Main dans la main

Main dans la main

Novembre 2020

« Père, je suis sûr de ton amour ! » (Psaume 12,6)

* * * * * * * * * *

Cette Parole du Psaume 12 – et donc de l’Ancien Testament – j’aimerais pouvoir « l’enfoncer dans vos cœurs comme on enfonce un clou pour que « ça » tienne » ! « Ça » : TU ES AIME(E) !, sois sûr(e) de cet amour du Père, qui que tu sois, quoi qu’il t’arrive, quoi que tu fasses. Crois, envers et contre tout à « cette MAIN qui est dans ta main ! »...

Le week-end du 24-25 octobre, un docteur de la Loi, pour mettre Jésus à l’épreuve, lui pose cette question :

- « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »

- « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit » Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable :

« Tu aimeras ton prochain…

COMME TOI-MÊME ! »

De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les prophètes ! (=toute la religion)

Elle est connue, cette Parole de Jésus, le Fils de Dieu qui sait de quoi il parle. C’est pour cela « qu’il faut l’enfoncer comme un clou dans notre cœur, dans le quotidien de notre vie » ! Surtout aux heures difficiles où j’ai mal, où je suis découragé(e), où je n’en peux plus… : un « grand coup de marteau sur ce clou » :

« JE SUIS AIME(E) ! »

Aimer Dieu, oui !...

Aimer son prochain, oui !...

Mais aussi T’AIMER TOI-MÊME ! Je dirais même : « Il faut commencer par là ! »

Anne Roumanoff, après les attentats qui avaient déchiré la France, a composé un spectacle avec ce titre :

« Aimons-nous les uns les autres ! »

A un journaliste qui l’interroge à ce sujet, elle répond :

« S’aimer soi-même, c’est un préalable essentiel. Si l’on ne s’aime pas soi-même, on ne peut pas aimer les autres. Ce n’est pas du narcissisme ! Cela signifie qu’il faut s’accepter comme on est. Alors, seulement, on peut aller vers les autres ! »

La « vieille Eglise » en avait fait un péché !... l’amour propre… ; elle s’est toujours méfié de « l’amour » et du verbe « aimer »…

La raison fondamentale pour m’aimer moi-même, tel que je suis, est exprimée dans la Parole de ce Psaume 12 :

« Père, je suis sûr de ton amour ! »

Je suis aimable, puisque Dieu m’aime comme un père, une mère aime son enfant. Plus radicalement : JE SUIS AIME(E), puisque J’EXISTE ! « C’est en Dieu que nous avons la vie, le mouvement et l’être » disait Saint Paul aux païens athéniens.

Quand on ouvre un Nouveau Testament avec des « sous-titres » (la TOB, par exemple), le mot « guérison » revient constamment. Jésus était plutôt du côté de ceux qui souffraient que du côté des « docteurs de la loi »…

Je pense au chef de synagogue, dont la petite fille est mourante à la maison. Voici la scène :

« Jésus était au bord de la mer. Une grande foule s’assembla près de lui. Arrive ce chef de synagogue : « Ma petite fille est près de mourir : viens lui imposer les mains… pour qu’elle vive ! »

JESUS S’EN ALLA AVEC LUI ! »

« Tu es là au cœur de nos vies

et c’est toi qui nous fait vivre ! »

« Le PRINCIPE DE POO ! »

Je viens de le redécouvrir au fil de mes re-lectures. C’est dans « Le Cardinal » d’Olivier Legendre.Ce Cardinal est allé passer sa vieillesse quelque part en Asie, auprès d’enfants handicapés, avec comme mission ce refrain que je ne cesserai jamais de vous chanter (c’est un de mes clous préférés que j’aime enfoncer) : « Tu es là au cœur de ma vie ! » Il ne comprend pas la langue de ces enfants, leur religion n’est pas la sienne : IL EST LA, et les enfants l’adorent (souvent il a des bonbons dans sa poche)…

Il y a aussi ce « POO » : un vieil homme qui se meurt du sida. une maladie doublement grave pour un bouddhiste : c’est qu’il a raté aussi sa vie antérieure… Le Cardinal passe beaucoup de temps à côté de lui, en silence : IL EST LA !

L’INCARNATION, c’est cela : « le verbe se fait chair » : tu ne sais plus me parler, je ne connais pas ta langue ?... je viens m’asseoir à côté de toi : JE SUIS LA ! (voilà le principe de Poo)

Jésus ne le connaissait pas, mais il l’a vécu, le temps qu’ « ils » l’ont laissé vivre. Le dernier soir, il a lavé les pieds de ses disciples !... et il nous a laissé cette Bonne Nouvelle :

« Ce que vous faites au moindre des miens, c’est à moi que vous le faites ! J’avais faim…, j’avais soif…, j’étais malade… : vous êtes venu(e)s ! » (Quel drame, que celui du confinement !)

Mais il y a aussi la merveilleuse image du « Corps du Christ » : il en est la tête, nous en sommes les membres, les pieds pour aller vers ceux qui souffrent, les mains pour les soigner, les yeux pour leur sourire, les oreilles pour les écouter, la bouche pour leur parler…

Tout ça, pour vivre le « principe de Poo » ! Je pense à cette foule de médecins, à tous ces infirmiers et infirmières… et tous les autres aidants qui sont au service des malades du covid (et des autres), au risque

même de leur vie… Croyant(e)s ou pas, ILS (ELLES) SONT LES MEMBRES DU CORPS DU CHRIST !

… et puis… il y a LA PRIERE !

PRIERE DU MOIS

Père très bon, ça va mal sur notre terre, très mal !

Elle est aussi ta terre,

celle que tu as créée pour nous,

et que tu as trouvée bonne

à aimer et à cultiver…

Tu nous l’a confiée, cette terre,

tu nous as confiés, les uns aux autres :

tu nous as fait confiance !

Avec tous les autres,

qui te connaissent et croient en ton amour,

je te demande d’abord « pardon ! »Nous ne l’avons pas assez aimée,

notre terre

davantage exploitée, que cultivée…

Tu l’avais sans doute prévu,

mais tu nous aimais trop

pour ne pas nous la confier, la terre…

Tu nous aimes tant

que tu as envoyé ton propre Fils,

pour vivre, avec nous et comme nous,

notre vie d’homme.

Il nous a rejoints dans nos joies

mais aussi dans nos souffrances

jusqu’au cœur de la mort…

Père très bon,

avec tous ceux qui souffrent sur la terre,

avec tous ceux qui sont là pour les aider,

au cœur de mes propres souffrances,

je veux te redire toute ma confiance :

jamais tu ne cesseras de nous aimer,

jamais tu ne nous abandonneras.

« Sainte Marie,

Mère de Dieu et notre mère,

prie pour nous, enfants du Père,

maintenant et à l’heure de notre mort. » Amen.

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Octobre 2020

« Dans notre vie,

comme dans notre mort,

NOUS APPARTENONS

au Seigneur ! »

* * * * * * * * * *

Au début du mois de septembre Saint Paul vient de rappeler à toutes les personnes qui sont venues, qui ont eu le bonheur de l’entendre – dans le monde entier et dans presque toutes les langues de la terre ! – oui, Saint Paul vient de nous rappeler cette réalité fondament-ale : NOUS APPARTENONS A QUELQU’UN !

« Tu appartiens à QUELQU’UN ! » Qui que tu sois, quoi qu’il t’arrive, quoi que tu fasses… : il suffit d’ouvrir ton cœur, ta vie à cette présence. Tu n’as pas besoin de le faire venir : lui, « il est là au cœur de ta vie, pour te faire vivre ».

Et cette appartenance, elle est vivante, du matin au soir, et du soir au matin. Nous « n’appartenons pas au Seigneur », comme nous appartiennent les « choses » : la maison, les meubles, la voiture… La plus belle image que Jésus ait pu nous donner, c’est la relation entre enfants et parents. Quand des mamans lui ont amené les enfants pour qu’il les bénisse, et que les disciples ont voulu les chasser, il s’est fâché tout rouge : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen je vous le dis : celui qui

n’accueille pas le Royaume de Dieu à la manière d’un enfant, n’y entrera pas. » Et Jésus les prit dans ses bras !...

Un jour (n’importe quand), quelque part (n’importe où) Jésus était en prière (dans les bras de son Père). Les disciples lui demandèrent : « Apprends-nous à prier ! » - « Quand vous priez, dites (tout simplement) : « Abba ! Père ! » ! » C’est lui, LE SEIGNEUR, dont parle Saint Paul.

« Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur ! »

Voilà le « MAIN dans la main » fondamental, radical de notre vie : il est « à la racine » de notre vie, il en est le « fondement » ! C’est la Bonne Nouvelle que nous annonce d’emblée notre Credo :

Je crois en Dieu, LE PERE TOUT PUISSANT, créateur du ciel et de la terre ! »

Non pas le DIEU TOUT PUISSANT qui nous domine et nous oblige à suivre ses commandements. Mais un PERE tout puissant, qui nous aime, chacun, chacune comme son enfant, avec ce rêve « impossible » ?... de nous voir nous aimer comme des sœurs et des frères, d’un bout du monde à l’autre. Voici le « commandement » que son Fils nous a donné :

« Aimez-vous les uns les autres, comme moi je vous aime ! »

Voilà le sens profond, la réalité de cette « appartenance au Seigneur ». C’est, tout simplement une histoire d’amour !

« Trouver dans ma vie ta présence

Tenir pour toi une lampe allumée

Choisir avec toi la confiance

AIMER ET SE SAVOIR AIME »

J’aimerais attirer l’attention sur ces verbes qui sont « à l’infinitif ». Ils confirment la Parole de Saint Paul :

« Dans notre vie, comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur ! »

Le « nous », ce n’est pas seulement le chrétien, le chrétien pratiquant ; le Credo le dit clairement :

« Pour NOUS LES HOMMES, et pour notre salut, il descendit du ciel ! »

Pour NOUS LES HOMMES !Un jour, Jésus s’est aventuré du côté de Tyr, en terre païenne ; sa réputation de thaumaturge l’y avait précédé. Pas étonnant qu’une maman dont la petite fille était « tourmentée par un démon » vienne le trouver pour lui demander de l’en délivrer.

Voici la scène d’une « conversion » de Jésus.

- « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! »

Mais lui ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » (les disciples ne pensent qu’à eux-mêmes ; cette femme les agace !)

Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ! »

Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »

Il répondit : « Oui, Seigneur ! Mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! »

- « Femme, grande est ta foi ! que tout se passe pour toi comme tu le veux ! »

Et, à l’heure même, sa fille fut guérie !

(S’il n’y avait pas le confinement, je donnerais un bisou à cette femme). Nous devrions tous le lui donner ! car c’est NOUS ces PAÏENS de cette parabole vers qui Jésus s’est « converti » définitivement.

A la fin de l’Evangile selon Matthieu nous découvrons cette Parole de Jésus : « Allez donc : de toutes les nations faites des disciples ! »

« Evangile », veut dire Bonne Nouvelle. Cette rencontre avec cette maman nous révèle le cœur de Dieu, du Fils, du Père et de l’Esprit : un cœur compatissant à toutes nos souffrances humaines…jusqu’au cœur de notre mort !

« Dans notre vie comme dans notre mort, NOUS APPARTENONS au Seigneur ! »

Voilà le vrai « MAIN dans la main »… pour Tous !

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

nous ne te rendons pas assez grâce

parce que tu as envoyé ton Fils

sur notre terre pour partager notre vie,

dans nos joies, dans nos souffrances,

jusqu’au cœur de notre mort !

Tu nous l’as envoyé avec cette Bonne Nouvelle

que nous pouvons t’appeler « Abba ! Père »

qu’en Lui nous sommes devenus

tes enfants ! Moi… et tous les hommes !

« Mes bien-aimés,

voyez comme il est grand,

l’amour dont le Père nous a comblés :

il a voulu que nous soyons appelés

enfants de Dieu

et nous le sommes ! » (I Jean 3,1-2)

Il nous a révélé

que tu n’aimes pas nous voir souffrir,

de nous voir malades, handicapés… ;

il a multiplié les guérisons

et les rencontres avec les mal-aimés,

avec « les pécheurs et les pécheresses »

pour leur pardonner et les renvoyer à la vie.

Il n’a pas aimé la souffrance :

« S’il est possible, Père,

écarte de moi cette coupe ! »…

ni la mort :

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

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Septembre 2020

Mais son dernier mot, là-haut sur la croix :

« TOUT EST ACCOMPLI » !

Dans notre vie, dans nos souffrances,

dans notre mort…, et même au cœur

de notre péché…

NOUS T’APPARTENONS, PERE !

Augmente en moi, augmente en nous

la foi en ton amour ! Amen !

Je m’éveillais, et je vis que la vie n’était que service.

Je servis et je compris que le service était joie. (Tagore)

« Ce que vous faites au moindre des miens,… c’est moi qui le fais ! »

* * * * * * * * * *

D’accord : ce n’est pas « ça » qu’il a dit, Jésus. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser, de croire qu’il aurait pu le dire lui-même. Mais « il est doux et humble de cœur » : il ne veut pas se glorifier de ce que nous faisons de bien. C’est pour cela qu’il a dit :

« Ce que vous faites au moindre des miens, c’est à moi que vous le faites ! »

Nous avons tous été impressionnés, au plus fort de la crise du covid-19, du confinement, par le dévouement, par l’engagement sans limites des médecins, des infirmières… et de tant d’autres personnes, au service de ceux qui étaient gravement atteints par ce virus. Certain(e)s jusqu’au don de leur vie !

Surgit la Parole de Jésus :

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ! »

J’avoue qu’il m’est arrivé de changer de chaîne quand le JT, pendant une demi-heure, trois quarts d’heure posait des questions sur le passé, le présent et l’avenir de ce fléau qui s’est abattu sur notre terre… ; de me sentir presque coupable d’en être préservé. Mais surtout d’être profondément frustré de ce confinement qui nous empêchait d’être « visiteur ou visiteuse » de malades, particulièrement des personnes âgées des maisons de repos, confinées dans leur chambre !!!... privées du « main-dans-la-main » de leurs proches, du « MAIN-dans-la-main » avec Dieu…, dans la célébration de l’Eucharistie. Bien sûr, il y a cette « communion spirituelle » au Corps du Christ, à laquelle notre pape François nous invitait tous les matins… Mais – surtout quand on est malade, handicapé…, - n’a-t-on pas besoin d’une « présence réelle » ?...

On dirait que Jésus y a pensé, quand il nous a laissé cette Parole :

« Ce que vous faites au moindre des miens, c’est à moi que vous le faites. J’avais faim, vous m’avez donné à manger, j’avais soif, vous m’avez donné à boire, j’étais malade, et vous m’avez visité… ! »

Ainsi il s’identifiait à ceux qui souffraient, malades ou simplement confinés…

J’aime croire qu’il était aussi présent dans l’engagement des médecins, des infirmier(e)s et tant d’autres qui, à leur risque et péril, se sont mis et se mettent toujours à leur service.

« Ce que vous faites au moindre des miens, c’est moi qui le fais ! »

Vers la fin de son séjour parmi nous, il disait à ses disciples : « Il vaut mieux pour vous que je m’en aille : si je pars je vous enverrai l’Esprit Saint… et ainsi je serai avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde ! »

Pendant les trois années qu’ils l’ont laissé circuler librement dans son pays, on l’a rencontré du côté des malades, des exclus, des pêcheurs…, de ceux qui avaient besoin d’aide, que l’on s’occupe d’eux !

Il ne s’agit pas de récupérer « religieusement » tout ce dévouement sans limites qu’a suscité, d’un bout du monde à l’autre, ce covid-19, mais de dire, tout simplement CE QUI EST : ce « main dans-la-main » est aussi un « MAIN-dans-la-main » !

« Vous êtes le Corps du Christ ! » (Saint Paul)

Le corps est un, et pourtant il a plusieurs membres ; mais tous les membres du corps, malgré leur nombre ne forment qu’un seul corps…

Si le pied disait : « Comme je ne suis pas une main, je ne fais pas partie du corps », cesserait-il pour autant d’appartenir au corps ?

Si l’oreille disait : « Comme je ne suis pas un œil, je ne fais pas partie du corps », cesserait-elle pour autant d’appartenir au corps ?

Si le corps entier était œil, où serait l’ouïe ? Si tout était oreille, où serait l’odorat ?... Si l’ensemble était un seul membre, où serait le corps ?

Il y a donc plusieurs membres, mais un seul corps. L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi », ni la tête aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ». Bien plus, même les membres su corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires…

Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous les membres partagent sa joie.

Or vous êtes le Corps du Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. (I Cor. 12, 12…26)

« Vous êtes », dit Saint Paul. La question : qui est ce « vous » ? Sans doute, les chrétiens. Bien que ! aux philosophes athéniens païens, Paul dit qu’en ce Dieu « nous avons la vie, le mouvement et l’être ! »

Saint Jean, dès le début de son Evangile, dit du VERBE que « tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui… Et le Verbe s’est fait chair ». Ce que notre « Credo » affirme : « Il s’est fait HOMME ! »

Olivier Legendre, dans son livre « Le Cri de Dieu », qui traite de la souffrance des hommes, commence par avertir ses lecteurs : « Nous précisons que les mots « fils de Dieu » ou « homme » représentent tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants. »

J

Ce n’est pas parce que je ne croirais pas au Christ, que je ne serais pas membre de son Corps… et donc au service de tout le corps…, surtout s’il est malade…

PRIERE DU MOIS

Père très bon, ton Fils Jésus nous a surpris !

Il nous a dit :

« Je suis venu pour SERVIR,

non pas pour ETRE SERVI ! »

Il nous a dit encore :

« Ce que tu nous fais au moindre des miens,

c’est à moi que tu le fais ! »

Aujourd’hui, Père, nous te prions de tout cœur

pour tous ceux qui nous entourent

de leur sollicitude et de leur tendresse,

les médecins, les infirmières,

ceux de nos familles et de nos connaissances.

Que ton Esprit ouvre les yeux de leur cœur :

qu’ils découvrent que par eux

c’est ton amour qui vient nous rejoindre

dans nos souffrances ;

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Août 2020

Quatrième mystère:

L’ASSOMPTION DE MARIE

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Ce virus qui empoisonne notre vie, qui rend malade et même qui tue, nous a empêchés de fêter, de vivre d’autres grands « mystères» : la RESURRECTION, l’ASCENSION et la PENTECOTE, le don de l’Esprit Saint.

Ces « mystères » ce n’est pas ce qui, selon le dictionnaire, est « incompréhensible, caché, inconnu », ce sont des REALITES qui « nous dépassent », mais qui nous concernent au plus profond de notre vie. Suite à Jésus, nous pouvons croire, avec assurance, que nous aussi – toi et moi et tous les autres – nous allons « ressusciter et monter au ciel », pour rejoindre définitivement nos défunts pour partager avec eux un bonheur qui dépasse ce que nous pouvons nous imaginer…

En attendant nous pouvons nous laisser animer par l’ESPRIT SAINT qui a envahi toute notre terre ce jour que nous appelons la Pentecôte.« C’est votre avantage que je m’en aille ; en effet, si je ne pars pas, l’Esprit ne viendra pas à vous ; si, au contraire, je pars, je vous l’enverrai.»

