT ET IL CRUT !...

Moi aussi…, et sans doute la plupart d’entre vous, J’AI VU ce MAIN DANS LA MAIN qui s’est noué entre des hommes, sur toute la terre ; je porte en moi cette espérance, cette « confiance » en cet avenir que le Ressuscité a ouvert à tous les hommes, un avenir de bonheur.

Sur l’image souvenir de ma « première messe », cette Parole de Saint Paul : « Malheur à moi si je n’évangélise ! »


« Ceux… qui n’ont pas vu ! »

Oui, il y a ceux qui ne croient pas en Jésus ressuscité ; ils sont bien plus nombreux que ceux qui croient en lui… ; il y a ceux qui ont cessé de croire en lui, et ceux qui le combattent…

Comme au temps, en ces quelques années que les hommes l’ont laissé vivre sur la terre, où, au pied de la croix, il ne restait qu’un disciple et quelques femmes… dont sa mère, à qui il a confié tous les hommes !

« Pour nous les hommes

et pour notre salut,

il descendit du ciel ! »

Remontons « là-haut sur la montagne » pour réécouter ses « BEATITUDES »… Que nous pouvons traduire en langage moderne : « LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE » (à condition de ne pas nous accaparer la LIBERTE, en laissant tomber l’EGALITE et la FRATERNITE).

Jésus, en mourant de notre mort et en ressuscitant, est venu ajouter un avenir-au-delà-de-la-mort !

« Venez les bénis de mon Père,

recevez en héritage le Royaume

qui a été préparé pour vous, 

depuis la création du monde ! »

Qui donc sont ces « bénis de mon Père » ? Ce sont tous ceux et celles qui « croient aux autres », qui leur font confiance, et dans la confiance passent aux actes : 

« J’avais faim, vous m’avez donné à manger ;

j’avais soif, vous m’avez donné à boire ;

j’étais malade, dans une maison de repos, en prison…, vous êtes venus me visiter.

Ce que vous avez fait au moindre des miens, c’est à moi que vous l’avez fait ! »

HEUREUX, ceux QUI CROIENT !


PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 
« tu nous a tant aimés
que tu as donné ton propre Fils »
et lui, par amour pour nous,
pour tous les hommes,
a donné sa vie !
Qui est mort sur une croix,
mais qui est ressuscité,
et qui est là au cœur de nos vies,
au cœur de ma vie
pour me dire : « LA PAIX SOIT AVEC TOI ! »
qui que tu sois
quoi qu’il t’arrive,
quoi que tu fasses !
Tu nous dis : « Heureuse, heureux
si tu crois sans avoir vu ! »
Aide-moi, aide-nous
à nous accrocher à cette Parole
quand « ça va mal »,
quand le désespoir est plus fort que l’espérance.
Que ton Fils ressuscité soit avec moi,
pour me faire sortir de « ce tombeau »
pour retrouver la paix et la joie…
* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
Marie, tu étais là, au pied de la croix,
tu as « tenu le coup » jusqu’au bout !
Tu l’as fait pour nous, pour moi,
pour nous montrer
que tu serais aussi là
au cœur de mes souffrances, 
et de toutes les personnes
qui souffrent avec moi, autour de moi !
Oui merci, Marie,
d’être là, pour nous, avec ton cœur de mère !

Amen.

*    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *

AVRIL 2017

En route vers Jérusalem.

* * * * * * * * * *    *    *    *


Au moment où je vous écris, Jésus n’y est pas encore arrivé, à Jérusalem. Il s’était mis en route – courageusement – parce qu’il savait ce qui l’attendait. il y est allé « pour nous les hommes et pour notre salut », pour toi, moi et tous les autres…


Peut-être que vous n’avez pas eu l’occasion de l’accompagner, d’une semaine à l’autre. Mais puisque vous êtes concerné(e), au plus profond de votre existence, je vous invite à un « main dans la main » rétrospectif…


Avec toute notre foi, accompagnons Jésus sur la montagne. Moïse et Elie, qui étaient morts depuis longtemps, viennent le rejoindre, et les voilà TRANSFIGURES. Pierre qui, avec Jacques et Jean, l’a accompagné, croit à un beau « spectacle » et est prêt à construire trois tentes pour qu’il dure. Or ce n’était pas un « spectacle », mais la révélation de NOTRE AVENIR : nous sommes en route vers NOTRE TRANSFIGURATION !... qui que nous soyons, quoi qu’il nous arrive (maladie, handicap, vieillesse), quoi que nous fassions !...


Jésus est d’abord redescendu de la montagne et un jour, près du puits de Jacob, il a rencontré une samaritaine… infréquentable selon les Juifs et selon ses disciples. Une « femme de mauvaise vie », quoi ! Non seulement Jésus s’est adressé à elle spontanément, mais il lui a demandé à boire ; pour finir de lui proposer une eau qui deviendrait en elle « source de vie éternelle » ! La femme en a été toute « transfigurée » ; elle en a oublié sa soif et sa cruche et s’en est retournée dans son village : « J’ai rencontré un homme qui m’a l’air d’être le Messie que nous attendons ! »


Le week-end suivant, le voilà qui rencontre un aveugle de naissance. Un pécheur, selon ses disciples et les autorités religieuses. Mais selon Jésus « un défaut de fabrication ». Avec sa salive, il fait un peu de boue qu’il applique sur les yeux de ce handicapé et l’envoie à la piscine de Siloë pour les laver… Le voilà « recréé, transfiguré ». Et voici la rencontre avec Jésus : 

« Crois-tu au Fils de l’homme ? »

« Et qui est-il, Seigneur pour que je croie en lui ? »

« Tu le vois, c’est lui qui te parle. »

« Je crois Seigneur ! »


Puis son ami Lazare tombe malade à Béthanie ; Jésus tarde à s’y rendre et quand il arrive, il est déjà mort et enterré. « Il sent déjà », lui dira sa sœur Marthe, quand Jésus fait ouvrir la tombe, pour appeler son ami :

« Lazare, viens dehors ! »


N’est-ce pas le sommet de la « TRANSFIGURATION » ?... un mort qui revient à la vie !?


Le Fils de l’homme, le Fils de Dieu… en contact direct avec le péché, le handicap, la maladie, avec la mort de l’homme… et qui ne reste pas indifférent ! Et cet homme, c’est, aujourd’hui et demain, chacun, chacune d’entre nous, toi, moi et tous les autres.


« Marthe, crois-tu cela ? »

« Oui, Seigneur, je le crois ! »




Des Paroles et des Signes.

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Des Paroles étonnantes, des signes incroyables…, au long de cette « montée vers Jérusalem ». Qui invitent tout simplement à « croire », qui font naître la « foi » chez la Samaritaine, l’aveugle-né, chez Marthe et sa sœur Marie… ; et la « joie » qui accompagne la foi…


Des « paroles » et des « signes », comme dans nos relations quotidiennes, les uns avec les autres ; qui créent des liens très forts quand la confiance règne et qu’ils sont « vrais » ; qui détruisent ces liens quand ils sont « mensongers »… « Paroles » et « Signes » pour dire notre amitié, notre amour… qui est source de bonheur.


Jésus, depuis cette « Transfiguration » sur la montagne, nous entraîne avec lui vers Jérusalem. Toutes ces « Paroles » et tous ces « Signes » sont pour nous, toi, moi et tous les autres. Jésus nous invite à lui faire confiance, envers et contre tout, à croire en lui, quoi qu’il lui arrive, à le croire quand il nous dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ! » 


A croire en lui – avec la Samaritaine, l’aveugle-né, avec Marthe – quand il se livre à la mort, à notre mort d’homme…, avec cette confiance inébranlable en son Père : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit ! »


« Paroles » et « Signes » pour nous inviter à croire que SON PERE EST AUSSI NOTRE PERE !... que si nous sommes enfants de nos parents, nous sommes encore plus radicalement, fondamentalement ENFANTS DE DIEU, toi, moi et tous les autres. Et que LE FILS est venu nous prendre par la main, pour nous emmener avec lui dans sa TRANSFIGURATION, dans sa RESURRECTION !

PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 
en ce Temps où nous nous souvenons
de la mort et de la Résurrection
de ton Fils, de notre frère Jésus,
nous te rendons grâce de tout cœur ;
par les « Paroles » qu’il nous a dites
par les « Signes » qu’il a faits,
il nous a révélé ton Amour de Père,
pour chacun, chacune de nous.
Il nous a rejoint
jusqu’au cœur de notre péché,
au cœur de nos maladies, nos handicaps,
au cœur même de notre mort,
pour nous rassurer et nous révéler,
qu’en toi, qu’en ton amour
il y a toujours un avenir,
un avenir de paix, de lumière !
Père très bon,
garde vivante dans mon cœur
cette lumière, surtout aux heures sombres de ma vie,
quand la douleur, la souffrance,
quand le découragement
me mettent à bout de force, 
à bout d’espérance…
En ces moments, en ces heures difficiles,
que ton Fils nous « parle », 
par ceux qui nous entourent…,
qu’il nous « fasse signe »,
d’une façon ou d’une autre,
pour nous remettre en route avec lui
- courageusement – 
sur ce chemin qui, 
à travers la souffrance et la mort
mène à notre TRANSFIGURATION !
Amen.

*    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *    *

Mars 2017

« Soyez parfaits comme votre Père ! »

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            Vous souvenez-vous de la Parole de Jésus le mois dernier : « SOYEZ HEUREUX ! ». C’était le premier mot de « sa déclaration gouvernementale », pour toi, moi et tous les autres hommes. « DIEU VEUT QUE NOUS SOYONS HEUREUX ! » C’est logique, non ?! Puisque Jésus nous a dit que nous pouvons l’appeler « Abba-papa » ! Tout papa, toute maman, qui a le cœur a la bonne place, veut que ses enfants soient heureux, non pas un tout petit peu, à moitié, mais pleinement… Or notre Dieu a son cœur à la bonne place : Il a un SACRE CŒUR !... Nous le fêtons chaque année…

 

            « Heureux… et PARFAITS comme le Père ! » Ce week-end du 19 février, Jésus vient de nous le redire dans le monde entier ! et j’ai eu la chance d’annoncer cette Parole dans une Maison de repos, où une fois par mois, je célèbre l’Eucharistie.

 

            « SOYEZ PARFAITS ! »

 

            Il faut le faire !... leur dire, à leur âge et dans leur état de santé d’être parfaits !... j’ai insisté : « C’est vraiment à vous que cette Parole est adressée ; et c’est le Fils du Père qui la dit, pas moi ! »

 

            Le « bon » peuple disait de Jésus, qu’il parlait avec autorité (non pas comme les scribes et les docteurs de la loi). Chez lui, il n’y avait pas de distance entre ce qu’il disait et ce qu’il était, ce qu’il pensait. Jésus ne parlait pas pour ne rien dire…

 

            « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ! »

 

            L’Ancien Testament le disait déjà à sa manière :

            « Soyez saints comme votre Père céleste est saint ! »

 

            Parole de Dieu ! J’ai envie de dire qu’il exagère ! Qu’il « met la barre trop haut » pour moi ! A la limite, qu’il se moque de moi et me décourage !... Surtout à mon âge, handicapé(e), malade…

 

            Mais non ! Quand Dieu me regarde et qu’il te regarde, son regard ne s’arrête pas à la « coquille extérieure » ; il nous rejoint au plus profond de nous-mêmes. C’est le regard du Dieu Créateur et Père : il voit en chacun, chacune de nous « son image et sa ressemblance » ; bien mieux : il voit son enfant que nous sommes ! Oui, de tout son cœur, il me dit, à toi et à tous les autres :

            « Sois ce que tu es : mon enfant ! »

… qui que tu sois, quoi qu’il t’arrive, quoi que tu fasses !

 

            Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l’image de Dieu, l’homme est enfant de Dieu ! C’est pour cela QUE SON FILS S’EST FAIT HOMME !

 

            Et voici que Matthieu nous raconte :

            « Ayant été baptisé, voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

            Et voici qu’une voix venue des cieux disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ! ». »

            Parole du Père, à tous les hommes de la terre ! d’hier, d’aujourd’hui et de demain !... il suffit de la croire !

 

« Soyez Saints… Soyez parfaits, SOYEZ HEUREUX !»

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« Notre Père…, que ta volonté soit faite, sur terre comme au ciel ! »

 

            Hier, à KATEO (télé catholique française, n° 299), deux spécialistes de Saint Paul nous rappelaient que « nous sommes sauvés » par Jésus Christ, et non pas par « nos œuvres ». Ils reconnaissaient aussi que, dans notre Eglise occidentale, pendant des siècles, nous avons été culpabilisés. En raccourci : les hommes sont de « pauvres pécheurs qui doivent mériter leur ciel ! ». Mission quasi impossible, pour la plupart d’entre nous…

 

            « Parfait » voulait dire « sans péché », « saint » signifiait « vertueux » (ce qui normalement aurait dû nous faire dire : « Comme le Père est vertueux et sans péché ! »)…

 

            La « sainteté », j’aime bien la traduire par un mot que j’ai inventé : l’AUTRETE. Etre saint, c’est être autre, en mieux. Et j’aime citer le début de la deuxième Prière eucharistique.

 

            « Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de notre sainteté, Seigneur nous te prions : SANCTIFIE ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ; qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus le Christ notre Seigneur. »

 

            L’effet de la « SANCTIFICATION » : le bon pain et le bon vin, deviennent autre-en mieux ! et comment !...

 

            Parce que le Fils de Dieu s’est fait homme et que l’Esprit a été répandu sur la terre, nous les enfants des hommes nous sommes devenus enfants de Dieu ! « Autres-en-mieux » !

 

            « Mes bien-aimés, le Père a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu – ET NOUS LE SOMMES ! » (1Jn, 3,1)

 

            « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous ENFANTS DE DIEU…, qui commettons encore « des bêtises » ! »

 

PRIERE DU MOIS

 

 

Père très bon,

 

merci de nous avoir envoyé ton Fils

pour qu’en Lui nous devenions,

nous les hommes, tes enfants…

Merci de nous avoir donné ton Esprit,

qui, au cœur de notre vie,

prie et crie vers Toi « Abba Père »,

même aux heures où moi,

je ne trouve pas les mots

pour m’adresser à toi,

où je me sens même abandonné(e).

Augmente en nous la foi

en cette Parole que le prophète Isaïe

vient de proclamer dans le monde :

« Une femme peut-elle oublier son nourrisson,

ne plus avoir de tendresse

pour le fils de ses entrailles ?

Même si elle l’oubliait,

moi, je ne l’oublierais pas ! »

Oui, Père, donne-nous ce courage

de croire, envers et contre tout,

QUE NOUS SOMMES TES ENFANTS,

que tu es, avec moi,

au cœur de mes souffrances,

au cœur de mes questions, de mes doutes…

Marie, mère de Jésus et notre mère,

toi aussi tu es là,

au pied « de notre croix »,

garde vivante dans nos cœurs,

cette foi

que nous sommes « enfants du Père »,

garde vivante l’ESPERANCE !

 

Amen.

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Janvier 2017



« LE VERBE S’EST FAIT CHAIR ! » (Jean, 1, 14)

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« Et le Verbe s’est fait chair,

et il a habité parmi nous,

et nous avons vu sa gloire. »

 

                Le VERBE S’EST FAIT CHAIR ! Je le répète une troisième fois - c’est voulu ! pour que cette PAROLE entre dans votre esprit, votre cœur…, votre vie. Surtout si vous n’avez pas vécu la célébration eucharistique du Jour de Noël, et que vous n’avez rencontré ce « VERBE » que comme un petit enfant, emmailloté et couché dans une crèche…, et qu’il n’est pas entré « dans votre chair ».

                Si ce mot « chair » vous effraie, si vous le trouvez trop « cru », rappelez-vous notre Credo : « ET HOMO FACTUS EST : il s’est fait HOMME ! » La formule est plus « douce » mais la réalité reste la même.

                La réalité cachée dans ce « gros mot » : VERBE, c’est la PAROLE DE DIEU.

                C’est la première Parole de Dieu dans notre Bible :

« Dieu dit : « Que la lumière soit » et la lumière fut ! »

 

                Et au sommet de sa création :

« Que l’homme soit » et l’homme fut, homme et femme, à son image et à sa ressemblance. Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon ! »

                Et cette Parole a été dite, a pris sa source dans l’AMOUR, car ce Dieu n’est qu’amour ! Il aime la lumière, l’eau et la terre, les plantes, les animaux, et surtout il nous aime nous les hommes, toi, moi et tous les autres.

                Cette Parole dit « inconditionnellement » :

« JE T’AIME !... TOI ! »

                Et voilà qu’elle s’est faite CHAIR, qu’elle s’est faite HOMME, depuis la naissance jusqu’au cœur de la mort ! Le LIEU de la rencontre avec ce Dieu d’amour, désormais, c’est en moi, en toi, en tout homme ! Non pas dans un ciel, un avenir lointain, quelque part derrière les nuages, dans les étoiles !...

