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Hannut

Globalement peu concernée par les études historiques et les opérations récentes d'archéologie préventive, Hannut mériterait pourtant qu'on s'y intéresse de plus près. La région fut habitée dès la préhistoire, largement romanisée sans doute, et cité importante du duché de Brabant au Moyen Âge. Depuis l'élargissement des territoires français, espagnols ou hollandais, à l'échelle européenne, Hannut est plongée dans une sorte d'éclipse historique qui occulte un passé ancien...

La région est fréquentée dès le Néolithique, comme en attestent des découvertes réalisées aux xixe siècle ; la richesse des terres est en effet favorable aux premières expérimentations agricoles de cette période. Une voie romaine capitale (d'origine plus ancienne ?) traverse le sud de la commune, tandis que des tombes jalonnent les diverticules ; la présence romaine est confirmée à de multiples endroits, jusque dans la toponymie de Villers-le-Peuplier. Toutefois, l'essentiel de la préhistoire et de l'antiquité de la commune a échappé aux archéologues. Seules des découvertes fortuites ou des prospections de surface témoignent d'une occupation du sol.

Au xiie siècle, la ville fait partie intégrante du duché de Brabant, mais aux confins de celle-ci. Le Duc Henri Ier de Brabant confère à Hannut les droits d'une ville, bien que Hannut ne figure pas au nombre des villes du Brabant, citées en 1272. Les rues de Thouars et du Rempart Saint-Christophe témoignent encore, jusque dans leur tracé, de l'existence d'une enceinte médiévale. Hannut disposait bien et bien d'une enceinte, privilège de ville, mais peut-être pas du statut officiel. Un château aurait dominé la ville à partir du xiie siècle, il est mentionné dans une charte en 1222. Il était situé à l'endroit occupé actuellement par l’Institut St Coeur de Marie. Le bosquet à l'arrière n'a jamais été fouillé (de manière archéologique du moins) et pourrait être un ancien cimetière franc, à l'image de la tombe d'Avernas, d'où l'ancien nom du quartier dit du Tombeux. Monnaie était battue à Hannut ; des exemplaires ont été retrouvés. Tous ces indices confirment le rôle important que le cité avait pris dans la deuxième moitié du Moyen Âge. Place de marché, au centre d'une région fertile mais au bord de territoire ennemis, Hannut dut connaître une certaine activité à cette époque. Après la bataille de Steppe, en 1213, Hugues de Pierrepont, prince évêque de Liège, fit brûler la ville. Du Moyen Âge, il nous reste entre autres l’Église, probablement une partie du "couvent des dames", et surtout une statue remarquable de Saint Christophe portant l'enfant Jésus, conservée en l'Église du même nom. Cette statue, en bois polychrome, est surtout remarquable de de par sa taille imposante.

La fin du Moyen Âge et la période contemporaine voient se déplacer les épicentres du pouvoir vers Bruxelles, Liège, Paris : les anciennes frontières entre les duchés perdent de leur importance stratégique ; Hannut ne fait plus parler d'elle.

Au xvie siècle, on compte une vingtaine d'habitations, puis la ville s'étend en dehors de ses murs vers Huy au cours des deux siècles suivants.

Au xixe siècle, les dernières portes et les remparts sont abattus et les gravats sont utilisés pour combler l’étang (flot) qui se trouvait sur la Grand Place. La construction des grand routes (nationales 80 et 64), l'arrivée du train (ligne 127, Huy - Landen) puis de trois lignes de tram vicinal au début du vingtième siècle contribuent au développement intense de la ville, devenue un centre important de la région.

La première bataille de chars de la Seconde Guerre mondiale porte son nom.

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