Depuis ce jour-là, toute cette Bonne Nouvelle s’est répandue dans le monde entier : nous – toi, moi et tous les autres – nous sommes aimés par un Dieu que nous pouvons appeler « NOTRE PERE », n’importe quand, n’importe où, qui que nous soyons, quoi qu’il nous arrive, quoi que nous fassions ou ayons fait…

« Tu es aimé(e)!»

que le moindre de leur geste

est un geste divin

Nous ne savons pas assez les remercier, Père,

fais-le donc à notre place !

Qu’ils goûtent la JOIE DE SERVIR,

que leur cœur soit rempli du seul vrai bonheur :

le bonheur de donner,

le bonheur de se donner, totalement,

comme Jésus ton Fils

qui au plus profond de nos ténèbres

est venu pour être notre Lumière,

aujourd’hui, tous les jours de notre vie

et pour les siècles des siècles. Amen !

"je dormais et je rêvais que la vie n'était que joie !"

Il fallait que je vous rappelle ces REALITES que nous n’avons pas pu fêter. Nous, nous étions confiné(e)s (et peut-être l’êtes-vous encore). Mais pas notre Dieu ! mais pas Jésus, son Fils ! mais pas l’Esprit Saint !

« Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du

fardeau, et moi je vous procurerai le repos. » Parole de Dieu.

Au cœur de ce mois d’août qui nous est donné à vivre, nous allons pouvoir fêter MARIE que nous osons appeler la « MERE DE DIEU ET NOTRE MERE ! »

« Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta Parole ! »

Je suis né, et j’ai grandi dans une religion – omniprésente en ce temps-là – qui me disait surtout « ce que je devais faire » pour mériter le ciel et éviter l’enfer…

Jésus est ressuscité des morts et il est monté au ciel : il est le Fils de Dieu. Marie, elle, A ETE ELEVEE au ciel !

« Pour nous les hommes et pour notre salut, le Fils de Dieu descendit du ciel, ressuscita et remonta au ciel, et il y « éleva » sa mère ! » C’est notre « Credo », non pas des « paroles à réciter par cœur » mais notre REALITE la plus profonde. Jésus et sa mère ne pourraient pas être heureux SANS NOUS, toi, moi et tous les autres !

Marie, dans nos prières, nous l’appelons « notre

mère » ; c’est au plus fort de es souffrances, là-haut sur la croix, que son Fils nous a confiés à sa mère : « Femme, voilà ton fils – Fils, voilà ta mère ! » Et Marie, dans son cœur a redit son engagement du début : « Je suis la servante su Seigneur, qu’il me soit fait selon ta Parole ! »

« Sainte Marie Mère de Dieu et notre mère, prie

pour nous, enfants du Père, - maintenant que je souffre – et à l’heure de notre mort ! » Marie n’a cessé d’apparaître sur toute la terre pour

nous redire son amour de mère !... pour nous « ASSOMPTER»!

Pour nous « assompter » !

Ce nouveau verbe fait partie de mon vocabulaire de la Fête de l’ASSOMPTION de Marie, et je regrette chaque année qu’il n’existe pas en français. Je ne manque pas d’y ajouter l’image d’un(e) petit(e) qui se tient au pied de sa maman, de son papa et tire sur la jupe, le pantalon… jusqu’à ce que ce(tte) géant(e) s’abaisse pour l’ASSOMPTER !

En latin, « ad-sumere » veut dire : « prendre vers soi », élever à son niveau. Il est facile de s’imaginer « là-haut » la joie, le bonheur de l’enfant, de sa maman, de son papa !...

L’enfant « là en bas » est habité par la foi en l’amour de ses parents, et par l’espérance que cet amour ne résistera pas longtemps à ses « tiraillements ».

Ni Jésus, ni Marie ne résistent à nos « tiraillements », à nos prières. Mais ils n’ont « ni jupe, ni pantalon ». Ils sont « invisibles, intouchables à nos mains ». Et quand la maladie, le handicap…, ou tout simplement le grand âge et ses limites… nous tiennent, jour et nuit… la tentation est grande de « croire » qu’ils ne sont pas vraiment là… Pourtant, ils l’ont dit, et Marie nous le redit dans toutes ses apparitions… Comme à Banneux : « Je suis la Vierge des pauvres ! » « Vierge », comme une feuille vierge, sur laquelle nous pouvons écrire toutes nos « pauvretés »…

« Je ne sais plus prier », disait un jour ma mère… ;

redire toutes ces prières accumulées sur l’appui de fenêtre depuis des années… Restait le chapelet, qui d’abord est surtout un signe dans ma main, un signe que je fais au Dieu-Trinité et à Marie, malgré toutes mes distractions, le signe que, envers et contre tout, j’espère et je crois que JE SUIS AIME(E) !

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

« nous croyons en ton amour de Père, mais, en ce temps où nous vivons,

AUGMENTE EN NOUS LA FOI!» En ce temps où nous devons

garder des distances entre nous,

où nous sommes isolé(e)s

dans les maisons de repos, les cliniques, chez nous à la maison…

en ce temps, si dur à vivre

fais nous connaître, fais nous sentir

TA PRESENCE réconfortante!

Ton Fils nous a montré

que tu es compatissant pour ceux qui souffrent, il est allé vers ceux qui l’appelaient au secours, et il a dit : « Qui me voit, voit le Père!» Que ce temps de souffrances

ne nous détourne pas de Toi!

Que ton Esprit qui habite en nous,

« vienne au secours de notre faiblesse», que lui-même intercède pour nous! ******* Marie, mère de Dieu et notre mère, tu étais là au pied de la croix

où souffrait ton Fils… et mourrait.

Mais avant de mourir, il a pensé à nous, et il nous a confiés à ton amour:

« Femme, voilà ton fils!

Fils, voilà ta mère!»

Garde vivante en nous cette espérance, qui habitait ton cœur,

cette « certitude de foi » que

malgré tout ce qui nous arrive,

NOUS SOMMES AIMES!

Amen!

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Juillet 2020

« Vous valez plus qu’une multitude de moineaux ! » (Jésus) * * * * * * * * * * Jésus « nous » l’a dit, il y a plus de 2000 ans ; il a même ajouté que « même les cheveux de votre tête sont tous comptés » ! Je vous avoue que je me cache un peu derrière ces Paroles : je ne sais pas trop bien que vous écrire, après ces longs mois où domine ce virus, la peur qu’il répand, la maladie et même la mort. Et ce « confinement » ! Je pense surtout à vous qui le vivez dans les maisons de repos, les cliniques ou à la maison… Et au lieu de « maison », je devrais écrire « chambre » !... Je pense aussi à toutes ces personnes qui vous entourent, qui prennent soin de vous, d’une façon ou d’une autre, qui le font de tout leur cœur, mais se sentent impuissantes pour vous libérer de votre solitude… « Avant » j’avais l’occasion de célébrer, une fois par mois, l’Eucharistie dans deux maisons de repos (à Hannut), et de prolonger cette rencontre autour d’une tasse de café, de rejoindre l’un(e) ou l’autre dans sa chambre…

A travers nos prières, nos chants, et surtout le geste de la

Communion, nous le sentions vivant avec nous, ce Jésus, que, pendant sa

vie publique, ils rencontraient surtout du côté des malades, de ceux qui, au

nom de la Loi, se sentaient rejetés, « confinés »…

Il me reste ce petit feuillet mensuel pour

vous dire, humblement, « qu’il est là au cœur de

votre vie » pour vous aider à vivre, à garder

vivante au cœur de votre

souffrance…l’ESPERANCE, la foi dans sa

MAIN-dans-notre-main…

Le 24 juin dernier, nous avons célébré la naissance de Jean-

Baptiste. Sa mission ? Annoncer aux hommes que Dieu n’allait plus nous

envoyer des prophètes…, mais son propre Fils, pour qu’en lui nous

devenions nous aussi ses enfants. Quand ses disciples lui ont demandé de

leur apprendre à prier comme lui, il leur a répondu :

« Quand vous, vous priez, dites (tout simplement) « Abba !

Père ! ». »

La MAIN (avec majuscule) est sa main, celle d’un Père (ou

d’une mère), qui n’aurait jamais l’idée de nous rendre malade, mais qui est

là avec nous – avec toi et tous les autres – et qui souffre avec tous ceux qui

souffrent.

Dans la célébration de la Naissance de Jean-Baptiste, il y a ce

verset du Psaume 138, qui s’adresse à chacun, chacune de nous :

« C’est toi qui as créé mes reins,

qui m‘as tissé dans le sein de ma mère.

Je reconnais devant toi le prodige,

L’ETRE ETONNANT QUE JE SUIS ! »

Le regard d’une mère, d’un père quand un enfant est malade, se

charge encore de plus d’amour et de tendresse : il en est évidemment

Dieu nous « REGARDE » !

Permettez-moi de publier dans

ce Main-dans-la-main cette image que

j’ai trouvée sur la couverture d’une

revue française qui s’appelle LA VIE.

Des grands-parents qui après un

très long confinement retrouvent leurs

petits-enfants, les petits-enfants leurs

grands-parents. L’image exprime

vraiment un retour… à la vie. Nous

pouvons supposer qu’ils se parlent ;

mais ce qui « saute d’abord aux yeux »,

c’est QU’ILS SE REGARDENT !...

et ces regards sont chargés d’amour…,

ils n’ont pas besoin de mots !

Sur le pignon de la maison voisine, qui

donne sur mon jardin – un jardin de

curé – un de mes prédécesseurs (des années 40-50) a fait peindre en grand,

à la chaux, ce fameux « triangle-avec-un-œil » représentant le Dieu Trinité.

Et, tout aussi grand, il a fait marquer en-dessous : « Dieu te voit ! »

Ainsi le curé pouvait travailler dans son bureau, pendant que

Dieu surveillait les gamines et les gamins qui venaient jouer sur

les terrains de sport qui avaient remplacé le jardin…

Une des plus grandes souffrances de ce « confinement », c’est de

ne pas pouvoir se voir, SE REGARDER, sinon sur rendez-vous, derrière

du plexiglas, pour un temps limité…

Cette image de la revue, il faut la recevoir comme une révélation du

vrai Dieu : Dieu « ne nous voit pas », IL NOUS REGARDE, et son

regard est celui de NOTRE PERE. Et lui, il n’est pas confiné dans son

ciel. Même le vieux catéchisme nous apprenait en première année

primaire : « Dieu est partout : au ciel, sur la terre, et en tout lieu ! »

Pourquoi n’a-t-il pas ajouté : « Il est là au cœur de ta vie, au cœur de ta

souffrance, de ton « confinement »…, avec tout son amour pour te faire

vivre ! »

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

ça ne va pas sur notre terre !

« Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur ;

Seigneur, écoute mon appel !

Que ton oreille se fasse attentive,

au cri de ma prière. »

Même ton Fils, là-haut sur la croix,

a pu croire un moment

que tu l’avais abandonné !

Viens au secours de ma foi,

au secours de notre foi,

pour dire avec lui

« Entre tes mains je remets mon esprit,

je remets ma vie ! »

Ne laisse pas mourir dans nos cœurs

la foi en ton amour

Souviens-toi : nous sommes tes enfants ;

fais-nous sentir ta présence paternelle,

la compassion dont est chargé ton regard.

Fais-moi reconnaître cette présence

dans l’amour de ceux qui m’entourent,

qui me soignent et m’encouragent.

Ton Fils vient encore de dire

dans le monde entier :

« Celui qui vous accueille,

m’accueille ! »

Fais naître et grandir aussi

dans le cœur de tous ceux qui me soignent

la foi que tu habites vraiment

le moindre service qu’ils me rendent,

le moindre regard bienveillant

dont ils me regardent…

* * * * * * *

« Sainte Marie, mère de Dieu, et notre mère,

prie pour nous, enfants du Père,

maintenant et à l’heure de notre mort. » Amen !

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Juin 2020

« Je suis la porte…

je suis le chemin… ! » (Jésus)

* * * * * * * * * *

Voilà deux Paroles de Jésus, le Fils de Dieu qu’il ne faudrait jamais oublier. Elles me disent : « Je suis LA MAIN-dans-ta-main !... quoi qu’il t’arrive, même jusqu’au cœur de ta mort, ou d’un être qui t’est cher, un proche qui t’a aimé et que tu as aimé. »

La peine peut nous submerger, nous pousser à dire : « Ce sont « des histoires » ! »… ou alors faire grandir en nous la foi que « c’est de l’histoire ! »… faire naître en nous une grande espérance.

En ce temps où, d’un jour à l’autre on martèle le nombre de morts, ce temps de confinement, n’est-ce pas réconfortant d’entendre et d’écouter cette voix qui nous redit chaque jour :

« Je suis la porte, je suis le chemin ! »… je suis cette MAIN-dans-ta main ! »

Le Dieu en qui nous croyons est un Dieu-de-vie ! « C’est en Lui, nous a dit Saint Paul, que nous avons la vie le mouvement et l’être ». Toute la Bible nous raconte, à sa façon et de toutes sortes de façons, que ce Dieu s’est toujours intéressé à nous les hommes, qu’il s’est toujours occupé de nous. Malgré tout, et même malgré nous, son histoire avec nous a été et est toujours une histoire d’amour.

« Une mère peut-elle oublier son enfant, laisser tomber le fruit de ses entrailles ? Même si elle le pouvait : moi je ne t’abandonnerai jamais ! »

Après les patriarches, les prophètes, il a fini par venir lui-même nous rejoindre sur notre petite terre : en Jésus il est devenu l’EMMANUEL, le Dieu-avec-nous.

Il a voulu naître d’une femme, vivre comme nous une vie d’homme, depuis l’enfance jusqu’à l‘âge adulte, une vie de village et de travail…, pour nous révéler que tout ce qui est vraiment humain, en lui, a pris une dimension divine…

Dans sa « vie publique » il nous a montré qu’il a horreur du « confinement » de l’homme. Il ne supportait pas que les aveugles ne voient pas, que les paralytiques ne marchent pas, que les sourds n’entendent pas… ; il ne supportait pas que l’on enferme, ni des hommes ni des femmes dans leurs faux pas, leurs erreurs, leurs fautes ; les Zachée et Matthieu, un Pierre qui l’a renié, un larron… ; une samaritaine aux cinq maris, une Marie-Madeleine, une adultère…

« JE SUIS LA PORTE ! JE SUIS LE CHEMIN ! »

Mais il a fait mieux…, et c’est pour cela qu’il était venu : il est entré lui-même dans cette mort, avec la confiance que le Père le ressusciterait. Quand il a retrouvé les siens, « confinés » dans leur cénacle, il leur a dit :

« LA PAIX SOIT AVEC VOUS !

JE SUIS LA RESURRECTION ET LA VIE ! »

Il fallait que je vous rappelle ce que ce « confinement » nous a empêché de fêter ensemble : la Résurrection de Jésus, son Ascension auprès du Père et le Don de son Esprit !

Quand un enfant est malade, il devient le centre de préoccupation de toute la famille. Notre monde, notre terre est très malade : il est au centre des préoccupations du Père et du Fils et du Saint Esprit… et de Marie !

« Je suis la porte,

Il n’a pas supporté non plus la mort d’une petite fille, d’un jeune homme, fils d’une veuve, comme lui-même, d’un ami… ; il n’a pas pu s’empêcher de les ramener à leur vie…

je suis le chemin ! »

Notre Pape François nous rappelle quotidiennement que nous pouvons « spirituellement communier » au corps du Christ, « spirituellement » obtenir le pardon, sans rencontrer un prêtre… ; nous pouvons comme Jésus n’importe où et n’importe quand « entrer en prière », pour nous-même et les uns pour les autres…

Mais ce même Jésus dit – c’est sa dernière Parole dans l’Evangile de Matthieu - : « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! »

Pour être « là-avec-vous », il y a les Sacrements (dont le confinement prive beaucoup d’entre vous). Mais il y a aussi… - et en ce temps-ci surtout – les « mains » des médecins, des infirmiers et infirmières, les « mains » de tout un monde qui de près ou de loin, se mettent au service de ceux qui souffrent d’une façon ou d’une autre, dans les cliniques, les maisons de repos, à la maison ou ailleurs…

L’amour a deux mains, celle qui donne et celle qui reçoit. Si Jésus aimait les enfants et s’il s’est fâché sur ses disciples qui les chassaient, c’est sans doute aussi parce qu’il se souvenait de son enfance, ce temps où en accueillant avec joie l’amour dont Marie et Joseph et tant d’autres l’entouraient, il a appris à aimer à son tour et à répandre autour de lui cette même joie.

Saint Paul ne cite qu’une Parole de Jésus ; « Il n’y a pas de plus grande joie, que la joie de donner ! » Encore faut-il que quelqu’un accueille le don de cet amour.

Ce « temps du confinement » est pour beaucoup d’entre nous un temps du « main-dans-la-main » ; et Dieu en profite pour glisser sa MAIN dans la nôtre, le transformer en MAIN-dans-la-main ! Ce temps de souffrance, un temps de grande générosité !

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

tu as envoyé sur notre terre ton Fils

pour nous révéler que tu nous aimes,

et c’est lui qui nous a dit :

« Quand vous priez, dites : « Abba ! Père ! » »

Pendant les quelques années

que nous l’avons laissé vivre parmi nous,

il nous a révélé sa compassion

pour tous ceux qui souffrent,

que ce soit dans leur corps ou leur cœur.

Père,

ne laisse pas mourir dans mon cœur,

dans nos cœurs,

la foi qu’aujourd’hui encoretu es avec nous les hommes

sur toute la terre ;

la foi que ton Fils est toujours avec nous

pour nous aider à porter « la croix »

que cette maladie nous impose

dans le quotidien de notre vie ;

la foi que ton Esprit nous habite,

Esprit de force et de persévérance ;

qu’il garde vivante dans nos cœurs

la certitude que tu nous aimes

d’un amour plus fort que la mort.

* * * * * *Marie, mère de Dieu et notre mère,

au cours des siècles tu es apparue,

sur toute la terre pour nous révéler

que tu es la « Vierge des pauvres » ;

que nous pouvons te confier toutes nos pauvretés.

« Prie pour nous, enfants du Père,

maintenant, au cœur de ce « mal »

pour ceux qui lui succombent,

et ceux qui pleurent leur départ. »

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Mai 2020

« Il disparut à leurs yeux ! »

(Saint Luc)

* * * * * * * * * *

Il disparut de leurs yeux…, MAIS NON PAS DE LEUR VIE !!!

C’est la dernière Parole que Jésus nous a dite, dans l’Evangile de Saint Matthieu :

« Et moi, je suis (= indicatif présent) avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! »

Ce dernier dimanche du mois d’avril, Jésus RESSUSCITE vient rejoindre deux de ses disciples sur leur chemin de retour chez eux à Emmaüs. Il vient les rejoindre dans leur désespoir : « ils » viennent de crucifier CELUI qui avait apporté dans leur vie une grande espérance, qui avait donné à leur vie un sens, un avenir…

Ils ne le reconnaissent pas… ; alors il leur parle, et leurs « cœurs deviennent brûlants » à écouter ses Paroles… et ils le reconnaissent au geste de la fraction du pain…

« … mais il disparut à leurs regards ! » mais non pas de leur vie !

Une religieuse, dans son commentaire quotidien de l’Evangile écrit :

« SON ABSENCE EST PRESENCE REELLE ! »

Nous n’avons pas pu célébrer la Semaine Sainte, Pâques !..., et le confinement perdure, dans le monde entier ! Ce ne sont pas nos célébrations qui « le font venir » : c’est parce qu’il est là, que nous pouvons célébrer sa présence.

« Tu es là, au cœur de nos vies,

et c’est toi qui nous fais vivre… » !