« Tu es là au cœur de ma vie,

et c’est toi qui me fait vivre,

tu es là au cœur de ma vie,

bien vivant, ô Jésus-Christ ! »

                Ce n’est pas un pieux refrain d’un de nos chants « usés » : c’est l’acte de foi en notre réalité fondamentale : « Dieu s’est fait homme, pour que l’homme (que je suis) devienne Dieu ! »

                Saint Jean l’avait dit à sa façon :

« Voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés :

il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu,

ET NOUS LE SOMMES ! »

                Si j’avais pu célébrer l’Eucharistie dans une Maison de repos ou dans une clinique, j’aurais sûrement programmé ce refrain comme un chant de Noël ! Et du côté de la communion, j’aurais rappelé cette autre Parole :

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang,

DEMEURE EN MOI ET MOI JE DEMEURE EN LUI ! »

                Il est vraiment l’Emmanuel, le DIEU-AVEC-NOUS, annoncé par le prophète Isaïe.

 « Il est né le divin enfant ! »

*   *   *   *   *  *   *   *

                J’y tiens, aux deux : le Verbe qui s’est fait chair et à l’enfant nouveau-né, emmailloté et couché dans une crèche…

                La prière que Dieu lui-même inspire à Moïse pour souhaiter au peuple la « Bonne Année », la voici pour vous :

« Que le Seigneur te bénisse et te garde !

Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! »

                Malheureusement, le Jour de l’an, nous avons déjà oublié Noël… quand Dieu, pour commencer, a tourné vers nous UN VISAGE D’ENFANT, un sourire « invincible » d’enfant qui nous dit tout son amour et qui nous invite à l’aimer. Dieu a toujours ce visage d’enfant pour toi, moi et tous les autres…

                Mais, bien sûr, il a grandi, et sa vie, sur les routes de son pays, a été celle « d’un visage tourné vers les autres », vers nous ! Surtout vers ceux qui souffraient, que ce soit dans leur corps ou dans leur cœur… (et s’il n’y a pas – à part Syméon et Anne, au début de sa vie – beaucoup de personnes âgées dans l’Evangile, c’est parce qu’on ne vivait pas « vieux » en ce temps-là)…

                Et ce visage de Dieu, révélé en son Fils, est un visage ouvert, accueillant, un visage rayonnant d’amour ! Jamais nous ne pourrons dire de lui :

« Il ne m’a même pas regardé(e)…, il ne m’a pas écouté(e)…,

il ne m’a pas parlé… ! »

                Alors, comme lui, en cette nouvelle année, « tournons notre visage » vers ceux avec qui nous vivons, ceux que nous rencontrons :

« Que ta journée, l’année que tu vas vivre soit BONNE ! »

 

 

PRIERE DU MOIS

 

Père très bon,

en ce temps que nous appelons :

« Le Temps de Noël »,

tu tournes vers nous ton visage d’enfant,

et tu tends vers nous tes bras.

Tu me redis, tu nous redis à tous,

combien nous sommes précieux à tes yeux,

combien tu comptes sur notre amour !

Tu connais nos souffrances,

nos peines, nos déceptions, nos désespoirs…

Mais tu persistes à croire en nous,

envers et contre tout,

tu fais confiance à notre cœur

que tu nous as donné

pour aimer… et nous laisser aimés…

Que ton Fils, qui est né sur notre terre,

qui « est là au cœur de ma vie,

pour me faire vivre »

me donne à moi, et à tous les autres

cette force de nous aimer nous-mêmes

parce que toi tu nous aimes,

qu’il nous aide à rayonner cet amour

comme lui il l’a fait

au cours de toute sa vie parmi nous !

Père très bon,

augmente en nous la foi en ton amour,

en ta présence bienfaisante

au cours de cette Nouvelle Année,

que tu nous donnes à vivre.

Que ta bénédiction

descende sur toute notre terre,

sur tous les hommes qui l’habitent,

car tous, en ton Fils, sont tes enfants.

Que pour toi aussi, Père,

cette année soit une « Bonne Année » !

 

 

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Décembre 2016


« J’attends… celui qui est là !? »

*          *          *          *          *          *          *          *          *             *

            Un TEMPS étonnant que ce TEMPS DE L’AVENT, qui nous revient chaque année et nous invite à attendre, à accueillir Celui dont nous chantons :

« TU ES LA au cœur de nos vies,

   et c’est toi qui nous fait vivre,

   tu es là au cœur de nos vies,

   bien vivant, ô Jésus-Christ ! »

Ou encore cet autre refrain :

« TROUVER DANS MA VIE TA PRESENCE

   Tenir une lampe allumée.

   Choisir avec Toi la confiance.

   AIMER ET SE SAVOIR AIME ! »

            Ce dernier vers ne répond-il pas à l’énigme ? « Attendre, celui qui est là » ? Avant la bénédiction et l’envoi, à la fin de l’Eucharistie du premier dimanche de ce Temps de l’Avent, j’ai dit à la petite assemblée qui était venue vivre avec moi cette rencontre avec « celui-là » :

            « Vous devez mieux comprendre cette énigme que moi, le prêtre célibataire, qui vit seul dans son presbytère. Vous la vivez quotidiennement, à la maison, en couple, en famille… J’aime bien dire que « l’amour se vit en souliers de marche ; quand il met les pantoufles, il se meurt. » L’amour – le vrai – est ouverture radicale sur « l’autre » : il (elle) est là, même « quand il (elle) n’est pas là »… Même – surtout ? – les enfants vivent cette merveilleuse réalité de l’amour…

            Encore faut-il CROIRE QU’IL EST VRAIMENT LA, même et surtout quand « ça va mal », à cause de la maladie, de la vieillesse, d’une rupture…

            Le croire PARCE QU’IL L’A DIT, le croire « sur parole », envers et contre tout (peut-être contre tous, dans notre monde déchristianisé)… Pendant quatre semaines, aux heures de prière, aux liturgies eucharistiques…, Dieu nous parlera de sa présence, de sa BIENVEILLANCE. Il nous veut du bien, notre Dieu, vivre avec nous un véritable « Main dans la Main » ! Tenez : en ce premier lundi de l’Avent, Dieu nous dit par le prophète Isaïe :

« La gloire (=l’amour) du Seigneur sera,

contre la chaleur du jour,

l’ombre d’une hutte,

un refuge, un abri,

contre l’orage et la pluie ! »

 

            Cette Parole adressée à « Sion », au peuple en exil, devient toute personnelle dans l’Evangile… du centurion romain :

-        « Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, paralysé, et il souffre beaucoup ! »

-        « Je vais aller moi-même le guérir ! »

            La « hutte, le refuge, l’abri » de l’Ancien Testament, le voilà devenu QUELQU’UN, le « Verbe qui s’est fait chair pour venir habiter parmi nous. » Et il prend soin du serviteur d’un centurion romain !... ce qui veut dire de toi, de moi et de tous les autres !...

            C’est incroyable, mais il suffit d’y croire. A la manière de Marie

-        « Comment cela va-t-il se faire ? »

-        « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. »

-        « (Dans ce cas)… que tout m’advienne selon ta parole ! »

Le Temps de l’Avent, un temps pour croire « qu’il est vraiment là au cœur de ma vie, pour me faire vivre ! »                   

        Le Temps de l’Avent

        un temps d’ESPERANCE.

 *     *      *      *      *      *      *      *      *      *

            L’Espérance ouvre notre vie, non pas sur « un » avenir, mais sur L’AVENIR, et cet avenir est QUELQU’UN. Il l’a dit, le Fils de Dieu qui s’est fait homme : « Je suis la PORTE (ouverte) des brebis, je suis le CHEMIN, je suis la VIE ; il aurait pu me dire, à toi et à tous les autres : « JE SUIS TON AVENIR ! » 

            Saint Jean le dit à sa façon :

            « Nous sommes appelés enfants de Dieu et nous le sommes ! Mais ce que nous serons, ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. » 

            L’Espérance dépasse l’espoir ; celui-ci enferme le futur dans nos attentes personnelles : l’espoir qu’il fasse beau demain, que mon enfant réussisse à l’examen, que je guérisse de ma maladie…

            L’Espérance ouvre à un « au-delà » de nos désirs, de nos attentes…, de notre vie. Comme le suggère ce texte, bien connu :

« Au bout de l’ascension, il n’y a pas l’ascension, mais le sommet.

Au bout de la nuit, il n’y a pas la nuit, mais l’aurore.

Au bout de l’hiver, il n’y a pas l’hiver, mais le printemps.

Au bout de la mort, il n’y a pas la mort, mais la vie.

Au bout du désespoir, il n’y a pas le désespoir, mais l’espérance.

Au bout de l’humanité, il n’y a pas l’homme, mais l’Homme-Dieu.

Au bout de l’Avent, il n’y a pas l’Avent, mais Noël. »


PRIERE DU MOIS

 

Père très bon,

 

tu nous as révélé, à nous les hommes,

ta bonté, ta bien-veillance,

quand tu as appelé Moïse,

et que tu l’as envoyé en Egypte

pour libérer son peuple de l’esclavage…

Tu nous l’as révélé bien mieux encore,

lorsque tu nous as envoyé ton Fils ;

en lui, tu es devenu l’EMMANUEL,

le Dieu-avec-nous !

Que ton Esprit,

qui a pris Marie sous son ombre,

pour le faire naître parmi nous,

fasse grandir en nos cœurs

l’assurance, la certitude de foi,

que tu es vraiment avec moi, avec nous,

quoiqu’il m’arrive,

que nous ne sommes jamais seuls !

Il est vraiment venu vivre notre vie,

avec ses joies et ses souffrances ;

il sera là au cœur de notre mort,

fidèle à ce « Main-dans-la main »

qu’il est venu, en ton nom,

nouer avec tous les hommes de la terre.

Que ce temps de l’Avent,

que ses disciples vivent et fêtent

dans le monde entier,

rayonne partout une grande ESPERANCE

surtout là, où la guerre,

l’injustice, la misère, la maladie…

répandent la peur et le désespoir…

Oui ! Que vienne ton Fils,

qui déjà « est là au cœur de nos vie,

                        pour nous faire vivre ! »

Amen.

 


 

 

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Novembre 2016


« Je suis le CHEMIN… » ! (Jésus) 

* * * * * * * * * *


N’oublions jamais cette Parole !... qui que nous soyons, quoique nous fassions, quoiqu’il nous arrive : IL Y A UN CHEMIN ! C’est Jésus qui l’a dit ; et il a ajouté : « JE SUIS LA VERITE ! JE SUIS LA VIE ! » Si quelqu’un sait de quoi il parle, c’est lui : Fils de Dieu devenu Fils de l’homme…

Peu importe ce que disent « les sages et les savants » du passé, du présent et de l’avenir… ; ce que disent nos enfants, nos voisins…, ce qui se dit aux comptoirs des cafés ou ailleurs : « Celui qui construit sur cette Parole, construit sur le roc ! » C’est encore lui, Jésus, qui le dit.

« Quoique je fasse ! » Là-haut sur la croix, il a demandé à son Père de pardonner à ces prêtres, scribes et docteurs de la loi…, qui auraient dû reconnaître en lui le Messie tant attendu, l’accueillir et emmener tout le peuple à sa suite : ils l’ont fait crucifier ! Au cœur du mal que je fais, il y a le PARDON !

« Quoiqu’il m’arrive ! » la maladie, l’accident, la vieillesse…, qui m’entraîne dans LA MORT !!! C’est « au moment de passer de ce monde à son Père » qu’il a dit : « pour nous les hommes et pour notre salut » : « JE SUIS LE CHEMIN ! » Là où nous croyons qu’il y a une impasse, radicale, définitive, irréparable…, voilà sa PAROLE !

Nous voilà confrontés à ces deux « foi » : croire que la mort est une impasse, ou croire qu’elle est ce passage de ce monde à son Père. Car nous ne savons pas, nous les chrétiens pas plus que les athées, ou les adeptes d’autres religions (comme le bouddhisme)… Nous n’avons pas de preuves, ni dans un sens, ni dans l’autre, de preuves scientifiques. 

Personnellement « je suis tombé dans la foi » dès ma naissance, et mes parents, par le baptême, ont voulu me plonger dedans. Il se fait que je suis resté dedans, et je m’y trouve bien. Apparemment Dieu l’a voulu ainsi ; il semble même qu’il m’a choisi pour la communiquer aux autres. Cette année, je me suis rappelé que, pour l’image-souvenir de ma première messe, j’avais choisi cette Parole de Saint : « Malheur à moi si je n’évangélise ! »… si je ne vous dis pas que ce « Main dans la Main » entre nous et notre Dieu, c’est pour toujours ! Je ne le sais pas, mais je le crois !... J’ai envie d’ajouter : « Je n’en peux rien ! c’est comme ça ! » et c’est merveilleux !

Beaucoup de gens ne parviennent pas (ou plus) à croire à un au-delà de la mort, parce qu’ils ne parviennent pas A SE L’IMAGINER ! « Où va-t-on mettre tout ce monde ? que va-t-on faire du matin au soir et du soir au matin, pendant toute une éternité ? »…

Ces question, je ne me les pose plus depuis que j’ai rencontré cette parole du Père François Varillon, s.j. : « Quand vous pensez à l’au-delà de la mort, commencez par TUER L’IMAGINATION ! » Elle a besoin du « temps » et de l’ « espace », qui disparaissent avec ma mort…

Heureusement que Jésus, qui est venu de cet au-delà, nous a laissé « des images » pour nous en parler…

« Si vous ne devenez pas comme les enfants… ! »

 * * * * *  (Jésus) * * * * *

D’abord une image, qui ne vient pas de Jésus, mais du faire part annonçant le décès d’un monsieur dont on m’a demandé de célébrer les funérailles.

« Dans un autre monde, très loin, il paraît qu’il y a un jardin plus beau qu’ici, rempli de fleurs. » 

(« Monsieur le curé, ne faites pas un discours trop long : il n’aimait pas ça ! »)

Je me suis souvenu qu’au début de la Bible, le bon Dieu avait eu la même idée, l’idée d’un paradis.

« Yahvé Dieu planta un jardin en Eden, et il y mit l’homme qu’il avait modelé ; il fit pousser du sol toutes espèces d’arbres séduisants à voir et bons à manger… ! » Ça m’étonnerait qu’il n’y ait pas semé des fleurs…

Un jardin plein de fleurs, autour d’une MAISON. Cette image-là est de Jésus ! Et c’est lui qui est LE CHEMIN vers cette MAISON qui est celle de son Père !... qui est aussi NOTRE PERE. Nos défunts sont donc CHEZ EUX, définitivement. Jésus est retourné auprès de son Père pour leur y préparer UNE PLACE, à chacun, chacune. Ils ne vont pas se dissoudre en « énergie », survivre dans les arbres, les ruisseaux, devenir de l’humus… ; et ils nous attendent, car Jésus veut que là où il est, nous soyons nous aussi : il y aura des RETROUVAILLES… vous pouvez relire tout cela dans l’Evangile de Saint Jean 14, 1-6.

Et il y aura à boire et à manger, c’est Jésus qui nous le dit :

« Amen je vous le dis : il (le Père) prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. » (Luc 12, 37)

Et maintenant, tuons l’imagination et ne retenons que ces images qui nous parlent de vie, d’amour, de bonheur… éternel !

Laissons faire notre Père, faisons-lui confiance, nous qui sommes ses enfants ! Un jour, nous « verrons » bien !... 



PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 

nous te rendons grâce,

en ce mois qui s’enracine

dans la Fête de tous les saints,

et qui nous invite, chaque année

à nous rendre sur « nos tombes ;

nous te rendons grâce

parce que tu as envoyé ton Fils 

sur notre terre pour nous rassurer, 

pour nous révéler

que la mort n’est pas la fin de notre vie,

mais « le passage de ce monde

vers toi, notre Père ! »

C’est « pour nous les hommes

et pour notre salut

qu’il descendit du ciel, qu’il remonta au ciel ! »

Père, augmente en nous la foi

en cette Bonne Nouvelle,

ouvre nos oreilles aux Paroles de ton Fils,

en ce temps où tant d’autres paroles

mettent en doute cet avenir heureux

que tu as préparé pour nous, tes enfants.

Que cette espérance, envers et contre tout,

m’aide en ces heures

où la maladie, la vieillesse…

« prennent le dessus » et me découragent.

Que ton Fils se révèle présent

au cœur de notre vie, compatissant,

avec tous ceux qui souffrent

comme il l’a fait au cours de sa vie

sur notre terre…

Que ton Esprit nous anime

à croire de tout cœur

que ce « Main dans la Main » entre toi et nous, 

c’est pour « aujourd’hui » et pour « toujours » ! Amen.






Octobre 2016



 « Réjouis-toi, Marie ! »

*             *             *             *             *             *             *             *             *             *

 

                C’est avec cette Parole que l’ange Gabriel (et avec lui, notre Dieu) fait irruption dans la vie d’une jeune fille de Nazareth, que nous continuons à appeler MARIE, tous, dans le monde entier, des millions de fois, tous les jours, toutes les nuits…

                Qu’était-elle en train de faire ? le nettoyage de la maison ? la cuisine ? la lessive ?... Nous ne le saurons jamais ; j’ai presque envie de dire – un peu crûment – l’ange « lui est tombé dessus ».