« Trouver DANS MA VIE ta présence…

aimer et ME savoir aimé… » !

Dans un courrier qui m’est parvenu, il est écrit ce « blasphème » :

(Il n’est pas rare(!) d’entendre de la bouche de chrétiens fervents (prêtres et laïcs) cette affirmation…)

« Le coronavirus est envoyé par Dieu

pour la conversion du monde qui se détourne de Lui ! »

Cela sent encore la « vieille » Eglise pour qui une de mes nièces est née avec la maladie bleue parce que son frère ne pratiquait plus…

Est-ce « cela » que j’aurais dû dire, au cimetière, à la veuve, appuyée sur le cercueil de son mari ? Elle l’avait vu partir en ambulance…, et voilà que quinze jours après, elle le retrouve, enfermé dans ce cercueil (et dans un sac en plastique ! « On n’a même pas pu lui remettre ses habits ! »)

N’est-ce pas aussi avec « cette théologie » que la « vieille » Eglise a vidé les églises ?...

J’ai commencé la célébration d’adieu avec cette Parole de Jésus :

« Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ! »

Depuis longtemps le mari avait demandé, pour son enterrement le chant de la Création :

« Mon Dieu, tu es grand, tu es beau,

Dieu vivant, Dieu très haut,

Tu es le Dieu d’amour. »

Dans ma promenade matinale, je viens de méditer les « mystères douloureux » : l’agonie (« Père si c’est possible, que cette coupe passe loin de moi ! »), la flagellation, le couronnement d’épines, le portement de la croix, sa mort (« Père pourquoi m’as-tu abandonné ?... entre tes mains je remets mon esprit ! »)

Demain je méditerai les « mystères glorieux » : sa RESURRECTION, son ASCENSION !...

Oui : il a disparu à nos yeux,… POUR ETRE LA au cœur de nos vies, surtout au temps des « mystères douloureux » pour ne pas laisser mourir en nous l’ESPERANCE !

« Son absence est PRESENCE REELLE » !

Jésus de Nazareth, le Fils de Dieu est venu vivre avec nous cette réalité : croire que son Père, invisible à ses yeux, était toujours présent au cœur de sa vie.

« Un jour, quelque part, Jésus était en prière. » (Saint Luc)

Cette Parole est pour nous et surtout pour ceux qui souffrent :« Un jour »… n’importe quand !

« quelque part »…n’importe où !

« Jésus était en prière »… le Père est là !

De tous temps « nous prions » pour nos malades, les malades se confient à Dieu… ; de tous temps nous disons à Dieu : « Je suis avec toi, qui souffres de nos souffrances ! »

Demain je méditerai les « mystères glorieux » : sa RESURRECTION, son ASCENSION !...

Oui : il a disparu à nos yeux,… POUR ETRE LA au cœur de nos vies, surtout au temps des « mystères douloureux » pour ne pas laisser mourir en nous l’ESPERANCE !

« Son absence est PRESENCE REELLE » !

Jésus de Nazareth, le Fils de Dieu est venu vivre avec nous cette réalité : croire que son Père, invisible à ses yeux, était toujours présent au cœur de sa vie.

« Un jour, quelque part, Jésus était en prière. » (Saint Luc)

Par le prophète Isaïe il nous a dit :

« Une mère peut-elle oublier son petit ?

délaisser le fruit de ses entrailles ?

Même si elle le pouvait,

moi je ne vous abandonnerai jamais ! »

Notre Dieu, nuit et jour, est à la portée de nos PRIERES !

Mais il n’y a pas que la PRIERE, pour nous confirmer sa présence, sa compassion. Il y a l’ACTION !

Jésus dirait :

« Ce que vous faites au moindre des miens, c’est à moi que vous le faites ! J’avais faim…, j’avais soif…, j’étais malade…, et vous vous êtes occupé de moi ! »

Vous êtes le Corps du Christ,

et chacun(e) MEMBRE pour sa part ! »

Cette Parole est pour nous et surtout pour ceux qui souffrent :« Un jour »… n’importe quand !

« quelque part »…n’importe où !

« Jésus était en prière »… le Père est là !

De tous temps « nous prions » pour nos malades, les malades se confient à Dieu… ; de tous temps nous disons à Dieu : « Je suis avec toi, qui souffres de nos souffrances ! »

Par le prophète Isaïe il nous a dit :

« Une mère peut-elle oublier son petit ?

délaisser le fruit de ses entrailles ?

Même si elle le pouvait,

moi je ne vous abandonnerai jamais ! »

Notre Dieu, nuit et jour, est à la portée de nos PRIERES !

Mais il n’y a pas que la PRIERE, pour nous confirmer sa présence, sa compassion. Il y a l’ACTION !

Jésus dirait :

« Ce que vous faites au moindre des miens, c’est à moi que vous le faites ! J’avais faim…, j’avais soif…, j’étais malade…, et vous vous êtes occupé de moi ! »

A cette Parole de Jésus, j’aime bien ajouter l’Image dont Saint Paul nous a fait le cadeau :

« Vous êtes le Corps du Christ,

et chacun(e) MEMBRE pour sa part ! »

Le « main-dans-la-main » que cette maladie a suscité dans le monde entier, cet engagement pour ceux qui souffrent, qui va jusqu’au don de la vie, toute cette générosité est… comme la FRACTION DU PAIN ! » : signe de la présence de Dieu notre Père, de son Fils crucifié, de son Esprit d’amour…

… signe aussi de la présence de Marie, qui était là au pied de la Croix où souffrait et mourrait son fils…

PRIERE DU MOIS

Père très bon et compatissant,

je me tourne vers toi,

surtout avec tous les malades,

tous ceux qui vivent dans la peur,

qui craignent pour leur avenir,

particulièrement les enfants, les jeunes…

Nous nous tournons vers toi

pour les confier à ton amour de Père.

En envoyant ton Fils sur la terre,

pour partager notre vie d’homme,

nos joies, mais aussi nos souffrances,

et même notre mort !...

tu nous as fait signe,

que jamais tu ne nous abandonnerais.

Nous te confions nos sœurs et nos frères

qui perdent un proche,

sans pouvoir l’accompagner jusqu’au bout,

dans sa souffrance, sa solitude…

éveille, renforce en eux la foi,

que ton Fils ressuscité était là, avec lui,

pour le prendre par la main,

lui qui est « le chemin vers la vraie vie ».

Nous te confions ces médecins,

ces infirmières et tous les autres

qui se dévouent, jour et nuit…

et qui sont « les signes » de ton amour !

* * * * * *

« Sainte Marie,

mère de Dieu et notre mère,

prie pour nous, enfants du Père

maintenant, au cœur de ce « mal »,

pour ceux qui lui succombent,

et ceux qui pleurent leur départ…

Amen !

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Avril 2020

« Venez à moi, vous qui peinez

sous « ce » fardeau… ! » (Jésus)

* * * * * * * * * *

Ce n’est pas moi qui vous dit cette Parole – qui suis-je pour oser vous la dire – c’est LUI, dont la MAIN se tend pour tenir votre main, ta main que ce mal impitoyable a frappée, la main de tes proches, celle de toutes les personnes qui vivent dans la peur… ; la main de ceux qui ne le connaissent ou ne croient pas en lui ; la main qui peut-être se détourne de lui… parce qu’il n’écoute pas, n’a pas écouté leurs prières…

Plus que jamais accrochons-nous à ce refrain fondamental de notre foi :

« Tu es là au cœur de nos vies,

et c’est toi qui nous fais vivre.

Tu es là au cœur que de nos vies,

bien vivant, ô Jésus-Christ ! »

Je suis seul devant ce Très Saint Sacrement, ce signe qu’il nous a laissé pour nous assurer de sa présence… et dont la plupart d’entre nous sont privés !...

Mais ce soir-là – nous nous en souviendrons le Jeudi Saint – il nous a laissé un autre signe de sa présence.

Je suis assis dans ma chapelle où je ne peux pas célébrer, avec la communauté, la rencontre eucharistique avec Lui. Je l’ai sorti du tabernacle, pour l’ »exposer » devant moi ; là derrière, contre le mur, la croix, le crucifié. Mais je ne suis pas seul : vous êtes avec moi, toutes et tous, grâce à ce Main-dans-la-main. Je compte sur Lui pour trouver les mots que Lui il veut vous dire pour vous réconforter…, dans votre maladie, l’isolement, dans votre peur…

« Jésus se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il noue à sa ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. »

Et il leur dit : « C’est un exemple que je vous ai donné, afin que vous fassiez vous aussi, comme j’ai fait pour vous ! »

Je répète comme au début : ce n’est pas moi qui ai fait ce Geste, qui ai dit cette Parole, c’est lui, dont la MAIN ne cesse de tenir notre main.

Il le redira à la fin de sa courte vie qu’on l’a laissé vivre parmi nous :

« Tout ce que vous ferez les moindres des miens, c’est à moi que vous le faites ! »

Il est davantage présent dans le monde entier – et surtout chez nous où le signe du pain n’attire plus les foules – il est présent dans tous ces gestes bien concrets, toutes ces paroles réconfortantes qui se font et se disent, nuit et jour, par une multitude de bénévoles…

« J’étais malade, tu m’as pris en charge, j’avais faim, tu m’as apporté à manger, j’avais soif, tu m’as apporté à boire, j’étais isolé, tu as multiplié les coups de téléphone et, courageusement, tu as accepté de rester « confiné » pour ne pas répandre ce mal qui sévit sur toute la terre… » !

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Mars 2020

« VOUS SEREZ… PAR-FAITS » !!! (Jésus) * * * * * * * * * * Relisez cet « en-tête » plusieurs fois…,

et « dis-toi, toi qui lis, que tu es personnellement concerné(e), quel que soit ton âge, ta maladie, ton handicap… et même si ne te sens pas à la hauteur de cette « perfection »…

C’est Jésus qui nous a redit cette Parole merveilleuse, ce dernier week-end, à nous les hommes, et cela dans le monde entier. C’est une autre façon, c’est SA FAÇON d’exprimer le « MAIN-dans-la-main » qu’il est venu réaliser avec nous : notre main dans celle du Fils de Dieu et, par lui, dans celle du Père.

Merci à cette dame, qui dans le Journal « Dimanche » a attiré notre attention sur ce changement de la traduction de cette Parole. La « vieille Eglise » pendant des siècles, nous disait : « SOYEZ PARFAITS ! » Elle nous enjoignait à réaliser nous-même (=moi-même) cet idéal impossible : « devenir parfait comme notre Père céleste est parfait. » Il n’y a que les « statues » de nos églises qui se sont approchées de cet idéal…, des papes, des évêques, des prêtres, des religieux et religieuses…, et l’un ou l’autre laïc (à moins qu’il (elle) soit mort(e) en martyr…)

Mais voilà que (selon la nouvelle formule liturgique) Jésus nous aurait dit : « VOUS SEREZ… PAR-FAITS ! » : c’est lui qui s’en occupe ! J’ai dans l’oreille une formule du Renouveau charismatique :

« Dans notre « sanctification = soyez saint », il ne s’agit pas de

L’ŒUVRE POUR LE SEIGNEUR, mais de L’ŒUVRE DU SEIGNEUR :

non pas tant de FAIRE que de LAISSER FAIRE ! »

Heureusement ! car,

si non, je n’y arriverai jamais ! Et toi ?...

Ecoutons Marie, la mère de Jésus. Quand l’ange lui a demandé de

mettre au monde ce Jésus qui nous parle, elle ne lui a pas dit : « OK, va

dire au bon Dieu que je m’en occupe ! »… mais : « Je suis la servante du

Seigneur, QU’IL ME SOIT FAIT selon ta Parole ! »

Et voici comment Jésus a appelé ses premiers disciples (de simples

pêcheurs !), il leur a dit :

« Venez à ma suite, JE VOUS FERAI pêcheurs

d’hommes ! »

Saint Paul a écrit quelque chose comme ceci : « Nous ne

savons pas prier !... mais L’ESPRIT QUI NOUS HABITE

dit constamment : « ABBA, PERE ! »

Quand on est malade, handicapé(e), quand l’âge vient diminuer nos

capacités de vivre…, la tentation peut naître de croire que ce Dieu-Père

nous laisse tomber. Qui n’a pas été tenté par cette plainte : « Qu’est-ce que

j’ai bien fait au bon Dieu pour souffrir ainsi ?... »

Or tout l’Evangile nous le montre (et c’est pour cela qu’il est

BONNE NOUVELLE) :

Dieu, en Jésus, est venu nous rejoindre au cœur

de nos souffrances et même au cœur de notre péché !

« Pour nous les hommes ET POUR

NOTRE SALUT il descendit du ciel ! »

Ce n’est pas une formule pieuse mais « un

article de notre foi ! » Et ce nous, c’est chacun(e)

de nous, toi, moi et tous les autres (que j’aime

répéter cette énumération !)

Ce que Jésus ne cesse de répéter à tous ceux qui l’appellent à

l’aide : « Crois seulement ! » Voilà ce qu’il nous demande à nous de

FAIRE : c’est de nous LAISSER FAIRE… et ensuite de faire notre

possible pour « nous aimer les uns les autres, comme Lui… ne cessera

jamais de nous aimer ! »

« JE VOUS FERAI… mes disciples ! » (Jésus)

J’ai pensé spontanément à la Parabole de celui que

nous appelons : « le fils prodigue ».

Quand il revient à la maison, il n’est pas du tout

« parfait » ; bien au contraire ! Lui-même le sait bien :

il ne veut pas entrer par la porte de devant, mais à

l’arrière, par la porte des ouvriers.

Surprise ! son Père l’attendait depuis son départ, court au-devant de

lui, le reçoit à bras ouverts et lui fait la fête !

(La maladie, le handicap, le grand âge… peuvent nous éloigner de

Dieu, nous faire croire qu’il est indifférent à nos prières… Mais en tout

temps nous pouvons revenir à lui :

« IL EST LA AU CŒUR DE NOS

VIES POUR NOUS FAIRE VIVRE ».)

Le jeune fils a dû se sentir très mal à l’aise dans la maison de son

Père ; il a dû se rendre compte combien il a blessé son amour, et celui de

son aîné qui a refusé de participer à la fête. Pour lui ce

fut un véritable « purgatoire », dont le feu fut tout

simplement l’amour de son Père.

Ainsi, peu à peu, le « purgatoire » s’est changé en

« transfiguratoire » : « Vous serez par-faits ! » Un jour le cadet se sentira

de nouveau à l’aise dans la maison de son Père, et son aîné sera heureux

d’avoir retrouvé son frère (après être lui aussi passé dans ce

« transfiguratoire »)…

Nous ne devons pas être « parfaits » pour rentrer à la maison, c’est

« là » que nous le deviendrons ; nous serons « par-faits, re-créés, achevés,

fignolés… » Non plus : « Soyez parfaits », mais « Vous serez par-faits », a

proclamé Jésus ce dernier week-end du mois de février dans le monde

entier.

MAIS – et ceci est très important – ce « ciel, ce purgatoire, ce

transfiguratoire, ce Dieu que nous appelons Père »… ne se situent pas

quelque part derrière les nuages ni au bout de notre vie. Rappelez-vous le

refrain du mois dernier, chantez-le dans votre cœur, surtout aux moments

difficiles à vivre :

Trouvez DANS MA VIE ta présence !

Tenir une lampe allumée !

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

par ma prière, par notre prière,

nous voulons nous mettre en route,

en route avec ton Fils,

qui est venu nous rejoindre dans notre vie,

qui est venu partager nos joies et nos peines ;

par amour pour nous, chacun, chacune,

il a accepté de mourir de notre mort,

pour qu’elle ne soit pas la fin de notre vie,

et que nous puissions nous retrouver tous,

auprès de toi, NOTRE PÈRE !

Fais grandir en moi, en nous,

la foi que tu es présent dans notre vie,

du matin au soir, du soir au matin,

quand je dors…,

et quand je ne parviens pas à dormir ;

tu es toujours là, avec tout ton amour,

toi le Dieu qui nous crées, et nous re-crées !

Viens en aide à notre foi,

quand le temps devient trop long,

et l’ennui qui l’accompagne ;

quand la douleur devient insupportable,

et la solitude !...

quand le doute s’insinue en moi,

et que j’ai envie de crier, comme ton Fils :

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné(e) ? »

En ces heures sombres,

réveille en nous sa confiance en ton amour,

pour te dire avec lui :

« Père, entre tes mains,

je remets mon esprit, je remets ma vie ! »

Prends-nous par la main,

pour accompagner ton Fils à Jérusalem,

sur son chemin vers la mort,

qui est chemin vers la vie,

vers notre résurrection. Amen.

______________________________________________

Février 2020

« TROUVER DANS MA VIE TA

PRESENCE » !

Trouver dans ma vie cette MAIN (avec majuscules)

dans mesmains minuscules, quand je suis en bonne santé et que tout va bien, pour l’y trouver aussi et surtout quand ça va mal, quand la maladie, un handicap ou simplement le grand âge me donne l’impression qu’elle m’a laissé tomber.

Elle y est cette MAIN ! Le Temps de Noël vient de nous le

rappeler.

Nous l’avons chanté, les proclamations des Paroles-de-Dieu nous

l’ont redit :

« Il est né le divin enfant » et avant de nous quitter pour le ciel, il

nous a rassurés : « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du

monde ! »

JE SERAI AVEC TOI !... qui que tu sois, quoi que tu fasses, quoi

qu’il t’arrive : JE SERAI AVEC TOI ! A toi de le « recevoir dans tes

bras » comme le vieux! Syméon (en cette Fête de la Chandeleur) et de

reconnaître sa présence :

« Maintenant, ô Maître Souverain, tu peux laisser ton serviteur

s’en aller en paix… car MES YEUX ONT VU LE SALUT que tu

préparais à la face des peuples. »

Garder cette OUVERTURE d’esprit, du cœur du côté du « ciel »,

du côté de Dieu, même quand tout va bien, parce que de son côté ce

« ciel » s’est définitivement ouvert !...

La garder, cette OUVERTURE comme ces ROIS-MAGES qui

scrutaient ce ciel, et qui ont fini par y découvrir « son étoile ».

Et ils l’ont suivie, irrésistiblement, sans savoir où elle les mènerait, qu’elle les conduirait vers cette étable à Bethléem où venait de naître ce « divin

enfant »…

Ils ont sorti leurs cadeaux – de l’or, de l’encens, de la myrrhe –

(ils n’étaient pas des pauvres gens comme ces bergers que des anges

avaient avertis), et ils se sont prosternés !

Ce geste radical pour manifester qu’ils avaient trouvé CELUI qu’ils cherchaient… Puis ILS SONT REPARTIS !!!...chez eux !!!

C’est cette Parole qui m’a frappé cette année-ci,

ou que l’Esprit Saint a inspirée à mes oreilles…

quand j’ai pensé à vous (à toi), pensé à MAIN dans la main…

Avec cette question : est-ce que vous scrutez encore le ciel, à la

recherche d’une étoile ? est-ce que vous avez encore le courage de la

suivre… dans la prière, par exemple… ?