                Je le dis quand même, parce que cet évènement nous concerne directement, chacun, chacune de nous, qui que nous soyons. C’est un peu mon « petit dogme personnel » : ce qui est arrivé à Marie, nous arrive à nous aussi. J’ai l’impression que l’on a éloigné de nous, la petite fille de Nazareth, avec les « gros mots » que nous utilisons pour parler d’elle : « annonciation, virginité, maternité, assomption », pour ne citer que ceux-là. Nous avons fini par la « couronner au ciel », par l’appeler REINE, elle qui s’appelait SERVANTE et qui n’a pas cessé de nous apparaître sur la terre pour se mettre à notre service…

                « Réjouis-toi, Marie ! » Marie ne s’attendait pas du tout à la venue de cet Ange, à l’irruption de Dieu dans sa vie. DIEU A TOUJOURS L’INITIATIVE, même chez nous : à nous de l’accueillir, comme Marie…

v L’annonciation : c’est écrit dans le dernier Livre de la Bible :

« Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un m’ouvre, j’entrerai chez lui et je prendrai mon repas avec lui. »

            En entrant, il me dira à moi aussi : « Réjouis-toi, Charles, tu as toute ma faveur… et surtout, ne crains pas ! » Il frappe à la porte, du matin au soir, et du soir au matin. Il y en a parmi vous qui pourraient témoigner de ces « annonciations » ! Et c’est inutile de « verrouiller » votre porte ! « Toi quand tu pries, entre dans ta chambre la plus retirée et adresse ta prière à ton Père QUI EST LA… » !

            Qui est là surtout chez ceux qui souffrent, d’une façon ou d’une autre, du côté du corps ou du cœur. Tous les Evangiles nous montrent Jésus auprès de ceux-là…

 prodigue » est revenu à la maison, le Père l’a accueilli et dit à son frère mécontent : « Ton frère qui était mort est revenu à la vie ! »…


PRIERE DU MOIS

Père très bon,

en ce mois d’octobre, mois du Rosaire,

Marie nous invite à prendre sa main,

pour nous faire rencontrer son Fils

à travers les grands « mystères » de sa vie.

Tu lui as envoyé ton ange Gabriel,

pour lui demander de le mettre au monde,

pour révéler ton amour de Père

à tous les hommes, sur toute la terre ;

pour leur ouvrir, en lui,

un avenir de paix et de lumière,

un au-delà de leur mort.

Marie a dit oui :

« Je suis la servante de Seigneur

   qu’il me soit fait selon ta Parole. »

Elle est devenue la mère de ton Fils,

par lui et en lui « notre mère » !

Avec tous ceux qui connaissent

cette Bonne Nouvelle, et qui y croient,

je te rends grâce de tout mon cœur.

Père très bon,

tu viens aussi frapper à ma porte ;

tu es là, au plus secret de ma vie,

du matin au soir, du soir au matin.

Jésus, ton Fils, nous l’a révélé.

Que ton Esprit qui m’habite,

m’anime à t’ouvrir la porte,

à me tourner vers toi,

surtout aux moments

où je me crois abandonné(e),

comme Jésus sur la Croix !

-              -              -              -              -              -

Marie, toi qui a fait confiance

à la voix de l’ange Gabriel

aide-nous à ouvrir notre vie

à la présence du Dieu d’amour !

 


Juin 2016

 

« Le Puissant s’est penché… ! » (Marie)

*             *             *             *             *             *             *             *             *            

 

                Aujourd’hui, où je vous écris, Marie s’est mise en route « avec empressement » pour aller retrouver sa cousine Elisabeth. Une « vierge » et  une « vieille femme stérile », divinement enceintes, qui se rencontrent pour partager une même joie : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ! »

 

                Cette rencontre « joyeuse », nous l’avons appelée « LA VISITATION ».

 

                Une occasion providentielle pour « Main-dans-la-Main » de dire merci à vous toutes et tous qui portez ou envoyez ce petit feuillet à ceux qui souffrent d’une façon ou d’une autre, depuis 25 ans, d’un mois à l’autre…

 

                Une occasion pour vous dire : « Heureux, heureuses vous qui croyez à l’accomplissement de « cette Parole » du Seigneur : « J’étais malade, et vous êtes venu(e) me visiter ! » » (Matthieu 25, 36)

 

                Que vous ayez porté « Main dans la Main », que vous l’ayez glissé dans la boîte à lettres, ou envoyé, fondamentalement, du côté du cœur, du côté de la foi, la démarche est la même.

 

                Je suis en train de lire un gros livre sur l’Amour et l’amour (Aimer sans dévorer, de Lytta Basset). Pour ne pas vous effrayer par « l’ESPRIT SAINT » qui est présent dans tous nos gestes et paroles d’amour, elle parle, « minusculement », du « souffle d’amour ».

 

                C’est Bonne Nouvelle pour tous ceux qui visitent « les malades » : leurs proches, leurs amis, leurs connaissances… Le « souffle d’amour » se glisse dans leur démarche et lui donne une profondeur, une intensité divine. Peut-être avez-vous déjà chanté ce refrain :

« Celui qui aime est né de Dieu

            celui qui aime est fils de Dieu

                            Car Dieu est amour, et l’amour est Dieu. »

 

                Un refrain qui ne parle pas de religion, mais qui est profondément « humain », et donc profondément « divin ». Car non seulement Dieu a créé l’homme à son image, mais il est allé jusqu’à se faire homme en Jésus de Nazareth… Tout amour humain est habité par le « souffle d’amour »…

 

                Et c’est sûrement vrai pour vous que nous appelons « visiteuses ou visiteurs de malades ». Vous êtes des « apôtres », des envoyé(e)s par Dieu et par son Eglise. Vous rendez visible cette parabole du Corps de Saint Paul : « Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance. » (I Cor. 12,26). Vos « visites » sont des « visitations », comme celle de Marie, marquées par la compassion, mais aussi enracinées dans la foi : « Heureux/ses vous qui croyez que… votre miséricorde rend visible la Miséricorde de notre Dieu ! »

 

  C’est « pour cela » que ces deux femmes qui se rencontrent, Marie et Elisabeth, sont enceintes, et proclament ensemble leur JOIE DE CROIRE au « souffle d’amour » !

 

 « L’Esprit Saint te prendra sous son ombre !... » (Lc 1, 35)… Marie… et vous autres !...

« Oui, le Seigneur est penché sur vous ! »

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

 

 

Cette page est pour vous LES VISITEUSES ET LES VISITEURS, toutes les personnes que nous regroupons sous ce « gros mots » de « malades ». Mais relisez aussi ce que je viens d’écrire sur ceux qui vous visitent. Sans vous, pas de « Main dans la Main ». Rappelez-vous : il faut la main qui donne et la main qui reçoit. Vous avez toujours les deux, bien sûr, mais aujourd’hui, dans ce petit mot, ouvrez la « main qui reçoit ».

 

A l’image de Marie, qui a fini par dire à l’ange : « QU’IL ME SOIT FAIT selon ta Parole ! » Elle a dit « OUI » à ce « souffle d’amour » qu’est l’Esprit Saint. Et je crois qu’elle vous invite à « détecter », à reconnaître ce même « souffle d’amour » dans toutes les « visites » que vous recevez. Dieu n’a plus des yeux pour vous sourire, une bouche pour vous parler, des oreilles pour vous écouter, des mains pour vous aider… ; alors il profite de ceux qui vous visitent pour vous exprimer tout son amour… Quand ils vous disent « BON-JOUR » (que ta journée soit bonne, malgré tout, aujourd’hui, demain et après-demain), Dieu murmure par la voix de son ange : « Réjouis-toi ! Charles ou Charlotte, je te vois plein(e) de grâce, je suis avec toi ! »…

 

Et vous pourrez vous rappeler plus tard, après les visites : « Le Seigneur s’est penché sur son humble servante/serviteur ! » « Humble » dans le sens de « humus », bonne terre qui reçoit le « souffle d’amour ».

 

Dieu, par Marie, s’est fait tout proche de chacun(e) de nous, surtout aux temps des « tempêtes et des orages » dans notre vie. Dans le « Symbole des Apôtres », au début du chapelet, on trouve au moins trois fois le mot « mort ». Nous devrions ajouter cet acte de foi : « Je crois que je suis aimé(e) du Dieu-Amour et capable d’aimer. »

 

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PRIERE DU MOIS

 

Père très bon,

en cette fin de « l’année liturgique »

avec tous les autres, je veux te rendre grâce !

Tu as envoyé ton Esprit Saint,

ton « souffle d’amour »

sur Marie pour faire naître ton Fils,

homme parmi les hommes.

Nous l’avons vu parcourir nos chemins,

et « s’arrêter » plein de compassion,

auprès de ceux qui souffrent.
Il nous a rejoints jusqu’au cœur de la mort,

et toi, Père, tu l’as ressusccité,

« pour nous les hommes et pour notre salut. »

Il est retourné auprès de toi

et il a répandu sur toute notre terre

le même Esprit Saint,

ton « souffle d’amour ».

Il nous a laissé, comme signe de sa présence,

le geste du pain et du vin,

pour que nous puissions

déjà, au cœur de notre vie sur terre,

communier à son Corps de Ressuscité.

Il nous a révélé son « Sacré Cœur »

qui a tant aimé le monde,

chacun, chacune de nous,

et qui n’attend qu’une chose :

que nous répondions à ton amour comme Marie :

« Je suis la servante, le serviteur

du Seigneur, QU’IL ME SOIT FAIT SELON TA PAROLE ! »

Oui, Père très bon,

avec tous les autres, aujourd’hui

je voulais tout simplement te dire « MERCI ! »

pour « ton souffle d’amour »

« Mon cœur exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! » Amen.

 



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Mars 2016

« Je fais « carême » !... ?? » »

* * * * * * * * * *

Est-ce qu’à un certain âge, à un âge certain je dois encore « faire carême », ou quand je suis malade, invalide, handicapé ?... je ne le sais plus. « Faire carême » dans le sens de la prière du Mercredi des Cendres :

« Accorde-nous, Seigneur, de savoir commencer saintement, par une journée de jeûne, notre entraînement au combat spirituel ; que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal ! »

Une prière qui, apparemment, nous engage dans une guerre Sainte, un « djihad » contre nous-mêmes, plutôt que de nous engager…

… de nous engager à la suite de Jésus, dans sa montée vers Jérusalem, où « il sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; LE TROISIEME JOUR, IL RESSUSCITERA. » (Mt, 20, 18-19)

Une vie vécue, heureuse dans sa famille, son village de Nazareth, passionnante de rencontres pendant quelques courtes années et qui se termine dans la souffrance et la mort – en gros et en général comme la nôtre – mais déborde en RESURRECTION !

« Faire carême » en suivant Jésus dans cette MONTEE, avec au fond du cœur cette assurance, cette espérance que notre vie – envers et contre tout ce qui arrive – EST MONTEE ! Non pas par nos forces, ni par nos mérites, mais par la grâce de Dieu !...

« Vivez votre carême – cette montée – dans le jeûne, la prière et l’aumône » nous dit Jésus dès le départ.

Jeûner, nous donne faim… de l’autre. Ne pas nous laisser enfermer sur nous-mêmes par les limites de la vieillesse, les limites de la maladie… ; garder le cœur ouvert sur les autres, ceux qui nous soignent, ceux qui nous visitent… ; demeurer « miséricordieux », compatissant à « leurs » souffrances…

Prier, nous garde de devenir muet du côté de Dieu et du côté des autres… « Je t’écoute et je te parle, Dieu… et toi qui me visites ; je te parle et je t’écoute ! »

Faire l’aumône, n’est-ce pas CELA ? ETRE LA, de tout mon être, malgré tout ce qui m’arrive, pour Dieu, pour les autres…

Voilà mon aumône qui me reste à partager… C’est ça, la montée avec Jésus vers Jérusalem, avec son slogan : « Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir ! »

Et en cours de route, nous rencontrons LE PÈRE, qui nous attend sur la terrasse, le seuil de la maison, qui nous voit venir, et vient au-devant de nous pour nous accueillir, nous prendre dans ses bras, pour nous faire la fête…, même si, comme son fils cadet, nous nous présentons à lui, dans « un état piteux »…

Il y a mieux encore, avant cette rencontre en cours de route ! Il y a pour vous cette Parole, dès le départ :

« Toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret : ton Père qui voit dans le secret te le rendra. »

Il est là, où tu es… pour te faire vivre !


 « Signes par milliers,

Dieu dans notre histoire ! »

* * * * * * * * *

Dans sa montée vers Jérusalem, Jésus est monté sur la montagne, emmenant avec lui Pierre, Jacques et Jean. Laissez-vous emmener avec eux, et ouvrez tout grand vos yeux, votre cœur, toute votre vie !

« Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint tout autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Elie, apparus dans la gloire. »

Pierre et ses deux amis sont émerveillés par ce spectacle de lumière. Ils sont prêts à construire trois tentes, non pas pour eux-mêmes  (ils resteront dans le vent et le froid) mais pour Jésus, Moïse et Elie pour faire durer « le spectacle » !... que nous avons appelé : LA TRANSFIGURATION.

Mais Jésus n’est pas monté sur cette montagne « pour se donner en spectacle ». C’est le Père qui le « transfigure » devant nos yeux et, de la nuée, il nous dit : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le ! »

Arrêtons-nous un moment sur ce « gros mot » : TRANSFIGURATION. Il exprime un processus qui fait partie de notre vie, depuis notre conception. Dans mon homélie, ce jour-là, j’ai dit à mes gens : « En 1938, j’étais un œuf fécondé, regardez-moi pour voir ce que ça a donné aujourd’hui ! » Ouvrez un peu vos albums de photos de famille : ils débordent de « transfigurations » !

Là-haut sur la montagne, le Père, en transfigurant son Fils, a voulu nous montrer vers où nous sommes en route, quel est notre avenir, quel est le sens de notre vie, la raison pour laquelle il nous a fait venir au monde !

« Faire carême », c’est garder au fond de notre cœur cette certitude de foi, cette espérance que, malgré tout, nous sommes en route vers LA LUMIERE !


PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 
avec tous les autres, je te rends grâce
pour ce TEMPS DE CAREME
que tu nous donnes à vivre !
Merci de nous avoir envoyé ton Fils,
pour devenir « Jésus de Nazareth » 
pour vivre notre vie d’homme,
avec toutes ses « transfigurations ».
Il a partagé nos joies humaines
mais aussi nos souffrances,
dans son corps et dans son cœur ;
il a fini par partager… notre mort !
Mais c’était pour la vaincre,
afin qu’elle ne puisse pas nous séparer,
ni de toi, Père, ni les uns des autres. 
Père très bon,
aide-moi à « faire carême » ;
donne-moi la force, le courage
de ne pas me laisser enfermer
dans « les limites » de ma vie,
dans mes souffrances quotidiennes,
dans mes moments de désespoir…
Donne-nous la force de repartir,
de nous remettre en route
avec ton Fils, dans sa montée vers Jérusalem.
Fais que j’entende toujours ta voix :
« Celui-ci est mon Fils,
écoute-le ! »
Aide-moi à comprendre vraiment
que c’est à moi, à chacun(e) de nous
que tu parles, toi NOTRE PÈRE !...
que tu veux nous dire,
que malgré tout ce qui nous arrive,
nous sommes en route vers LA LUMIERE !
… vers NOTRE TRANSFIGURATION !



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Novembre 2015


« Jésus s’arrête ! »

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

 

Ça lui est encore arrivé le week-end du 24 au 25 octobre. Il vient de quitter Jéricho, entouré de ses disciples et d’une « foule nombreuse de fan’s ». Depuis qu’il a quitté son atelier de Nazareth, il est devenu nomade ; « le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête ! » disait-il. 

Mais voilà une voix qui crie, la voix d’un aveugle, assis au bord du chemin, tout juste bon pour mendier ; pécheur, bien sûr, puisqu’il est aveugle (« qui a péché ? lui-même ou ses parents ? ») mal « vu » des hommes (il n’a même pas de prénom, « ça » n’est que le « fils de Timée »), mal « vu » de Dieu… 

« C’est Jésus de Nazareth qui passe », lui a-t-on dit. Alors il se met à crier : « Fils de David, prends pitié de moi ! »… 

Et voilà que JESUS S’ARRETE !... il ne passe pas ! Au milieu de tout ce brouhaha qui l’entoure, il a entendu cette voix qui crie : « Appelez-le ! », dit-il. 

Un jour j’ai célébré l’Eucharistie dans une Maison de repos située au bord d’une route principale, avec son va-et-vient de véhicules. J’ai vécu – dans le geste du pain et du vin – cet Evangile de Bartimée : Jésus-qui-s’arrête !...

Un Evangile pour les « malades », les handicapés, les personnes âgées et isolées. La voix de Bartimée peut être un jour la mienne, la tienne, de n’importe qui, à n’importe quel moment difficile de la vie… ; un moment où je me sens seul(e), abandonné(e), peut-être méprisé(e)…, comme Bartimée, l’aveugle. Notre Evangile nous invite à CRIER vers Celui qui « est toujours là au cœur de notre vie, pour nous faire vivre ! » Quel que soit « le brouhaha » autour de nous : il nous entend et il s’arrête !  Ce n’est pas moi qui vous le dis : c’est cet Evangile. Il a été écrit pour « ça », pour toi et pour moi, quand « ça ne va pas »…  

Il a été écrit aussi pour tous ces disciples et cette « foule nombreuse » qui marche avec Jésus, pour tous ses fan’s, ses supporters… Quand quelqu’un crie « au bord de mon chemin », il ne suffit pas que je l’entende (et que je passe), mais que je l’écoute ET QUE JE M’ARRETE !  

Je pense à toutes ces personnes qui visitent « les malades », qu’elles fassent partie d’un « mouvement » ou non, qu’elles soient croyantes ou non… Quand nous nous arrêtons et prenons du temps pour eux, nous ne pouvons pas les guérir de leur maladie, de leur handicap, nous ne pouvons pas les rajeunir… Mais notre visite les fait EXISTER ! Nous les aidons à croire en eux-mêmes, à s’estimer, nous leur donnons du courage pour vivre malgré tout, en leur disant tout simplement, par notre visite : « Tu existes pour moi, tu es important pour moi ! » C’est « miraculeux » ! Un conseil : prenez le temps, même si vous n’avez le temps, de vous asseoir quand même un moment… Dans les cliniques, les maisons de repos…, des malades, des résident(e)s se rendent quotidiennement de ces visites-là les uns aux autres. C’est « miraculeux » !... 

 

 Une histoire « des deux mains  ».

*             *             *             *             *             *             *             *             *            

                J’aime bien en parler quand je célèbre un mariage : la main qui donne (l’alliance) et la main qui reçoit (l’alliance) : une invention merveilleuse de notre Dieu. Pas étonnant que Jésus, son Fils, nous demande de l’appeler « Père » : en m’acceptant comme son enfant, il me comble de tout son amour de Père. C’est l’histoire de tous les pères, de toutes les mères : « Je te parle, tu m’écoutes, tu me donnes, je reçois…, et vice versa ». Une histoire d’amour, tout simplement. 

                Quand j’entrerai en maladie, quand ma vie va se finir en Maison de repos, c’est ma main-pour-recevoir qui prendra le dessus ! Comme pour ce « fils de Timée », assis au bord du chemin et qui mendie… d’être reconnu, d’être aimé. J’aurai peut-être l’impression d’être amputé de la main qui donne, réduit à la main qui reçoit !... 

                La foule, qui accompagne Jésus sur la route de Jéricho, n’attend rien de ce mendiant Bartimée : elle le fait taire, elle va passer…

 

                Le miracle, c’est que Jésus s’arrête et le fait venir : il attend quelque chose de lui ! Sa question à l’aveugle, il faut l’ECOUTER, et non pas seulement la lire ! Non pas : « Que veux-tu que JE FASSE POUR TOI ? »

mais :    « Que VEUX-TU que je fasse pour toi ? »

C’est toujours les autres qui « veulent », qui décident à sa place. 

Et l’aveugle de répondre :  « Fais que JE VOIE !... c’est toujours les autres qui voient à ma place. »

                Jésus ne lui répond pas : « Je te guéris de ta cécité », mais : « Va ! TA FOI T’A SAUVE ! » 

                Bartimée avait toujours ses deux mains, celle pour recevoir (l’aumône) mais aussi celle qui donne. Il lui fallait rencontrer QUELQU’UN qui le reconnaisse ! 

                Ce QUELQU’UN, ce peut être toi… ou moi ! 

                Il suffit parfois, tout simplement, de S’ARRÊTER, d’avoir du temps, de s’asseoir un moment… Non !?

 

PRIERE DU MOIS

Père très bon, tu as envoyé ton Fils sur notre terre, pour nous révéler ton amour et ta compassion pour ceux qui souffrent.

Il « s’est arrêté » sur nos chemins, et il s’arrête toujours, quand quelqu’un crie « Au secours » ;

il est venu et il reste au cœur de notre vie pour nous faire vivre !

Père, quand cela m’arrive, quand cela m’arrivera… « d’en avoir marre de vivre »,

réveille dans mon cœurcette assurance que jamais ! je ne suis seul(e) !

Ton Fils a vécu lui-même, sur la croix, cette solitude dans la souffrance, quand il a crié vers toi :

« Père pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Il a ressenti la même solitude dans le cri de Bartimée l’aveugle, abandonné au bord de la route… … et il s’est arrêté !...

Père, dans mes moments de solitude aide-moi à reconnaître dans l’amitié de ceux qui m’entourent, de ceux qui me visitent ou me soignent

le signe de la présence de ton Fils, qui prend du temps pour moi, pour me réconforter, et me remettre en route vers la vie…

Et garde vivante dans mon cœur cette même compassion pour « m’arrêter » auprès de ceux qui, à côté de moi,

en ont marre parfois de vivre… pour les sauver, peut-être, par ma présence, par mon amitié…      … tout simplement !


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« Il a la vie éternelle…

CELUI QUI CROIT ! » (Jésus)

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

L’envie me vient  d’écrire : c’est aussi simple que ça… ! pour avoir la VIE ETERNELLE ! « Croire », n’est-ce pas possible partout, à tous les âges, quel que soit l’état de notre santé. Et « croire-faire confiance », ne le faisons-nous pas tous les jours… et toutes les nuits ? La plupart de nos certitudes, ne sont-elles pas des « certitudes-de-foi » ? quand nous achetons des œufs au marché, …ou une voiture au garage et nous engageons sur la route ; quand nous inscrivons nos enfants dans une école, quand nous nous confions à un médecin, à une maison de repos…, quand nous nous marions… Nous pouvons continuer cette liste à l’infini : NOTRE VIE EST CONSTRUITE SUR LA CONFIANCE, LA FOI EN L’AUTRE ! Quand cette confiance est rompue, c’est l’enfer, quand « l’indifférence devient mondiale » (notre pape François), l’air devient irrespirable. Il suffit de regarder ce qui se passe dans notre monde… 

Mais voilà qu’en ces mois de juillet et d’août, d’une semaine à l’autre, la voix de Jésus nous a dit d’une façon ou d’une autre :

« IL A LA VIE ETERNELLE…

                                               CELUI QUI CROIT ! » 

Pendant cinq semaines, la LITURGIE nous a fait lire le chapitre 6 de Saint Jean, le discours du pain de vie. Si vous avez une Bible sous la main, lisez et relisez-le : ce sont des Paroles chargées d’espérance, d’avenir…

Cela a commencé par la multiplication des pains pour 5000 (!) hommes, sans compter les femmes et les enfants, avec douze paniers de restes ! Ceux qui ont mangé ce jour-là, c’étaient surtout des gens qui ne mangeaient pas tous les jours à leur faim… 

Si j’avais été là, comme eux j’aurais tout fait pour mettre ce Jésus sur le trône, pour en faire notre roi ! Mais il s’est enfui… 

Quand nous l’avons retrouvé, il nous a fait comprendre qu’il n’était pas venu pour « ce pain-là », mais pour un pain « qui descend du ciel et qui donne la vie au monde ! » 

Intéressant ! « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là ! » Aujourd’hui, nous aurions encore besoin de ce Jésus-là malgré toutes nos richesses, et la capacité de nourrir tous les hommes de la terre… Du pain qui tomberait du ciel, ne serait-ce pas la solution pour les pauvres de ce monde… et arrangerait bien les riches… (Et s’il sait multiplier des pains, des poissons…, pourquoi pas l’argent ?) 

Pas d’accord ! Il nous a dit, Jésus, cette énormité : « MOI JE SUIS LE PAIN DESCENDU DU CIEL ! » 

Pour qui se prend-il ? « N’est-il pas le fils de Joseph ? Nous connaissons bien son père et sa mère ! Comment peut-il dire qu’il est descendu du ciel ? »

 Mais ne croyez pas qu’il a fait « marche arrière ». Au contraire : il a enfoncé le clou : « Le pain que je donnerai C’EST MA CHAIR, donnée pour la vie du monde ! » 

Alors là !!! « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » 

Quand il a insisté : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang A LA VIE ETERNELLE », la plupart d’entre nous, nous l’avons quitté : trop c’est trop ! 

Il n’y a que Pierre et ses onze amis qui sont restés :

« A qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ! »

 

 

 « A qui irions-nous Seigneur ?... »

*          *          *          *          *          *          *          *          *

               

            « Manger sa chair, et boire son sang » ! Nous, aujourd’hui, ces Paroles ne nous effraient pas trop. Nous pensons d’emblée au Geste du pain et du vin, au Geste du pain pour la plupart d’entre nous… geste, qui dans nos contrées, est de plus en plus abandonné. Nous avons inauguré l’ère des « croyants-non-pratiquants »… 

            Mais Jésus ne parlait-il pas d’abord et surtout de LA FOI ? 

            « Il a la vie éternelle, CELUI QUI CROIT » ! 

            Croire, ce n’est peut-être pas aussi simple, aussi facile que « ça », aussi superficiel… Croire vraiment en quelqu’un, lui faire confiance, cela nous prend aux tripes, vous saisit au plus profond de votre être… Croire, dans les Paroles de Jésus, c’est finalement synonyme de « manger » et « boire ». Ceux qui s’aiment vraiment (« de tout leur cœur, toute leur âme, tout leur esprit ») toute une vie durant, les enfants et les parents…, peuvent comprendre ces Paroles, parce qu’ils les vivent dans le quotidien de leur vie : croire, c’est vivre ! Le drame, c’est quand le deuil, la dispute, l’infidélité… vient briser cette confiance fondamentale. 

            « Que vais-je devenir », disait une veuve qui venait de perdre son mari, « nous ne faisions rien l’un sans l’autre ! » En les créant, Dieu disait déjà : « Ils ne seront plus deux, ils ne seront qu’un ! » 

            La Bonne Nouvelle que Saint Jean nous a rappelée pendant ces mois d’été, c’est que Dieu, en Jésus, s’est mis « à notre portée », partout où nous vivons, quoiqu’il nous arrive, qui que nous soyons. Lui IL CROIT EN NOUS, de tout son être, il ne retirera jamais la main qu’il nous tend pour cheminer avec nous ; et avec lui, ce cheminement est déjà VIE ETERNELLE. 

            « L’œuvre de Dieu », nous disait-il, quand nous l’avons retrouvé, « c’est que vous croyiez en celui que Dieu a envoyé ! » 

            Et tant mieux si vous pouvez vivre, régulièrement le « GESTE DU PAIN » !


PRIERE DU MOIS

 

Père très bon,
merci, en mon nom,
et au nom de tous les autres,
de nous avoir envoyé ton Fils Jésus,
qui est venu nous rejoindre
dans nos joies et dans nos souffrances.

Ouvre nos oreilles à l’écoute de sa Parole,
ouvre nos cœurs à tout son amour…

Malgré mes douleurs, mes souffances,
malgré « tout ce qui se dit »,
les doutes et l’indifférence,
qui s’expriment et se vivent
autour de moi,
qui parfois prennent racine en moi,
donne-moi, donne-nous
le courage et la force
de croire en la Parole de ton Fils :

*              *              *              *              *

« Il a la vie éternelle,

                        celui qui croit ! »

*              *              *              *              *

Que ton Esprit nous inspire
à chanter dans notre cœur :
« Tu es là au cœur de ma vie,
et c’est toi qui me fais vivre,
bien vivant, ô Jésus Christ ! »

Enracine dans nos vies
la foi, la confiance en ton amour,

Père très bon,
cette assurance, que malgré tout,
j’ai devant moi un avenir de lumière,
un avenir avec tous les autres
que j’ai aimés, qui m’ont aimé(e) !

… la foi, la confiance
que tu es vraiment « Notre Père »
que nous sommes vraiment « tes enfants » !

Amen.

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« Pourquoi est-il parti, Jésus ? »

* * * * * * * * * *

Cette question, je l’ai rencontrée au cours de mes lectures. Elle m’en a suggéré d’emblée une autre.

« Pourquoi ne serait-il pas parti ? »

Il était venu de Dieu, pour nous en parler, du Dieu d’AMOUR, et les « religieux » qui auraient dû l’accueillir à bras ouverts, l’ont fait crucifier ; et ses meilleurs amis l’ont trahi, renié, abandonné !... Franchement : je crois que je serais parti ; à la limite, je ne serais même pas ressuscité !...

Mais lui, quand il est revenu de cette mort atroce, il est allé rejoindre ses amis, que la peur tenait enfermés dans leur cénacle, pour leur dire :

« LA PAIX SOIT AVEC VOUS ! »

La paix du RESSUSCITE !... qui nous dit à nous aussi : « On en revient, de la mort, elle est vaincue, alla n’a plus le dernier mot ! Au bout de votre vie, c’est la VIE ! »

Mais après, il est parti quand même, le jour de son ASCENSION !

« A ces mots, sous leurs yeux, il s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs yeux ! » (Ac., 1,9)

IL N’EST PAS PARTI !

… il a, tout simplement, disparu à nos yeux ! mais IL EST LA, comme il l’avait dit :

« Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! »

(Mt 28, 20…le dernier verset de l’Evangile).

Ce qui fera dire à Saint Paul : « Je vis… mais non, ce n’est pas moi qui vis, C’EST LE CHRIST QUI VIT EN MOI ! » Et à Saint Augustin (je

le cite de mémoire) : « Je te cherchais au dehors, alors que tu étais au plus profond de moi-même ! »

C’est la Bonne Nouvelle que notre bon pape François nous demande d’annoncer à notre « périphérie » :

« Jésus-Christ t’aime, il a donné sa vie pour ta sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer. »

Veuillez m’excuser d’enfoncer ce « clou-là » ; je voudrais l’enfoncer profondément au coeur de vos peines, de vos douleurs, de vos souffrances…, de votre solitude, peut-être : « IL EST LA, IL N’EST PAS PARTI ! »

Quand dans mes communautés (je crois vous l’avoir écrit) je demande de chanter « l’hymne national », nous chantons, plein d’assurance : « Tu es là au coeur de nos vies,

et c’est toi qui nous fais vivre,

tu es là au coeur de nos vies,

bien vivant, ô Jésus-Christ ! »

(Faites-en aussi votre « hymne national » ! Quand vous ne trouvez pas d’autres mots pour la prière, chantonnez tout doucement ce refrain !)

Et j’espère que la personne (j’ignore qui elle est) ne m’en voudra pas de photocopier ce mot qu’elle m’a écrit :



Insérer photo

IL N’EST PAS PARTI ! Il était là, chez cette personne…, le 10 mai 2015 !

Alléluia !

« Je suis le Bon Pasteur,

vous êtes mes brebis…

Je suis la Vigne,

vous êtes les sarments… ! »

* * * * * * * * *

Avant de regarder, de contempler longuement les « images » qui évoquent ces deux paraboles, méditons, longuement aussi, sur la conjugaison !

« JE SUIS… VOUS ÊTES… ! »

C’est l’indicatif présent : ce temps de la conjugaison nous dit ce qui existe MAINTENANT, de jour et de nuit, d’une année à l’autre, au coeur de nos joies, au coeur de nos souffrances…

Nous sommes, bien sûr, « enfants des hommes, terrestres… ». Mais depuis que Dieu s’est fait homme, en Jésus de Nazareth, NOUS SOMMES devenus enfants de Dieu : C’est lui qui nous a dit que nous pouvons appeler « son » Père : « NOTRE PÈRE !... » Indicatif présent !...

Maintenant, nous pouvons nous sentir humiliés par ces paraboles : être le « mouton » d’un berger, ou la « branche » d’une Vigne, ce n’est pas bien brillant, transfigurant… Notez bien que, délicatement, il nous appelle « brebis » et « sarment »…

Mais si nous nous faisons humble (humus) comme Marie, si nous nous laissons faire comme elle, notre vie en est toute transfigurée…

La parabole du Bon Pasteur est une intense « déclaration d’amour » pour chacun(e) de nous. Et même si nous nous perdions, il viendrait à notre recherche « jusqu’à ce qu’il nous trouve ! »

Et si nous acceptons cet amour, si nous nous laissons envahir par lui, nous devenons comme « les sarments d’une vigne qui portent des fruits. » Jésus dit à la Samaritaine ( !!! ) :

« Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissante an vie éternelle ! »

La petite lettre (que j’ose photocopier) porte ses fruits : je continuerai à vous écrire, à confirmer qu’IL EST LA AU COEUR DE NOS VIES !

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

augmente en moi, en tous les autres,

la foi que ton Fils ressuscité

EST LA AU COEUR DE NOTRE VIE,

comme ce Bon Pasteur de la parabole

qui connaît ses brebis,

chacune par son nom

qui connaît ses joies et ses souffrances.