Moi je dois avoir l’âge du vieux Syméon ; hier j’ai encore

conduit une dizaine de brouettes de terre dans ma serre

pour y planter bientôt des choux-fleurs ; et ma mission de

prêtre c’est de vous parler de cette « étoile »…

Mais quand je serai malade, alité, cloué à un fauteuil,

définitivement dans ce que nous appelons une Maison de repos… est-ce

que j’aurai encore le courage…, la foi assez forte pour scruter le ciel,

envers et contre tout ; pour puiser la force nécessaire dans la lumière de

cette « étoile »…

Est-ce que dans « l’épreuve », je découvrirai, moi aussi,

la présence de « la divine douceur », comme le prêtre théologien Maurice

Bellet (qui entretemps est parti du côté de cette « étoile » ?)…

…Ou comme la vieille Julia, est-ce que je ne me poserai pas à moi-

même la question qu’elle m’a posée un jour :

« Est-ce que c’est vrai ce que les curés nous ont raconté ? »…

Comme Maurice, Julia SAIT MAINTENANT que c’est vrai !...

« Les mages repartirent !... »

En fait, c’est ce départ-chez-eux qui, cette année m’a frappé.

Voilà des « rois », des « mages » qui, normalement ont tout ce qu’il

leur faut CHEZ EUX. Qu’est-ce qui leur manque ? pourquoi cette longue,

longue recherche ? ce périple dans l’inconnu à la suite d’une « étoile ? »

Mais voilà, la « prosternation » devant cet enfant et les cadeaux

qu’ils lui ont faits, montrent QU’ILS ONT TROUVE ce qu’ils

cherchaient !

Mais alors pourquoi REPARTIR ?

Ils ont dû découvrir « ce que les curés (et pas seulement eux) nous

racontent depuis plus de deux mille ans, que cette « divine douceur » est

« là au cœur de nos vies, pour nous faire vivre ! » Nous n’avons pas

besoin de partir à Bethléem, nous n’avons pas besoin de nous déplacer : à

la clinique, dans la maison de repos, dans mon fauteuil, dans mon lit…,

il est là à portée de main, à portée de ma prière,

du matin au soir et du soir au matin !

« Trouver dans ma vie ta présence !

Tenir une lampe allumée !

Choisir avec toi la confiance !

Aimer et se savoir aimé ! »

Ce vieux refrain, avec ses strophes, nous confirme cette Parole de

Jésus : « Je serai… avec toi, tous les jours ! »

C’est le chant des « infinitifs », qui à chaque ligne nous redit que notre vie ne traîne pas à raz de terre, mais est, définitivement, ouverte sur l’IN-FINI, sur le ciel… ;

ou plus chaleureusement sur un Dieu que nous pouvons appeler toujours

« Notre Père » comme son Fils est venu nous le révéler…

C’est sans doute cette Bonne Nouvelle que les Rois mages ont dû

comprendre, d’une manière ou d’une autre, quand ILS SONT REPARTIS

CHEZ EUX, pour nous dire à nous :

« Nous avons découvert le Dieu- EMMANUEL, le Dieu-avec-nous ! »

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

les Fêtes de Noël, comme chaque année,

ont voulu réveiller, renforcer en nous

cette CERTITUDE DE FOI

que ton Fils est venu naître parmi nous

pour qu’en lui, nous devenions tes enfants.

A Nazareth, il a pris le temps

de vivre notre vie d’homme,

depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte ;

la vie de famille, de village, de travail…

Il a partagé nos joies et nos peines humaines,

pour nous révéler, qu’à tes yeux,

tout ce qui est humain est divin

Puis il s’est mis en route,

pour nous faire connaître cette BONNE NOUVELLE.

Il a fini par entrer dans nos souffrances,

et même… dans notre mort !

Toi, Père, tu l’as ressuscité.

Désormais, IL EST CETTE ETOILE

que les Rois mages nous invitent à suivre,

qui brille toujours dans notre ciel

quoi qu’il nous arrive…

Père très bon,

aux heures difficiles de ma vie,

quand pour une raison ou une autre

le découragement m’envahit,

que ton Esprit réveille en moi

la force et le courage

de me tourner vers le ciel, de me tourner vers toi,

pour découvrir, moi aussi cette « étoile »

qui m’aide à me remettre en route…

Oui Père, enracine dans nos cœurs

cette même espérance qui animait les Rois mages,

qui est source de la force

de la joie de vivre.

Amen.

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Janvier 2020

« Es-tu celui qui doit venir ? »

(Jean-Baptiste)

Il est en prison, Jean

-Baptiste, lui qui sur les rives du Jourdain a

annoncé la venue de QUELQU’UN, «quelqu’un qui est plus grand que

lui ; il tient en main la hache et la pelle à vanner, il amassera son grain au

grenier, et brûlera la paille, au feu qui ne s’éteint pas

! » Ca va barder !...

Mais voilà que Celui qui est venu a une toute autre allure, celle de

ces « pauvres de cœur » dont il parlera plus tard « là

-haut sur la montagne.

Voici sa réponse aux messagers que Jean lui a envoyés:

"Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles

retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et lessourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la BonneNouvelle! »

Au temps de Jésus, on mourrait jeune.

Au temple, Syméon et Anne ont pu accueillir la Sainte Famille parce que

« l’Esprit Saint avait révélé qu’ils ne verraient pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur!»

Les seuls morts qu’il a rappelés à la vie c’est la fille de Jaïre qui

avait douze ans, le jeune fils de la veuve de Naïm, et son ami Lazare, qui

devait avoir son âge. Si les hommes et les femmes avaient vécu aussi

longtemps que maintenant, Jésus serait sûrement allé les visiter dans les "maisons de rops, les cliniques, à la maison....

Non, Jean, il n’est pas venu en ton temps, il ne vient pas

aujourd’hui avec en main la hache, la pelle à vanner..., pour allumer un

feu qui ne s’éteint pas... (le Dieu de mon enfance et de beaucoup d’entre

vous, un Dieu qui faisait peur...) ; il est venu comme ce « pauvre de

cœur » qui ne s’occupe pas de lui-même, mais d’abord et surtout des

autres. « Bienheureux ceux qui pleurent ! » disait-il. Ceux qui ne passent

pas indifférents à côté de la souffrance des autres ; mais qui s’arrêtent,

même pour un aveugle qui l’appelle au bord du chemin : « Faites-le

venir !... que veux-tu que je fasse pour toi ? » - « Seigneur, que je

vois ! »... et il lui a ouvert les yeux.

« Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir », disait-il.

Comprenez : « Je ne suis pas venu pour que toi, tu me serves, mais pour

te servir » ! Ces Paroles font toujours jaillir en moi ce refrain qui ne

s’usera jamais :

« Tu es là au cœur de ma vie pour me faire vivre » !

Mettez-le aussi dans votre cœur, dans votre oreille, surtout pour les

moments de votre vie les plus difficiles à vivre ! Vous n’êtes jamais seul :

il est toujours là ! toujours !...

Et surtout, n’oubliez pas la PAROLE un peu inattendue au milieu

des « aveugles, des boiteux, des lépreux, des sourds » : « LES MORTS

RESSUSCITENT ! »

C’est surtout pour CELA que le Père a envoyé

son Fils sur notre terre : pour qu’en lui nous ayons un

AVENIR. C’est pour cela que Jésus est entré dans nos

souffrances ET DANS NOTRE MORT pour nous en

délivrer. Sa dernière Parole, là-haut sur la croix :

« Tout est accompli ! »

Et le Credo ajoute « qu’il est descendu aux enfers

(= le séjour des morts). Car il l’avait dit : « Je veux que là où je suis, vous soyez vous aussi ! »

Quoi qu’il nous arrive : nous sommes tous en route vers des

« retrouvailles éternelles » !

Sainte Marie,

mère de Dieu et notre mère,

priez pour nous, enfants du Père, maintenant,

et à l’heure de notre mort. Amen..

Beaucoup d’entre vous, l’après-midi, « se rendent » sans doute à

Lourdes, pour prier le chapelet, pour entrer en union de prière avec une

multitude de gens qui, comme vous, cherchent du réconfort, par Marie, du côté de Dieu.

Le « chapelet », ce bout de « ficelle » qui fait tant

de bien, humblement ; qu’il faudrait avoir à portée de main,

dans sa poche, dans son lit... « J’en ai un fluorescent, me

disait une dame, pour le retrouver quand je me réveille. »

Rien que de l’avoir en main est déjà un SIGNE, une « ficelle » qui

me branche du côté du ciel ; il ne s’agit pas de prononcer, consciemment,

tous les mots, comme lors de la récitation commune à Lourdes ; il m’est

arrivé de le comparer au « ronron » d’un chat, couché dans le

divan, qui est heureux et ne craint rien, qui se sent entre de

bonnes mains, des mains bienveillantes...

Et puis il y a ce qu’on appelle les « Mystères » : joyeux, lumineux,

douloureux, glorieux. Ils nous sont donnés comme un cadeau, un « livre

d’images » qui nous racontent la vie de Jésus, mêlée à la vie de Marie, sa

mère. On n’a jamais fini de les regarder, ces images, de l’Annonciation de

la naissance de Jésus jusqu’à sa Résurrection, l’Assomption de sa mère,

le don de l’Esprit.

Il ne faut pas s’inquiéter d’être distrait, de « perdre le fil », de se

tromper de mystères : le chapelet est « une présence » :

« regarde, je suis là ! »...

et Marie et Fils Jésus ne sont jamais distraits. Et je crois que la

nuit, quand le sommeil ne vient pas, ils nous aident à le retrouver...

Mais, bien sûr, nous ne sommes pas des chats.

Est-ce qu’ils rêvent quand ils ronronnent ?..

Nous, nous pouvons « ouvrir notre prière », à qui nous voulons ;

ce « bout de ficelle » nous sort de notre solitude ;

il nous relie, par Marie, à son Fils Jésus, au Père, et, par

eux, au monde entier. Amen.

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

augmente en moi, augmente en nous la foi en ton amour ;

Saint Paul nous a dit que « c’est en toi que nous avons

la vie, le mouvement et l’être ! »

Merci pour cette année

que tu m’as donnée à vivre,

pour tout ce que j’ai pu vivre

de beau et de bon;

Merci pour tous les « main-dans-la-main »

que j’ai pu vivre, qui m’ont apporté

joie, amitié et soutien...

En communion avec toutes les personnes

que cette prière unit chaque mois,

je te confie la nouvelle année

que tu nous donnes à vivre.

Ensemble, nous

te confions notre terre,

son avenir et les souffrances

de tous ceux qui l’habitent :

« Bénis et garde--nous !

Fais briller sur nous ton visage,

et prends nous tous en grâce !

Tourne vers nous ton visage,

et garde

-nous dans la paix ! »

« Sainte Marie,

mère de Dieu et notre mère,

prie pour nous, enfants du Père,

pendant toute cette année nouvelle,

et à l’heure de notre mort.

Amen.

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Décembre 2019

IL EST LA, CELUI QUE VOUS ATTENDEZ !

* * * * * * * * * *

Avez-vous habillé votre cœur de mauve ? la couleur du temps, du TEMPS DE L’AVENT ? JE ne suis nullement spécialiste de la signification des couleurs. J’ignore quelles roses je devrais vous apporter : des rouges, des jaunes, des blanches… ? Alors je lui ai inventé un sens, au mauve, dont nous habillons l’Avent, le Carême et les Funérailles des nôtres…

Le mauve, couleur du manque, de l’insatisfaction, couleur de la faim, de l’absence et, peut-être même du vide… non pas une couleur triste, désespérée…, mais qui porte en elle une immense attente, avec la certitude qu’elle ne sera pas déçue. Je verrais bien nos champs hesbignons en mauve… Ils ont l’air tellement morts, mais je sais qu’ils n’en ont que l’air… Je pense aussi à ces étoles aux doubles couleurs des paroisses pauvres. La verte s’est associée à la rouge, la mauve s’est associée au blanc !

Avez-vous habillé votre cœur de mauve ? attendez-vous intensément du blanc ?

Je sais que vous êtes malade, handicapé ou sous la prise de l’âge. Je sais qu’en vous demandant de vous mettre en attente d’un avenir, je risque de vous agacer, de vous blesser, de vous décourager…

Que vousêtes fatigués de nous entendre dire : « Mais fais donc un effort ! ne te laisse pas aller : tu as bonne mine aujourd’hui ! ça va aller ! » Je sais !

Si je vous demande quand même de déposer le noir pour habiller votre cœur de mauve, c’est que IL EST LA CELUI QUI DOIT VENIR.

Le TEMPS DE L’AVENT est un temps fort, un temps de grâce. Nous avons besoin de rythmer nos vies, pour ne pas nous noyer dans le ronron de la vie quotidienne. Nous avons besoin du TEMPS DE L’AVENT pour nous rappeler qu’IL EST LA, celui qui vient…

Comment peut-on être là, et venir ? Regardez-vous donc vivre chez vous, à la maison, souvenez-vous de votre vie avec les autres. Avez-vous déjà vu un fauteuil se déplacer pour faire la causette avec la table ; une chaise faire un tour à la cuisine ?... Nos meubles sont là : ils ne vont ni ne viennent. Mais nous, parents et enfants, qui vivons au milieu de nos meubles, nous vivons un constant va-et-vient les uns vers les autres. Nous nous parlons et nous nous écoutons, nous nous invitons et nous nous accueillons, nous ouvrons nos bras et nous nous jetons dedans… Quand ce va-et-vient se meurt, c’est l’amour qui est mort…

IL EST LA CELUI QUI VIENT !

Surtout chez vous ! les souffrances quelles qu’elles soient, de corps ou de cœur, l’attirent, irrésistiblement. Habillez votre cœur de mauve ! montrez-lui que vous avez faim de lui, que vous êtes en manque, qu’il y a en vous comme un vide… IL EST LA et IL VIENT, pour vous prendre par la main, et changer le mauve en blanc !... d’une heure à l’autre, d’un jour à l’autre…

NE DE LA VIERGE MARIE

Allons-nous, l’habiller de mauve, elle aussi, en ce temps de l’Avent ? Elle que nous fêtons le 8 décembre comme IMMACULEE CONCEPTION ?...

C’est vrai que nous l’habillons souvent de blanc ou de bleu. Or il y a eu, et il y a toujours en Marie, il y a profondément en Marie cette attitude d’attente, d’espérance, de virginité. « QU’IL ME SOIT FAIT SELON TA PAROLE. »

Voilà Marie ! elle est TOUTE dans cette Parole ! NOEL est devenu possible hier, aujourd’hui et demain. NOEL dans ma vie, NOEL dans ta vie.

Nous lui chantons :

« Vierge bénie entre toutes les femmes

Mère choisie entre toutes les mères

Mère du Christ et mère des hommes :

Donne-nous ton Fils ! Donne-nous ton Fils ! »

Recevoir, pour donner ! Voilà encore Marie.

Vierge, elle t’accueille, comme une « feuille vierge » sur laquelle tu peux écrie sans peur, sans honte, toute ton histoire, toutes tes histoires…

Mère elle te re-met au monde, elle te relève et te donne la force pour continuer à vivre…

Grâce au « OUI » de Marie, IL EST LA, CELUI QUI VIENT

Avec Marie, MAIN-DANS-LA-MAIN vous souhaite à toutes et à tous de vivre intensément ce TEMPS DE NOEL. Que la naissance de Jésus (car c’est son nom) fasse naître et grandir dans vos cœurs sa joie et sa paix.

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

l’histoire de Noël, à nouveau,

remet en route Marie et Joseph,

à la recherche d’un coin chaud

où puisse naître leur petit…

L’histoire dans laquelle je vis,

aujourd’hui,

me raconte et me montre,

jour après jour,

la souffrance de ces millions

de Marie, de Joseph et de petits Jésus,

que la guerre, l’injustice, la pauvreté…

a jetés sur les routes…

Et je me sens si impuissant,

pour leur ouvrir « une auberge », un « chez soi ».

Alors je me tourne vers toi,

qui es Père tout-puissant de tous les hommes :

envoie ton Esprit d’amour

pour réchauffer les cœurs gelés,

envoie ton Esprit de force,

pour donner courage aux cœurs peureux,

envoie ton Esprit d’intelligence

pour éclairer les cœurs

qui cherchent un chemin

pour toutes ces femmes,

ces hommes et ces enfants,

qui ne savent plus où aller…

Qu’ils trouvent une auberge accueillante,

qu’ils trouvent un chez-soi,

qu’ils retrouvent la joie de vivre. Amen.

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Novembre 2019

«DANS l’immense cortège de tous les saints ! »

* * * * * * * * * *

Un jour, dans ce tout vieux refrain de la TOUSSAINT, mon attention est restée accrochée à cette simple « préposition » qui introduit cet « immense cortège ».

« Dieu nous te louons, Seigneur nous t’acclamons, DANS l’immense cortège de tous les saints ! »

Ce jour-là j’ai pensé et j’ai osé comprendre que nous sommes tous des saints. Et mon audace m’amène à croire que le « tous » désigne tous les hommes !... et non pas seulement les baptisés.

« A l’ombre » de la Fête de la Toussaint, ce dimanche 3 novembre, Jésus rend visite au publicain Zachée : « Descend vite de ton arbre : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison ! » - Voyant cela, tous récriminaient, les pharisiens et sans doute aussi ses disciples : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur ! » La démarche de Jésus nous rassure, et depuis des siècles nous pouvons reconnaître, au début des rencontres eucharistiques en confessant « que nous avons péché en pensées, en paroles, en actions et par omission ! » Nous pouvons reconnaître « que nous ne sommes pas dignes de le recevoir » ; cette « indignité » ne l’empêchera pas de se remettre entre nos mains, comme il l’a fait pour Pierre qui l’a renié, pour Judas qui l’a trahi et aux autres qui l’ont abandonné. « C’est alors que nous étions pécheurs que le Père a envoyé son Fils ! » a écrit Saint Paul …, le persécuteur.

« Tous des saints » !

Des « saints-en-herbe », bien sûr ; mais toute herbe porte en elle la capacité, la « volonté » de grandir, de porter semence, et donc de rayonner. Quand on tombe malade, quand le grand âge multiplie, jusque dans le quotidien, les limites, les douleurs et toutes sortes d’autres souffrances, la tentation est grande de soupirer :

« Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour souffrir ainsi ? » Tentation qui peut nous mener à lui tourner le dos, à abandonner la prière, à s’enfermer dans ce cri de Jésus sur la croix : « Père pourquoi m’as-tu abandonné ? »…

N’est-ce pas à cause de cette tentation-là qu’il a poussé ce cri ? pour nous rejoindre jusque dans nos « désespoirs » ? et qu’il a eu le courage de dire cette autre Parole :

« Père entre tes mains je remets mon esprit ! »…

Dans le récit de la visite chez le publicain Zachée, il y a un mot auquel nous ne faisons peut-être pas attention : « Zachée descend vite : aujourd’hui IL FAUT que j’aille demeurer dans ta maison ! » Il y a en Jésus comme une poussée intérieure, irrésistible, à laquelle il semble obéir. Cette visite n’est pas une « passade », une « idée passagère » : c’est le cœur de sa mission de Fils de Dieu, venu sur la terre « pour nous les hommes et pour notre salut ». Zachée ? c’est moi, toi et tous les autres hommes, hier, aujourd’hui, demain et pour les siècles des siècles…

Il est, lui, le pécheur-type, détesté par tout le monde. Mais Jésus a eu la même attitude à l’égard des malades de tout genre, des possédés… considérés, eux aussi, comme des pécheurs : il souffrait de leurs souffrances, du rejet qui les enfermait dans l’isolement. Que de guérisons, d’expulsions de démons… dans les Evangiles ! « Il fallait » qu’il les guérisse !

« IL FALLAIT ! »…

Les pécheurs, les malades, les possédés, les enfants… : tous ceux qui se sentaient exclus, d’une façon ou d’une autre, attiraient sa présence, « irrésistiblement ». Or le Jésus qui est monté au ciel est le même qui a vécu parmi nous sur la terre…, à la portée de notre prière.

Mais cet « il faut », cette poussée intérieure l’a amené à nous rejoindre jusqu’au cœur de notre mort !

Après la célèbre « profession de foi » de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! », l’évangéliste Matthieu écrit :

« A partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples QU’IL LUI FALLAIT s’en aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens…, ETRE MIS A MORT et, le troisième jour, RESSUSCITER ! » Notre CREDO nous dit et nous répète que c’est « pour nous les hommes et pour notre salut ! »… toi, moi et tous les autres !

Le péché, la maladie, le handicap, l’enfance, la vieillesse… et donc aussi la mort : c’est de ce côté-là que nous pouvons être sûr de rencontrer ce Jésus, et donc son Père, dont il est venu nous révéler l’amour.

Voilà le cœur de la FOI !

Or la foi, c’est d’abord celle de Dieu ! C’est Dieu qui nous a créés à son image et à sa ressemblance, créés par amour, et il n’a jamais cessé et ne cessera jamais de « croire en nous ! », toi, moi et tous les autres !

Il faut toujours se rappeler la Parole de Saint Jean dans sa première Lettre : « Dieu est amour… !

Et voici ce qu’est l’amour :

CE N’EST PAS NOUS QUI AVONS AIME DIEU

C’EST LUI QUI NOUS A AIMES

ET QUI A ENVOYE SON FILS ! »…

Parole qui « te » fait dire notre pape François :

« Jésus Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer ! » Ouf !!!

Et il y a sa colère, quand les disciples ont voulu chasser les enfants : « il fallait » qu’il les embrasse et les bénisse ! En son temps, on mourrait jeune : il aurait eu la même compassion pour les personnes âgées…

PRIERE DU MOIS

Père très bon, Merci !... de nous avoir envoyé ton Fils

pour nous révéler ton amour,

pour moi et pour tous les autres !

Pendant le temps qu’ « ils » l’ont laissé vivre,

il est allé vers les hommes et les femmes

qui étaient comme des « brebis perdues »

à cause de leur maladie, leur handicap,

à cause de leur péché…

C’était pour eux que tu nous l’as envoyé,

« pour nous les hommes et pour notre salut ».

Avant de nous quitter

pour aller te rejoindre,

il nous a rassurés :

« Je serai avec vous tous les jours,

jusqu’à la fin du monde ! »

Augmente en moi, augmente en nous

la foi en cette présence réconfortante,

surtout quand le temps se fait long,

quand la douleur se fait insupportable,

quand la solitude me fait pleurer…

Que jaillisse dans notre cœur sa Parole :

« Venez à moi, vous qui peinez sous le fardeau

et moi je vous procurerai le repos. »

Oui, fais grandir en moi

la confiance en ta présence :

donne-moi le courage de la rayonner autour de moi,

surtout pour ceux qui ne te connaissent pas,

qui se sentent vraiment seuls dans leur souffrance.

Qu’ils découvrent cette MAIN que tu nous tends

pour saisir notre main

comme un père, une mère tient la main de son enfant

et le console quand il pleure…

« Marie, mère de Dieu et notre mère

prie pour nous, enfants du Père,

maintenant… et à l’heure de mort. Amen

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Octobre 2019

«Que tes œuvres sont belles, que tes œuvres sont grandes ! »

* * * * * * * * * *

Il me semble que c’est « mon Christ » pendu au mur de mon bureau, qui m’a suggéré le dernier dimanche du mois de septembre d’entrer « main-dans-la-main » dans la « morte-saison », en chantant ce refrain admiratif et enthousiaste. Avec cette conviction profonde que toi, moi et tous les autres, NOUS SOMMES, chacun, chacune, une de ces œuvres « belles et grandes », quel que soit l’état dans lequel nous nous trouvons : vieux, malade ou handicapé… ou jeune, rayonnant de santé dans un corps parfait !... C’est un des fondements de notre foi en ce Dieu que nous appelons Créateur et Père.

Voici, comment lui, il le chante :

Ce quatrième dimanche de Carême, Jésus guérit un aveugle-né. Plus tard ils se rencontrent.

« Que MES œuvres sont belles, que MES œuvres sont grandes !

Tout homme est une histoire sacrée, tout homme est à MON image ! »

Je n’invente rien, et je ne veux pas du tout vous consoler et vous réconforter par des « belles paroles ». Ce chant d’admiration s’enracine dans les premières Paroles de la Bible.

Il alluma d’abord « la lumière » pour qu’apparaissent à nos yeux toutes des « œuvres belles et grandes ».

« Que la lumière soit ! » Et la lumière fut !

Puis la « séparation des eaux » pour que puisse apparaître la terre ferme et faire place aux plantes, aux arbres… aux animaux. Et comme couronnement :

" Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, HOMME et FEMME il le créa ! Dieu vit ce qu’il avait fait :

VOILA, C’ETAIT TRES BON ! »

Il suffit de « sauter le pas » : de croire de tout son cœur que moi (toi et tous les autres), je suis une de ces créatures, du matin au soir et du soir au matin : aux yeux de notre Dieu, JE SUIS UNE ŒUVRE BELLE ET GRANDE ! Moi, toi… ET TOUT HOMME !

Rappelons-nous toujours les Paroles de Saint Jean :

« Dieu est amour. Et voici ce qu’est l’amour :

ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés

et qui a envoyé son Fils »…

pour nous révéler cet Amour !

Nous l’avons chanté de tout cœur, ce dernier dimanche de septembre :

« Ton amour nous a façonnés,

tirés du ventre de la terre ! »

C’était au cours d’une célébration eucharistique particulière qui rassemblait, dans les premiers bancs, une bonne vingtaine de porte-drapeaux, et , derrière eux, des enfants et parents pour la première « messe de famille » de l’année sur le thème de la PAIX. Avec les uns nous avons regardé en arrière vers un passé mutilé, ravagé par des guerres… qui débordent sur notre présent et le menacent. Avec les autres, les enfants et leurs parents, nous avons, avec les yeux d’une certaine Greta Thunberg, regardé vers l’avant, vers l’avenir qui n’est pas rose…

Mais malgré ces deux regards, nous avons chanté :

« Que tes œuvres sont belles et grandes

Tout homme EST UNE HISTOIRE SACREE ! »

Notre regard ne change en rien le REGARD DE DIEU et nos actions ne parviennent pas à rompre le « MAIN-dans-la-main » !

« Tout homme EST une histoire sacrée ! »

« INDICATIF PRESENT ! »… depuis la naissance et pour toute éternité ! Encore une Parole de Saint Jean (dont nous devrions nous souvenir le matin quand nous nous réveillons, ou toute la nuit quand la douleur nous a empêché(e) de dormir) :

« Mes bien-aimés, voyez comme est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu : - ET NOUS LE SOMMES ! »

Ce chant de joie, de confiance que nous avons chanté ce dimanche-là avec les enfants et les porte-drapeaux, nous redit la même Bonne Nouvelle :

« Ton amour nous a façonnés

Tirés du ventre de la terre ! »

Le danger de ce « passé composé », c’est de croire – quand ça va mal d’une façon ou d’une autre – que Dieu nous abandonne, nous laisse tomber ! (Vous connaissez la formule de ce soupçon : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu au vu de ce qui m’arrive !? ») Dieu ne « nous a pas façonné une bonne fois pour toutes » !... il nous « façonne » à tout instant ! Saint Paul disait aux païens athéniens :

« C’est en lui que NOUS AVONS LA VIE, LE MOUVEMENT ET L’ETRE ! »

Et même notre péché ne parvient pas à détourner Dieu le Père de nous. Encore Saint Paul : « C’est alors que nous étions pécheurs que Dieu a envoyé son Fils ! » Les Evangiles nous le montrent présent partout auprès de ceux qui souffrent…, et des pécheurs !

« MAIN-dans-la-main », n’est pas la dénomination de ce feuillet, à tout hasard : il est la REALITE de notre quotidien. J’aime le redire (l’enfoncer dans nos têtes comme on enfonce un clou) avec ces paroles du pape François :

« Jésus-Christ T’aime, il a donné sa vie pour TE sauver, et maintenant il est vivant à TES côtés chaque jour pour T’éclairer, pour TE fortifier, pour TE libérer ! »

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

« augmente en nous, augmente en moi

la foi » en ton amour

pour moi, et pour tous…,

ton amour de Père, pour chacun, chacune.

Tu nous as dit par ton prophète :

« Une femme peut-elle oublier son petit,

abandonner le fruit de ses entrailles ?

Même si elle le pouvait,

moi je ne t’abandonnerai jamais ! »

Ton prophète parlait au peuple,

ton Fils est venu nous parler

à chacun, chacune de nous :

l’aveugle, le lépreux, le paralytique…

la Samaritaine, l’adultère, Marie-Madeleine…

« Augmente en moi la foi en ton amour,

quoi qu’il m’arrive…

de jour et de nuit…

révèle-moi, fais-moi sentir ta présence ! »

Ton Fils nous a rejoints

jusque dans ces moments, ces heures…,

où nous nous sentons « abandonnés ».

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Mais tu étais là,

tu es là quand moi je crie vers toi,

quand nous crions…

Tu l’as ressuscité, tu lui as redonné vie,

pour qu’il aille retrouver ses amis

et leur dire : « La paix soit avec vous. »

« IL ÉTAIT LA AU MILIEU D’EUX ! »

« Augmente en moi, augmente en nous

la foi » que tu es toujours là,

surtout aux moments, aux heures

où nous nous sentons abandonnés,

Vous êtes toujours là,

le Père, le Fils et le Saint Esprit. Amen.

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Septembre 2019

« … Et Jérémie s’enfonça dans la boue ! »

(Au chapitre 38 de son Livre)

* * * * * * * * * *

Une histoire tragique pour ce grand prophète !... qui, comme tout bon prophète, dérangeait un certain nombre de gens. Ils l’ont fait arrêter et jeter dans une citerne… où il n’y avait plus d’eau mais bien de la boue… dans laquelle Jérémie s’enfonçait peu à peu… Ne vous imaginez pas la scène : c’est trop horrible. Heureusement, un certain Ebed-Mélek eut pitié de lui et, sur l’ordre du roi Sédécias, il parvint à le sauver…

Pourquoi vous parler de cette tragédie ? Parce que notre Mère la Sainte Eglise nous l’a fait lire dans le monde entier, dans presque toutes les langues de la terre, le week-end du 17 au 18 août (quelques jours après l’Assomption de Marie). Or le lundi nous avons célébré l’Eucharistie dans une maison de repos !...

Est-ce l’Esprit-Saint qui m’a inspiré de me mettre à la place du prophète Jérémie ? … et de dire aux locataires de cette « maison », que moi aussi je suis en train « de m’enfoncer », non pas dans la boue d’une citerne, mais dans le « grand âge », dans la vieillesse…, irrémé-diable-ment ! Je ne pourrai pas y échapper par mes propres forces ; comme Jérémie, j’ai besoin d’un Sauveur pour m’assurer un avenir. Parmi vous, d’autres se sentent « enfoncé(e)s » dans une maladie, un handicap… depuis longtemps…, pour longtemps… et peut-être pour toujours… Il nous faut un sauveur, une MAIN qui nous saisisse par la main… pour nous en sortir…

Dans l’Evangile de ce même week-end Jésus disait – lui aussi dans le monde entier - :

« Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! »

Un FEU et un BAPTEME !

J’ai compris que ce FEU, c’est l’AMOUR. L’amour d’un Dieu qui a aimé son peuple pendant tout un Ancien Testament, et qui a fini par envoyer son propre Fils ! pour montrer qu’il nous aimait chacun, chacune, et particulièrement les personnes « qui s’enfoncent » dans l’une ou l’autre boue : les lépreux, les paralytiques…, les samaritaines, les Marie-Madeleine… (il y avait encore très peu de gens « enfoncés », comme moi, dans le grand âge…)

NOUS SOMMES AIMES ! du matin au soir et du soir au matin (quand nous ne parvenons pas à dormir). Le Ebed-Mélek qui a sauvé le prophète Jérémie, pour nous, c’est le Fils de Dieu lui-même.

Je viens de baptiser un petit Tiago, qui vient de « s’enfoncer » dans l’amour de ses parents. Sa maman avait choisi ces Paroles de Saint Jean :

« Dieu est Amour ! Et voici ce qu’est l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime d’expiation pour nos péchés ! »

Et voilà son « BAPTEME » !

Le Fils de Dieu a accepté de « s’enfoncer » jusqu’au cœur de notre mort ! Même « », nous ne serons plus seuls. La mort n’est plus une fin de vie, une impasse. Il l’a dit : « Je suis LE CHEMIN, la Vérité et LA VIE ! Dans la maison de mon Père, je vais vous préparer une place car je veux que là où je suis, vous soyez vous aussi ! »

Notre « main » dans sa « MAIN ».

Le 26 août dernier, - dans le monde entier – Saint Paul a ré-exprimé sa joie au sujet de la foi qui s’est répandue chez les Thessaloniciens. Ceux-ci ont cru un certain temps que Jésus reviendrait dans sa gloire… de leur vivant… Nous, nous l’attendons toujours, mais avec cette assurance « qu’il est là au cœur de notre vie… et de notre mort, POUR NOUS FAIRE VIVRE ! »

« À tout moment, écrit Saint Paul, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous, en faisant mémoire de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que VOTRE FOI est active, que VOTRE CHARITE se donne de la peine, que VOTRE ESPERANCE tient bon en notre Seigneur Jésus-Christ, en présence deDieunotre Père. »Est-ce qu’on en parle encore, de ces « trois sœurs », est-ce qu’on les fait connaître à nos enfants qui commencent à vivre, dans un monde de plus en plus compliqué. Ces « trois vertus » parmi toutes les autres (la bonté, la compassion, la tempérance…). Elles sont particulières, ces trois-là, car elles sont « THEOLOGALES », elles sont comme le sang qui coule dans les veines du « main dans la MAIN ». Les athées (pour ne parler que d’eux) ne les connaissent pas : la FOI, l’ESPERANCE et la CHARITE. Quand ils « s’enfoncent » d’une façon ou d’une autre, ils ne croient pas qu’il y ait (pour eux aussi) ce QUELQU’UN qui les aime et qui est prêt à les aider. Quand leur vie s’en va vers la fin, ils ne croient pas que QUELQU’UN les attend, et avec lui tout un monde qu’il a connu et aimé. Il est capable d’aimer, capable de bonté, de compassion, de tempérance…, mais il ne croit pas qu’il y a au cœur de sa vie QUELQU’UN qui est la source de l’amour… !

Saint Paul a écrit : « Je vis…, mais non ! ce n’est pas moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ! »

L’athée ne prie pas : « Notre Père ! », ni « Je vous salue Marie, prie pour moi, maintenant et à l’heure de ma mort ! »

PRIERE DU MOIS

Dieu notre Père

je te rends grâce en mon nom

et au nom de tous les hommes

pour ton amour, ta présence dans nos vies.

Tu es venu trouver ton serviteur Moïse :

« J’ai vu, j’ai vu la misère de mon peuple,

et JE SUIS DESCENDU pour le libérer ! »

Puis tu as envoyé Jésus, ton propre Fils,

qui nous a révélé ton amour de Père

non seulement pour un peuple,

mais pour chacun, chacune de nous.

Fais grandir dans nos cœurs

la FOI en ton amour de Père,

qui nous a donné la vie,

et qui nous aime tels que nous sommes

d’un amour gratuit

que nous ne devons pas mériter.

Ton Fils est surtout allé

vers ceux qui « s’enfonçaient »

dans la maladie, dans le mal,

pour les relever, les renvoyer à la joie de vivre.

Par sa mort et par sa Résurrection,

il nous invite à garder vivante

l’ESPERANCE qui nous assure un avenir,

qui nous dit que la « vraie vie » est devant nous !

Qu’elle nous soutienne surtout aux jours

où nous nous sentons tenté(e)s par le désespoir.

Et puis Marie, dans une autre maison de repos. Les aides-soignantes la déposaient chaque matin dans son fauteuil « quotidien », la télévision ne servait que de bruit de fond… « Dites-moi, Marie, qu’est-ce qui se passe dans ta tête pendant les longues heures d’une journée ? » Après un moment de silence : « Je prie ! »…, tout simplement !

Encore une autre de ces dames ? Mathilde ; comme le laboureur de la fable, sentant sa fin prochaine, elle avait demandé de vivre le sacrement des malades. Quand j’en avais fini avec « mes » prières, elle m’a demandé : « Est-ce que maintenant je peux dire « les miennes » ? Alors là ! il y en avait aussi tout un paquet ! Elle avait la réputation de prier beaucoup pour les autres…

Mais surtout, Père,

fais-nous « sentir » ta présence ;

que ton amour devienne en nous

source de force et de persévérance

au cœur de nos souffrances,

mais aussi source de cette CHARITE,

qui ouvre nos cœurs à la souffrance des autres

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Aout 2019

« Un jour…, quelque part…,

Jésus était en prière. » (St Luc)

* * * * * * * * * *

C’est une Parole pour vous, pour toi qui lis… ; « un jour » → « n’importe quand, « quelque part » → « n’importe où », comme Lui, tu peux « être en prière » ! Le « MAIN dans la main », n’est pas le titre de ce feuillet mensuel, c’est un moment fort de ta vie ; si tu veux bien. LUI, il veut bien, n’importe quand, n’importe où…

Dans mon homélie, j’ai invité quelques dames vénérables, habituées à « être -en-prière ». Germaine, dans une maison de repos, fière de me montrer son « paquet de prières » quotidiennes.

Ma mère aussi, sur l’appui de fenêtre, à côté de son fauteuil, avait à portée de main, son petit paquet. A mon étonnement, elle m’a dit un jour qu’ « elle était trop fatiguée pour prier » ! Sans doute voulait-elle dire qu’elle était trop fatiguée pour venir à bout de « tout ce paquet » qui s’était accumulé depuis des années ; Dieu ne s’est sûrement pas fatigué d’être auprès d’elle…

Je pense encore à Marcelle qui emportait dans son lit un chapelet fluorescent pour le retrouver à tout moment de la nuit… Toutes ces dames « étaient souvent en prière. »

Quand les disciples ont vu leur Jésus qui « était en prière », ils lui ont demandé :« Apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »

Ils ne lui demandaient pas de leur apprendre des « formules de prières ». Comme tout bon juif, ils devaient en connaître toute une série. Les psaumes, par exemple : il y en a 150 !...

Non mais !... « Comment ETRE EN PRIERE ? » J’ai pensé (j’espère ne pas vous scandaliser !) à Georges Brassens qui a chanté « les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics » : ils n’ont pas tant besoin de paroles, de formules ; l’amour qui les unit fait qu’ils sont l’un DANS l’autre…

Nous n’avons pas à chercher Dieu « dans les cieux » : il est « toujours là au cœur de nos vies, pour nous faire vivre ! »

Le Jésus de Saint Luc, d’ailleurs, répond à ses disciples :

« Quand vous priez, dites : Père ! » Tout simplement…

Et laissez monter dans votre cœur ce refrain :

« Trouver dans ma vie ta présence,

Tenir une lampe allumée, Choisir avec toi la confiance,

Aimer et se savoir aimé ! »

Mais… je ne suis pas Jésus !

… pour « être en prière » !