Il n’est pas comme ce « berger mercenaire »,

qui s’enfuit, quand vient « le loup »

qui me laisse tomber, quand ça va mal,

quand je me sens seul(e), abandonné(e)…

Il est toujours là, de jour et de nuit,

il a donné, il donne encore sa vie

pour moi, et pour tous les autres.

Oui Père ! augmente en nous la foi !

Donne-nous de nous laisser aimer,

de croire que cet amour est gratuit

que nous ne devons rien faire

pour le mériter !...

Ainsi ton amour de Père,

l’amour de ton Fils

deviendra en nous source d’amour

pour tous ceux avec qui nous vivons !

* * * * * *

Marie, mère de Jésus et notre mère,

fais grandir en nous le courage et la joie

de dire nous aussi « à l’ange » :

« Qu’il me soit fait selon ta Parole ! »

Car nous aussi, comme toi,

nous pouvons « mettre Dieu au monde »,

être « des sarments » de ton Fils,

qui portent beaucoup de fruits…

Amen.

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Mars 2015


« Souviens-toi… ! »

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

Fallait-il mettre – en titre de ce « Main dans la Main » - la Parole complète de l’une des formules qui accompagnent le geste du Mercredi des Cendres ? Je n’ai pas osé. Le dimanche avant ce Mercredi, Jésus rencontrait un lépreux, et « il fut saisit de compassion », le toucha et le guérit… Il ne lui a pas dit :

« Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière ! » 

Ce matin où je commence à vous écrire, le Psaume d’ouverture de la célébration eucharistique nous fait dire à Dieu :

« Rappelle-toi, Seigneur tes tendresses, l’amitié, que tu nous as montrées depuis toujours ! » (Ps 24) 

Heureuse coïncidence !?... 

Cette histoire, cette idée de « poussière à laquelle nous allons tous et toutes retourner » ne devrait pas nous effrayer outre mesure. Elle nous vient du Livre de la Genèse qui nous raconte l’origine de notre vie. Voici ce qu’il nous dit :

« Le Seigneur Dieu modela l’homme AVEC DE LA POUSSIERE PRISE DU SOL. Il insuffla dans ses narines l’haleine de vie, et l’homme devint un être vivant. » 

« L’HOMME » n’existe pas, bien sûr ; c’est toi et moi et tous les autres. Saint Paul l’a dit à sa façon :

« C’est en Dieu que nous (cet être « poussiéreux ») que nous avons la vie, le mouvement et l’être ! » 

Notre pape, dans son message du Carême, nous rappelle que c’est une histoire d’amour « entre toi et moi et tous les autres » et ce Dieu Créateur :

« Dieu ne nous demande rien qu’il nous ait donné auparavant : « Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier. » (Jn 4, 14). IL N’EST PAS INDIFFERENT A NOUS. Il porte chacun de nous dans son cœur, il nous connaît par notre nom, il prend soin de nous et il nous cherche quand nous l’abandonnons. Chacun de nous l’intéresse ; son amour l’empêche d’être indifférent à ce qui nous arrive. » 

Est-ce étonnant que l’Eglise propose cette autre formule pour nous imposer les Cendres :

« Convertissez-vous, et croyez à la Bonne Nouvelle (à l’Evangile) ! »

 Suis-je donc poussière ? Bof ! du moment que je suis animé par « l’haleine de vie » de ce Dieu d’amour, qui fait de moi – malgré ma maladie, mes handicaps, ma vieillesse – « un être vivant… POUR TOUJOURS ! »

Car depuis que Jésus, le Fils de ce Dieu, est « passé par là », depuis qu’il a vécu notre vie d’homme, jusque dans la souffrance et la mort…, et que le Père l’a ressuscité, il y a pour vous, toi et moi et tous les autres un avenir de lumière. 

Le deuxième dimanche après le Mercredi des Cendres, Jésus a l’habitude de monter sur la montagne avec Pierre, Jacques et Jean, et, devant leurs yeux ébahis, IL EST TRANSFIGURE ! Pierre croit à un « spectacle » et veut le faire durer : il est prêt à installer des tentes. Mais ce n’est pas un spectacle ! C’est la vision de l’avenir de Jésus, et de nous tous les hommes. Notre corps retournera, d’une façon ou d’une autre, à la poussière, mais nous, notre « je » entrera dans une vie de lumière et de paix. Notre avenir, c’est la TRANSFIGURATION !...

Je crois

*          *          *          *          *          *          *          *          *            

            Attention ! cette page n’est sans doute pas très théologique, et encore moins « catholique » comme on dit… ; mais je veux qu’elle soit réconfortante, rassurante…

            Je crois donc toujours fermement au purgatoire. Et ma réflexion à ce sujet s’appuie sur le fait que nous avons l’habitude de mettre un paillasson à l’entrée de nos maisons pour essuyer nos pieds et éviter de salir… 

            Or l’Ecriture Sainte nous dit que « Dieu est amour » ; le Père François Varillon ajoute même que « Dieu n’est qu’Amour ! » Il se fait que je ne peux pas dire cela de moi-même : en moi il y a du non-amour, il y a de la boue à mes chaussures !... tel que je suis, je ne peux pas « entrer en Dieu » ! j’aurai besoin d’un « paillasson »…, d’un purgatoire. 

            Le même Père Varillon dit aussi qu’il faut tuer notre imagination quand nous pensons à l’au-delà : il n’y a pas « des endroits » différents : un « cachot » (purgatoire), un « Club Med » (le ciel) et des « marmites d’huile bouillante » (l’enfer). Ces images, je les ai trouvées dans un livre de Mme « Pietro De Paoli » (Anticatéchisme p 206)…            Pour nous tous, ce sera comme pour le « fils prodigue » de la parabole : nous revenons chez nous, pécheurs, tout piteux… et notre Père nous accueille chez lui et nous fait la fête ! Car chez lui nous serons, enfin !, définitivement chez nous !... 

            Mais nous serons « mal dans notre peau » comme le fils prodigue…, comme aussi le fils aîné qui refuse de participer à la fête. Il n’y aura pas de feu, ni de ver qui ronge : rien que cet amour sans limite du Père, du Fils et du Saint Esprit. La souffrance sera celle de notre « manque d’amour ». 

            Or notre Dieu n’est pas dans « un endroit », ni « dans le temps » (n’essayez pas de vous imaginer cela !) C’est le même Dieu « qui modela l’homme de la poussière du sol ». Quand nous serons « en lui », il achèvera ce travail de modelage : nous aimerons comme Dieu aime ! Le « purgatoire »… je m’habitue à l’appeler le « TRANSFIGURATOIRE » !


 PRIERE DU MOIS


Père très bon,

 

au début de ce Temps du Carême

ton Fils nous interpelle et nous dit :

« Convertissez-vous,

et croyez à la Bonne Nouvelle » !

Fais grandir en moi cette certitude de foi

que tu m’aimes, moi et tous les autres,

qui que je sois,

quoi qu’il m’arrive,

quoi que je fasse…

car « tu n’es qu’Amour » !

Voilà la « Bonne Nouvelle »

à laquelle ton Fils nous demande

de nous convertir.

Que mes souffrances et mes douleurs,

mes heures de découragement et de solitude

ne nous enferment pas sur nous-mêmes ;

garde vivante en nous

« la faim » de ta présence,

le courage de te prier, malgré tout,

et de t’écouter au fond de notre cœur.

Viens « transfigurer » ma vie, mon quotidien,

enracine profondément en moi l’espérance,

qui est source de patience et de joie.

Aide-nous aussi, Père très bon,

à garder nos cœurs ouverts

à tous ceux qui nous entourent,

ceux qui nous soignent ou nous visitent.

Que l’amour dont toi tu nous aimes

rayonne à travers nous ;

qu’il témoigne de ta bienveillance

et de ta compassion pour ceux qui souffrent

car « tu n’es qu’Amour » pour les siècles des siècles !

 

Amen.

 


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Décembre 2014

« Veillez ! » (Jésus)

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

En ce premier week-end du Temps de l’Avent, Jésus dit à ses disciples dans le monde entier : « Veillez ! »

Permettez-moi de transcrire tout cet Evangile, ou presque, où Jésus, en nous parlant, nous tend la main !

« Prenez garde, restez éveillés ; car vous ne savez pas quand ce sera le moment… Veillez, car vous ne savez pas quand viendra le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Je n’aime pas cette atmosphère de menace, de peur qui émane de cet Evangile, qui veut être Bonne Nouvelle dans le monde entier. On dirait que c’est une question de vie ou de mort !... de ciel ou d’enfer ! Nous « les vieux », n’avons-nous pas grandi, vécu sous cette menace, sous cette peur ?...

Or, au bout de ce Temps de l’Avent, l’ange Gabriel viendra annoncer la venue de Jésus-Sauveur ; il dira à Zacharie et à Marie…, à chacun(e) de nous :

« NE CRAINS PAS ! »

            « N’ayez pas peur !... mais veillez, s’il vous plaît ! restez éveillés… pour une merveilleuse histoire d’amour, pour m’accueillir, moi qui suis venu naître et habiter parmi vous, qui veux être « là au cœur de votre vie, pour vous faire vivre ! »

 

            Bien sûr, nous avons parfois l’impression qu’il n’est pas là, et particulièrement « au plein milieu de nos tempêtes » ; qu’il est comme ce « maître de la maison » parti en voyage, après avoir « donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller ! »

            Nous pouvons avoir l’impression qu’il nous dit : « Débrouillez-vous ! j’ai autre chose à faire ! » Mais il a d’autres Paroles pour nous dire : « Je serai avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ! » J’ai presque envie de dire qu’il a voulu que nous ayons prise sur lui !...

            Par la PRIERE. Un jour (n’importe quand) quelque part (n’importe où) Jésus était en prière… » Ce jour-là il a appris le « Notre Père » à nous, ses disciples. Un autre jour il nous a dit : « Toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, et ton Père qui est là te le revaudra ! » Combien d’entre vous ne sont pas confiné(e)s dans leur chambre, leur fauteuil, leur lit… IL EST LA !

            Par les AUTRES ! Le Christ-Roi vient de nous le redire : « Ce que vous faites au moindre des miens, c’est à moi que vous le faites ! » L’autre à côté de nous depuis que « le Verbe s’est fait chair », est lieu de rencontre avec notre Dieu. Et cet autre, nous pouvons le rencontrer avec nos deux mains, celle pour donner ou celle pour recevoir…

            Il nous arrive de chanter : « Les mains ouvertes devant toi, Seigneur », avec cette strophe :

« Garde-nous tout petits devant ta face, simples et purs comme un ruisseau,

  Garde-nous tout petits devant nos frères, et disponibles comme une eau. »

 

            Mais il y a plus fort encore pour le rencontrer, pour « avoir prise sur lui » : son GESTE DU PAIN ; la Communion.

« Prenez et mangez, ceci est mon corps ! »

            Pouvons-nous vraiment croire que « le maître est parti en voyage » ? N’est-il pas plutôt là, à côté de nous, bien « éveillé », nous tendant la main, nous demandant intensément mais chaleureusement, de la saisir pour un solide Main-dans-la-Main ?

 

 

 

« Comme un enfant, qui marche sur la route »

 

            Une petite fille, un soir de pluie dans un village-aux-portes-fermées… Elle vient de loin, elle a froid, elle a faim…

            Elle frappe à une première porte pour quémander un morceau de pain. La porte reste fermée : « Passe ton chemin ! Nous n’avons pas de pain ! »

            « Dommage ! murmure la petite fille, en échange j’aurais pu vous donner mieux que du pain ! »

            Une deuxième porte, pour donner un bol de lait. Elle non plus ne s’ouvre pas ; rien qu’une voix maussade : « Du lait ? as-tu de l’argent pour payer ? »

            « Dommage ! j’aurais pu te donner mieux que l’argent ! »

            A la troisième porte, la petite fille demande une petite place au grenier pour dormir. Cette fois la porte s’entrouvre,  pour lui dire : « Au bout du chemin, une maison vide où tu seras bien ! » Clac !

            « Dommage ! j’aurais pu vous donner mieux que la chaleur d’un grenier ! »

            Et la petite fille continue sa route, dans le froid de la nuit…

            Pendant ce temps, derrière les portes fermées, des regrets, des questions : « Un peu de pain, un bol de lait, une place au grenier… Elle n’en demandait pas tant, cette petite fille ! Et puis, que voulait-elle dire : « Dommage ! j’aurais pu vous donner… Nous donner quoi ? »

            Les voilà en route, avec un pain, un bol de lait, la clé du grenier, vers cette maison abandonnée au bout du village…

            Personne ! pas de petite fille !...

            Mais une idée qui réveille leurs cœurs : « Et si nous nettoyions un peu cette chaumière, si nous y laissions le pain et le bol de lait, et si nous mettions la clé sur la porte, les voyageurs qui passent auraient un endroit pour loger, un bol de lait pour se réchauffer, du pain pour se restaurer… ! »

            « Veillez, car vous ne savez pas quand le maître de la maison va venir ! »… un enfant, l’infirmière, une visiteuse de malades, Monsieur le Curé ?....

 

*          *          *          *          *          *

PRIERE DU MOIS

 

 

Père très bon,

 

nous entrons dans le Temps de l’Avent,

ce Temps de grâce qui nous est donné

pour nous ouvrir à la venue de ton Fils

que tu nous envoies, sans cesse,

pour nous assurer de ton amour de Père.

Toute sa vie parmi nous sur la terre

nous révèle que tu veilles sur nous,

tout particulièrement sur ceux qui souffrent.

Donne-moi, donne-nous

le désir et le courage de répondre à ton amour,

de rester éveillés à ta présence.

Aide-nous à persévérer dans la prière,

à trouver des mots pour nous confier à toi,

même aux moments

où j’ai l’impression que tu es absent,

parti en voyage…

Ouvre les yeux de mon cœur,

pour reconnaître ton amour et ta tendresse,

dans les rencontres avec les autres,

dans cette amitié que je reçois

cette amitié que je leur donne…

Père, en nous demandant de veiller

ton Fils nous révèle

que nous avons un avenir

quoi qu’il nous arrive…

Donne-nous, en ce Temps de l’Avent,

d’ouvrir notre cœur, d’ouvrir toute notre vie

à cette ESPERANCE !

Comme Marie, notre Mère,

qui a laissé naître en elle ton Fils,

pour nous le donner,

puissions-nous l’accueillir nous aussi,

et le faire naître là où nous vivons.

 

Amen.

 

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Octobre 2014

« Oser la bienveillance ! »

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

Ce titre, je me suis permis de le « voler » à un livre dont on m’a fait cadeau (Merci !) ; un livre qui veut nous libérer du poids du « péché originel » qui attirait plutôt sur vous un regard « malveillant ». La plupart d’entre nous qui lisons Main dans la Main, sommes nés avec ce péché, sous le pouvoir de Satan. Dans le Rituel du Baptême de 1984 nous lisons cette prière :

« Dieu éternel et tout puissant,

  tu as envoyé ton Fils dans le monde

  pour nous libérer du pouvoir de Satan,

  l’esprit du mal,

  et pour que l’homme, arraché aux ténèbres,

  soit introduit dans ton Royaume de lumière ;

  nous te supplions pour ce petit enfant :

  qu’il soit racheté du péché originel… »

 

            Quand nous pensons que l’immense majorité des enfants qui naissent quotidiennement sur la terre, ne sont pas baptisées, qu’ils restent sous le pouvoir de Satan, dans les ténèbres… !

            Ce péché originel, c’est bien sûr celui d’Adam et d’Eve (qui n’ont pas existé) et – surtout depuis Saint Augustin au 4ème siècle ! – « ils » en ont  fait un péché héréditaire… Nos parents nous ont engendrés dans ces ténèbres…

            Or Adam et Eve « ont mangé la pomme » au 3ème chapitre de la Genèse, le livre de la Bible qui raconte le début de notre monde. Au chapitre premier nous lisons :

« Dieu créa l’homme à son image

   à l’image de Dieu il le créa !...

   Dieu vit tout ce qu’il avait fait :

   CELA ÉTAIT TRES BON ! »

 

« Osons donc la bienveillance ! »

 

            Regardons-nous avec le regard avec lequel Dieu nous regarde ! L’autre jour nous avons célébré « une messe des malades et des personnes âgées » avec l’Evangile qui raconte que Marie-Madeleine, la prostituée, mouille les pieds de Jésus avec ses larmes et les essuie avec ses cheveux. Le pharisien (l’homme de la religion) est scandalisé :

« Si cet homme était un prophète,

   il saurait qui est cette femme qui le touche et ce qu’elle  

   est : une pécheresse. »

 

            Mais Jésus est prophète : il sait que Marie-Madeleine a péché ; mais à ses yeux elle n’est pas une pécheresse : il ne l’enferme pas dans le mal qu’elle a fait ! Il voit son geste, qui exprime sa confiance, son espérance ; et ce « regard de bienveillance » de Jésus la sauve :

« Ta foi t’a sauvée ! Va en paix ! »

            Cette rencontre m’a fait penser à celle que nous faisons si souvent avec Marie, notre mère, dans notre « Je vous salue Marie ». Quand nous prions le chapelet, nous disons (martelons) au moins cinquante fois : « Prie pour nous pauvres pécheurs ». Nous « sommes » des pécheurs comme pour le pharisien, Marie-Madeleine « est » une pécheresse ! Enfermés dans le mal, qui nous colle à la peau – comme ce « péché originel, héréditaire »…

            J’aime croire que Marie a pour nous le même regard bienveillant que son Fils et que le Père, un regard de maman…, qui voit en nous SON ENFANT qui – malheureusement – fait encore des bêtises…

 

OSONS LA BIENVEILLANCE !...

quand nous nous regardons nous-mêmes, quand nous regardons les autres. Ayons les uns pour les autres le même regard que Dieu, que Marie : un regard qui voit le bien, qui veut le bien…

 « Le péché… origine du mal !»