Saint Jean, dès le début de son Evangile disait de lui :

« Au commencement était le Verbe,

et le Verbe était tourné vers Dieu,

et le Verbe était Dieu.

Il était au commencement tourné vers Dieu… »

Et Saint Luc raconte que dès l’âge de douze ans, il « s’est égaré » au Temple,

et a répondu à ses parents qui, tout angoissés, l’ont cherché partout :

« Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »

Mais, à part cette escapade au Temple, Jésus a vécu à Nazareth une vie « d’homme », depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte, une vie de famille, de village, de travail…, pour nous dire que « tout ce qui est humain, est divin ! » Nous venons encore de le chanter dans une de nos communautés :

« Tout homme est une histoire sacrée,

l’homme est à l’image de Dieu ! »

Mais Saint Jean nous a dit aussi, dès le début de son Evangile :

« LE VERBE S’EST FAIT CHAIR ! »

Si nous ne lui connaissons pas une de nos maladies, nous découvrons dans toute sa vie publique sa compassion pour les malades, les pauvres, les exclus… Et son Père, à la fin de sa vie, ne l’a pas préservé de la violence des hommes, de leurs tortures ; ni du sentiment de l’avoir abandonné !

« Père, si c’est possible, que cette coupe passe loin de moi !... »

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Sur la croix, il a rejoint pour toujours, pour aujourd’hui, tous ceux qui trouvent « leur vie trop longue » dans les maisons de repos, ceux qui sont, à vie, accablés par un handicap, atteints d’une maladie grave, irréversible…, et qui se sentent abandonnés, qui n’ont plus le courage de la prière…

Que vous puissiez, que tu puisses croire ou retrouver la foi « qu’un jour = toujours, quelque part = n’importe où », il est là au cœur de ta vie, de ta souffrance pour te faire vivre ! »

PRIERE DU MOIS

Dieu tout-puissant,

tu as envoyé ton Fils sur notre terre,pour nous révéler

que nous pouvons t’appeler « PÈRE ! »

tout simplement…

Et cette Bonne Nouvelle de ton amour

s’est répandue dans le monde entier.

Du matin au soir, du soir au matin,

je peux me tourner vers toi :

tu es toujours à mon écoute.

Par ton Fils tu nous as dit,

et tu nous redis, à chacun, chacune :

« Toi, quand tu pries,

entre dans ta chambre la plus retirée,

et adresse ta prière à ton Père,

qui est là dans le secret. Et ton Père qui voit dans le secret,

te le rendras. » Père,augmente en moi…, en nous

la foi en cette Parole d’amour ;

qu’elle se fasse entendre dans mon cœur,

surtout à ces moments, le jour, la nuit,

où la souffrance, du corps ou du cœur,

prend le dessus…

et que je me sens seul(e), abandonné(e),

comme ton Fils, là-haut sur la croix…

Fais-nous croire, fais-nous comprendre

que tu l’as laissé pousser ce cri :

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Juillet 2019

«Le Seigneur trouva qu’Abraham était JUSTE ! » * * * * * * * * * *Partout dans le monde, en cette fin du mois de juin – le mercredi 26 exactement – cette Parole est proclamée dans le monde entier, dans presque toutes les langues de la terre !

J’aime bien la redire, cette formule, depuis quelques temps, parce que c’est in-ouï, incroyable, merveilleux ; parce que je me sens concerné, comme tous ceux qui l’ont entendue au cours de la célébration eucharistique, au cours de la messe. C’est pour cela que je l’ai choisie comme la Parole du mois de juillet pour vous qui peut-être n’avez pas eu l’occasion de l’entendre : elle a été écrite et pour moi et pour vous. Elle exprime d’une autre façon le MAIN-dans-la-main entre Dieu et Abraham.

Saint Paul écrira – beaucoup plus tard, et après la venue du Fils de ce

« Seigneur » sur la terre – qu’Abraham EST NOTRE PERE DANS LA FOI ! Il suffit de croire ! de faire confiance en ce Dieu, quoi qu’il m’arrive, qui que je sois, quoi que je fasse. Il suffit, envers et contre tout de RESTER A-JUSTE à ce « Seigneur », qui a envoyé son Fils pour nous dire que nous pouvons désormais l’appeler :

« Notre Père ! » « Je crois en Dieu, mon Père, tout-puissant ! »

Sa « toute-puissance » - qui pourrait me faire peur – est celle d’un PERE, dont nous sommes les enfants, d’un bout du monde à l’autre.

« Mes biens aimés,

voyez comme est grand,

l’amour dont le Père nous a comblés :

il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu,

- ET NOUS LE SOMMES ! » (Saint Jean)

« Nous » les hommes !

Voici une autre PAROLE, écrite en 2018 par

un Père dominicain irlandais (Timothy Radcliffe) qui nous parle de cet

« amour du Père » :

« Pensez à la personne que vous trouvez la plus détestable et la plus odieuse. Le fait qu’une telle personne existe EST LA PREUVE QUE DIEU L’AIME. Si Dieu ne l’aimait pas, elle n’existerait pas…

Dieu n’aime pas l’humanité en général, un peu comme on dirait de quelqu’un qu’il aime le whisky ou les Canadiens.

Un tel amour serait froid et vide.

Dieu se complaît en chacun de nous sur un mode unique et non repérable. Il se délecte de la manière dont vous marchez, de la courbe de votre cou et de l’écho de votre rire. »

Elle est un peu longue, cette citation, mais n’est-ce pas un cadeau que je vous fais ?

Pourquoi le catéchisme de mon enfance ne m’a-t-il pas parlé de cet amour ?

Alors il s’agit tout simplement de « s’a-juster », comme Abraham, de se laisser aimer ! Oh ! ce n’est pas toujours facile quand on est handicapé, malade ou tout simplement vieux… Pour Abraham non plus, à qui ce Dieu d’amour a demandé de « quitter son pays et la maison de son père », de lui « offrir Isaac, son fils unique » !...

Je me dis que cela ne doit pas être toujours facile pour Dieu de rester

« ajusté à moi », de m’aimer… Puis je me rassure : « Lui, il a sacrifié son Fils unique pour moi… et pour tous les autres : lui il restera toujours AJUSTE à nous !... »

« Seigneur, comment vais-je savoir… ? » (Abraham)

Eh oui ! c’est tellement facile de dire ou d’écrire :

« Quoiqu’il t’arrive Dieu t’aime ! »

Je n’ai pas pu m’empêcher de transcrire comment Dieu, ce jour-là

a répondu à Abraham.

« Le Seigneur lui dit :

« Prends une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. »

Abraham (qui connaît le rituel) prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux.

Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abraham les chassa.

Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abraham, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui.

Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses…

Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux…

Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abraham ! » (Genèse 15)

… avec Abraham, avec toi, moi et tous les autres !

Il suffit de croire ! de s’AJUSTER à la Parole de Dieu.

Heureusement, qu’entretemps, Dieu a « rendu les choses plus faciles » !

C’est son Fils, avant d’entrer dans la souffrance et la mort…,

pour nous assurer qu’il est AVEC NOUS dans nos souffrances, et même dans notre mort, qui a pris du pain, il l’a béni et il a dit :

« Prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous ».

Pouvait-il « s’ajuster » plus profondément à chacun(e) de nous ?

Et il a dit encore : « J’étais malade, et tu es venu me visiter ».

Chaque visite, chaque rencontre devient ainsi signe de la présence de ce Dieu d’Abraham, de Dieu « Notre Père » !

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

tu as envoyé ton Fils sur notre terre

pour révéler à tous les hommes

que nous pouvons t’appeler :

« Notre Père ! »,

que tous nous sommes tes enfants.

Tu as demandé à Abraham

de « quitter son pays, la maison de son père,

pour aller vers un pays que tu lui montrerais ».

Tu l’as invité à te faire confiance

à remettre sa vie entre tes mains.

Enracine et fais grandir dans mon coeur

la même foi, la même confiance

en ta présence, au coeur de ma vie.

Donne-nous le courage, la force

de « quitter » nos idées, nos doutes…,

l’impression que tu es absent

de nos souffrances quotidiennes

que tu n’écoutes pas nos prières…

Jésus, ton Fils, pendant sa vie publique

n’a pas cessé de montrer sa compassion

pour ceux qui souffraient dans leur corps,

ceux qui se sentaient mal-aimés, rejetés…

« Venez à moi, vous qui peinez

sous le poids du fardeau,

et moi je vous procurerai le repos. »

Marie, sa mère, était là, au pied de sa croix,

et elle n’a pas cessé d’apparaître sur la terre,

pour garder vivante en nous

cette « certitude de foi » d’Abraham

que jamais nous ne sommes abandonnés,

que vous êtes là avec nous

dans nos « orages », dans nos « tempêtes »,

« pour nous faire vivre ! »

Amen.

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Juin 2019

« IL S’ELEVA…,et une nuée vint le soustraire à leurs yeux ! » * * * * * * * * * * Rappelez-vous, le mois dernier :

c’était le « plongeon de Pierre » ; le plongeon définitif dans son amour pour son Jésus.

Lui aussi a fini par être crucifié…

« Se jeter à l’eau du côté de ce Jésus, ce n’est pas pour se noyer, mais pour « s’élever » avec lui, pour l’ASCENSION. »

J’aime ces « gros mots » de notre religion (pour Marie, ce sera l’ASSOMPTION), qui ne disent pas immédiatement « ce qu’ils veulent dire »…

Il faut prendre le temps pour « creuser », ou prendre le casse-noisettes (a conseillé le Père Varillon) pour « voir ce qu’il y a dedans… On reproche à l’Eglise de parler un langage que les gens ne comprennent pas.

Or la « religion » nous « relie » au divin, donc à ce qui est invisible, à ce qui nous dépasse, à ce qui est tout autre !... Le « divin » n’est pas à ras-de-terre, sinon il ne serait qu’humain, à notre niveau, un bien de consommation parmi d’autres. Le divin – heureusement – veut nous élever, nous « ascensionner » à son niveau ou nous entraîner à sa profondeur… Mais ce que notre « religion » - à nous - a de particulier et de bouleversant, c’est que le divin est venu nous rejoindre au coeur de l’humain ; ce qui a donné le « gros mot » : INCARNATION : « Le verbe s’est fait chair ! »… par amour !

Pouvait-il se rendre plus proche de nous ? Un véritable « MAIN-dans-la main » !

Et cette MAIN est allée jusqu’à toucher le lépreux, avec de la salive elle a lavé les yeux de l’aveugle, elle a pris la main du paraplégique pour le remettre en route…

Si ce n’est pas « de l’ascension » ! Tout comme lorsqu’il nous a dit que nous pouvons appeler son Père « NOTRE PERE » : me voilà enfant de Dieu !... et toi aussi, et tous les autres.

Cela ne se voit pas avec mes yeux de chair ; pour cela il faut prendre le temps de creuser, ou utiliser le casse-noisettes ; il faut sortir du bruit pour entrer dans le silence

(…de la maladie ?)…

Jésus, le Fils de Dieu… devenu fils de charpentier a eu des difficultés pour transmettre aux simples humains son message divin.

Alors il leur a parlé, comme à des enfants, avec des paraboles et avec des images.

❖ Le Semeur : « Tu n’es pas bêtement là, par hasard. il y a un semeur qui est sorti pour te semer ! »…

❖ La Vigne : « Tu en es le sarment. Si le sang est la sève qui fait vivre ton corps mortel,

celle de la vigne te rend immortel. »

❖ Le Berger : « Tu n’es pas créé pour cet individualisme ambiant, ce m’enfoutisme (qui tue, qui viole…) mais pour la « communion »…

et il y a un berger qui a donné sa vie pour toi, qui sait ce que souffrir veut dire, et mourir… »

Ces paroles sentent très fort l’ASCENSION, et ce MAIN-dans-la-main qui nous réjouit dans notre solitude…

❖ « Je suis le chemin » : là où il n’y a plus de chemin, c’est l’impasse…

❖ « Je suis la porte » : là où il n’y a pas de porte, c’est la prison…

❖ « Je suis la lumière » : là où il n’y a pas de lumière, c’est la nuit…

❖ « Je suis le pain de vie… et le vin de la fête…

Toutes ces images sont du côté du « haut » et non pas du « bas », elles sont ascensionnelles du côté de la vie, de l’amour, du bonheur…

Pierre l’avait renié : « Jésus ? connais pas ! » ; mais depuis son « plongeon » il a trouvé en lui la force jusque « sur sa croix » !...« IL S’ELEVA… ! » L’Ascension n’est pas du tout un déplacement dans l’espace, du côté des nuages. Il a simplement disparu aux yeux de ses disciples, pour être là au coeur de la vie de tout ceux qui accueilleraient la Bonne Nouvelle qu’ils proclameraient dans le monde entier :

la mort n’est pas la fin de notre vie, mais l’ouverture, le passage (« la Pâque ») vers un avenir de bonheur sans fin. « La femme ne met pas au monde au-dessus d’une tombe ! », comme le dit – nécessairement – l’athée. Elle met au monde pour la VIE ETERNELLE ! Cet avenir ne dépend pas de notre foi, mais il est un don gratuit de Dieu à TOUS les hommes. Accueillons une bonne fois pour toutes cette Parole de Saint Jean :

« Dieu est AMOUR ! et voici ce qu’est l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés, et qui a envoyé son Fils… POUR NOUS LES HOMMES ET POUR NOTRE SALUT ! Heureux ceux et celles qui parmi vous ont le bonheur de communier régulièrement au Corps du Christ ! C’est vivre fondamentalement un geste d’Ascension : nous devenons, ce que nous recevons : le Corps du Christ ressuscité !

C’est bien concrètement la réalisation du MAIN-dans-la-main !, SA main dans MA main ! (Ce n’est pas un simple « geste pieux » !) Voici la prière du prêtre avant la Consécration : « SANCTIFIE ce pain et ce vin, ils deviendront pour nous le Corps et le Sang de ton Fils ressuscité ! » L’ASCENSION, c’est moins une vérité à croire, qu’une RELATION A VIVRE dans le quotidien de notre vie. Tant que j’aurai de la voix, je chanterai et je ferai chanter : « Tu es là au coeur de nos vies, et c’est toi qui nous fais vivre ; tu es là au coeur de nos vies, BIEN VIVANT, Ô JESUS CHRIST ! » L’ASCENSION, c’est au coeur de ma vie que cela se passe : un constant MAIN-dans-la-main : la sienne qui tient la mienne et qui ne la lâchera jamais ! (… et là où est le Ressuscité, là aussi sont tous nos défunts ! Que de mains !)

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

un jour de notre histoire

tu as voulu donner un visage humain

à ta bonté pour nous les hommes ;

tu as voulu te donner des mains,

pour nous toucher, pour nous relever…

Tu as envoyé ton propre Fils,

vivre notre vie, notre quotidien d’homme.

Il a été heureux d’être enfant,

jeune, adulte…

Il a appris le métier de son père,

et vécu, pendant trente années

une vie de village, tout simplement.

Il nous a montré à nos yeux de foi

que ce qui est vraiment humain est déjà divin !

Ta parole de créateur est devenue visible :

tu nous a créés à ton image

et à ta ressemblance !

Mais s’il a partagé nos joies humaines,

il a surtout révélé ta compassion

pour tous ceux qui souffrent,

dans leur coeur et aussi dans leur corps.

Par amour pour nous les hommes,

il a fini par entrer dans nos souffrances,

et jusqu’au coeur de notre mort !

Mais « pour nous les hommes et pour notre salut »

tu lui as rendu la vie et l’a accueilli chez toi.

Père très bon,

augmente en nous la foi en ton amour,

cette certitude qu’il est là

avec moi, avec nous

surtout en ces moments, où comme lui,

là-haut sur la croix,

nous nous sentons abandonnés…

Augmente en nous la foi dans ce

MAIN-dans-la-main ! Amen

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Mai 2019

Le plongeon de Pierre

* * * * * * *

Quelle affaire ! le printemps ! Ou bien trop d’eau…, ou trop peu ! J’ai jeté un regard en arrière : 1998. La télévision et les gens se plaignaient : « Trop de pluie, trop d’humidité, trop d’eau ! » Et cette année ?... de nouveau trop peu, comme l’année dernière ?...

Ah ! cette eau ! Elle est à la fois vie et mort ! Même le bon Dieu semble avoir des problèmes avec l’eau, qui est dans sa main comme une arme à double tranchant. La Bible, d’un bout à l’autre, nous raconte des histoires d’eau, des « hauts et des bas » du bonheur et du malheur que l’eau apporte à tout un peuple, à toute une région…

Aujourd’hui je voudrais vous parler d’un petit évènement aquatique qui s’est passé il y a deux mille ans. Je veux vous parler du PLONGEON DE SAINT PIERRE.

Jésus avait été crucifié, efficacement ! Le vide s’était fait autour de lui dans la trahison, le reniement, la peur. Un rêve inouï, merveilleux, incroyable s’était terminé en cauchemar.

Et voilà que !... Ce sont d’abord des femmes qui prétendent que ce n’est pas fini ; elles disent même : « IL EST VIVANT ! » Et puis toutes ces apparitions que racontent les Evangiles…

Comme celle-ci, au bord du lac, ce lieu de la première rencontre. Pierre a décidé de retourner à la pêche… avec ses compagnons. C’est comme tirer un trait de plume sur les trois années palpitantes qu’ils viennent de vivre. « Tournons la page », dit-il. Non ?!...

pour nous dire à nous tous,

aujourd’hui, demain, après-demain,

que jamais tu ne nous abandonneras !

« Une mère peut-elle abandonner son petit,

oublier de fruit de ses entrailles ?

Même si elle le pouvait?"

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Et voilà que !... Comme il y a trois ans, un inconnu se montre sur le rivage du lac, sur le rivage de sa vie quotidienne, avec le même appel, avec le même SIGNE : une pêche miraculeuse, là où il n’y avait pas de poissons ! Pas de doute : « C’EST LE SEIGNEUR ! »

Alors Pierre se jette à l’eau…, mais non pas sans avoir passé un vêtement… Pierre plonge !... définitivement ? Jésus a dû murmurer dans sa barbe : « Enfin ! Allons-nous pouvoir réaliser de grandes choses ? »…

SE JETER A L’EAU ! La vie peut nous le demander dans les petites et surtout les grandes décisions. Se marier…, mettre un enfant au monde, … choisir un métier, … construire une maison. Il faut se jeter à l’eau tant de fois !

Et quand vient la maladie et le grand âge ! Si notre cœur reste accroché au passé, à ce temps où nous étions capables de tant de choses, nous nous rendons doublement malade : physiquement et MORALEMENT. Arrive le moment où, avec courage, il faut se jeter à l’eau : « Je suis malade » ou « je suis vieux » ! Non pas nous résigner, mais, debout, affronter notre réalité ; je sais depuis quelques années de quoi je parle…

Mais jamais je n’oserais vous demander de vous jeter ainsi à l’eau, s’il n’y avait pas sur le bord de votre quotidien le Ressuscité, qui vous

dit : « Je suis là, je sais ce que souffrir veut dire. Donne-moi la main ! »

« Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos. » C’est à cause de cette Parole que je peux, humblement, vous demander d’imiter Pierre, qui a plongé et qui ne l’a jamais regretté…

« Il passa un vêtement…

et se jeta à l’eau. »

Mais Jésus va le « déshabiller », comme ils l’ont fait avec lui, lors de la 10ème station du Chemin de Croix :

« Les soldats prirent les vêtements de Jésus, dont ils firent quatre parts, une pour chaque soldat, et la tunique. Cette tunique était sans couture, tissée d’une pièce, de haut en bas. Ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas. Mais tirons au sort qui l’aura. »

Sur la croix, il n’y a plus que son corps meurtri, mais totalement donné, par amour pour toi, moi et tous les autres…

Jésus va « déshabiller » Pierre, de tout ce qui l’enferme sur lui-même, le plonger dans cet amour dont lui-même nous aime.