 

            Ce serait donc l’homme qui aurait introduit le mal dans le monde, et la souffrance, les maladies… et même la mort !... On nous l’a fait croire !...

Osons la bienveillance !

            A la suite de Jésus, qui disait : « Qui me voit, voit le Père ! » Quand les disciples lui demandent, en voyant un aveugle-né : « Qui a péché, lui-même ou ses parents ? » - « Ni lui, ni ses parents, mais c’est pour que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu ».

            Jésus a fréquenté « les pécheurs » et aussi les malades, les possédés… non pas pour condamner, mais pour les sauver, les guérir. Il ne s’est jamais posé la question : « Mais qu’est-ce qu’ils ont fait au bon Dieu pour être dans cet état ? » Il a souffert de leur souffrance, son regard était imprégné de compassion, de BIENVEILLANCE (« je te veux du bien »).

            Y a-t-il un MAIN DANS LA MAIN possible avec Dieu…, les uns avec les autres…, et avec nous-mêmes, sans ce regard-là ?

            Osons donc la bienveillance pour nous-mêmes, pour les autres, pour Dieu !

            Pour notre mort !...

            Lors de la messe des malades, nous avons aussi rencontré Saint Paul qui nous a rappelé le cœur de la Bonne Nouvelle : Jésus est mort et RESSUSCITE ! La mort n’est donc pas la fin de la vie, nous dit notre foi, nous dit Jésus :

            « Au moment de PASSER de ce monde à son Père, Jésus disait à ses disciples : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ! » Désormais la mort n’est plus opposée à la vie ; elle est, comme la naissance, passage vers la vie. Au début, la « naissance d’en bas », au bout du pèlerinage, la « naissance d’en haut ».

            « J’ai mis devant toi la vie et la mort, dit Dieu à Moïse ; choisis la vie et tu vivras ! »

            Que tu vives ou que tu meurs, choisis la vie ! Ose la bienveillance, même pour la mort !

 

PRIERE DU MOIS

 

 

Père très bon,

 

C’est en toi que j’ai, que nous avons tous

« la vie, le mouvement et l’être » ;

en toi « aimer » c’est « créer »,

« créer » c’est « aimer » :

si j’existe, si nous existons

c’est que nous sommes aimés !

Père, aide-nous à nous regarder

avec ce regard qui est le tien,

un regard d’amour, de BIENVEILLANCE.

Ton Fils nous a révélé ce regard,

quand il a rencontré « les malfaiteurs »,

les exclus, les mal-aimés, les malades…

et tous les autres…

En lui tu nous as fait sentir

que ta bonté pour nous est inépuisable,

que nous ne parviendrons jamais

à te fatiguer de nous aimer.

Aux heures sombres, aux heures de découragement,

que ton Esprit réveille en moi, en nous,

cette certitude de foi

que je suis aimable, malgré tout,

tout simplement parce que Toi

tu m’aimes, tu nous aimes.

*          *          *          *          *          *          *          *

Marie, quand nous nous tournons vers toi,

fais que nous nous souvenions d’abord

que tu es notre mère,

que, du haut de la croix,

ton Fils nous a confiés à toi, sa mère,

que tu nous regardes toujours, comme lui,

d’un regard plein d’amour.

Aide-nous, envers et contre tout

« d’oser la BIENVEILLANCE ! »

 

Amen.

 

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Septembre 2014

« Pour toi, qui suis-je ? »

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

Un jour Jésus a posé cette question à Pierre et à ses apôtres. Pierre, sans trop réfléchir, a répondu : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » (un réponse « gros calibre » - « grosse Bertha » !) Du coup, Jésus a dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ! » Mais quand il a commencé à leur parler de « sa souffrance et de sa mort », Pierre l’a pris à part, et comme un pape qui donne des ordres à Dieu, il lui a dit : « Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ! » Là-dessus, Jésus s’est fâché tout rouge (comme lorsque les disciples voulaient empêcher les mamans de lui faire bénir leurs enfants) : « Passe derrière moi Satan : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! » 

Je vous raconte un peu longuement cette histoire, parce qu’elle vous concerne, elle te concerne, toi qui viens de la lire. 

A commencer par la question de Jésus, qui te demande :

« Pour toi, qui suis-je ? »

 

Ne répondez pas trop vite, comme Pierre. Vous risquez de lui donner une réponse apprise au catéchisme, lue dans un livre pieux ou entendue dans le sermon du curé… Cette réponse n’intéresse pas Jésus. Il veut la tienne ! « Pour toi, qui suis-je vraiment, dans le quotidien de ta vie, au cœur de tes souffrances, à l’approche de ta mort ? » 

Du temps du prophète Isaïe, Dieu s’est occupé, un jour, de politique ; il a licencié le gouverneur Shebna pour le remplacer par un Eliakine, et il a dit : « Il sera stable comme un piquet qu’on enfonce dans un sol ferme ! » 

Dieu « comme ce piquet » dans ma vie ! Non pas pour m’embêter, pour restreindre ma liberté (comme une chèvre qu’on attache sur le talus d’un chemin), mais par amour : un appui, une présence sur laquelle je peux toujours compter « qui que je sois, quoique je fasse, quoiqu’il m’arrive ». 

Un Dieu à qui je peux toujours chanter ce refrain : « Tu es là au cœur de ma vie pour me faire vivre…, même dans mes tempêtes, dans mes orages ! »… 

C’est par amour qu’il veut et qu’il peut être « ce piquet » au cœur de notre vie ; ou mieux : qu’il veut que nous l’appelions « Père » ! Je crois que c’est encore par le prophète Isaïe qu’il nous a dit : « Une femme peut-elle abandonner son petit ? même si elle l’abandonnait, moi je ne t’abandonnerai jamais ! » 

C’est pour cela que Jésus se fâcha sur Pierre, quand il a parlé de « souffrance et de mort » ! Il est venu nous rejoindre, Dieu, jusqu’au cœur de nos souffrances, quelles qu’elles soient, jusqu’au cœur de notre mort…, et même jusqu’au cœur de notre péché ! Du haut de la croix, il a demandé à son Père de pardonner à ceux qui le crucifiaient !

 Il peut vraiment être « ce piquet » au cœur de ta vie, parce qu’il t’aime comme un Père, d’un amour qui est plus fort que ta mort… et que ton péché ! 

Il est vraiment là, au cœur de notre vie…

… pour nous faire VIVRE !

« Tu es Pierre… » (Jésus) 

            Jusqu’ici j’ai un peu « maltraité » Pierre. Mais je sais que le Jour de la Pentecôte l’Esprit Saint s’est saisi de lui, et il est resté fidèle à son ami Jésus jusque dans ses souffrances et sa mort : comme lui, il a été crucifié…

            Mais je crois que cette Parole-là s’adresse aussi à chacun(e) de nous, toi et moi :

            « Charles, Charlotte…, tu es pierre, et sur cette pierre je veux construire mon Eglise…, là où tu vis ! »

            Les hommes peuvent nous laisser tomber, même nos proches (comme cette femme qui oublierait son petit) ; ils peuvent nous trouver gênants, de trop… MAIS PAS DIEU !

            Dans notre Unité Pastorale, nous venons de célébrer une rencontre autour de ce refrain :

« Cueillons les fleurs de l’Espérance

   Et rallumons notre bougie

   Chacun de nous est une chance

   Là où il est, là où il vit ! »

            Et voici la première strophe :

« Certains disent que Dieu

   Est devenu aveugle,

   Mais c’est avec nos yeux

   Qu’il peut voir aujourd’hui ! »

            D’autres strophes parlent de notre bouche pour parler, nos mains pour aider, pour caresser, notre cœur pour aimer…

            Nous pourrions y ajouter nos oreilles pour écouter ceux qui viennent nous rencontrer, nous visiter ; nos jambes quand elles nous portent encore jusque dans la chambre du voisin, de la voisine…

            « Ce que vous faites au moindre des miens, c’est à moi que vous le faites ! »

            Cette Parole fait partie du « piquet » que Jésus est venu planter au cœur de notre vie, et qui donne un sens, une densité divine, au moindre de nos gestes humains.

            N’oublie pas : tu es « pierre », il compte sur toi aussi, pour construire son Royaume !

 

 

 

PRIERE DU MOIS

 Père très bon,

 merci de nous avoir envoyé ton Fils,

pour te faire connaître,

nous faire connaître ton amour ;

il est venu nous rejoindre,

il a partagé nos joies humaines,

et il a fini par partager

nos souffrances et notre mort,

afin que rien ne puisse nous séparer

ni de toi, Père, ni les uns des autres !

C’est lui, Jésus, ton Fils

qui est cette « pierre », ce roc,

sur lequel je peux construire « ma maison »,

et tenir debout,

malgré tout ce qui m’arrive.

Parfois la douleur…, l’ennui peut être si fort,

et le découragement,

qu’il m’arrive de douter de ta présence,

de ton amour de Père !...

Pardonne-moi,

et que ton Esprit qui m’habite

réveille en moi cette confiance,

cette certitude de foi que nous sommes aimés,

dont nous avons besoin pour vivre notre vie.

Que ton Esprit m’anime aussi

à croire en moi-même,

à croire que, Toi, tu comptes toujours sur moi ;

que le moindre geste, la moindre parole,

le moindre regard…,

enraciné dans l’amour de mon cœur,

réjouit ton cœur de Père

aujourd’hui, demain,

et pour les siècles des siècles.

 

Amen.

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Juin 2014

« Qui me voit, voit le Père ! »

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

Il a dit aussi, Jésus : « Qui m’entend, entend le Père ! » Ces Paroles donnent un visage et une voix à tous ces « gros mots » théologiques et liturgiques qui pendant ces mois de mai et de juin nous invitent à la foi, et donc à la joie… 

Mais quand la maladie, l’âge… nous retient à la maison, en clinique, en maison de repos, on risque de ne pas même entendre un écho de ces « gros mots », de participer à leur fête. 

Comme je vais moi-même entrer en clinique et dans une très, très longue convalescence, je vais les visiter l’un après l’autre, autant pour moi que pour vous ; car ce sont de très « gros mots » d’amour, de compassion, de la part d’un Dieu qui a montré en son Fils qu’il est près de ceux qui souffrent et qui lui a demandé de nous dire :

« Venez à moi vous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. » 

Visitons d’abord ensemble la fête que nous venons de vivre : l’ASCENSION. Ne nous imaginons pas la scène : Jésus qui monte doucement vers le ciel et disparaît dans les nuages. Mais retenons-en l’image : il s’en va vers le haut. 

Or tout naturellement nous mettons « en haut » ce qui est bon pour nous, « en bas » ce qui est plutôt mauvais.

« Pour nous les hommes et pour notre salut il descendit… et il remonta au ciel ! » 

Voilà que la valeur de notre vie d’homme, quoi qu’il nous arrive, est en hausse, sans limite ; notre vie a un sens, elle a un avenir… Avec Jésus, sur la croix, je chante :

« Entre tes mains, je remets, Seigneur, mon esprit, entre tes mains, je remets … mon corps. » 

Pour le moment, avant d’entrer en clinique, ce refrain m’accompagne partout… et me rassure… 

Mais continuons notre visite du côté de la PENTECÔTE. Comme les parents à leurs enfants, le Père et le Fils nous donnent ce qu’il y a de meilleur : un bon ESPRIT. Là encore je ne m’imagine pas la scène, avec ce grand vent et ces langues de feu ; mais simplement, je me laisse faire comme Marie. L’ange lui avait dit :

-        « L’Esprit Saint te prendra sous son ombre. »

-        « Qu’il me soit fait selon ta Parole ! » 

Nous ne sommes plus jamais seuls, à la maison, en clinique, en maison de repos : nous sommes habités. Entre le Père et nous, il y a ce « main-dans-la-main » indestructible, qui s’est donné un visage en Jésus, et une voix, qui en nous est Esprit. 

C’est pour cela que le dimanche suivant nous visiterons la SAINTE TRINITE. 

Qu’est-ce que c’est que ça ?... 

Regardons autour de nous : nous vivons « en trinité », nous sommes entourés de « trinités » : partout où deux êtres s’aiment, il y a trinité ! Toi et moi et l’amour qui nous unit et nous rend heureux ! C’est normal : il nous a créés « à son image et à sa ressemblance »… pour AIMER et ÊTRE AIME ! 

C’est « ça » la TRINITE !

Continuons notre parcours théologique et liturgique, la visite des « gros mots ». 

Et voici la FETE DIEU, le TRES SAINT SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DE JESUS. On en perd le souffle, à dire « cela » d’un trait ! 

En réalité c’est tout simplement Jésus qui nous a fait signe, qui donne un visage et une voix à ces « gros mots ». 

Il prend, pendant le repas pascal (qui fête le passage de l’esclavage à la liberté, de la mort à la vie…), il prend un morceau de pain et une coupe de vin, et il dit :

« Prenez et mangez,        ceci est mon corps ! »


« Prenez et buvez,      ceci est mon sang ! »

 J’ai demandé aux enfants de la Première Communion : « Qu’est-ce que tu emmènerais avec toi, si tu devais partir en Amérique ? » - « Une photo ! » Elle est présence au cœur de l’absence. Les enfants, quelques temps auparavant avaient fait un petit cadeau à leur maman, cadeau qui est présence au cœur de l’absence… 

Or du temps de Jésus, pas de photographe !... mais on mangeait et on buvait…, comme aujourd’hui. Alors Jésus a eu cette idée géniale de nous laisser comme signe de sa présence « un repas », du pain et du vin ; non pas  pour être AVEC nous, mais EN nous. « Nous devenons ce que nous recevons : le Corps du Christ », dit la prière…

 Au bout de cette longue visite il n’est pas étonnant qu’en fin du mois de juin nous fêtions le SACRE CŒUR. 

Notre Dieu a vraiment pour nous un « sacré cœur ! », et il lui a donné un visage et une voix en Jésus son Fils ! Alléluia ! 

« Qui me voit, voit le Père,

       qui m’entend, entend le Père ! »


PRIERE DU MOIS

 

Père très bon,

 

nous te rendons grâce pour cet amour

dont tu nous aimes, chacun, chacune,

que tu nous as révélé

en envoyant sur notre terre ton Fils

pour nous le révéler

pour lui donner un visage, une voix.

Que ton Esprit

qui nous habite, qui m’habite,

me garde éveillé, attentif à cet amour,

surtout aux heures où la souffrance,

du corps ou du cœur,

risque de m’enfermer sur moi-même,

et de me faire perdre courage.

Qu’il souffle fort à ces-heures-là,

et me fasse sentir

que je ne suis pas seul, jamais,

mais que vous êtes là, tous les trois,

Père, Fils et Esprit

pour un main dans la main

que rien ne peut rompre…

Que l’Esprit me rende attentif aussi

à toutes ces voix qui me disent :

« Je pense à toi, je prie pour toi ! »

Donne-moi de puiser aussi ma force

dans cette amitié

qui s’est tissée autour de moi.

Tu es là, toujours,

au pied de « notre croix » quelle qu’elle soit,

soutiens notre courage,

rends forte notre espérance.

 

 

Amen.

* * * * * * * * * * * * * * * * * * 

Avril 2014

« J’ai soif !, donne-moi à boire ! »

(Jésus)

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

A mi-chemin du Temps de Carême nous avons rencontré Jésus du côté de la Samarie, près du puits de Jacob, à l’heure de midi, l’heure la plus chaude de la journée. Il s’est assis sur la margelle du puits… et il avait soif. Mais il n’avait pas de quoi puiser l’eau ! 

… et il n’a pas fait de miracle ! comme aux Noces de Cana, où il a changé de l’eau en vin. Mais c’était pour sauver la fête du jeune couple et de ses invités… 

Quand il a eu faim, après quarante jours de jeûne, au désert, le diable lui a proposé de changer « ces pierres que voilà » en pains. Il a refusé… Mais sur la montagne, il a multiplié des pains et des poissons pour 5000 hommes sans compter les femmes et les enfants… 

Je suppose qu’à Cana et sur la montagne, il en a profité, lui aussi, pour boire du vin et manger du pain avec du poisson… Il aimait manger et boire… avec les autres… avec nous. 