Jésus dit à Simon Pierre :

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? »

Il lui répondit :

Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »

Jésus lui dit :

« Sois le berger de mes agneaux. »

Il lui dit une deuxième fois :

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? »

Il lui répondit :

« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais, je t’aime. »

Jésus lui dit :

« Sois le pasteur de mes brebis. »

Il lui dit pour la troisième fois :

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? »

Pierre fut peiné, parce que la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? »

Il lui répond :

« Seigneur, toi tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. »

Jésus lui dit :

« Sois le berger de mes brebis. »

La maladie, la vieillesse, un handicap… peut me renfermer sur moi-même, couper toute ouverture sur les autres. Ma souffrance n’en sera encore que plus grande. J’espère que ce même Jésus parviendra à me « déshabiller », comme Pierre, à me donner un cœur de « berger », un cœur qui ne cesse d’aimer… !

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

tu as tellement aimé le monde,

que tu as donné ton Fils unique,

pour donner part à la vie éternelle !

Garde éveillée dans mon cœur,

dans nos cœurs,

la foi que « ce monde » que tu aimes,

c’est chacun, chacune de nous !...

du matin au soir, du soir au matin.

Personne ne peut échapper aux bras de ton Fils

étendus, cloués sur la croix

jusqu’au cœur de la mort,

de notre mort… !

Il sera là, bien vivant, pour nous dire : LA PAIX SOIT AVEC VOUS !...

« Une mère peut-elle abandonner son petit,

oublier le fruit de ses entrailles ?

Même si elle le pouvait,

moi je ne t’oublierai jamais ! »

Que ton Esprit me donne le courage

de « me jeter à l’eau » comme Pierre

de me « plonger » dans ton amour,

pour que je devienne « berger »,

source de compassion et d’amitié

pour « les brebis » qui m’entourent,

qui me soignent, ou qui, comme moi,

ont besoin de « bons bergers »…* * * * * *

Marie, tu étais là au pied de la croix,

plongée avec ton Fils dans la souffrance.

Il a pensé à moi, à nous,

en nous confiant à ton amour :

« Sainte Marie, mère de Dieu et notre mère,

prie pour nous, enfants du Père,

maintenant et à l’heure de notre mort.

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Avril 2019

« Regardez « cet autre » figuier » ! (Jésus)

* * * * * * * * * *

C’était « en fin de l’année liturgique » 2018, quand les évangélistes nous rappellent les catastrophes qui mettront fin à notre monde – qu’ils croyaient d’ailleurs vivre eux-mêmes de leur vivant. C’est alors que Jésus leur a dit :

« Regardez le figuier ! laissez-vous instruire par lui : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche ! »

Je vous ai écrit ce mois-là : « Bien sûr : nous ne sommes ni des arbres, ni des arbustes ; mais l’image de ce figuier nous invite à garder dans nos cœurs, envers et contre tout, une « fondamentale » ESPERANCE ! »

Actuellement, au train où vont « les choses », à la manière dont nous traitons notre terre, 2000 ans après les Evangiles, la peur de cette catastrophe se répand. Un signe qui ne trompe pas : ce sont ces enfants, toujours plus nombreux, qui se répandent dans les rues pour nous rappeler « qu’il s’agit de LEUR avenir… » ! qui réclament un « main-dans-la-main » de tous les hommes pour sauver cette terre sur laquelle nous vivons. Notre Dieu, lui, ne retirera jamais sa main :

« Aimez-vous les uns les autres, comme moi je vous aime !, s’il vous plaît ! »

Il n’y a pas de figuier chez nous ; mais un tas d’autres arbres, des arbustes, des fleurs… qui annoncent le printemps, qui nous invitent à l’ESPERANCE.

Et voilà que l’Evangile du week-end du 23 au 24 mars – dans le monde entier et presque dans toutes les langues de la terre -, Jésus nous parle d’un autre figuier. Il est planté dans une vigne ! La parabole raconte que le propriétaire vient pour la troisième année pour récolter des figues : pas une seule figue.

« Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ! » « L’euthanasie » arboricole !...

Mais le jardinier n’est pas d’accord : « Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas. »

Dans notre société hyper-performante, productive, efficace…, nous courons le risque de ce figuier… parce que nous avons perdu le travail, à cause de la maladie, d’un handicap, de la vieillesse,… Au lieu de « porter des fruits », nous « épuisons » le sol : le danger : que nous nous sentions nous-mêmes inutiles, de trop… ; que notre main ne sert plus à rien dans le « main-dans-la-main » général…

Stop !

Prenons conscience d’abord que nous ne sommes pas des figuiers ! Ces fruits que « les autres mains » attendent de nous, ce ne sont pas des figues !... Mais de l’amour, de l’amitié,… Avouons, avouez que « de ce côté-là » tout reste possible…, tant que le cœur bat, la main peut se serrer, faire signe, les yeux peuvent sourire, les oreilles écouter…

“ La terre produisit des arbres : troisième jour ! »

A propos de cette parabole du figuier, Monseigneur Aupetit, archevêque de Paris, dans son homélie, nous a rappelé brièvement, mais fermement que c’est Dieu qui a planté ce figuier… que je suis, que tu es… chômeur-se, malade, handicapé(e), vieux ou vieille. Mieux : c’est Dieu qui « me plante » du matin au soir, et du soir au matin. « JE SUIS AIME(E), PUISQUE J’EXISTE », qui que je sois, quoi que je fasse, quoi qu’il m’arrive ! Je suis toujours – et toi aussi – dans la main de Dieu qui « EST AMOUR », a écrit Saint Jean. Et il a ajouté :

« Voici ce qu’est l’Amour :

ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu,

c’est lui qui nous a aimés !...

et qui nous a envoyé son Fils ! »

Je n’arrêterai jamais de faire chanter ces deux refrains qui sont le fondement de notre foi, le fondement de notre vie (même de ceux qui n’ont pas la foi, ou qui disent l’avoir perdue) :

« Tu es là au cœur de ma vie,

et c’est toi qui me fais vivre ! »

… et l’autre :

« Trouver dans ma vie ta présence

Tenir une lampe allumée,

Choisir avec toi la confiance

AIMER et SE SAVOIR AIME ! »

Monseigneur Aupetit ajouta :

« …et c’est le Christ qui est le jardinier ! »

Il n’est pas venu « couper les arbres » que son Père a planté, mais pour « bêcher autour et y mettre du fumier ».

Je pense à Matthieu, le collecteur d’impôts devenu apôtre, à Zachée, bien sûr, à la Samaritaine, à l’adultère, à Marie-Madeleine, à Pierre qui l’a renié trois fois, au « bon larron »… à tous ces malades qu’il a guéris.

Le monde dans lequel nous vivons, regarde « à ras de terre » ; il faudrait lui ré-apprendre à « creuser » pour redécouvrir cet Amour dont Dieu nous aime !


PRIERE DU MOIS

Père très bon, grave dans ma mémoire,

dans notre mémoire cette image du FIGUIER !

Qu’à chaque printemps il fasse renaître

l’ESPERANCE, cette certitude de foi,

que quoiqu’il m’arrive,

aussi rude que soit « l’hiver » dans ma vie,

il y a un avenir…

un avenir enraciné pour toujours

dans ton amour de Père pour moi ton enfant.

La certitude de foi

que tu as envoyé ton Fils

pour révéler à tous les hommes cet amour.

« Le Verbe s’est fait chair,

il s’est fait homme,

et il a habité parmi nous ! »

Il est venu nous rejoindre dans nos souffrances,

pour me dire, quand je me sens comme ce FIGUIER,

inutile…, parce qu’il ne porte pas de fruits

comme un poids pour les autres

« qui épuise le sol… ! leur sol ! »

pour me dire : « JE SUIS LA pour te faire vivre ! »

Tu es venu nous rejoindre dans notre péché

pour me dire : « JE SUIS LA pour te pardonner ! »

Tu es venu pour nous rejoindre

jusqu’au cœur de notre mort,

pour nous emmener avec toi chez ton Père,

que nous pouvons appeler « Notre Père » !

Ton Père, qui est aussi Notre Père,

n’attend pas que nous l’aimions

pour t’envoyer nous raconter

cette histoire de FIGUIERS

… que nous sommes, plantés par le Père,

et dont toi, le Fils, est le jardinier !

Oui, grave dans nos cœurs cette image du FIGUIER !

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Mars 2019

« Par-donnez, s’il vous plaît ! » (Jésus)

* * * * * * * * * *

Il n’y a que notre Dieu qui, par son Fils, peut formuler une telle demande, une telle exigence à cet être « humain » que nous sommes, qui puisse nous faire confiance, nous croire capables de « par-donner », alors que notre histoire « humaine », depuis le début (Caïn et Abel), aujourd’hui et pour longtemps encore, sans doute (!?), est et sera marquée par des divisions, du terrorisme, des guerres à n’en plus finir…

En ce dernier week-end du mois de février, il a osé dire, dans le monde entier :

« Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. A celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue ! »

Il a osé dire « ça »…

Il l’a osé parce que le Dieu auquel nous croyons EST AMOUR. C’est Saint Jean qui nous l’a dit. Et j’aime bien citer le Père François Varillon (décédé dans les années ’70) qui, en quelque sorte, a renforcé cette Bonne Nouvelle :

« Dieu N’est QU’amour ! »

Et nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de ce « Dieu-là ». Dans deux de mes paroisses, ils avaient choisi comme chant d’entrée :

« Que tes œuvres sont belles,

que tes œuvres sont grandes…

Ton amour nous a façonnés

tirés du ventre de la terre.

TOUT HOMME est une histoire sacrée :

L’HOMME EST A L’IMAGE DE DIEU ! »

Celui qui gifle, et celui qui reçoit la gifle !

En Dieu, la JUSTICE (nous dit le Père Varillon) est un attribut, une qualité de l’amour. Il n’est pas amour ET justice : il n’est qu’amour, un amour qui JUSTIFIE, qui « REND JUSTE », qui PARDONNE

Notre Dieu, c’est ce Père qui attend son cadet, qui a rompu tout lien avec lui (« donne-moi mon héritage ! »), jusqu’à ce qu’il revienne, qui court au devant de lui pour l’accueillir, et qui lui fait la fête…

Qui, par la voix de son Fils, renvoie à la vie, cette adultère que la Loi condamnait à la lapidation…

Qui dit à celui que nous appelons « le bon larron », mais qui selon la Loi méritait sans doute d’être crucifié : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans mon Royaume ! »

Qui dit à Pierre : « Pais mes agneaux ! pais mes brebis ! » alors qu’il l’a renié trois fois, au moment où il aurait eu tant besoin de sa présence, de son amitié !...

Dans la Préface de la deuxième Prière eucharistique nous prions ou nous chantons :

« Nous te rendons grâce

par ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ.

C’est lui que tu nous as envoyé

comme REDEMPTEUR (pour le PARDON)

et comme SAUVEUR (pour la RESURRECTION)… »

Il est venu pour rétablir le MAIN DANS LA MAIN rompu par « le péché » ou par « la mort », ce MAIN DANS LA MAIN entre nous les « humains », et entre nous et Lui, ce Dieu d’amour que nous appelons NOTRE PERE, car tous nous sommes ses enfants !

« C’est toi le Dieu qui nous a fait,

qui nous a pétris de la terre.

TOUT HOMME EST UNE HISTOIRE SACREE !

Quelqu’un a écrit que celui qui a pleuré le plus, quand le jeune fils est revenu, tout piteux à la maison, c’est le père ! La joie du « pardon donné », du « MAIN DANS LA MAIN » retrouvé !

Au cours de ma présence parmi vous (une trentaine d’années) j’ai reçu l’un ou l’autre témoignage de cette même joie, retrouvée après de longues années de séparation, des années « perdues ».

On entend parfois des moqueries au sujet de cette « gifle donnée… et de l’autre joue tendue ». Mais quelle est l’alternative ? entre individus ou entre pays ? Il suffit de regarder ce qui se passe dans le pays de Jésus, depuis des dizaines d’années.

« Œil pour œil, dent pour dent »

« Tu me cognes, je te cogne ! »

Et actuellement, dans nos pays riches, il y a une arme facile et efficace, même entre les mains de nos enfants…

Jésus n’a jamais dit qu’il était facile de pardonner, voire même possible ! Il y a de ces blessures…, il y a des refus de recevoir le pardon…

Mais aux yeux de Jésus – « qui est l’image parfaite du Dieu invisible » a dit Saint Paul – qui sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme, mon refus du pardon blesse aussi mon cœur, le « handicape ». Quand il me demande de pardonner à celui qui m’a « giflé », c’est qu’il veut aussi ME LIBERER. Il souffre de me voir m’enfermer dans ma rancœur, pour ne pas dire ma haine… ; il veut que je retrouve la joie du MAIN DANS LA MAIN.

La maladie qui nous frappe, ou le grand âge qui survient, est peut-être un temps propice pour penser à renouer des liens qui sont rompus, mais qui, quand ils existaient, étaient source de joie, de bonheur… Après avoir « donné », parvenir à « par-donner »…

« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »

Le Père me répond :

« N’oublie pas que je te pardonne,

Avant que tu ne m’aies offensé !

Fais de même, sans réserve ! »

PRIÈRE DU MOIS

Père très bon,

tu serais heureux de voir tous les hommes

sur notre terre vivre… heureux

comme les enfants d’une même famille,

comme tes enfants !

Tout ce qui les divise,

tout ce qui les oppose les uns aux autres

blesse ton cœur, te rend malheureux.

Avec tous les hommes, en leur nom,

je te demande pardon.

Je te demande pardon aussi

pour toutes les fois où moi-même

je blesse ou même brise cette paix

avec ceux qui vivent avec moi.

Père,

ton Fils nous a révélé

que tu es un Dieu de miséricorde :

ton cœur ne « se refroidit » pas

quand nous ne vivons pas

selon le commandement

qu’il nous a donné :

« Aimez-vous les uns les autres,

comme je vous ai aimés ! »

Tu es un Dieu qui donne et pardonne.

Nous te confions toutes les personnes

qui ont été blessées dans leur vie

et éprouvent des difficultés pour pardonner.

Que ton Esprit, qui les habite,

réchauffe leur cœur et les éclaire :

le pardon est source de libération

et source de bonheur…

Qu’il nous aide à vivre cette prière

que Jésus nous a laissée :

« Pardonne-nous nos offenses,

comme nous pardonnons

à ceux qui nous ont offensés. » Amen.

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Février 2019

« Dieu, ne nous laisse-t-il pas tomber ? »

* * * * * * * * * *

Vieux, cloué à son fauteuil roulant, pratiquement sans parenté et sourd… J’ai pensé à Marie, ces quelques femmes et à ce disciple, restés là, au pied de la croix, quand il a crié :

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ! »

Je ne veux pas me donner « un beau rôle » !... mais voilà : j’y ai pensé… et surtout, j’ai senti leur impuissance et mon impuissance. Des paroles ?... il ne les aurait même pas entendues, et que valent « nos » paroles ? Même un évêque a écrit quelque part « qu’il vaudrait mieux nous taire devant la souffrance ! »…

Je suis simplement resté là – non pas debout, comme si j’allais partir, mais assis. Un regret : de ne pas avoir fait un geste, celui du main dans la main…

C’est pour cela qu’il est venu lui-même, le Fils de Dieu, et il nous a rejoint jusque dans ce désespoir : « Père, pour quoi m’as-tu abandonné ? »

Alors il a pu ajouter :

« Tout est accompli ! Entre tes mains je remets mon esprit ! »

Nos paroles, même les paroles des prophètes… n’étaient que des paroles impuissantes. Il a fallu que le VERBE, LA PAROLE se fasse chair pour nous rassurer : « Non, jamais je ne vous laisserai tomber ! »

Le dernier week-end de janvier et ce premier week-end de février, Jésus, dans le monde entier et dans presque toutes les langues de la terre nous dit :

« Aujourd’hui, s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre. »

Et voici ce passage du prophète Isaïe :

« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. »

AUJOURD’HUI S’ACCOMPLIT CETTE PAROLE !

Quand il est sorti de son Nazareth, il est allé rejoindre « ceux-là », rejoindre l’homme dans toutes ses « pauvretés ». Quand il est reparti vers son Père, ils étaient aussi nombreux qu’avant, et ils se sont multipliés au fur et à mesure que les hommes se sont multipliés…, ces « pauvres »…

Ce qui est changé, c’est ce qu’expriment ces deux refrains que je ne cesserai jamais de chanter et de faire chanter : « Tu es là au cœur de nos vies

et c’est toi qui nous fais vivre ! »

et

« Trouver dans ma vie ta présence,

Tenir une lampe allumée,

Choisir avec toi la confiance,

Aimer et se savoir aimé. »

Bien sûr : c’est une question de foi ! Et le drame, c’est que nous nous détournions de cette foi, à cause de nos souffrances. Quand Jésus a dit :

« Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? », il n’y avait pas de reproche dans sa voix ni de menace !..., rien

que de l’angoisse, de la tristesse, la peur que nous nous sentions abandonnés… alors QU’IL EST LA !... « dans nos fêtes, ET DANS NOS TEMPÊTES ! »

« AUJOURD’HUI ! »

…c’est lui, Jésus, qui nous l’a dit une première fois, et qui nous le redit d’une année à l’autre. C’est bouleversant !...

Cette Parole bouleverse tout : cet AUJOURD’HUI, c’était hier, ce sera demain : une Parole qui nous fait exister et nous donne un avenir, qui que nous soyons, quoi qu’il nous arrive, quoi que nous fassions…

Car c’est une PAROLE D’AMOUR !

« Voici ce qu’est l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, C’EST LUI QUI NOUS A AIME, et qui nous a envoyé son Fils… » ! (St Jean)

Son Fils qui, un jour que ses disciples lui ont demandé de leur apprendre à prier, leur a dit :

« Quand vous priez, dites tout simplement : « NOTRE PERE » ! »

Et nous voilà, nous les hommes, ENFANTS DE DIEU, de son Père !

Il suffit de le croire… non pas de le mériter : c’est bouleversant !

Bouleversant comme l’histoire de ce « Père qui avait deux fils » ! Tous les deux, chacun à son tour et pour des raisons personnelles, a « claqué la porte » de la maison de son père, rompu sa relation filiale.

Mais le Père est resté- le temps qu’il a fallu – sur le pas de la porte d’entrée pour le cadet, et – le temps qu’il a fallu – derrière la porte arrière, pour attendre l’aîné !

« Et ils se mirent à festoyer ! : tu étais mort, tu es vivant, revenu dans l’AUJOURD’HUI de mon amour… qui est plus fort que ton passé, que tout ce qui peut t’arriver ! »

Pas étonnant que notre pape François envoie dire à tout le monde AUJOURD’HUI :

« Jésus-Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer. »

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

tu sais qu’il nous arrive

de douter de ton amour, de ta présence,

quand la douleur, quand la souffrance

nous tient et perdure,

Cet « AUJOURD’HUI » a tout bouleversé jusque là-haut sur la croix !« Jésus, souviens-toi de moi quand tu entreras dans ton Royaume ! »

« En vérité, je te le dis, AUJOURD’HUI tu seras avec moi dans le paradis ! »

quand notre âge avance

et nous impose de plus en plus ses limites…

Tu sais qu’il m’arrive de croire

que tu n’entends pas,

que tu n’écoutes pas mes prières !...