« J’ai soif ! donne-moi à boire ! » 

C’est une de ses dernières paroles sur la croix ; non pas soif de cette eau vinaigrée que les gardes lui donnent à boire, mais « soif de nous, de chacun, chacune de nous ! » 

« Donne-moi à boire », dit-il à cette femme samaritaine qui vient puiser de l’eau à l’heure de midi. La femme est toute étonnée : « Comment, toi qui est juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine !? » Et les disciples, qui reviennent de la ville, en sont tout scandalisés : « Ils étaient surpris de le voir parler à une femme ! »… 

Ils sont allés de surprise en surprise. Il s’est arrêté aux cris d’un aveugle, assis au bord du chemin ; il a touché un lépreux pour le guérir de son mal ; il est allé loger chez Zachée, ce « mauvais », il s’est laissé toucher par Marie-Madeleine… 

« Donne-moi à boire ! » 

Par cette Parole « il fait exister » la Samaritaine, qui vient puiser l’eau à midi pour ne pas rencontrer d’autres personnes, elle qui doit avoir mauvaise réputation avec ses cinq maris… 

Jésus la « ressuscite » : elle va oublier sa cruche, sa soif d’eau, et s’en retourner vers son village avec cette Bonne Nouvelle :

« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Messie ? » 

Oui c’est le Messie, l’Envoyé du Père pour te dire à toi, qui lis cette histoire, QU’IL A SOIF DE TOI ! 

« Je suis la lumière du monde. » (Jésus)

 

            Continuons notre marche vers Jérusalem, vers Pâques : une marche vers la vie. 

            Après la Samaritaine, il remarque, en passant, un aveugle-né. IL S’ARRÊTE ! 

            « Il cracha sur le sol, et avec la salive il fit de la boue, qu’il appliqua sur les yeux de l’aveugle, et il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé ! » L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. » 

            Jésus – « par lui tout à été fait » écrit Saint Jean – achève la « création », ce qui manque à cet aveugle. La Bible raconte « qu’au début, Dieu façonna l’homme avec de la glaise du sol. »

            Cette rencontre avec l’aveugle me fait chanter : « Tu es là au cœur de ma vie, et c’est toi qui me fait vivre ! » Je vous invite à chanter avec moi… Que de fois je suis « aveugle » et que j’ai besoin de ce geste  « créateur » de Jésus !... 

            Mais il y a plus fort, plus incroyable : la mort de son ami Lazare ! Vraiment son ami : Jésus a été bouleversé, IL A PLEURE ! (Lui qui a dit, pour nous tous : « Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle « mes amis » !) 

« Lazare, viens dehors ! » 

Et le mort sortit… 

            La Samaritaine, l’aveugle-né, Lazare… ; et au bout de ces rencontres sa mort sur la croix et sa RESURRECTION. Jésus nous fait SIGNES ! Accueillons-les et qu’ils mettent dans nos cœurs une grande ESPERANCE !

 PRIERE DU MOIS

 

Père très bon,

 

autour de nous la nature s’est réveillée,

précoce, ensoleillée et chaleureuse.

Les crocus, les jonquilles, les tulipes…

toutes ces couleurs, mêlées aux chants des oiseaux,

nous font SIGNE :

la vie est plus forte que la mort !

Pendant que naissait le printemps,

ton Fils s’est mis en route

vers Jérusalem,

vers l’accomplissement de sa mission.

Il est entré dans nos peurs,

nos peurs de souffrir et de mourir ;

entré dans cette solitude,

qui accompagne la souffrance,

malgré tous ceux qui nous entourent,

et toutes leurs bonnes paroles…

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Il a crié, il a prié :

« Père, éloigne de moi cette coupe ! »

Par cette prière, par ce cri,

il est toujours avec nous, avec moi,

aux moments les plus durs de mes souffrances.

 

Père très bon,

que ton Esprit nous ouvre les yeux,

pour voir cette main que ton Fils nous tend,

pour nous emmener avec lui, plus loin,

du côté de l’espérance, du côté de la vie.

Qu’il me donne à boire, comme à la Samaritaine :

qu’il m’ouvre les yeux, comme à l’aveugle-né,

qu’il me ramène à la vie comme son ami Lazare.

Père, ne laisse pas mourir en nous

la SOIF de ta présence !

 

Amen.

           

 

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Mars 2014

« Replacer Dieu au milieu de nous. »

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

Trouver, ou retrouver le « main dans la main » avec Lui, quand d’une façon ou d’une autre, la vie se montre dure, impitoyable avec nous ; quand cette dureté, peut-être, nous pousse à douter de sa présence, de son amour… 

Je viens de préparer l’homélie du 8ème dimanche ordinaire. Jésus, dans l’Evangile, semble nous inviter à l’insouciance : « Regardez les oiseaux du ciel… regardez les lys des … Ne vous faites pas tant de souci pour demain… » ! Mais au cœur de ces Paroles « désinvoltes » (?), cette déclaration d’amour :

« Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? » 

Et ce « beaucoup plus », le prophète Isaïe le proclame, ce week-end, dans le monde entier :

« Jérusalem disait :

«Le Seigneur m’a abandonnée, le Seigneur m’a oubliée ! » 

            Est-ce qu’une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l’oublier, MOI, JE NE T’OUBLIERAI JAMAIS. – Parole du Seigneur tout-puissant. »

Ce que dans l’Ancien Testament les prophètes disaient pour Jérusalem, pour le peuple, Jésus le disait pour chacun, chacune de nous. Il est allé loger chez Zachée, il a bavardé avec la Samaritaine, il s’est arrêté pour l’aveugle Bartimée, il s’est déplacé pour la petite fille de Jaïre… 

« Replacer Dieu au milieu de nous ! » 

            Cette parole vient d’un papa dont un enfant vient d’avoir un sérieux accident de santé… Elle m’interpelle moi-même : je viens d’aller visiter mon frère qui ne sait plus ni parler, ni écrire, qui « est là » attaché à sa chaise dans une maison de repos…

            Qu’il est bon, réconfortant le témoignage de tous ceux qui « y arrivent » : qui cherchent et trouvent du côté de la prière, du côté de Dieu, la force dont ils ont besoin, de l’espérance qui, malgré tout, est source de joie de vivre… 

            Un témoignage vécu vaut mieux qu’une belle homélie, qu’un bel article. Un jour après une de ces homélies sur « la présence de Dieu au cœur de nos souffrances », j’ai dit à mes « ouailles » : « Il y a sûrement parmi vous des personnes qui ont l’expérience de cette présence de Dieu, qui ne doutent pas de son amour, malgré tout ce qui leur arrive. Ce sont elles qui devraient venir ici, et témoigner de leur foi, de leur confiance ! »…

            Et voilà qu’une dame s’est levée et est venue me rejoindre au micro : « J’ai la maladie de Parkinson, et je sais ce qui m’attend ! Je me suis révoltée contre Dieu… ; mais j’ai retrouvé le chemin de la prière… et avec elle la paix du cœur ! » 

            « Ce qui l’attendait » a duré des mois, a été très très pénible…, mais elle a gardé sa confiance en l’amour de Dieu. 

            Merci à vous toutes, vous tous, qui, là où  vous vivez, là où vous souffrez, témoignez de la même confiance.

« Changez vos cœurs, Croyez à la Bonne Nouvelle,

Changez de vie, Croyez que Dieu vous aime. »

 

            Voilà un chant qui convient bien pour nous faire entrer dans le TEMPS DU CARÊME. Nous le chanterons au moment de l’Imposition des Cendres. 

            J’ai vécu en brousse africaine, dans une Mission avec un gros troupeau de bovidés. Chaque année, pour le faire survivre à la saison sèche, on mettait le feu à l’herbe desséchée, car, bien vite, une herbe jeune et tendre reprenait vie et faisait le délice des bêtes… 

            N’est-ce pas là le sens profond du Carême ? Jésus se met en route vers Jérusalem, bien conscient de ce qui l’attend : la souffrance et la mort. 

            « Jésus traversait la Galilée… ; il instruisait ses disciples en disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront ! » (Mc 9, 30-31) 

            Mais ses disciples ne comprenaient pas ces paroles et nous pouvons les comprendre. Le Messie, venu pour sauver les hommes, et qui va souffrir et mourir !? 

            Les disciples, ce jour-là, n’ont pas compris non plus ce que Jésus a ajouté : « Trois jours après sa mort il ressuscitera ! » 

            Croyez que Dieu vous aime ! envers et contre tout ! Que voulez-vous que je vous dise d’autre ! sinon me « cacher » une nouvelle fois derrière ces paroles de Paul Claudel :

« Le Fils de Dieu n’est pas venu pour détruire la souffrance,

mais pour souffrir avec nous.

Il n’est pas venu détruire la croix,

mais pour s’étendre dessus…

C’est du côté de la mort

qu’il nous a appris qu’était le chemin de la sortie

et de la possibilité de transformation. »


PRIERE DU MOIS

 

Père très bon,

 

devant les catastrophes naturelles,

devant les souffrances

que les hommes s’infligent

les uns aux autres…

Tu restes souvent silencieux !

Quand ça va mal dans ma vie,

dans la vie d’un ami, d’un proche

et que je crie vers Toi,

Tu restes silencieux !

Pourtant Tu as envoyé des prophètes,

Tu as envoyé ton propre Fils

pour nous révéler ton amour !

« Même si une mère pouvait oublier

le fils de ses entrailles

MOI JE NE T’OUBLIERAI JAMAIS ! »

C’est Lui, ton Fils, qui nous a appris

à t’appeler « Père » !...

Père très bon, 

je te prie pour moi et tous les autres :

quand ça va mal,

d’une façon ou d’une autre,

donne-moi, donne-nous la force

de te croire sur parole !

Donne-nous le courage de crier vers toi,

envers et contre tout,

malgré nos questions et nos doutes.

« Des profondeurs, Seigneur, je crie vers Toi,

écoute mon appel !

Que ton oreille se fasse attentive,

aux cris de ma prière ! »

 

Amen.


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Février 2014

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« Mes yeux ont vu ton salut. »

(Syméon)

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

Ce Syméon, c’est un vieux monsieur, qui « habite » le Temple de Jérusalem, un peu comme ceux qui se sont retirés dans une « maison de repos ». Il se sent bien, très bien, chez Celui qu’il appelle « Maître », chez le bon Dieu… 

Quotidiennement il voit le va-et-vient d’une foule de gens, riches et pauvres, qui viennent pour prier, offrir des sacrifices, les pauvres une paire de tourterelles, les riches un gros taureau… Le va-et-vient des prêtres, plus ou moins « grands », des lévites, leurs « enfants de chœur »… Des marchands de toutes sortes, des changeurs de monnaies… Que de bruit, que de bruit, que de bruit… Plus tard, un homme jeune se tressera un fouet de corde, et dans un grand mouvement de colère, il essayera de « faire le ménage » : « De la maison de mon Père, vous avez fait un repaire de brigands ! »… 

Plus tard… 

En attendant, dans « sa maison de repos », malgré tout ce bruit, Syméon, dans le silence de son cœur, vivait une relation profonde avec le Dieu de ce Temple :

« C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. »

Sans doute dans une autre cour du Temple – hommes et femmes ne se mêlaient pas -, mais dans cette même « maison de repos », il y avait une veuve, Anne, fille de Phanuel. Elle avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatre ans (alors que l’on mourrait dans la quarantaine !) ; elle aussi servait Dieu nuit et jour, dans le jeûne et la prière. 

Syméon et Anne, quotidiennement, voyaient venir de jeunes couples de parents qui venaient pour « consacrer au Seigneur leur premier-né de sexe masculin, selon la loi de Moïse… ».

Ils en avaient vu, de petits garçons, Syméon et Anne !... Mais « ce jour-là », leur vie fut bouleversée (tout comme la nôtre, la mienne à moi qui vous écris). C’est l’Esprit Saint qui les « mettra sur la piste ». 

« L’Esprit Saint était sur Syméon. L’Esprit lui avait révélé qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l’Esprit, Syméon vint au Temple. » 

Il va prendre dans ses bras un de ces petits garçons-comme-les-autres… mais qui va bouleverser la vie du monde, notre vie. 

« Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole. CAR MES YEUX ONT VU TON SALUT, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple. » 

Le même Esprit a poussé Anne à passer par là. Et voilà qu’elle se met à « proclamer les louanges de Dieu et à parler de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. »

Que sont-ils devenus, Syméon et Anne ? L’histoire ne le dit pas. Mais elle nous transmet, à nous, aujourd’hui, une grande joie, une chaude lumière, une ESPERANCE sans limite…

 

Ses yeux ont vu NOTRE salut.

 

 

            Nous connaissons cette vieille histoire de Syméon et d’Anne ; nous en avons fait la CHANDELEUR qui nous fait manger des crêpes… bon appétit !...

Mais laissons-nous « pousser », laissons-nous guider par l’Esprit ; ainsi, comme nos deux « retraités », nous découvrirons la présence de Dieu au cœur de notre vie, de la vie des hommes…

D’un bout à l’autre de cette vie ! Car de ce petit garçon-là, Saint Jean dans son Evangile dira « qu’il est le Verbe fait chair ». Dieu qui se fait homme…

Il a commencé à se faire enfant. La plupart d’entre nous (sinon tous) ont aussi été « présentés à Dieu ». Nos parents, heureux de nous accueillir comme leurs enfants, étaient aussi heureux de croire que nous étions ses enfants. Ils ont donné à notre vie cette orientation fondamentale vers ce Dieu d’amour. Dieu était là, le jour de notre Baptême, et son accueil, son « oui » était entier. Et même si au cours de notre vie nous nous détournons de lui, il ne reprendra jamais, lui, son engagement. Il est ce Père qui attend toujours son enfant sur le seuil de sa maison pour lui faire la fête…

Le petit garçon a grandi ; et lorsqu’il a pris la route des hommes, nous le retrouvons constamment du côté de ceux qui souffrent, qui se sentent exclus, mal-aimés…

Pour finir, il nous rejoint jusqu’au cœur de notre mort !... Et son dernier mot, dans un dernier souffle : « Tout est accompli ! » Depuis la naissance jusque dans notre mort, il est avec nous, avec toi, avec moi…

Syméon et Anne nous invitent, gentiment, à garder vivante dans nos cœurs… (jusque dans nos « maisons de repos »)… une

GRANDE ESPERANCE !


PRIERE DU MOIS

 


Père très bon,

merci pour cette rencontre

avec Syméon et Anne

qui au cœur de leur longue vie

ont gardé dans leur cœur

cette assurance

que tu ne peux pas nous abandonner !

Ouvre aussi mon cœur, nos cœurs,

à l’action de l’Esprit Saint

que tu nous as donné, pour toujours,

le jour de notre Baptême.

Qu’il ouvre aussi mes yeux, nos yeux,

et nous fasse voir,

comme Syméon et Anne,

que notre vie, en toi, a un sens,

quoiqu’il nous arrive…

D’un jour à l’autre,

donne-moi le courage de voir

ce qui est lumière, ce qui est joie,

et d’y reconnaître un signe

de ta présence.

*          *          *          *          *          *

Merci pour la rencontre

avec Marie et Joseph

qui viennent te présenter

leur enfant premier-né.

Merci à mes parents

qui dès le début de ma vie

m’ont confié à ton amour de Père !

En cette fête de la Chandeleur,

-          avec ou sans crêpes –

soit pour moi et pour tous les autres

une fête de TA LUMIERE

au cœur de notre vie.

Amen.

 


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Décembre 2013


« Veillez !... Tenez-vous prêts ! »
(Jésus)

*     *     *     *     *     *     *     *     *     *    

« Veillez ! »… Une voix m’a dit au téléphone : « J’ai pensé aux animaux, aux oiseaux… ; ils sont constamment en éveil ! » C’est vrai : nous pourrions même dire que chez eux c’est instinctif. 

Ce qui les tient en éveil, n’est-ce pas d’abord la peur, puis la faim, la recherche d’un(e) partenaire…

 Pour la recherche d’un partenaire, il suffit d’aller danser, d’ouvrir l’ordinateur, ou, si nous sommes cultivateurs, de regarder l’émission « L’amour est dans le pré ! »

 Si nous avons faim, nous ouvrons le frigo, et s’il est vide, nous allons faire des courses… dans nos pays riches… ; pour la majorité des hommes sur la terre, la faim est un casse-tête, le premier souci de la vie, de la survie… ; des enfants meurent de faim chaque jour…

 Reste la peur ?... pour rester en éveil, nous tenir prêt…, comme les animaux, comme les oiseaux ?...

 De fait, « ils » nous ont fait peur… avec nos péchés-qui-seront-punis…, avec l’enfer…, avec Dieu !! Les lectures de fin d’année liturgique, il est vrai, parlent de tremblements de terre, d’épidémies, de voleur-qui-vient-quand-on-ne-l’attend-pas, de déluge !...