Que ton Esprit d’amour

que tu as envoyé sur notre terre,

et qui habite au cœur de notre vie,

garde vivante en nous l’espérance,

la certitude de foi que jamais

tu ne me laisseras tomber !

Qu’il réveille toujours en nous

le souvenir de ton Fils Jésus

que tu as envoyé pour nous rejoindre

au cœur de nos souffrances

et jusqu’au cœur de notre mort.

C’est lui qui nous a dit, qui nous redit

que nous pouvons t’appeler : « NOTRE PÈRE ! »

Père, je crois en toi, en ton amour ais augmente en nous la foi.

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Janvier 2019

Amen.

Marie Joseph Jésus


Un merveilleux « Main-dans-la-Main ». « MERVEILLEUX », dans ce sens qu’il a fait et fera toujours merveille : Marie et Joseph nous font toujours cadeau de leur « enfant Jésus ». « Le Verbe s’est fait chair ! » a écrit Saint Jean. Il s’est fait UNIVERSEL ! Personne n’est oublié : quand il a grandi, c’est vers les « exclus » qu’il est allé et qu’il va toujours…, et parmi eux, particulièrement, les malades.

C’est dans cet esprit, c’est pour continuer cette mission que « ce feuillet » est né en 1991. Une visiteuse de malades m’a regardé et m’a dit : « Il faudrait un feuillet qui facilite et renforce les liens entre la visiteuse, le visiteur et les malades visité(e)s : un « main-dans-la-main » ! C’était prévu pour notre doyenné ; mais depuis lors il n’arrête pas de se répandre… ; parmi les dernières destinations nouvelles : Bruxelles… et Kinshasa. Je l’écris sur une feuille-brouillon, et une « main bien-heureuse » assure la mise en page et surtout la « mise-en-images »… Voilà pour le « nombrilisme »…

Mais « la main » qui compte, c’est la TIENNE ET LA VOTRE ! La prière, à la dernière page, passe du « je » au « nous », et revient du « nous » au « je ». TU N’ES PAS SEUL DANS TA SOUFFRANCE. Chaque mois cette prière te rappelle qu’il y a un tas de gens qui prient pour toi, et que tu pries pour un tas de gens ! Et cette prière, bien sûr, vous relie à Dieu, NOTRE PERE !

Ce week-end, dans le monde entier, nous fêtons la SAINTE FAMILLE. Bien sûr : c’est d’abord Marie Joseph


Jésus

NOUS,

toi, moi et tous les autres !

Dès l’âge de douze ans, il leur échappe, à Marie et à Joseph (qui, au fond, s’y attendaient… tôt ou tard).

« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être CHEZ MON PERE ? »

Quand il aura grandi et quitté Nazareth, « un jour, quelque part, il était en prière. » Ça devait être impressionnant de « le voir prier ». Ses disciples priaient aussi, récitaient sûrement les psaumes…mais prier comme Jésus !!!...

    • « Apprends-nous à prier ! »

    • « Quand vous priez, dites tout simplement : « NOTRE PERE » !... »

Nous autres aussi (toi aussi) nous pouvons entrer en prière, n’importe quand, n’importe où… Pour Jésus, « la sainte famille », c’est nous les hommes ; et il s’est senti tout particulièrement « chez lui » auprès de ceux qui souffraient dans leur corps ou dans leur cœur. Et c’est toujours ainsi aujourd’hui ! « Je serai là, avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde » ! C’est lui qui l’a dit :

« Trouver dans vie ta présence

Tenir une lampe allumée

Choisir avec toi la confiance

Aimer et se savoir aimé ! »

La sainte famille : c’est nous !

Non pas, si « saint » veut dire « vertueux ». Nous n’allons quand même pas dire ni chanter que « Dieu est trois fois vertueux ! »

Dieu est trois fois saint ; dans mes oreilles, cela veut dire : il est AUTRE, le TOUT AUTREEN MIEUX…, en amour ; « IL EST AMOUR », nous a dit Saint Jean.

Or ce Dieu « a tant aimé le monde (c’est nous !) qu’il a envoyé son Fils. » Et son Fils est venu parmi nous – « alors que nous étions pécheurs » (et donc pas vertueux), a dit Saint Paul – et, comme je viens de le rappeler : il nous a dit que nous pouvons appeler son Père : « Notre Père ! »

Ce qui a fait écrire Saint Jean (la deuxième lecture de la Fête de la Sainte Famille) :

« Mes bien aimé(e)s,

voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – ET NOUS LE SOMMES !...

Dès maintenant nous sommes enfants de Dieu,

mais ce que nous serons,

n’a pas encore été manifesté.

Nous le savons :

quand cela sera manifesté,

nous lui serons semblables

car nous le verrons tel qu’il est ! » (I Jn3,1-2)

Voilà les Paroles qu’ils auraient dû nous faire apprendre par cœur (sous peine de punition !) quand nous étions petits, quand nous étions enfants, pour qu’elles nous accompagnent, nous soutiennent, nous comblent de joie au cours de toutes les heures de vie, les lumineuses et les sombres.

Et non pas cette question n°24 du Catéchisme (édition 1954 !) pour la 4ème année primaire :

« Qu’est-ce que Dieu ? (=Dieu, c’est quoi ?)

Dieu est un pur esprit, infiniment parfait, Créateur et souverain maître du ciel et de la terre, origine et fin de toutes choses. »

Pourtant Jésus avait dit à ses disciples : « Quand vous priez, dites tout simplement : « NOTRE PERE ! »

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

nous te rendons grâce de tout cœur

parce que tu nous as envoyé ton Fils

pour nous révéler que « TU ES AMOUR »,

que tu es NOTRE PÈRE,

et que, tous, nous sommes tes enfants.

Dans ses paroles et dans ses actes

nous avons découvert et nous découvrons toujours

cet Amour sans limite, dont tu nous aimes,

un amour plein de COMPASSION

pour tous ceux qui souffrent.

Il est né dans la pauvreté d’une étable,

et a connu, tout petit, le sort des émigrés ;

pendant trente ans, il a vécu dans la simplicité

notre vie d’homme :

la vie d’enfant, de jeune, d’adulte…

la vie de famille, de village, de travail,

pour confirmer la Parole de Créateur :

« que tout cela est très bon ! »

Quand il s’est mis en route

à la rencontre des hommes, à notre rencontre,

il est allé vers ceux qui souffraient

d’une façon ou d’une autre !...

Père, je crois qu’il est aussi avec moi

aux heures sombres de ma vie.

Que ton Esprit, que tu nous as donné,

nous anime à prendre cette main

qu’il nous tend pour nous remettre debout,

pour me remettre en route…

Sainte Marie, mère de Dieu et notre mère,

Saint Joseph, époux fidèle de Marie,

priez pour moi, priez pour nous

ENFANTS DE DIEU

maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen.

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Décembre 2018

« Regardez le figuier ! » (Jésus)

Permettez-moi, en cette fin d’année, où le quotidien a pris une couleur jaune, mêlée de noir parfois, où persistent des bruits et des menaces de guerre, où le flot des émigrés ne tarit pas…, permettez-moi de chercher des étincelles d’ESPERANCE du côté de ce Jésus, dont normalement nous fêtons la naissance à la fin de ce mois, mais dont il est moins question que de Saint Nicolas et du Père Noël…, qui nous maintiennent à ras-de-terre…

Notre mère la Sainte Eglise a jugé bon de nous rappeler chaque année que notre monde a une fin… catastrophique : « le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus de sa clarté, les étoiles tomberont du ciel ! »… Et quand, au cœur de ces catastrophes, elle nous invite à fêter le Christ-Roi, elle nous le fait rencontrer devant Pilate qui va le livrer à la flagellation, au couronnement d’épines et le condamner à mort…

Pas gai, tout ça, pas encourageant d’autant plus que ce « feuillet mensuel » veut être un « main-dans-la-main » avec les personnes dont la vie, le quotidien est ébranlé par un handicap, la maladie, la vieillesse…

Mais justement !... C’est pour CELA qu’il est né dans une étable, dans la précarité de l’émigré, la faiblesse d’un enfant…, le Fils de Dieu.

« IL ES LA, AU CŒUR DE NOS VIES,

POUR NOUS FAIRE VIVRE ! »

Au cœur de ces récits de catastrophes – au cœur des menaces qui pèsent actuellement sur notre terre et de nos difficultés personnelles, il nous dit :

« VEILLEZ, ET PRIEZ EN TOUT TEMPS ! : JE SUIS LA ! »

Parole de DIEU !

Il est présent pour toujours, il a « tout le temps, pour nous, pour toi, pour moi et pour tous les autres, croyants-pratiquants, non-pratiquants… et incroyants… ou d’une autre religion…

« Je crois en UN SEUL Dieu, le PERE tout-puissant ! » Sa « toute-puissance » est celle de son amour paternel : vous vous rendez compte ! et vous, vous êtes son enfant, toi tu es son enfant !

« Priez en tout temps ! » Cela ne veut pas dire qu’il faut réciter constamment des « formules de prière ». Tant mieux si vous en avez, pour vous adresser à Dieu, à Marie, à Sainte Rita ou à d’autres saints… Ma mère, un jour, m’a dit qu’elle était trop malade pour prier ! J’ai compris : pour réciter ses formules de prière. Mais toute sa vie était « ouverture à Dieu », à cette présence paternelle. Prier, c’est parler mais aussi écouter, faire silence dans la confiance d’être aimé… « Si vous ne devenez pas comme des enfants… » disait Jésus, l’enfant qui joue d’un côté alors que la maman vaque d’un autre côté aux travaux de ménage. Mais l’un et l’autre sont « en éveil » à la présence de l’autre…

Comme Jésus !

« Un jour, quelque part, Jésus était en prière » : n’importe quand, n’importe où, en présence l’un avec l’autre, le Père et le Fils !... Dieu et toi !...

…et regardez le figuier ! » (Jésus)

Que de fois Jésus n’a-t-il pas cherché dans la nature des images pour nous rassurer, nous réconforter, pour nous révéler la Bonne Nouvelle de l’amour dont nous sommes aimés.

« Je suis le bon Pasteur, disait-il, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Je donne ma vie pour mes brebis ! »

Et il a en tête les Paroles du prophète Ezéchiel :

« Moi-même je ferai paître mon troupeau. La bête perdue je la chercherai, celle qui sera écartée, je la ferai revenir ; celle qui aura une patte cassée, je lui ferai un bandage, la malade je la fortifierai… ! »

Notre Dieu ne nous aime pas « sur le tas » : son amour, sa sollicitude est pour chacun, chacune de nous.

Ainsi au milieu de nos détresses, quelles qu’elles soient, il nous invite à « regarder le figuier ». Je n’ai jamais vu de figuier ; mais dans mon jardin il y a assez d’arbres et d’arbustes qui pour le moment entrent dans la « mort », mais qui renaîtront au printemps.

Bien sûr : nous ne sommes ni des arbres, ni des arbustes ; mais cette image du figuier nous invite à garder dans nos cœurs, envers et contre tout, une « fondamentale » ESPERANCE !

« VEILLEZ, ET PRIEZ » : cette Parole est comme une « porte ouverte » dans notre vie, du matin au soir et du soir au matin. Il nous l’a dite, cette Parole, avec une certaine angoisse dans sa voix, avec la peur que nous nous enfermions dans ce qui nous fait souffrir. Tous les Evangiles nous montrent la compassion de Jésus pour ceux qui souffrent d’une façon ou d’une autre. Rappelons-nous toujours cette rencontre avec Bartimée, l’aveugle, assis au bord de la route et qui crie « au secours ! » Et l’évangéliste dit : « JESUS S’ARRETE ! »… pour toi, pour moi et tous les autres !

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

au début de ce temps de l’Avent,

qui annonce et prépare

sa venue sur notre terre,

ton Fils Jésus nous invite

à « veiller et à prier ! »

Il nous rappelle que, jamais,

nous ne sommes seuls, abandonnés,

surtout pas au cœurs de nos souffrances

du corps ou du cœur.

S’il nous demande de « veiller toujours »,

c’est que toujours il est en éveil ;

s’il nous demande de prier

c’est que toujours il est à notre écoute.

« Je suis LA PORTE pour mes brebis »,

une PORTE toujours ouverte !

Que ton Esprit fasse grandir en nous

LA CONFIANCE en ton amour,

la force et le courage aussi,

de prier, de crier vers toi

quand le doute, le découragement

risque de nous enfermer sur nous-mêmes.

Grave dans mon esprit, dans mon cœur,

cette parabole du figuier :

« Dès que ses branches deviennent tendres,

disait Jésus,

et que sortent les feuilles

vous savez que l’été est proche ! »

Tu es là, avec nous, au cœur de notre vie,

pour garder vivante l’ESPERANCE.

Tu nous as dit par le prophète :

« Une maman peut-elle abandonner son enfant ?

Même si elle le pouvait,

MOI JE NE T’ABANDONNERAI JAMAIS ! »

Merci, Père très bon !

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Novembre 2018

« Jésus s’arrête ! » (Saint Marc)

Vous ne m’en voudrez sans doute pas si je vous fais rencontrer ce mois-ci l’aveugle BARTIMEE : il me semble que ce n’est pas la première fois dans l’histoire de « Main dans la Main » qui a commencé en 1991. Entretemps j’ai acquis l’âge où l’on commence à radoter, à se répéter et davantage à oublier…

Mais comme Jésus sortait de Jéricho entouré d’une grande foule, le week-end du 27 au 28 octobre, et que l’aveugle Bartimée était de nouveau « assis au bord du chemin… et mendiait »…, j’ai pensé à vous.

(Entre parenthèse : dans la première lecture il est aussi question d’un aveugle en compagnie d’un boiteux, noyés au milieu de la foule qui revient de l’exil, et, par la voix du prophète Jérémie, Dieu leur fait savoir : « Je suis un père pour Israël, Ephraïm est mon fils aîné ! »)

Notre aveugle, lui, n’est pas dans la foule plutôt joyeuse qui entoure Jésus. Il est au fond quelqu’un « qui n’existe pas » ; il n’a pas de prénom : c’est le fils de Timée. Aveugle, il est tout juste bon pour être déposé au bord d’un chemin pour mendier. Pire : c’est un pécheur ! A propos d’un aveugle-né, les disciples de Jésus lui demanderont : « Qui a péché : ses parents ou lui-même !? » Sa réponse : « Ni lui, ni ses parents ! Mais pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui ! »

Quand Bartimée apprend que c’est Jésus qui passe, il se met à crier, plein d’espérance : « Fils de David, prends pitié de moi ! »

Et c’est le miracle : « JESUS S’ARRETE ! » Au cœur du brouhaha de la foule, il a entendu le cri de « celui-qui-n’existe-pas ! »

Un jour j’ai eu la chance (!) de célébrer la messe dans une Maison de repos située au bord d’une grand route où passe et repasse le flot des voitures, où passe et repasse la vie…

Par cette « messe » Jésus S’EST ARRETE auprès de ces « vieilles » personnes – définitivement au bord fu chemin, au bord de LA VIE… ; dans un « mouroir », comme il leur arrive de dire…

Par sa PAROLE et surtout par son GESTE DU PAIN, il s’est approché de chacun, chacune pour se donner, pour lui donner SA VIE !

Voilà le miracle : Jésus s’arrête pour manifester l’amour de son Père pour chacun, chacune de nous. C’est ce que nous appelons « messe », ce mot passe-partout qui en réalité est RENCONTRE… entre vous et Lui. Car cet Evangile n’est pas une vieille histoire : c’est votre histoire : « IL EST LA AU CŒUR DE VIE, POUR VOUS FAIRE VIVRE ! »

Le dialogue entre l’aveugle Bartimée et Jésus peut paraître étonnant, ridicule :

- « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

- « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »

Evidemment !

Mais il suffit de mettre l’accent sur le « TU » de la question, et le « JE » de la réponse. C’est un véritable bouleversement, une re-naissance pour le fils de Timée ; il faudrait le baptiser… et l’appeler… « Charles ».

- « Bartimée, dis-moi un peu CE QUE TOI TU VEUX : quelle est TON espérance ? Jusqu’ici ce sont les autres qui « veulent » et décident à ta place ! »

- « Fais que JE vois : ce sont toujours les autres qui voient à ma place ! »

Par ce « Main dans la Main » aussi Jésus S’ARRETE… pour TE donner la main !

« VA, TA FOI T’A SAUVE ! »

Voici cette RENCONTRE entre Jésus et Bartimée, cet Evangile qui est Bonne Nouvelle pour tous ceux qui l’entendent, qui le lisent. Il a été mis par écrit pour TOI !

Pour toutes les personnes qui se sentent « sur le bord de la vie » à cause d’un handicap, de la maladie, de la vieillesse…, ou d’une rupture…

Il ne fera sans doute pas de miracle, du côté « du corps ou du cœur » mais IL EST LA QUAND NOUS CRIONS VERS LUI.

Evangile de Jésus Christ selon Saint Marc (10,46b-52)

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau,bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

PRIERE DU MOIS

Père très bon,

je le reconnais : il y a des jours

où « j’ai difficile » à t’appeler « Père »,

à croire en ta bonté… pour MOI !

Ces jours-là je suis comme Bartimée :

je me sens « au bord du chemin »,

au bord de « la vie »

qui « passe et repasse » autour de MOI

aujourd’hui, demain, après-demain…,

mendiant d’un jour, mendiant toujours !

Que ton Esprit qui m’habite

me garde de m’enfermer sur moi-même,

dans ma désespérance…

Qu’il réveille en moi le cri de Bartimée :

« Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! »

Il doit m’entendre, me comprendre,

lui qui a connu le même détresse

là-haut sur la croix, quand il a crié :

« Père pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Que ton Esprit réveille en moi la confiance,

et le courage de te dire comme lui :

« Père, entre tes mains je remets ma vie ! »

Qu’il ouvre mes yeux « aveugles »,

aveuglés par la douleur, la solitude,

pour reconnaître dans la présence

de toutes les personnes qui m’entourent,

qui me soignent et me visitent,

la présence de ton Fils

qui s’arrête pour me demander… à MOI

« Que veux-tu que je fasse pour TOI ? »

Qu’il réveille et augmente

en MOI et en nous tous

qui nous sentons « au bord du chemin »,

la foi en ton amour

de Père , de Fils et de Saint Esprit. Amen.

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Octobre 2018

« Mystères lumineux. »

Et si, en ce mois d’octobre, où la lumière se fait plus rare, le matin et le soir…, et si nous prenions la main de Marie pour accompagner son Fils dans quelques-uns de ses « mystères lumineux » !? En « ronronnant comme un chat-dans-sa-béatitude » une dizaine de chapelet, nous pourrions méditer ces « mystères » dont le pape Jean-Paul II nous a fait le cadeau.

Si vous avez l’habitude de la prière du chapelet, vous avez accompagné Jésus pendant son enfance, vous étiez avec lui depuis son agonie jusque sur la croix ; puis vous êtes ressuscité avec lui, vous l’avez vu monter au ciel et vous avez reçu le don de l’Esprit-Saint… Tout ce cheminement à la main de Marie, qui a rejoint son Fils dans son Assomption, et que nous aimons « couronner