 Mais au bout de toutes ces menaces, surgit cette Parole :

« Quand ces évènements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »

 

Je ne peux plus croire que le Dieu que nous a révélé Jésus, pourrait nous faire peur ; il nous a dit que nous pouvons l’appeler « Notre Père » : cela ne suffit-il pas pour chasser toute peur ?

Mais dans notre vie il peut nous arriver des « déluges » : une maladie qui s’installe, le deuil d’un être cher, comme une blessure qui ne se cicatrise pas…, et sûrement la vieillesse (hier j’ai rendu visite à mon frère, dans une maison de repos)…

Eh bien ! tout l’Evangile nous raconte que Dieu a envoyé son Fils pour nous rejoindre dans ces « déluges », pour être l’Emmanuel, le Dieu-avec-nous. C’est là qu’il nous dit :

« Veillez… ! Tenez-vous prêts !... »

 Cette attitude, comme chez les oiseaux, devraient être instinctive chez nous ; mais non pas à cause de la peur, de la faim…, mais parce que NOUS SOMMES AIMES, parce qu’il est toujours là (« tu es là au cœur de nos vies » !) avec cet amour qui est plus fort que la mort (« pour nous faire vivre » !)

 Un jour, ses disciples ont été pris dans une tempête sur le lac de Tibériade. Jésus est venu vers eux, en marchant sur l’eau ; quand ils l’ont vu, ils ont pris peur ; mais il leur a dit :

« N’ayez pas peur, c’est moi ! »

 Au bout de ce mois de décembre, nous allons fêter sa naissance sur notre terre, dans notre vie. Accueillons-le, en chantonnant :

« Ouvrir quand tu frappes à la porte.

   Briser les verrous de la peur !

   Savoir tout ce que tu m’apportes.

   Rester et DEVENIR VEILLEUR ! »       

A quoi ça sert

de croire en Dieu ?

Elle est drôle, ta question ! 

       Pour moi, on ne peut pas dire que cela « serve » à quelque chose. Ce n’est pas comme une voiture qui sert à voyager, ou comme l’école qui sert à apprendre. Si je crois en Dieu, ce n’est pas parce que c’est pratique ou utile. C’est comme si tu demandais à quoi ça me sert d’aimer et d’être aimé. Aimer, cela ne sert à rien, mais ça change ma vie.

        Croire en Dieu, c’est pareil. A première vue, je pourrais même m’en passer, et pourtant, cela change tout pour moi. Je ne dis pas que c’est comme une potion magique qui arrange tout ! Ma foi en Dieu ne me rend pas plus malin ni plus fort que les autres.

        Mais, à cause de ma foi, je regarde les choses d’un œil différent. Ma vie a sens ; Je crois que Dieu m’a offert la vie et j’ai envie d’en faire quelque chose de bien pour le remercier. Je crois que Dieu m’aime et j’ai envie d’aimer les autres avec lui. Je crois que Dieu me fait des signes et cela me donne envie de les découvrir.

       Tout compte fait, croire en Dieu me rend vivant, au moins autant que l’oxygène !

J’avais demandé au Saint Esprit de m’inspirer cette page du milieu. Il ne m’a pas fait attendre ; quelques kilomètres plus loin, il m’a « refilé » cette profession de foi, pleine de soleil. Elle peut nous aider au temps de nos « déluges » !...


PRIERE DU MOIS

 

Dieu tout-puissant,

 

toi que je peux, que nous pouvons

appeler « Père », « Notre Père »,

grave dans nos esprits et nos cœurs

cette foi que ta « toute-puissance »

est celle de ton amour pour nous tous !

Enlève de nos esprits et nos cœurs

toute peur de ta présence,

sinon la peur de ne pas t’aimer,

de ne pas me laisser aimer !

Ton Fils nous a dit :

« Si vous ne devenez pas comme des enfants,

vous ne comprendrez rien à mon Royaume ! »

Mets dans nos cœurs la confiance de l’enfant,

qui aime et qui se sait aimé.

Garde vivant en nous

son esprit éveillé

à tout ce qui est bon, tout ce qui est beau,

à tout ce qui est « vie »,

même au cœur de nos « déluges ».

Il nous dit, ton Fils :

« Veillez, tenez-vous prêts !

Vous avez un avenir, quoiqu’il vous arrive ! »

Que ton Esprit nous aide,

pendant ce Temps de l’Avent,

à laisser grandir en nous l’ESPERANCE,

qui est source de courage, source de joie.

Marie !

tu as dit oui à ce Dieu d’amour

qui est venu frapper à ta porte ;

tu l’as mis au monde, tu nous l’as donné ;

prie pour moi, prie pour nous,

maintenant et à l’heure de nos « déluges ».


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Septembre 2013

« Mets-toi à la dernière place ! » (Jésus)

*      *      *      *      *      *      *      *      *      *

« Me voilà piégé, Jésus, avec cette Parabole ! Lundi je dois la proclamer dans une maison de repos. C’est toi qui invites à ta table, à vivre le geste du pain et du vin. Et tu leur diras : « Quand tu es invité…, va te mettre à la dernière place ! » Ils vont me regarder… et m’écouter ! »

Qu’est-ce que je vais leur dire ? 

Dans la société qui est la nôtre, si tu choisis effectivement la dernière place, tu risques fort d’y rester ! D’autres profiteront de ta naïveté, dans ce monde où règne la loi du plus fort…

 Mais la petite communauté qui va répondre à l’invitation au repas eucharistique, ne vit plus au cœur de cette société. Certain(e)s d’entre eux diront : « C’est pire ! » La Maison de repos qui les accueille, se trouve au bord d’une route principale, avec son va-et-vient constant de voitures : c’est là que la vie passe, que la vie se passe, non !?... 

Quand on est malade, quand la vieillesse s’installe avec ses handicaps…, quand « on est obligé de finir sa vie dans une maison de repos » n’est-on pas « d’office » à la dernière place ?... « définitivement » ?... Après une vie active, faite de travail, de relations, de rencontres, de dévouement…, n’est-ce pas le »temps de l’humiliation » ?... 

Qu’est-ce que je vais leur dire ?

« Je vais leur dire, Jésus, qu’avant de les inviter au repas eucharistique, C’EST TOI QUI T’INVITES CHEZ EUX ! Tu quittes cette route principale, tu prends le temps pour t’arrêter, pour ETRE LA, uniquement pour eux ! »

Jésus, quand il était sur terre, on ne le rencontrait pas surtout chez les « plus forts, les puissants », mais plutôt du côté des malades, des faibles, des laissés pour compte,… Non pas pour leur dire : « Heureux vous qui êtes malades, qui souffrez, les exclus ! »… mais pour les guérir, leur redonner courage, leur faire découvrir, leur donner un sens à leur vie. Il disait : « Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir. » 

Jésus ne nous demande pas de nous « humilier » ; ce qui peut être la tentation du malade, de la personne âgée ou handicapée (« je ne vaux plus rien ! je suis de trop ! je gène… » !) 

Jésus nous demande d’être HUMBLE !... dans le sens fort du mot ! HUMBLE, vient de HUMUS ! Humble veut dire : « être bonne terre » pour les autres. 

Bien sûr que l’humus est « en bas » ! C’est là que toute plante s’en vient germer, prendre racine, trouver la nourriture dont elle a besoin pour grandir, s’épanouir et porter des fruits… 

Et si la maladie, la vieillesse, les handicaps… nous aidaient à devenir davantage « bonne terre pour les autres » ; nous aidaient à sortir de cette société des plus forts qui prennent la première place ?...st-ce que je vais leur dire cela ? est-ce que je peux le leur dire ? 

Il y a de la solitude, dans les maisons de repos, de la souffrance et du découragement… Mais il y a aussi, d’un corridor à l’autre, d’une chambre à l’autre, du dévouement, des visites et des petits services rendus et cette joie, cette gratitude de les accueillir… Puis il y a la prière, cette présence de Dieu, du matin au soir et du soir au matin… à qui on peut tout dire, tout confier…                       

« Jésus s’arrêta ! ». 

            Vous rappelez-vous l’histoire de Bartimée, le fils de Timée ? (Marc, 20, 29-34). Un aveugle assis au bord du chemin, pour mendier. Il n’a même pas de prénom !... Il est vraiment « à la dernière place ». 

            Voilà que Jésus passe par là, entouré d’une grande foule de « fan’s ». Un joyeux brouhaha sur la « route de la vie ». L’aveugle, apprenant que c’est Jésus de Nazareth qui passe, se met à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » La foule le rabroue et veut le faire taire. Mais Jésus a entendu ses cris. Saint Marc écrit :

            « Jésus S’ARRETA, et dit : APPELEZ-LE. » 

            Quand je vais célébrer l’Eucharistie dans cette maison de repos « au bord de la route », c’est cet Evangile qui devient réalité. JESUS S’ARRETE ! et au moment de la communion, il passe dans les rangs pour se remettre entre les mains de chacun, chacune ; et lui les connaît par leur nom. 

            Alors se passe ce que raconte la parabole du repas de noces :

            « Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : « Mon ami, avance plus haut », et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi. » 

            « Quand viendra celui qui t’a invité… » : il ne vient pas seulement quand le prêtre vient célébrer la messe. Mais aussi quand le visiteur, la visiteuse de malades, quand des proches, des amis, des connaissances « S’ARRETENT » et prennent de leur temps pour quitter la « route de la vie » pour le consacrer à ceux qui sont « assis à son bord »… et qui mendient ce temps… 

            C’est un des tributs que nous payons à la DE-CHRIST-IANISATION : nous ne croyons plus assez que c’est PAR NOUS que Jésus veut S’INCARNER dans et par nos vies. Il a besoin de nos jambes pour « s’arrêter », de nos mains pour rendre service, de l’accueil de notre sourire, de nos oreilles pour entendre les cris de ceux qui se sentent « à la dernière place », de nos voix pour leur dire : « Avance plus haut ! » 

PRIERE DU MOIS 

Père très bon, 

il y a des moments dans ma vie,

des heures parfois et même des jours,

et des nuits… tellement longues,

où je me sens « à la dernière place »

au bord de « la route de la vie » !

Ma maladie, ma vieillesse, ma solitude,

prend le dessus !...

Des jours où je me sens abandonné

comme ton Fils, là-haut sur la croix.

Et son cri devient mon cri :

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Augmente en moi, en nous la foi !

Donne-nous, ces jours-là,

de reconnaître TA PRESENCE

en tous ceux qui nous entourent,

ceux qui nous soignent,

qui nous visitent et nous rendent service.

Par la venue de ton Fils sur notre terre

tu as voulu nous révéler

une bonne fois pour toutes,

que tu es toujours là au cœur de nos vies,

pour nous faire vivre !

Donne-moi, donne-nous le courage

de l’HUMILITE !

Le courage de reconnaître

que « nos pauvretés » ouvrent nos vies,

nos heures et nos jours et nos nuits,

à TA VENUE

Le courage de nous faire « HUMUS »

où toi tu peux semer l’espérance,

et faire renaître la joie de vivre. 

Amen.

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Août 2013

« Apprends-nous à prier ! »

*      *      *      *      *      *      *      *      *      *

C’est bon de se rappeler de temps en temps ce dialogue entre Jésus et ses disciples : il nous concerne directement, toi et moi ; c’est pour nous que Saint Luc l’a mis par écrit. 

« Un jour, quelque part, Jésus était en prière. Quand il eut terminé un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier… »

Il leur répondit : « Quand vous priez, dites « Père » ! » 

Un jour, … n’importe quand !

Quelque part, … n’importe où !

… nous pouvons entrer en prière, ETRE DANS la prière, en communion, en relation avec notre Dieu ; ce Dieu qui s’est révélé, QUI S’EST FAIT HOMME en Jésus : trente ans de « vie humaine normale » à Nazareth, puis la souffrance, puis la mort. Il n’y a rien d’humain dans ma vie, où je ne peux pas rencontrer Dieu. De plus, il a mangé avec les pécheurs… Dieu à ma portée, jour et nuit… 

Je pense encore à « Marie Dufour », clouée à son fauteuil de Maison de repos.

- « Marie, qu’est-ce qui se passe dans ta tête pendant toute une journée ? »

- « …je prie ! »          Elle « était en prière ».

Réponse qui me fait penser à ma mère qui disait un jour : « Je suis trop malade pour prier ! » J’ai compris : « pour réciter toutes les formules de prières collectionnées au cours d’années de prières.

            Depuis quelques temps nous aimons chanter ce refrain :

« Jésus me voici devant toi,

tout simplement dans le silence.

Rien n’est plus important pour moi

que d’habiter en ta présence. » 

« Comme les amoureux qui se becquotent sur les bancs publics, qui n’ont pas tellement besoin de se parler… » 

            Entre Dieu et nous, oui, c’est une histoire d’amour :

« Quand vous priez, dites « Père » ! » 

Père

 

            Cette Parole devrait être le fondement, la racine de notre vie : Dieu est mon Père : JE SUIS AIME ! Jésus me dit : « Ce Dieu tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, appelle-le PÈRE ! s’il te plaît ! » 

            Je sais que c’est facile à dire, à écrire… ; je sais qu’il y a des souffrances, du côté du corps ou du cœur, où ce mot ne passe pas les lèvres ; je sais que certains souffrent à en perdre la foi… Jésus le savait aussi, et c’est lui (pas moi !) qui nous dit : « Malgré tout, dites « Père ! » croyez que vous êtes aimés ! » 

                        « Père, que cette coupe s’éloigne de moi ! »

                        « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

                        « Père, entre tes mains je remets mon esprit ! » 

            Et Jésus insiste : « Demandez, cherchez, frappez à la porte… s’il vous plaît ! » L’important, ce n’est pas « ce que » nous demandons ou cherchons, mais de maintenir la relation, la communion avec ce Père qui nous aime tel que nous sommes… « Je prie », disait Mari Dufour ; que pouvait-elle encore demander pour cette nonagénaire qu’elle était ? 

            « O Seigneur je viens vers toi

            je viens vers toi, je te cherche, mon Dieu

            … JE CHERCHE TA MAIN ! »

                        … tout simplement…

« Comme un enfant… ! ». 

            C’est une autre Parole forte, que Jésus nous a dite là :

            « Amen je vous le dis :

            celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu

            à la manière d’un enfant

            n’y entrera pas. »

            Ce « royaume de Dieu », ce n’est pas un pays, quelque part, avec un roi ; c’est l’amour de ce Dieu Père.

            Au cœur de nos souffrances, pensons à la souffrance de Dieu…, quand nous, ses enfants, nous ne lui demandons plus rien, ne cherchons plus sa main, ne frappons plus à sa porte ! La souffrance des parents quand l’un des enfants a rompu tous les contacts, ne vient plus, n’écrit plus, ne téléphone plus. « Nous n’existons plus pour lui ! »…

            Oser faire le pas, courageusement : ne pas me regarder à partir de moi-même, de ma maladie, de ma vieillesse, de mes échecs, de mon péché… Me regarder à partir de cet amour de Dieu, me regarder avec le regard de ce Père qui toujours me trouvera aimable !...

            « Etrange comme mes idées changent quand je prie », a dit Bernanos.

« Comme un enfant… ! »

            On raconte l’histoire de cette petite bergère, là-haut sur la montagne, à qui les bonnes sœurs ne parvenaient pas à apprendre la « Notre Père » en entier. Dès qu’elle disait « Père », elle se mettait à pleurer… d’émerveillement, de joie : « Moi, la petite bergère, j’ai Dieu comme Père ! »

            Si vous le connaissez, fredonnez parfois ce chant, il fait du bien :

« Comme un enfant tient la main de son père

sans bien savoir où la route conduit.

Comme un enfant, chantant dans la lumière,

chante aussi bien dans la nuit.

 

Comme un enfant qui s’est rendu coupable

Mais qui sait bien qu’on lui pardonnera,

Pour s’excuser d’être si misérable,

vient se jeter dans vos bras.

 

            Me voici, Seigneur,

                       Me voici comme un enfant. »        


PRIERE DU MOIS

 

tu as vécu, dans ton corps et dans ton âme,

Seigneur Jésus Christ,

moi aussi je te demande :

« Apprends-moi à prier ! »

Apprends-nous à entrer dans la prière

n’importe où et n’importe quand,

à entrer en relation, en communion,

avec toi, avec le Père, avec l’Esprit Saint,

avec Marie, ta mère…

avec les saints, avec nos défunts !...

Augmente en moi la foi,

fais grandir dans mon cœur

cette assurance

QUE JE NE SUIS JAMAIS SEUL(E) !

n’importe où, n’importe quand,

et surtout aux heures de souffrance.

Tu nous l’as dit,

et tu as vécu ce que tu as dit :

« Quand vous priez, dites « Père ! »

dans la « lumière » et dans la « nuit »,

envers et contre tout ! »

Seigneur Jésus,

tu es passé « par là »,

cette absence, ce silence du Père,

mais tu n’as pas cessé de le prier,

de crier vers lui !

Oui, Seigneur Jésus,

mets en moi, mets en nous

cette même assurance

que, jamais !, le Père ne cessera de nous aimer !

 

Amen.